• Article prévu pour New Africa début 2018 mais remplacé par un article sur Ramaphosa du fait de l'actualité (à venir après parution dans New Africa)

    Lire la suite...


    votre commentaire
  • Mugabe : le bilan

    Christian d'Alayer - novembre 2017

     

     

    Le diable est parti ! Honni par l'Occident, Robert Mugabe a donc été littéralement déposé par les siens à l'âge de 91 ans. Il faut dire qu'à cet âge, ce n'est plus lui qui était visé mais sa succession. Et finalement, c'est son ancien vice-président, Emmerson Mnangagwa, qui lui succède "manu militari" mais avec les honneurs. Et ce, pour contrer son immédiat entourage familiale lorgnant lui aussi sur le pouvoir.

    Du coup, les éditoriaux "mesurés" se succèdent : le Libérateur s'est mué en dictateur, il ne faut quand même pas désespérer les trois quarts des Subsahariens qui voient plus en lui un héro qu'un salaud. Mais même parmi ses partisans francophones, l'ère dictatoriale passe mal : enivrés d'informations occidentales, ils n'en connaissent absolument pas les tenants, se contentant des innombrables dénonciations de ses dénis de démocratie et de leurs supposées conséquences économiques.

    Commençons donc par ces dernières : voyez tout d'abord la progression du PIB zimbabwéen de 1980 à 2016. Faute de place, les années (en abscisse) sont remplacées par une numérotation de 1 à 37, soit le nombre d'années que le vieux combattants a passé au pouvoir.  On peut voir très nettement l'influence de la politique extérieure sur cette évolution. Au cours des 10 premières années de règne, la croissance est soutenue après les baisses normales  de la passation de pouvoir entre Blancs et Noirs (des investisseurs blancs quittent le pays) Et ce, malgré la guerre civile qui sévit de 1983 à 1986 entre les Shonas et les Ndébélés, les deux principales ethnies du pays. Puis une première récession se produit entre 1991 et 1995. Une deuxième et plus longue récession arrive ensuite entre 1997 et 2009, suivie d'une vigoureuse reprise jusqu'en 2014.

    Voyez à présent les financements extérieurs, aide publique au développement comme investissements directs étrangers (graphique 2) : la courbe est plus simple avec une atonie générale (correspondant à ce qui se passe dans toute l'Afrique subsaharienne) à l'exception des années 1995 à 2002 et 2010-2013. La première exception correspond exactement à la période au cours de laquelle le Zimbabwe aide militairement (et victorieusement) le Congo-Kinshasa à résister aux assauts des forces sahéliennes ougando-tutsis. Comme il s'agit d'un conflit international avec les Anglo-Saxons d'un côté et les Français de l'autre, on imagine assez aisément d'où sont venus -et d'où ne sont pas venus- les financements. Quant au 2e pic, il indique que le pays est devenu "bankable" comme disent les Anglophones, l'incertitude sur la succession de Mugabe expliquant la baisse de ces trois dernières années. On notera d'ailleurs que c'est au cours de ces trois dernières années que le pays a fini de rembourser ses dettes auprès des organismes internationaux, FMI et Banque mondiale.

    La troisième courbe est toute aussi intéressante mais en sens contraire : on voit très nettement que le Zimbabwe, en fort déficit chaotique jusqu'au début du 3e millénaire, a accru sensiblement ce déficit au cours des années 2012-2017. Il y a plusieurs raisons, la principale étant le remplacement, par les fermiers noirs des cultures d'exportation des fermiers blancs  (tabac, maïs...) par des cultures vivrières destinées aux marchés locaux. Un autre élément d'importance est la sortie de capitaux du pays à l'aube d'un changement de dirigeants ainsi que le remboursement de la dette du pays à l'égard de la Banque mondiale et du FMI (remboursement achevé l'an dernier). Cette faiblesse de la balance des paiements a bien entendu joué contre le dollar zimbabwéen, remplacé dans de nombreuses transactions par le rand sud-africain et le dollar américain.

    Sans autre élément de comparaison, on pourrait dire que, finalement et hors les comptes extérieurs , la période Mugabe n'a pas été aussi difficile que cela pour son pays. Mais si on regarde ce qui s'est passée autour du Zimbabwe au cours des 37 dernières années, alors le tableau est plus dur : vous constatez dans le premier graphique que le PIB du Zimbabwe a pratiquement doublé entre 1980 et 2016. Mais si on prend les chiffres de toute l'Afrique au cours de la même période, soit 2237 milliards de dollars en 2016 contre 557 en 1980, et même de la seule région Afrique de l'est, soit une progression de 56 milliards en 1980 à 371 milliards en 2016, on voit que le pays de Mugabe a été distancé très nettement : multiplication du PIB africain par 4 au niveau continental et par près de 7 au niveau sous-régional.

     

    Ca, c'est l'aboutissement. Voyons à présent les tenants qui expliquent en fait très largement les dits aboutissements :

    - Le premier élément, à l'origine de la diabolisation occidentale du président zimbabwéen est le refus de Tony Blair d'honorer les engagements signés par Margareth Thatcher envers le Zimbabwe. Et là, il faut rappeler des faits tellement cachés par les Occidentaux qu'ils ont disparu pratiquement d'Internet ! Après plusieurs péripéties et la déroute des forces de Ian Smith, la Grande Bretagne convie en 1979 les belligérants à négocier la paix près de Londres, à Lancaster House. Dans l'accord supervisé par Lord Carrington et signée par la Dame de fer, l'Angleterre s'engage à financer le rachat des terres des fermiers blancs par les Noirs au terme de 10 années de période intermédiaire. Puis les Travaillistes reviennent au pouvoir en 1997 avec Tony Blair. Lequel, dès 1998 soit deux ans avant le terme de ces 10 années, annonce qu'il ne respectera pas l'accord. Avec des arguments qui, après coup, prouvent une mauvaise foi évidente : d'abord il dit ne pas être l'héritier des colonialistes britanniques ; puis il proclame que c'est parce que Mugabe est un dictateur qui doit partir. Il fera même pression sur le président sud-africains, alors Thabo Mbeki, pour tenter de le faire partir par la force...  Mugabe, pressé par ses vétérans, est donc obligé de prendre des terres sans les payer, d'où le début de sa diabolisation internationale.

     

    - Il faut aussi dire, deuxième élément, que 90% des bonnes terres du pays sont entre les mains de 4000 fermiers blancs seulement, fermiers qui n'ont aucune intention de partir volontairement, attendant bien entendu les dédommagements anglais. Quand le premier ministre travailliste annonce qu'il ne paiera pas, très peu d'entre eux ont vendu (sur financement britannique comme convenu) La colère des vainqueurs tout de même de la guerre d'indépendance est donc élevée. Ce qui explique la brutalité (relative) de l'éviction des fermiers blancs, apeurés par l'assassinat d'un petit nombre d'entre eux. Pour comparer sérieusement le phénomène, il faut se souvenir de l'indépendance de l'Algérie et du fameux "deal" proposé au Français : "la valise ou le cercueil"  Néanmoins, Blair organise une véritable chasse aux sorcières médiatiques contre Mugabe, appuyé par les Américains qui, on s'en souvient, reçoivent son aide dans leur 2e guerre du Golfe. La France ne suit pas car, dans le même temps, elle est opposée aux Américains dans les guerres congolaises et Chirac, d'ailleurs, ne soutiendra pas Washington en Irak. Mais les médias français finiront par épouser les thèses anglo-saxonnes sur le Zimbabwe...

     

    - S'il n'y avait que les médias ! Mais la hargne britannique est telle que les pressions s'accentuent, cette fois via la création ex nihilo mais sur fonds anglo-saxons d'une opposition dirigée par le ndébélé Morgan Tsvangirai et regroupant à la fois les vaincus de la guerre civile, les vaincus zimbabwéens de la guerre d'indépendance (les forces autochtones de Ian Smith, essentiellement ndébélées) et les mécontents, urbains surtout, du régime Mugabe. Cette opposition soutenue ouvertement par Londres et Washington explique bien sûr l'opiniâtreté du vieux lion zimbabwéens face à l'Occident et son versement progressif vers la dictature. Imaginons, à titre de comparaison, que De Gaulle, en 1947, n'ait pas eu affaire aux vieux partis français, mais à un parti pro-américain ayant table ouverte à l'ambassade des Etats-Unis à Paris. Et des Américains qui ne l'auraient pas adoubé en 1942-1943 mais lui auraient préféré le général Giraud !

     

    - Dernier point enfin et les terres étant enfin revenues entre des mains autochtones (elles leurs furent en effet confisquées sans indemnité par les colons de Cecil Rhodes, leurs propriétaires originaux étant parqués dans des réserves), les productions s'africanisèrent : pour les marchés locaux d'abord (alors qu'auparavant, les fermiers blancs exportaient une grande partie de leurs productions, notamment en Afrique du sud), non déclarées ensuite, tout comme cela se fait encore dans pratiquement toute l'Afrique subsaharienne (seules les productions dites "de rente" entrent dans les statistiques) Si bien qu'on ne peut pas en fait comparer vraiment ce qui s'est passé au Zimbabwe à ce qui s'est passé en Afrique et dans la sous-région. En Afrique du sud par exemple, les terres sont restées entre les mains des Blancs et les productions sont largement destinées à l'exportation. Les tensions sont donc aujourd'hui extrêmes dans les campagnes tandis que les statistiques sont meilleures qu'au Zimbabwe. L'informel a gagné terriblement dans ce dernier pays du fait de la passation de pouvoir aux Noirs. Au point d'avoir pratiquement tué la monnaie locale, remplacée sur place par le dollar américain et le rand sud-africain. Le Zimbabwe est redevenu africain mais pas forcément dans le mauvais sens du terme : cet informel est très largement à l'origine de la forte croissance économique de ces dernières années face à des Etats tués dans l'œuf par les "remèdes" ultra libéraux des Occidentaux. N'oublions pas que les Bantous ne connaissaient pas d'Etat puissants à l'européenne avant les invasions occidentales. Il s'agissait plutôt de structures légères, fondées sur des princes encadrées par des sages et des traditions très fortes. Seules quelques royaumes un peu plus organisés sortaient du lot, tel celui de la vallée du Limpopo à l'est, des Ashantis à l'ouest ou des Zoulous au sud : "l'âme" africaine était pétrie de liberté et non de soumission à des despotes comme l'on décrit beaucoup trop de lettrés occidentaux. Tout bêtement parce que s'il n'était pas content de son sort, le Subsaharien pouvait aisément prendre ses cliques et ses claques. Alors qu'au même moment moyenâgeux, l'Européen restait servilement attaché à sa terre...

     

     

     

     

     

    1- Evolution du PIB zimbabwéen de 1980 à 2016 (en millions de dollars - en ordonnée)

    Source : CNUCED

     

     

    2- Evolution du financement extérieur du Zimbabwe de 1980 à 2016 (en millions de dollars - en ordonnée)

    Source : CNUCED

     

     

    3- Evolution de la balance des paiements du Zimbabwe de 1980 à 2016

    Source : CNUCED


    votre commentaire
  • L'Afrique face à la baisse des prix des matières premières

    Les effets de la crise ont été très largement surestimés.

    Mais l'avenir reste incertain

    Christian d'Alayer - novembre 2017

     

    Nous disposons aujourd'hui, grâce aux organismes de Washington, d'un tableau assez précis des conséquences réelles de la baisse des prix des matières premières sur les pays exportateurs. On savait déjà que l'impact sur leur croissance économique avait été très relatif, de l'ordre d'1 point à 1 point et demi. Les tableaux qui suivent montrent sans aucune équivoque que cette baisse n'a pas eu de conséquence non plus sur leurs exportations en valeur : en dehors de l'Afrique du nord, toutes les régions exportatrices et comptant beaucoup sur ces exportations pour leur croissance ont vu leurs chiffres augmenter entre 2009-2010 et 2014-2015. Le cas de l'Afrique du nord, on l'a vu dans d'autres domaines de la statistique économique, est en outre à considérer à part du fait des troubles politiques enregistrés dans tous les pays concernés.

     

    Le constat va plus loin car on aurait pu en effet imaginer que les pays vraiment dépendant de ces exportations de matières premières  enregistreraient une baisse de leurs ventes en valeur. Ce n'est même pas le cas comme on peut le voir pour l'Afrique centrale, dépendante à 97% en 2009-2010 comme en 2014-2015. Idem pour l'Afrique de l'ouest et encore plus pour l'Afrique de l'est où la dépendance a augmenté entre les deux périodes !

     

    C'est comme si la crise occidentale n'avait pas eu lieu et que les prix des matières premières n'avaient pas baissé. Bien sûr beaucoup de pays, notamment en Asie, ne sont plus vraiment dépendant de leurs exportations de matières premières. Bien sûr également, les économies de l'ensemble des pays les moins avancés ne reposent heureusement pas que sur la production et l'exportation de "produits tropicaux". Mais comme beaucoup de commentateurs occidentaux le croient encore, il n'est pas inutile de le prouver inlassablement, jusqu'à ce que leurs lecteurs comprennent que ces pays sont d'abord des marchés, avec des consommateurs et de plus en plus de producteurs locaux à défaut d'investissements étrangers (cas de l'Afrique)

     

    Aller plus loin dans les explications sans autres éléments relève de la conjecture. On peut toutefois imaginer que, face à des prix en berne, les exportateurs ont compensé par un accroissement des volumes exporté. Après tout, la demande mondiale de pétrole n'a jamais cessé d'augmenter (95 millions de barils/jour aujourd'hui contre 85 en 2009) Mais les pays producteurs ont volontairement limité leurs exportations depuis deux ans afin de faire remonter les prix. Les Chinois, de même, ont entretenu un prix élevé de l'or en constituant d'énormes réserves dans le cadre de leur politique monétaire internationaliste. Le bois a retrouvé le sourire en Occident avec la crise, poussant les promoteurs immobiliers à offrir, grâce à lui, des constructions moins coûteuses pouvant en outre être présentées comme plus écologiques. Le monde entier aujourd'hui s'adonne au chocolat, empêchant les prix de retomber dans leurs errements des années Houphouët. Etc., etc. : la crise n'est visiblement pas mondiale mais occidentale, dans un Occident qui, en outre, a continué à croître : faiblement mais à croître. Avec donc des achats de matières premières également en croissance même si ses achats ne font plus l'alpha et l'oméga du marché mondial.

     

    On peut donc aussi envisager que la sensation de la crise à excédé sa réalité en Occident : car, dans le même temps, de nombreux emplois ont continué à y être perdus, surtout en Europe. Où, il est vrai, l'endettement public a forcé les Etats à réduire leurs dépenses et à augmenter leurs recettes par les impôts. Au détriment donc de la consommation des particuliers. Aux Etats Unis et outre une dette publique pour l'instant couverte par l'universalité du dollar, ce sont les particuliers qui se sont très lourdement endettés. Et au final, on a un Occident qui vit au dessus de ses moyens et sur lequel plane l'épée de Damoclès d'une nouvelle crise systémique. Dont le déclenchement pourrait alors coûter plus cher aux pays exportateurs de matières premières, sous forme cette fois-ci d'une baisse plus sévère de la demande et, donc, des importations : paradoxalement, l'Occident retrouverait alors une importance majeure. Mais en creux ! L'importance d'un marché dont la crise impacterait alors et réellement l'économie mondiale.

     

    On n'en est toutefois pas encore là, sachant que la question est surveillée par les experts comme le lait sur le feu. Certains d'entre eux deviennent assez nerveux actuellement, surtout en bourse où les valeurs des grandes entreprises atteignent des sommets qui n'ont plus rien à voir avec leur rentabilité. L'envolée des monnaies scripturales privées comme le Bitcoin accroît cette nervosité qui, ces derniers temps, s'est répercutée sur l'ensemble des valeurs dites "refuge"

     

    Si le passé a donc été grandement exagéré, preuves à l'appui, l'avenir reste incertain. Le dénouement des tensions actuelles repose sur quelques phénomènes bien répertoriés par les banques centrales : un, l'avenir du dollar. La Chine a commencé à payer un peu de son pétrole en yuan qui, aujourd'hui, fait partie du panier de devises des droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI. Le mouvement peut s'amplifier si les vendeurs perdent confiance dans la monnaie américaine. Mais a priori, le mouvement devrait croître lentement, pas brutalement, d'autant que les grandes bourses de matières premières sont américaines (Chicago notamment) Deux, l'éclatement des bulles spéculatives. Il n'existe pas en effet de hausses abusives qui n'aient pas été suivies de baisses spectaculaires. Les experts n'en sont plus à se demander "si", mais "quoi" et "quand" Le scénario le moins pire serait l'éclatement de la bulle boursière, la baisse des actions "gommant" en quelque sorte les excès de fabrication monétaire de ces dernières années (le crédit à tout va et les taux proches de zéro) Le pire serait une remontée brutale des taux d'intérêt entraînant alors et la défaillance de nombreux Etats occidentaux (les Etats ne font pas faillite), donc la ruine de pas mal de leurs créanciers (banques, assurances, fonds d'investissement), donc des particuliers qui ont investi massivement en assurances-vie. Le crédit n'étant plus bon marché, la bulle immobilière s'effondrerait également et, globalement, la demande occidentale pourrait diminuer durablement : l'Occident ne serait plus en petit croissance mais en récession assez prononcée.

     

    Pour l'instant, les politiques concertées au niveau mondial visent à rééquilibrer très lentement les marchés obligataires et d'actions. Donc une remontée très légère et très lente des taux d'intérêt. Tout en cherchant à éviter par tous les moyens des incidents graves en bourse (les particuliers n'y jouent plus un grand rôle : ce sont essentiellement les banques qui régulent les marchés) Et il semble que les Chinois ne veuillent pas non plus "casser la baraque", l'Occident restant leur premier client à l'exportation tandis que leurs avoirs en dollars et en euros sont trop importants pour qu'ils acceptent de les voir fondre à la chaleur intense d'une crise systémique. Les Africains, eux, ne peuvent que croiser les doigts !

     

     

     

     

     

    1- Exportations de matières premières en 2009-2010 et 2014-2015 par les pays les moins avancés (en milliards de dollars)

    Source : CNUCED, rapport 2016 sur la dépendance des pays les moins développés par rapport aux matières premières

     

     

     

     

    1bis- Exportations de matières premières en 2009-2010 et 2014-2015 par les pays les moins avancés (en milliards de dollars) :  zoom sur l'Afrique

    Source : CNUCED, rapport 2016 sur la dépendance des pays les moins développés par rapport aux matières premières

     

     

     

    2- Part des matières premières dans les exportations des pays les moins avancés en 2009-2010 et 2014-2015 (en %)

    Source : CNUCED, rapport 2016 sur la dépendance des pays les moins développés par rapport aux matières premières

    Régions

    2009-2010

    2014-2015

    Pays les moins développés

    77

    72

    Afrique de l'est

    77

    80

    Afrique centrale

    97

    97

    Afrique du nord

    79

    69

    Afrique australe

    56

    58

    Afrique de l'ouest

    94

    94

    Iles Caraïbes

    56

    55

    Amérique centrale

    27

    23

    Amérique du sud

    74

    76

    Asie de l'est

    8

    9

    Asie du sud

    51

    44

    Asie du sud-est

    32

    31

    Asie de l'ouest

    73

    69

    Océanie

    94

    92

     

     

    Tableau 3. Prix international des exportations, 2009-2016

     

    Unités

    2009

    2010

    2011

    2012

    2013

    2014

    2015

    2016

    Aluminium

    ($/mt)

    1 664,83

    2 173,12

    2 401,39

    2 023,28

    1 846,67

    1 867,42

    1 664,68

    1 604,18

    Banane (US)

    ($/mt)

    847,14

    868,32

    967,99

    983,98

    924,07

    927,79

    957,06

    1 001,15

    Charbon (Australie)

    ($/mt)

    71,84

    98,97

    121,45

    96,36

    84,56

    70,13

    57,51

    65,86

    Cacao

    (cents/kg)

    288,88

    313,30

    298,01

    239,19

    243,88

    306,22

    313,50

    289,08

    Café (Arabica)

    (cents/kg)

    317,11

    432,01

    597,61

    411,10

    307,60

    442,38

    352,61

    361,11

    Café (Robusta)

    (cents/kg)

    164,42

    173,59

    240,76

    226,68

    207,59

    221,64

    194,11

    195,31

    Cuivre

    ($/mt)

    5 149,74

    7 534,78

    8 828,19

    7 962,35

    7 332,10

    6 863,40

    5 510,46

    4 867,90

    Coton

    (cents/kg)

    138,20

    228,34

    332,85

    196,71

    199,27

    183,20

    155,74

    163,61

    Farine de poisson

    ($/mt)

    1 230,25

    1 687,42

    1 537,42

    1 558,33

    1 747,17

    1 708,85

    1 557,75

    1 501,31

    Or

    ($/toz)

    972,97

    1 224,66

    1 569,21

    1 669,52

    1 411,46

    1 265,58

    1 160,66

    1 248,99

    Huile d'arachide

    ($/mt)

    1 183,67

    1 403,96

    1 988,17

    2 435,67

    1 773,04

    1 313,00

    1 336,92

    1 362,33

    Minerai de fer

    (cents/dmt)

    100,95

    145,86

    167,75

    128,50

    135,36

    96,94

    55,83

    58,42

    Plomb

    (cents/kg)

    171,93

    214,84

    240,08

    206,46

    213,98

    209,55

    178,78

    186,67

    Bûches (Cameroun)

    ($/m3)

    421,47

    428,56

    484,81

    451,39

    463,53

    465,17

    388,58

    387,41

    Maïs

    ($/mt)

    165,51

    185,91

    291,68

    298,42

    259,39

    192,88

    169,75

    159,16

    Pétrole (brut)

    ($/bbl)

    61,86

    79,04

    104,01

    105,01

    104,08

    96,24

    50,75

    42,81

    Huile de palme

    ($/mt)

    682,83

    900,83

    1 125,42

    999,33

    856,90

    821,44

    622,67

    700,19

    Phosphates (pierre)

    ($/mt)

    121,66

    123,02

    184,90

    185,89

    148,11

    110,22

    117,46

    112,17

    Caoutchouc (États-Unis)

    (cents/kg)

    214,64

    386,62

    482,32

    337,73

    279,45

    195,66

    1,57

    1,61

    Surcre (UE)

    (cents/kg)

    52,44

    44,18

    45,46

    42,01

    43,38

    43,40

    36,26

    36,15

    Sucre (mondiale)

    (cents/kg)

    40,00

    46,93

    57,32

    47,49

    39,00

    37,50

    29,63

    39,81

    Sucre (États-Unis)

    (cents/kg)

     54,88

     79,25

     83,92

     63,56

     45,05

     53,11

     54,63

     60,92

    Thé (Moyenne 3 auctions)

    (cents/kg)

     272,40

     288,49

     292,05

     289,78

     286,20

     272,05

     270,73

     264,08

    Thé (Mombasa)

    (cents/kg)

     251,96

     256,00

     271,90

     288,05

     239,88

     204,51

     274,16

     229,85

    Tabac, importation (États-Unis)

    ($/mt)

    4 241,18

    4 304,78

    4 485,05

    4 302,35

    4 588,82

    4 990,77

    4 908,30

    4 806,18

    Note : $ = dollar américain, bbl = baril, cents = cents américains, dmt = tonne métrique sèche, kg = kilogramme, m3 = mètre cube, mt = tonne métrique, toz = once troy

    Source : Banque mondiale, Global Commodity Price Prospects, mars 2017


    votre commentaire
  • Les Africains n'aiment pas la guerre

    Christian d'Alayer - Octobre 2017

    Hier, l'image de l'Afrique en France était celle de la publicité d'une marque connue de chocolat en poudre, image Oh combien combattue aujourd'hui par les antiracistes. Mais aujourd'hui, c'est un combat d'arrière garde : l'image oscille à présent entre le jeune dealer des banlieues, l'Islamiste radical qui verse dans le terrorisme et l'enfant soldat en guerre perpétuelle sur son continent. Et c'est vrai que les guerres se sont multipliées en Afrique depuis un siècle comme on peut le constater dans le tableau ci-après, incluant jusqu'aux rébellions locales telles celle de Casamance, d'Agacher ou d'Ituri. Comme par ailleurs l'Afrique est très jeune (64% de la population a moins de 25 ans), on imagine aisément que la moindre étincelle peut y déclencher un incendie très grave.

    En regardant de plus près, on voit cependant que, de 1800 à aujourd'hui, une grande partie des guerres menées sur le continent l'ont été sous contraintes extérieures : guerres d'Indépendance mais aussi conflits issus de la politique des anciens colonisateurs. C'est le cas par exemple au Tchad où la France, par deux fois, a fait sauter un dirigeants capables d'unifier ce pays aux deux nations (l'empire bokassien reposait bel et bien sur une pluralité de peuples) Bokassa fut victime des secrets qu'il détenait sur la France-Afrique et sur le président français d'alors ; et Patassé eut le tort, aux yeux des Français, de demander à Kadhafi la caution musulmane dont il avait besoin pour s'imposer aussi au nord du pays. Les guerres des Congo furent de même téléguidées de l'extérieur. Rappelons à cet égard et d'une part que les armées ougando-tutsies, équipées et conseillées par les Anglo-Saxons, furent stoppées par une coalition congolo-angolo-zimbabwéenne armée, elle, par les Français (fameux épisode du procès de l'Angolagate) D'autre part, il faut se souvenir aussi que les cadres de ces coalitions furent formées, les premiers, à Londres et Washington tandis que les seconds le furent à Paris, l'épilogue du conflit principal étant logiquement décidé lors d'un entretien secret entre Bill Clinton et Jacques Chirac sur une île du Pacifique. Quant au nord du fleuve Congo, c'est parce que Pascal Lissouba, président élu en 1992, décida de traiter avec une compagnie pétrolière américaine, que Denis Sassou Nguesso le chassa du pouvoir avec l'aide de l'armée angolaise : peut-on vraiment dire qu'il s'est agi d'un conflit africain ?

    Où qu'on regarde, on aperçoit une main étrangère dans les conflits. Voyez le long conflit éthiopien, guerre civile reproduisant en fait l'opposition entre l'Union soviétique d'alors et les Américains. Ou les derniers événements "terroristes" en Afrique de l'ouest et du centre : auraient-ils existé sans l'intervention occidentale en Libye, permettant et aux armes de Kadhafi de s'échapper dans le Sahara, et aux armes fournies abondamment aux rebelles d'être redistribuées aux adeptes de Boko Haram avec la complicité d'un riche allié arabe de l'Occident ?

    Même des conflits qui paraissent plus autochtones comme les guerres du Libéria et de Sierra Leone ne sont pas exempts d'intervention étrangère : on a suffisamment évoqué les "diamants du sang" pour savoir qu'ils furent à la fois la raison d'être des conflits et leur source de financement. Or ces diamants furent exportés hors d'Afrique via une capitale africaine francophone. Il faut savoir qu'avant la chute de Bokassa, c'est Bangui qui servait de relai à tous les diamants africains de contrebande (et aussi aux défenses d'éléphant prohibées) Après Bokassa, on peut le dire aujourd'hui, ce fut Compaoré qui géra le trafic, on restait dans le cadre de la France-Afrique...

    Allons au nord du continent où fleurirent des "Printemps arabes" : que seraient-ils devenus sans l'argent saoudien ? Certes, les mouvements islamistes existaient depuis longtemps et avaient grandi en œuvrant inlassablement dans le domaine de la solidarité. Mais c'est une radio qatarie, Al Jazeera, ainsi qu'un Net sous forte influence saoudienne, qui vont relayer en temps réel  les révoltes des jeunes.

    Il existe certes des conflits purement locaux. La guerre de l'Ogaden n'est par exemple que la nième tentative des Somalis des plaines arides de l'est africain de vivre des jours meilleurs sur les hauts plateaux éthiopiens. Leurs habitants ont, de tous temps, repoussé les escalades somalies vouées de toute façon à l'échec compte tenu de la topographie. Mais les guerres entre forestiers, presque tous bantous et cultivateurs, et Sahéliens, presque tous issus de pasteurs nomades n'auraient pas eu lieu si les colonisateurs n'avaient pas érigé des frontières si connes au congrès de Berlin (1884-1885) Et n'auraient pas été aussi prégnantes si les esclavagistes arabes puis européens n'avaient pas fondé leurs prédations sur une alliance avec les Sahéliens contre les Bantous.

    Nous avons trop tendance aujourd'hui à gommer le passé. Or celui-ci, en géopolitique, explique toujours le présent et annonce l'avenir. Ainsi et globalement, les Africains n'ont réellement repris leur croissance démographique, stoppée plus de trois siècles durant par les traites puis la colonisation, qu'après leurs indépendances. Années au cours desquelles les prix des matières premières ont été au plus bas de l'histoire de l'humanité ! Et au cours desquelles l'Occident a détruit les Etats naissant tout en désinvestissant massivement hors les mines et le pétrole. On retrouve donc partout des hordes de jeunes au chômage face à une autorité publique quasi inexistante.

    Fort heureusement, le lien familial est encore fort en Afrique et les parents ont l'autorité que leurs Etats n'ont pas encore conquis (contrairement aux parents africains immigrés en Occident) Ce pourquoi il n'y a pas plus de troubles. Car si vous regardez, sur Wikipédia, les listes des guerres en Europe, en Amérique ou en Asie au cours des mêmes périodes, vous pourrez constater aisément que l'Afrique est en fait le continent le moins guerrier du monde. C'est d'ailleurs le seul continent où l'ont considère la mort comme anormale : presque partout, il faut une explication lors de la disparition d'un proche, fut-il centenaire ! Et si les hommes, notamment en Afrique centrale, ont pu être excités par le pillage, les femmes ont tenu et leur maisonnée et, de fait, l'économie de leur pays. Elles y ont même gagné le droit de travailler sans l'accord préalable de leur mari !

    Dernier éclairage pour finir de vous convaincre : allez sur le site de la CIA-World Facts Book (c'est gratuit)  et voyez les comparaisons entre Etats, rubrique dépenses d'armement. Vous pourrez constater aisément, je l'ai déjà fait dans ces colonnes, que les pays africains comptent parmi ceux qui dépensent le moins en armement (en pourcentage de leur PIB) Et même s'ils ont parfois disposé de grands chefs de guerre, on ne peut vraiment pas dire qu'ils aiment guerroyer...

     

     

    Les Guerres en Afrique depuis 1 demi millénaire

    Source : Wikipedia et New Africa

    Guerre maroco-Songhaï (1591 - 1610).

    Guerre Adal-Éthiopie (1527 - 1543)

    Conquête portugaise de l'Angola (entre1671) 

      Guerre entre les royaumes denkyira et ashanti (entre 1700 et 1780) 

     Guerre entre les Régences d'Alger et de Tunis de 1705 

    Remontée Ashanti vers le Nord (stoppée en 1901)

    entre 1800 et 1900

    le Difacane de Shaka contre les peuples environnants (troubles zoulous)

    les 8 guerres cafres entre Afrikaners et Xhosas (1800-1900)

    Guerre de Tripoli (1801-1805) 

    le Jihad d'Ousmane dan fodio (1805-1850) 

    la guerre anglo-égyptienne contre le Mahdi au Soudan

    Guerres anglo-ashanti 

    Guerre entre la France et le Trarza (1825) 

    Conquête de l'Algérie par la France (1830-1847) 

    Guerre franco-marocaine (1844) 

    Guerre d'Afrique ou première guerre du Maroc (1859-1860) 

    Guerre égypto-éthiopienne (1874-1876) 

    Guerre anglo-zouloue (1879) 

    Première Guerre des Boers (1879-1880) 

    Guerre des Mahdistes (1881-1898) 

    Expédition de Madagascar (1881-1895) 

    Guerre anglo-égyptienne (1882) 

    Première guerre franco-malgache (1883-1885) 

    Première guerre du Dahomey (1890) 

    Seconde guerre du Dahomey (1892-1894) 

    Campagnes de l'État indépendant du Congo contre les Arabo-Swahilis (1892-1894) 

    Première guerre italo-éthiopienne (1895-1896) 

    Deuxième Guerre des Boers (1899-1902) 

    Djihad de Mad Mullah (1899-1920) 

    entre 1900 et 1945

    Guerre italo-turque dite "de Tripolitaine"(1911-1912) 

     Djihad des Sénoussis (Résistance d'Omar Al Mokhtar) (1911-1931) 

    Rébellions touarègues

      Révolte de Kaocen au Niger (1916-1917) 

    Rébellion touarègue au Mali (1962-1963)

    Rébellion touarègue au Mali et au Niger (1990-1996)

      Première Guerre mondiale 

      Guerre du Rif (1921-1926) 

     Seconde guerre italo-éthiopienne (1935-1936) 

     Résistance éthiopienne (1936-1941) 

      Seconde Guerre mondiale 

       Guerre du désert (1940-1943) 

     Campagne d'Afrique de l'Est (1940) 

     Campagne du Gabon (1940) 

    Entre 1945 et 2000

     Insurrection malgache de 1947 

     Révolte des Mau Mau (1952-1956) 

      Guerre d'Algérie (1954-1962) 

      Première guerre du Sud-Soudan (1955-1972) 

      Guerre de Suez (1956) 

     Guerre d'Ifni (1957-1958) 

     Crise congolaise (1960-1965) 

     Opération des Nations unies au Congo (1960-1964) 

      Crise de Bizerte (1961) 

     Guerres coloniales portugaises (1961-1974) 

     Guerre d'indépendance de l'Angola (1961-1974) 

     Guerre d'indépendance de la Guinée Bisseau et du Cap-Vert (1963-1974) 

     Guerre d'indépendance du Mozambique (1964-1974) 

      Guerre d'indépendance de l'Érythrée (1962-1991) 

      Guerre des sables (1963) 

       Guerre de la frontière sud-africaine (1965-1988) 

      Guerre du Tchad (1965-1994) 

      Guerre civile tchadienne (1965-1979) 

    Conflit tchado-libyen (1978-1987)

     Guerre civile tchadienne (1979-1994) 

     Guerre civile au Nigeria ou guerre du Biafra (1967-1970) 

     Guerre du Bush de Rhodésie du Sud (1972-1979) 

      Guerre du Sahara occidental (1975-1991) 

      Guerre civile au Mozambique (1975-1992) 

     Guerre civile de l'Angola (1975-2002) 

      Guerre d'indépendance du Cabinda (1975-?) 

     Raid d'Entebbe (Raid de l'armée israélienne en Ouganda pour libérer les otages du vol Air France 139) (1976) 

     Première guerre du Shaba (1977) 

      Guerre égypto-libyenne (1977) 

      Guerre de l'Ogaden (1977-1978) 

    Deuxième guerre du Shaba (1978) 

      Guerre ougando-tanzanienne (1978-1979) 

    Guerre de brousse en Ouganda (1981-1986) 

      Seconde guerre du Sud-Soudan (1983-2005) 

     Guerre de la Bande d'Agacher ou guerre de Noël (1985) 

     Opération Jambe de bois (Bombardement par l'armée israélienne du quartier-général de l'OLP en Tunisie) (1985) 

    Opération El Dorado Canyon (Bombardement des États-Unis sur Tripoli et Benghazi) (Libye) (1986)

     Insurrection de l'Armée de Résistance du Seigneur (1987-?) 

     Première et deuxième guerre civile du Libéria (1989-2003) 

     Guerre civile du Rwanda (1990-1993) 

     Guerre civile djiboutienne (1991-1994) 

      Guerre civile de Sierra Leone (1991-2002) 

    Guerre civile de Somalie (1991-?)

     Opération Restore Hope (Opération conduite par les États-Unis sous l'égide des Nations-Unies) (1993) 

      Guerre civile d'Algérie (1992-2002) 

    Guerre civile du Burundi (1993-2005) 

     Génocide au Rwanda (1994) 

    Conflit de Caprivi (1994-1999) 

    Première guerre du Congo (1996-1997)

      Insurrection des Allied Democratic Forces (ADF) (1999-?) 

      Guerre civile du Congo-Brazzaville (1997-1999) 

     Opération Infinite Reach (Bombardement des États-Unis en Afghanistan et au Soudan) (1998) 

     Guerre civile de Guinée-Bissau (1998-1999) 

    Deuxième guerre du Congo (1998-2003)

     Conflit d'Ituri (1999-?) 

     Guerre Ethiopie-Erythrée (1998-2000) 

    Depuis 2000

    Guerre civile de Côte d'Ivoire (2002-2007)

    Guerre civile au Darfour (2003-?)

    Guerre du Kivu (2004-2009)

    Première guerre civile de Centrafrique (2004-2007)

    Guerre civile tchadienne (2005-2010) 

    Guerre civile de Somalie (depuis 1991) 

    Lutte contre la Piraterie autour de la Corne de l'Afrique 

    Combat au large de la Somalie le 18 mars 2006 

    Opération Atalanta sous l'égide de l'Union Européenne (2008-?)

    Opération Ocean Shield sous l'égide de l'OTAN (2009-?)

    Intervention militaire de l'Éthiopie en Somalie (2006-2009)

    Intervention militaire du Kenya en Somalie (2011-?)

    Rébellions touarègues 

    Rébellion touarègue au Mali (mai 2006-juillet 2006)

    Rébellion touarègue au Niger et au Mali (2007-2009)

    Rébellion touarègue au Mali (janvier 2012-avril 2012)

    Violences postélectorales au Kenya en 2007-2008 

    Invasion d'Anjouan (2008)

    Guerre djibouto-érythréenne (2008)

    Insurrection de Boko Haram (2009-?)

    Crise ivoirienne de 2010-2011 

    Révolution tunisienne de 2010-2011 

    Révolution égyptienne de 2011 

    Insurrection du Sinaï (2011- ?)

    Première guerre civile libyenne (2011)

    Intervention militaire de 2011 en Libye sous l'égide de l'ONU 

    Conflit inter-soudanais (depuis 2011) 

    Guerre du Mali (2012- ?)

    Intervention militaire au Mali (2013- ?)

    Rébellion du M23 (Kivu) (2012-2013)

    Deuxième guerre civile de Centrafrique (2012-2013)

    Troisième guerre civile de Centrafrique (2013-?)

    Intervention militaire en Centrafrique (2013- ?)

    Guerre civile sud-soudanaise (2013-?)

    Insurrection du RENAMO (Mozambique) (2013- ?) 

    Deuxième guerre civile libyenne (2014- ?)

    Crise politique burundaise de 2015 (2015- ?)

    Rébellion des Kamwina Nsapu (République Démocratique du Congo) (2016- ?) 

     

     


    votre commentaire
  • L'écologie, nouvel opium des peuples

     

    Hier encore, le "Socialisme" était la terreur des riches : imaginer des hordes de va-nu-pieds prêts à se partager leurs biens leur était totalement insupportable. Si bien que lorsque le "socialisme réel" s'effondra avec l'URSS, ils poussèrent un immense cri de joie qui ébranla jusqu'aux partis communistes les plus staliniens. Le PC italien versa dans la sociale démocratie pourtant honnie avant d'épouser l'ultra libéralisme européen. Le PC français s'allia au PS ennemi au sein duquel il perdit jusqu'à la moindre réflexion indépendante : lui aussi enfourcha le balais sulfureux de l'ultra libéralisme. Un historien américain alla même jusqu'à proclamer "la fin de l'histoire" tandis que des milliardaires américains se félicitèrent ouvertement d'avoir gagné la guerre contre les pauvres...

    On a vu en Occident la conséquence quasi immédiate de la chute du mur de Berlin, emblème, selon les riches, de la défaite des pauvres : en trente ans, la part des salaires dans les coûts de production occidentaux passa de plus de 20% à moins de 15%, la différence allant dans la poche des actionnaires plutôt que dans les budgets de recherche et développement (stagnation de l'investissement dans tout l'Occident, surtout en Europe) Résultat : stagnation de la demande occidentale et augmentation fabuleuse du chômage. Donc risque de renouveau du socialisme...

    C'est alors que l'écologie débarqua en fanfares et trompettes, avec l'appui de la totalité des grands médias. Notre Terre courrait à sa perte non pas du fait du déclin des économies occidentales, mais du trop plein de consommation. Pollution atmosphérique, pollution des mers, gaspillage de ressources naturelles limitées, etc. Vous connaissez, je n'en rajoute pas.

    Sauf que, tout récemment, se sont ajoutées, pour l'instant, des recommandations de vie ascétique. Avant qu'elles ne deviennent des obligations d'ascèse dont je vous livre les dernières nouveauté : arrêter de se laver et de manger de la viande. Si vous comparez ces recommandations à celles qui furent soulevées avant d'être rendues obligatoires dans d'autres domaines comme celui du transport ou des fabrications "sans" (parabène, OGM, phosphates, etc., etc.), vous pouvez aisément imaginer nos lendemains qui déchantent : les riches vous vendent en fait et sans que vous ayez votre mot à dire, le contentement d'une vie de pauvre. Au point qu'aujourd'hui, en ces jours d'automne 2017, les grands médias invitent des "minimalistes" à vanter leur mode de vie : un ordinateur, quelques fringues et c'est tout !

    C'est tellement "linéaire", se déroulant comme un plan murement réfléchi, que je ne n'hésite pas à penser que, pour éviter que les peuples occidentaux ne replongent dans le "partagisme", les grands capitalistes ont créé de toutes pièces  l'écologie. Et une écologie fasciste qui plus est : tous ceux qui ne sont pas d'accord sont d'abord diabolisés avant d'être éjectés des grands médias.

    "complotisme", me direz-vous. Et peut-être aurez-vous raison. Mais quand on voit que la plupart des fantasmes écologiques sont plus que largement surestimés, on ne peut que se poser la question. Voyez le pétrole. On vous avait annoncé sa fin (le fameux pic de production) il y a plus de 10 ans. Le pic n'est toujours pas atteint. Voyez la déforestation : les écolos continuent à hurler à la mort tandis que le nord de la planète se reforeste à toute allure, comblant largement la déforestation du sud. Ce, parce que les campagnes sont abandonnées au profit des villes, phénomène qui touche aussi le sud de la planète. Idem en ce qui concerne la démographie : alors que l'ONU continue à hurler à la mort, les citadins en pourcentage croissant continue à faire moins d'enfants. Même l'Afrique freine sa démographie très rapidement, passant de 6 enfants par femme en âge de procréer à un peu plus de 4 aujourd'hui en moins de 20 ans. L'Europe se dépeuple, Russie incluse, et les USA renouvellent un tout petit peu plus leur population, mais vraiment un tout petit peu, du fait essentiellement des Hispaniques : même les Noirs Américains sont en déclin ! Voyez le fameux permafrost qu'on vous disait délétère pour la planète entière s'il venait à fondre : les Chinois en extraient déjà du méthane et les effondrements en Russie n'ont donné lieu à aucun holocauste d'hommes et d'animaux. Le réchauffement est une réalité mais aujourd'hui, la part de l'homme n'est plus aussi certaine. Ce n'est que parce que de nombreux scientifiques se sont rangés derrière cette bannière que sa responsabilité est toujours montrée prioritairement du doigt. Alors que, responsable ou pas, il n'y a pas grand chose à faire et les milliards dépensés pour combattre le réchauffement sont gaspillés. Il aurait mieux valu les dépenser à organiser la survie des populations littorales !

    Alors, pourquoi le discours n'évolue-t-il pas s'il n'a pas complot ? Parce que, sommes-nous en droit de répondre face à ce déferlement médiatique, il fallait bien trouver une autre drogue, un autre opium au peuple que les religions, en perdition occidentale, puis les idéologies, également en perdition sauf celle du libéralisme ultra.

    Et ce alors que nos médias, nos riches, nos idéologues de l'écologie se trompent sur un point essentiel : l'Occident n'est pas le Monde. Nous représentons moins d'un milliard d'habitants sur les 7,5 milliards qui peuplent aujourd'hui notre planète. Economiquement, l'Occident n'est plus le maître depuis maintenant 20 ans. Le commerce maritime sur le Pacifique (qui ne concerne que des pays du sud) a largement dépassé le commerce sur l'Atlantique nord. Les pays jadis "en développement" ("sous-développés" dans nos têtes) déposent plus de brevets que nous depuis au moins 5 années. Et si l'on retranche les dettes de nos richesses, les richesses de ces pays sont supérieures aux nôtres. Nous avons perdu la guerre économique parce que nous avons crû que la puissance militaire nous protégerait, tout comme elles nous a donné jadis la suprématie. Les USA à eux-seuls dépensent toujours plus de la moitié des dépenses militaires mondiales et n'ont pas su empêcher les Russes de défaire leur coalition (Daech-Arabie Saoudite-Qatar-"bon" rebelles dont Al Qaida) en Syrie. Des Russes qui ne dépensent même pas 10% des sommes américaines pour leurs armées ! Et la Chine vient de s'implanter militairement à Djibouti ou, hier encore, les Français faisaient la loi : non seulement nous avons perdu la guerre économique mais en sus, nous sommes en train d'abimer notre supériorité militaire dans un océan inutile de gadgets électroniques. Quand on se donne à ses marchands d'arme, c'est ce qui arrive obligatoirement !

    L'écologie gênerait-elle alors la nouvelle suprématie économique du sud ? Comme le disent des Africains mal informés, elle serait une nouvelle arme contre le "Tiers Monde", renchérissant ses coûts de fabrication ? Même pas : compte tenu des contrôles, les contraintes écologiques pèsent essentiellement sur les fabrications occidentales. Tenez, prenez l'amiante : chez nous, la destruction de murs en amiante-ciment doit impérativement être confiée à des spécialistes très chers (il faut envelopper totalement les structures et travailler dans des vêtements de cosmonaute) Croyez-vous que les Chinois ou les Africains vont se payer ce luxe ?!

    Si bien que nos Riches, s'ils ont décidé de lancer le nonos écologie pour éviter un retour du socialisme, ont vraiment eu tout faux : ils ont en fait accéléré le déclin de leur empire sans pour autant "sauver la planète" : la consommation des pauvres non occidentaux va continuer à croître, que nous le voulions ou  non. Et nous ne pouvons même plus leur imposer nos volontés militairement : même la petite Corée du Nord a aujourd'hui sa bombe atomique et les vecteurs pour nous l'envoyer si on gueule un peu trop ! Alors que dire de la Chine ! Même l'Afrique du Sud peut très vite se réarmer atomiquement (les Noirs avaient accepté de renoncer à l'atome militaire en arrivant au pouvoir) Bref, la "communauté internationale" n'est plus que du vent, elle ne fait plus peur à personne. On veut faire de nous des minimalistes consuméristes, mais nous sommes déjà des minimalistes politiques. Qui se font malmener comme des marionnettes par les médias de riches inconscients. Face à l'éveil du Tiers Monde, les troupes occidentales n'existent déjà plus. Alors, comment les riches pourront-ils sauver leurs précieuses actions quand les hordes sudistes les déposséderont de leurs parts de marché ?! J'ai déjà donné de nombreux exemples de ces dépossessions, à commencer par Lafarge, obligé de se marier avec Holcim pour cacher la baisse de ses implantations dans le monde. Que dire du nouvel ensemble Siémens-Alsthom crée pour essayer de survivre face aux Chinois ? C'est toutes les semaines aujourd'hui qu'on voit de tels regroupements de panique. On n'en est plus au rachat de vignobles par quelques milliardaires exotiques ! Le tout sur fond de surendettement des pays occidentaux, Etats comme populations, ce que nos économistes nobélisés appellent la "financiarisation"

     

    Car nos économies sont en train de tourner "Potemkine", de façade. Nous dominons toujours le commerce mondial mais uniquement parce que nos produits font du va-et-vient inter frontières continuel. Jusqu'à trois fois pour un seul produit : une fois en matière première, une fois en semi-produit et une fois en réexportation de produit fini. Divisons nos statistiques par trois et vous verrez qui exporte le plus aujourd'hui ! Nous croulons sous les dettes, nous trichons sur les chiffres, c'est bien de l'économie Potemkine qui se dresse en lambeaux face aux économies tout ce qu'il y a de réel des anciens pays pauvres. Alors, l'écologie...


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires