• Christian d'Alayer : mon testament sur Facebook

     

    Bonjour. J'ai reçu tellement de messages désolés après ma décision de ne plus écrire sur Facebook que je me sens obligé à plus d'explications.

     La première est la force aujourd'hui incontournable de l'image. Elle m'est apparue imbattable avec les incendies d'Australie : j'ai beau eu dire que ces incendies étaient annuels, causés par des orages secs sur le bush asséché par l'été. J'ai beau eu écrire que les incendies anciens avaient causé plus de dégâts dont celui, il y a quelques années, qui avait ravagé la banlieue de Sidney. J'ai beau eu poster le fait que l'extension de l'incendie de cette année avait été accru par des incendiaires pratiquement tous radicaux musulmans. J'ai beau eu dire que le chiffre de 500 millions, puis 1 milliards d'animaux tués ne tenait pas la route statistiquement. J'ai beau eu poster, il y a un mois (ça vient de sortir aujourd'hui !) que la pluie, diluviale, avait stoppé les  feux. Rien à faire : les incendies australiens sont et resteront "la" catastrophe humanitaire qui accélère l'extinction de l'espèce humaine !

    Un autre fait m'a convaincu d'arrêter : Alain de Benoist, philosophe de droite mais toujours objectif, s'est rallié à l'idée que la démographie mondiale détruisait la planète. En citant quand même le chiffre de 4,6 enfant par femme en âge de procréer en Afrique. En oubliant que ces 4,6% partaient d'un plus de 6% il y a à peine 15 ans et que l'urbanisation réduisait la natalité à toute vitesse. L'image, les innombrables antinatalistes européens (la zone la plus peuplée du monde), a vaincu la réflexion, l'écrit, auprès d'un grand penseur !

    Enfin, les disputes ethniques africaines, notamment au Cameroun, m'ont définitivement convaincu que, bien que pensant que l'Afrique est l'avenir du monde, je ne pouvais plus rien faire personnellement pour accélérer le réveil du continent actuellement en cours.

    Ce d'autant que j'ai élaboré, forcément en vieillissant, une vision d'après la mort très différente des grandes religions actuelles : pour moi, l'humain décide en fait seul de sont sort après sa mort physique : quand il voit la lumière qui lui révèle tout de son passé, soit il l'accepte et il accède au niveau supérieur. Soit il ne peut l'accepter car trop horrible, et il refuse la lumière et l'accession à ce que vous appelez le Paradis : le Cosmos n'a rien à faire des souvenirs d'une âme qui ne lui apporte rien. Et dans ce rien, il y a le fric. Le Cosmos n'en a rien a faire ! C'est donc par ce que nous pouvons ou non apporter à ce Cosmos que nous y accédons. Et le Cosmos nous le montre très crûment quand notre âme se présente à lui.

    J'ai élaboré cette idée depuis des années, renforcée par la voyance de feu mon épouse : elle vit, et je la crois parce qu'il y a des antécédents, l'âme de son père se détacher de sont corps pour rejoindre son épouse qui, à mes yeux, était une super intelligence instinctive. Capable de voir, en Bretagne et à son époque, les ravages de l'alcool. Mais aussi de l'injustice fondamentale du monde et le fond du cœurs des humains (elle ne se trompait jamais dans ses jugements) Les antécédents sont des messages vocaux envoyés par le premier mari de sa sœur lors de son exécution par les nazis : les deux sœurs entendirent ce message subliminal ! Dernier indice enfin : mon texte sur les religions (voir mon site kazeo.dalayer.com) me fut intégralement dicté par mon intuition. Certes, les faits furent acquis au fil des  décennies.  Mais pas la conclusion, écrite en écriture automatique tout comme le texte qui lui suivit (Mémoire d'un ADN)

    Je n'ai pas conscience d'avoir été inspiré mais la vitesse à laquelle j'ai écrit ces textes est invraisemblable. De même que mon dégoût pour l'écriture qui s'ensuivit. Comme si j'avais terminé ma tâche : l'Afrique que j'aime pourtant à la folie (y compris gastronomiquement), la politique que je maîtrise pourtant de manière presque absolue y compris au niveau géopolitique, l'économie que je maîtrise aujourd'hui bien mieux que tous les économistes patentés du monde occidental, la sociologie que j'ai aussi maîtrisée au fil des ans, tout cela ne m'inspire plus rien. Rien du tout. Je n'ai plus envie d'écrire...

    Que voulez-vous que je fasse après cela ? J'ai actuellement un procès avec la CNAV, l'organisme malheureusement appelé à remplacer tous les autres organismes de retraite principale. Il me prend la tête car j'ai été obligé de me plonger dans le droit des retraites de réversion, problèmes juridiques qui m'ennuient profondément. Mais cela va se terminer bientôt, le mois prochain. Après quoi, je vais m'employer à passer mon permis bateau que ma fille et mes petits enfants ont aidé à financer et qui m'oblige, vous l'imaginer, à acheter un bateau. Le jardin de ma maison de Bretagne va, certes, occuper une partie de mon temps d'autant que mon jardinier semble avoir disparu. Ma fille me suggère de me mettre à la musique (je suis un fanatique -vraiment- de musique classique européenne avec une collection de près de 1500 CD)

    Mais l'intellectuel que j'étais est mort, éteint. J'avais trouvé un nouveau sujet d'écriture, une vision du monde de demain dominé par la robotique et l'intelligence artificielle. Nos gouvernants, où qu'ils soient et d'où qu'ils viennent, s'en foutent éperdument. Ils n'écoutent que les crétins qui leur serinent qu'on ne connaît pas encore les emplois de demain. Mais ça va être vraiment l'Apocalypse, pas celle de Greta mais celle de Soros, sa vision de la mondialisation va s'écraser sur les réalités du chômage. L'ultra libéralisme, l'enrichissement des riches, est en voie d'extinction. Et sans préparation, ça va se traduire par des émeutes sanglantes dans le monde entier, Occident en premier.

    Le sujet est beau, intéressant, mais il n'excite plus mon cerveau. C'est ça le problème, le manque d'envie, la vieillesse en fait. J'ai envie de revoir mon vieux copain Noël Laruelle, j'ai envie de partager avec mes cousins des victuailles préparées par moi (je suis très bon cuisinier) J'ai envie de partager du temps avec ma fille et mes petits enfants. j'ai envie de converser avec ma sœur aînée que j'aime beaucoup. Et puis mourir de ce qui me ronge, un accès cardiaque ou un manque d'oxygène (j'ai  4 stents  et je suis asthmatique, invalide à 70%) Je pense que c'est cela qu'on appelle une fin de vie. D'autant que j'ai aussi aimé mon épouse à la folie et que j'espère la rejoindre pas trop tard : dernier point de ce testament, sachez que je n'ai jamais rien fait, une fois marié, en dehors de Josette. Je n'ai jamais été macho, c'est totalement con. C'est elle, moins ennuyé que moi, qui gérait nos finances. C'est elle, plus intéressée que moi, qui gérait nos vacances. Nous n'avons rien dépensé seuls, nous n'avons jamais voyagé seuls en dehors de mes trop nombreux déplacements professionnels. Nous n'avons jamais aimé ou souffert seuls. Le couple, le vrai, dépasse de très loin la sexualité ou l'intérêt financier : c'est, dès l'origine, l'acceptation de l'autre pour faire un couple et ne plus vivre seul. Créer une famille est une volonté presque inconsciente ! Je ne sais pas comment faire comprendre cela à des jeunes qui ne pensent qu'à "s'éclater" et qui explosent aux premières disputes. La sexualité est secondaire, nécessaire mais secondaire, y compris les "coups de canif dans le contrat" On vit pour perpétuer la vie et on ne peut le faire seul...


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  • Voici le second article sur la fin de la France-Afrique...

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  • J'ai écrit pour l'instant deux articles sur la mort de la "France-Afrique" Voici le premier, précédé du second (qui apparaîtra en premier sur ce blog

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  • Facebook et l’Afrique : le désamour ?

     

    Fin octobre dernier, au sommet Russie-Afrique organisé à Sotchi, une proche de l’opposant ivoirien Mamadou Koulibaly, a enflammé le web par un discours sur la France que n’aurait pas renié feu Sankara : une mise en cause extrêmement brillante du néocolonialisme français par la jeune Nathalie Yamb, devenue ainsi et en une journée, une sorte de Jeanne d’Arc subsaharienne.

     Quelques jours auparavant, Paris avait obtenu de l’Union africaine le renvoi de son ambassadrice aux Etats-Unis et dans les Amériques, Mme Arikana Chihombori-Quao (Ghana), pour avoir sévèrement critiqué l’action de la France en Afrique. Si les réactions des chefs d’Etat africains furent inexistantes, celles des internautes du continent condamnèrent presque unanimement la lâcheté de l’organisme censé les fédérer. 

    “Last but not least”, la direction de Facebook avait entamé, quelques semaines plus tôt, un véritable lessivage des sites ayant créé des pages sur son réseau, lessivage touchant bien entendu tous les sites africains quelque peu critique sur l’Occident. A l’origine, il s’agissait essentiellement de lutter contre les représentations non conformes à la morale et à l’éthique de l’humain sur son réseau. Et, ainsi, l’opérateur eut droit au défilé de nudistes à Washington protestant contre la censure du nu sur le réseau. Mais Mark Zuckerberg et son staff sont allés beaucoup plus loin, offrant en fait Facebook à l’Occident : les menaces de l’Exécutif américain ainsi que du fisc européen auront eu raison des velléités d’indépendance du plus grand réseau mondial du Web : 2,45 milliards d’utilisateurs actifs par mois et 1,62 milliard par jour !

    Comment les Français ont-ils réussi à tenter d’étouffer ainsi sur ce méga réseau un réel début de contestation radicale de sa présence sur le continent ? Effectivement radical car on a pu voir les Maliens, pourtant en proie aux attaques mortifères de Daech au nord de son territoire, crier massivement “Frenchies go home !” après la dernière attaque très sanglante des radicaux islamiques ! La question mérite d’être posée car Mark Zuckerberg ne possède que 28% des actions de son entreprises tandis que beaucoup d’actionnaires souhaitent le débarquer depuis que Facebook a joué un rôle dans l’élection de Trump. Une nouvelle affaire d’intrusion du réseau dans le jeu politique pourrait définitivement l’écarter de la direction du groupe.

    On sait que Zuckerberg a rencontré le président Macron le 10 mai dernier. Entretiens au cours duquel il fut officiellement question de la lutte contre les messages haineux sur Facebook. Mais officiellement, sachant que le groupe américain est, tout comme les autres géants du numérique, menacé d’une énorme taxation fiscale européenne (Google vient d’accepter de verser 500 millions $ au titre de 2019 et des années précédentes) ?

    Facebook voulait aussi introduire une monnaie scripturale sur son réseau. Le refus des autorités américaines a suffi à l’en dissuader, nouvelle preuve qu’en dépit de sa taille économique, le premier réseau mondial d’internautes n’a pas les moyens de s’opposer aux grands Etats. Il ne peut d’ailleurs toucher les Chinois qu’à la marge, via une sorte de “Darknet” accessible qu’aux seuls spécialistes, Pékin l’ayant interdit dans ses terres.

    Mais l’Afrique... Entre le fisc européen piloté par Paris et le sud du Sahara, Zuckerberg n’a sans doute pas hésité. On a appris depuis, rumeur lâchée probablement par l’opérateur lui-même pour tenter de se dédouaner, que les censeurs du réseau étaient des humains de chair et de sang parfois idéologiquement engagés. On peut le comprendre pour les sites radicaux islamiques. Mais pour les sites africains se battant pour l’indépendance réelle de leur pays ?

    Toujours est-il qu’aujourd’hui, Facebook est dans le collimateur de ses clients subsahariens. On sait que les Chinois travaillent actuellement sur un substitut à Google, tout comme quelques informaticiens européens désargentés. Qu’adviendra-t-il, à long terme, du plus puissant réseau informatique si ses utilisateurs perdent confiance en lui ? Il n’a pas de réels concurrents pour l’instant. Mais demain ?

    On voit ici le principal défaut des Occidentaux face à leur déclin : ils n’y croient pas et pensent que leurs montages ne seront pas détruits : la France Afrique croit sa présence africaine irréversible et pérenne avec des méthodes dignes du 19e siècle ; et Facebook croit que sa suprématie est inattaquable. Rappelons-leur tout de même la déconvenue de deux autres grands américains du numérique : IBM, l’incontestable numéro 1 des années 1950-1970, ne vit pas venir les ordinateurs individuels tandis que Microsoft, le géant des années 1995-2005 avec son logiciel “Windows”, ne vit pas venir les tablettes tactiles qui firent le bonheur de Google et de son logiciel Android. Tout comme le cimentier français Lafarge, ex dominateur mondial, ne vit pas venir les concurrences est-européennes puis chinoises et maintenant africaines. Tout comme l’industrie automobile occidentale ne vit pas venir la concurrence asiatique. Tout comme... La liste est trop longue pour énumérer tous les cas finalement d’arrogance occidentale face à un ex Tiers Monde dont les “Blancs” ont toujours du mal a croire à l’émergence : les Américains ne viennent-ils pas de découvrir que la Chine est bien plus dangereuses économiquement pour eux que la Russie qu’ils considèrent toujours comme leurs principaux adversaires sur le théâtre mondial ?!

    Facebook a donc très certainement eu tort d’immoler la nouvelle jeanne d’Arc subsaharienne, Nathalie Yamb. C’est une icône du Net une authentique héroïne pour des millions de jeunes internautes qui n’hésiterons pas à quitter le réseau dès qu’un concurrent apparaîtra. Et la France Afrique n’a visiblement rien compris à l’esprit indépendantiste des jeunes subsahariens francophones : sans doute pense-t-elle avoir toujours affaire à une majorité de ruraux incultes ? Or la phase actuelle est une phase revancharde, pas amicale du tout : même s’ils sont jeunes, les concepteurs de la politique africaine de la France restent des vieux croutons !


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  • Priorité aux exportations intra africaines

    Christian d’Alayer – 29 septembre 2019

     

    Je reviens sur cet aspect essentiel du développement économique en Afrique parce que la CNUCED, Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement, vient d’y consacrer son rapport 2019 sur le développement économique en Afrique. En axant l’étude sur les freins au commerce infra africain, obstacles tarifaires et non tarifaires. Si, de fait, les pays africains ont ouvert leurs frontières aux non Africains avec lesquels ils ont passé des accords commerciaux globaux tel que l’Accord dit de Lomé avec l’Europe ou l’accord dit AGOA (African Growth and Opportunity Act) avec les Etats Unis, il n’en est pas de même avec leurs frères continentaux, même au sein des regroupements sous-régionaux : seuls les Etats francophones d’Afrique centrale auraient créé un marché commun selon la CNUCED ! Ailleurs, tout repose encore sur des accords commerciaux, tant en Afrique australe qu’en Afrique de l’ouest. Sinon, c’est en projet…

    La conséquence est le retard pris par le Continent en la matière : 15% seulement de son commerce extérieur, selon la CNUCED forcée de bâtir ses rapports sur les chiffres officiels des pays africains, seraient ainsi consacrés à ses échanges internes contre plus de 60% pour l’Europe et l’Asie et près de 50% pour l’Amérique (voir graphique 1) Il faut immédiatement nuancer ces données car la Banque Mondiale qui collationne les statistiques officielles de ses pays membres n’a bien entendu pas accès aux données non déclarées. Elle ne peut même qu’imaginer le poids des incessantes exportations-réimportations des pays riches, ces envois de pièces par exemple à l’étranger qui reviennent sous forme de produits finis. La Banque mondiale a estimé ce surplus de commerce extérieur à un minimum de 30% des chiffres officiels des pays développés ! De même qu’il lui est difficile d’imaginer le poids des réexportations des pays de première importation tel Hong-Kong ou les grands ports flamands. Alors l’informel africain !

    On voit, certes, que les produits alimentaires sont très importants dans les échanges entre pays africains (graphique 3) Mais la CNUCED n’a pu tenir compte que des produits exportés légalement. Vous n’y trouvez pas les bêtes vivantes, forme très répandue d’exportation de viande, ni les produits maraîchers, autre grand poste des exportations réelles. Il est vrai que les statisticiens de la CNUCED ont ménagé les conséquences de leur non-connaissance de la réalité en ouvrant un poste « autres » couvrant plus de la moitié des exportations alimentaires ! Qui sont sous-estimées dans les graphiques 4 et 5 : ils ne représentent même pas la moitié des échanges intra africains, venant même derrière les ventes et achats de produits mécaniques ! 

    En réalité, il y a sans doute beaucoup plus que 229 milliards de dollars échangés chaque année entre les pays africains et beaucoup plus que 15% du commerce extérieur africain. Ni les statisticiens internationaux, ni les économistes patentés qui parlent de l’Afrique n’ont posé leurs pieds dans les grands centres d’échanges interafricains, qu’il s’agisse, à l’ouest, des terminaux entre le Nigeria, le Togo et le Bénin, à l’est, du port de Djibouti ou au centre, des villes frontières de Kyossi-Ebebeyin. Dans ces centres du commerce réel entre pays africains s’échangent chaque jour des centaines de millions de dollars qui s’ajoutent au commerce déclaré. Le Cameroun exporte ainsi et par exemple des cahiers d’écolier un peu partout, en sus du textile importé d’Asie, des produits maraichers et des meubles en bois fabriqués localement. La Guinée Equatoriale diffuse dans ces centres son vin fabriqué à Bata à partir de moûts espagnols. On voit toujours à Djibouti des cohortes de gros camions partir vers l’Ethiopie en sus du chemin de fer rénové par les Chinois. D’avion, c’est saisissant, les dits camions ressemblant à une chenille géante de plusieurs centaines de kilomètres. Quel « spécialiste » est aussi allé voir les camions maliens chargés de bétail partir vers la Côte d’Ivoire et revenir à vide. Leur concentration, inférieure certes à celles des camions de Djibouti, reste impressionnante. De même que les caravanes mauritaniennes envoyant des camélidés au Sénégal, au Mali et en Côte d’ivoire : les échanges antiques n’ont pas disparu mais ont repris après le départ des colonisateurs ! Comment ignorer, exemple plus moderne, que le premier sucrier de la zone francophone, la SOMDIA de la famille Vilgrain, emprunte dès l’origine les réseaux commerciaux informels sans lesquels elle ne passerait pas les frontières ? Que dire enfin des importations de produits de seconde main qui concurrencent tellement les fabrications locales qu’elles commencent à être interdites partout, à commencer par le textile ? Ces importations sont réexportées dans tout le continent par de véritables réseaux de populations vouées au commerce depuis l’Antiquité : les Dioulas et Haoussas en Afrique de l’ouest, les Bamilékés en Afrique centrale, les Swahilis en Afrique de l’est, les Touaregs en Afrique du nord…

    Ces ethnies ne sont pourtant pas responsables de l’accroissement des échanges au sein des regroupement régionaux : dans le tableau 2, vous pouvez-voir que ce sont ces regroupements qui ont eux-mêmes généré la croissance des échanges commerciaux. Deux regroupements ont en effet pas mal avancé ces dernières décennies, ceux d’Afrique australe allant jusqu’à l’Afrique de l’est ; et celui d’Afrique de l’ouest sous domination nigériane. Le contre-exemple étant celui de l’Union du Maghreb arabe qui n’a jamais pris du fait de l’opposition assez forte existant entre l’Algérie été le Maroc. Le jour où cette union verra le jour, alors on verra en priorité les produits agricoles marocains déferler sur l’Algérie qui les paiera en produits pétroliers !

    L’étude de la CNUCED reste néanmoins intéressante. Non pas pour ses relevés finalement très scolaires des obstacles aux échanges commerciaux, mais parce qu’elle constitue une vraie base de réflexion au moment où l’Afrique s’interroge sur la nécessité des regroupements. A commencer par l’Afrique de l’ouest qui a vu l’Afrique du sud réaliser un petit empire commercial s’étendant jusqu’au Kenya. L’Afrique de l’ouest s’interroge même sur la création d’une monnaie commune sous-régionale : les intellectuels, surtout émigrés, rêvent à un panafricanisme total quand les autochtones pensent essentiellement à renforcer l’intégration sous-régionale.  

    1-       Part des exportations intra régionales dans le commerce mondial, par continent (2015-2017, en %)

    (Source : CNUCED)

     

     

     

     

    2-       Part des exportations sous-régionales dans le commerce inter africain, par sous-régions (en %)

    (Source : CNUCED)

    Sous-régions

    2010-2012

    2014-2013

    2010-2012

    2014-2015

    CEN-SAD

    52,6

    58,4

    45

    32

    Comesa

    61,8

    59,5

    20

    18

    EAC

    44,7

    48,3

    6

    6,5

    ECCAS

    33,9

    17,7

    7

    4,8

    ECOWAS

    46,6

    56,7

    33

    20

    IGAD

    50,4

    49

    5

    5

    SADC

    81,5

    84,9

    48

    42

    AMU

    47,8

    51,8

    8

    7

     


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