• L’Afro pessimisme est de retour

    Christian d’Alayer 25/05/2016

     

    Avec la baisse actuelle du prix des matières premières, les Afro-pessimistes font à nouveau entendre leurs plaintes délétères. Ainsi RFI a-t-elle diffusé le 19 mars dernier une émission sur ce thème avec comme invitée vedette, Sylvie Brunel, géographe, professeur à la Sorbonne et auteur d’un livre, L’Afrique est-elle si bien partie ?, dont le nom se suffit à lui-même. Au mois d’avril suivant, la revue sud-africaine Strategic Marketing Africa publiait un long dossier remettant en cause la notion de classe moyenne africaine (La classe moyenne africaine, une question très politique). L’extrême droite française s’est elle aussi déchaînée au nom, cette fois, du refus de voir l’Afrique sans les Blancs réussir quoi que ce soit. Sur le site RealPolitik.TV du député européen apparenté FN, Aymeric Chauprade, Pascal Gauchon, autre figure du mouvement, s’est lancée dans une rétrospective des Afro-pessimismes et Afro-optimismes en relevant que l’Afro-optimisme ne régna que lorsque les prix des matières premières flambèrent… Des sources autrement plus politiquement correctes ont effectué les mêmes analyses, tel le site Terangaweb, création de l’association L’Afrique des Idées qui peut être considérée comme un cercle de réflexion sur l’Afrique très aligné: il est proche du groupe Le Monde dont le secteur Afrique fut il n’y a guère géré par l’homme qui osa écrire « Négrologie », un pamphlet résolument raciste sur le continent africain. Et dont le succès en France semble avoir marqué à jamais l’ex-quotidien de référence de l’Hexagone.  Enfin et même des organismes et/ou personnalités plus ouvertes aux réalités africaines se sont dressés contre l’Afro-optimisme en le renvoyant dos-à-dos à l’Afro-pessimisme : L’IFRI (Institut français des relations internationales) ou le milliardaire somalien Mo Ibrahim, par ailleurs créateur d’un prix de bonne gouvernance en Afrique, ont ainsi rejeté les deux démarches au profit d’un « Afro-réalisme » pas vraiment défini.

    Cette liste n’étant bien entendu pas exhaustive, elle permet de cataloguer ces critiques du développement africain :

    -          Les nostalgiques de l’Afro-pessimisme des années 1970 et 1980 se retrouvent bien entendu en tête du palmarès. Sylvie Brunel en est l’égérie actuelle, descendante du professeur Dumont dont elle a repris partiellement le titre de sa thèse (L’Afrique noire est mal partie, 1962) Leurs idées simplistes s’appuient et sur la démographie très vigoureuse du continent noir, et sur la déliquescence des Etats subsahariens. Ils se disent que ces deux faits empêchent toute espérance de sortie de la pauvreté, quels que soient par ailleurs les autres paramètres du développement.

    -          Je n’insiste pas trop sur la thèse encore plus simpliste de l’extrême droite française qui n’a visiblement et toujours pas digéré les Indépendances : avant, c’était bien ; après, c’est très mal… Notez que la tête pensante ( ?) de cette vision de l’Afrique est Bernard Lugan, enseignant et chercheur, qui semble avoir cessé de regarder l’Afrique bien avant d’être né. Son regard rétrospectif lui permet donc quelques fulgurances du fait de la pérennité de pas mal de traits de société tant d’Afrique que d’ailleurs. Mais il ne voit pas l’Afrique moderne et n’en comprend pas les ressorts tant économiques que sociaux…

    -          Un grand nombre de détracteurs refusent par ailleurs de voir d’autres ressorts, puisqu’il en est question, que celui du prix des matières premières dans le développement de l’Afrique. Il existait jadis un journal, très bien fait d’ailleurs, qui était à la pointe de cette vision, le regretté Marchés Tropicaux et Méditerranéens (je crois qu’il existe encore une pâle version en ligne)

    -          Et, in fine mais non des moindres puisque, cette fois-ci, c’est l’hebdomadaire Jeune Afrique qui en est l’égérie en France, restent les partisans durs et purs de la « bonne gouvernance » : l’Afrique étant mal gouvernée, elle ne peut se développer quels que soient les autres paramètres. On peut leur associer ceux qui, surtout à gauche, croient également dur comme fer que seule une bonne répartition des richesses est à même de faire décoller l’Afrique.

    Force est donc de répondre à cet Afro-pessimisme de retour. Je commence par le plus difficile car j’ai déjà développé dans un article de début 2013 des arguments contre tous ceux qui refusent d’admettre qu’on puisse se développer sans bonne gouvernance et sans démocratie (Economie et bonne gouvernance : quel rapport ?) J’avais publié alors le palmarès de Bo Ibrahim en y ajoutant les performances des pays en matière de croissance économique : il n’y avait pas corrélation. De même qu’il n’y avait aucune corrélation entre le tableau de Transparency International et les performances économiques. J’ai enfin publié plus récemment (2014) un article, L’Afrique au seuil du décollage, dans lequel j’adjoignais un graphique (indice de Gini) démontrant que les inégalités étaient moindres en Afrique qu’en Asie et qu’en Amérique latine.

    Je dois ajouter aujourd’hui que ce fait est normal : dans le processus de développement, aisément vérifiable dans le passé de l’Occident, l’accumulation du capital, indispensable à la création d’outils de production de masse, précède forcément la redistribution. L’Asie et l’Amérique latine étant plus avancées dans le processus de développement que l’Afrique, il est normal que cette dernière présente des inégalités moins fortes.

    Dernier point de cette première réplique, j’ai aussi publié fin 2015 un article (Florilège d’idées fausses sur l’Afrique) démontrant que les Africains se développaient sans Etats véritables, détruits dans l’œuf (les Indépendances datent des années 1960) par les « remèdes » de la Banque Mondiale, du FMI et des deux clubs de créanciers de l’Afrique (Londres et Paris) L’exemple du Nigeria est éloquent à cet égard, la croissance se fichant bien de l’Etat fédéral déliquescent. Et, autre phénomène notable, se moquant également des cours du pétrole, le pays ayant vu sa croissance s’amplifier en 2014 en dépit de prix en baisse.

    Cette dernière remarque répond en fait et aussi à ceux qui pensent que la baisse des recettes d’exportation va nécessairement entraîner un effondrement des économies africaines. En 2014, la croissance moyenne de l’Afrique n’enregistra qu’un léger tassement de 0,3% du seul fait des très mauvais résultats d’Afrique du nord. Et l’an dernier, la croissance ne fut amputée que de 0,9%, cette fois-ci en ajoutant les moindres exportations en valeur des pays exportateurs de pétrole. Soit 1,2% de croissance en moins en moyenne pour un prix de l’or noir divisé par deux et des baisses moyennes des prix des matières premières de l’ordre de 30% (toutes sources Banque Mondiale) : l’économie africaine ne repose plus que sur ses matières premières, CQFD !

    Ce qui répond aussi à ceux qui refusent d’accepter qu’une classe moyenne émerge peu à peu sur le continent. Car comment peuvent-ils alors expliquer que la croissance continue en dépit des baisses des recettes d’exportation ? J’ai là aussi déjà démontré que l’Afrique était le continent où l’entrepreneuriat était le plus fort du monde, les salariés ne représentant que 18% des actifs. En l’absence d’investissements étrangers, les Africains ont de fait développé leurs propres productions au travers de PME autofinancées ou financées par la famille (le taux d’épargne des ménages a grimpé au dessus de 20% du PIB)

    ***

    Voilà pour le principal. Faut-il réellement répondre aux nostalgiques de l’Afro pessimisme ? Sylvie Brunel me fait penser à l’abbé Pierre : elle raisonne au travers des Africains pauvres. Mais confie-t-on le ministère de l’économie d’un continent à la charité ? Bien sûr que le développement est inégalitaire par excellence puisqu’il faut d’abord accumuler du capital avant de distribuer les richesses. Surtout en Afrique où la solidarité traditionnelle est si forte que bon nombre d’entrepreneurs n’ont pas la possibilité d’accumuler beaucoup de richesses. L’étape d’accumulation est d’autant plus indispensable que les investisseurs étrangers font toujours défaut en dépit de ce que racontent certains médias : même pas 0,5% du PIB africain depuis des lustres…

    Revoyons maintenant les détracteurs de la classe moyenne africaine. Ils comparent, ces gens, les besoins des Africains sortis de la pauvreté aux classes moyennes occidentales. Ce, parce que quelques patrons de multinationales sentent qu’ils ne perceront pas sur le continent. La culture africaine n’est de fait pas encore mondialisée. On fait ses courses au marché, les enfants ne portent pas de vêtements de marque, les plats surgelés n’ont pas de client et personne ne stigmatise là bas les cinquantenaires qui ne portent pas de montre Rolex ! La Banque Mondiale a seulement relevé que plus de la moitié aujourd’hui des Africains avait de quoi se payer plus que l’indispensable. Et avant de se précipiter sur le nec plus ultra de l’électronique « reliée », cette moitié pensera à des choses plus terre-à-terre comme le logement ou la voiture. D’où le succès de l’Africain le plus riche, Aliko Dangote, construit avec du…ciment, CQFD !

    Est-il nécessaire de répondre aux excités du colonialisme ? Bernard Lugan a même été évincé de l’Ecole de Guerre, c’est-dire ! On peut toutefois leur suggérer d’aller voir sur le site de la Banque Mondiale les performances de pays comme le Botswana, le Mozambique, le Nigeria ou l’Ethiopie, les champions de la croissance continentale. Le mieux est sans doute de leur demander de comparer les courbes démographiques des pays africains avant et après les Indépendances : ils verront ce que pèse réellement la médecine coloniale qu’ils vénèrent religieusement…

    Deux derniers mots pour les écologistes occidentaux qui redoutent la croissance démographique africaine en expliquant d’ailleurs qu’elle empêche le développement : un, la Chine vient d’annuler sa politique d’un enfant par famille en regardant sa pyramide des âges 25 ans après sa mise en œuvre. Une bombe à retardement ! Deux, la démographie africaine décélère au fur et à mesure que l’urbanisation augmente. Eux qui prônaient, avec leur « professeur Dumont », le maintient des populations en milieu rural avaient tout faux ! C’est en ville que les femmes réduisent le nombre de leurs enfants, pas en brousse…

    Bien entendu, ce plaidoyer n’empêchera pas des gens qui « accèdent à la lumière » en disant pis que pendre de l’Afrique de continuer à lui nuire de la sorte. Et il n’empêchera pas non plus nombre d’intellectuels africains émigrés de refuser viscéralement d’admettre qu’ils auraient pu rester au pays. Ceux-là persisteront donc et signeront toujours le pire sur leurs origines. Les arguments sérieux n’ont jamais pris le pas sur les sentiments. Et, dans le fond, ça n’est pas plus mal : en attaquant systématiquement l’Afrique post coloniale, ces gens obligent les Africains à réfléchir sur leurs maux. Et les inégalités sont des maux, tout comme le chômage, notamment urbain. Dans des pays pauvres, il faut vraiment choisir, ce qui n’est pas le cas des pays riches où les hauts salaires et les dividendes ont plus à voir avec la spéculation qu’avec les investissements…

     

     


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  • Pourquoi l’or africain se porte mal

    Christian d’Alayer – 21/04/2016

     

    « Depuis son ouverture en 2000, la mine d'or de Morila, située à 280 km au sud-est de Bamako et détenue par Rangold Resources, AngloGold Ashanti et le gouvernement malien, fermerait ses portes courant 2019 » L’information est d’autant plus surprenante qu’en 2014, les responsables maliens tablaient sur une nouvelle augmentation de la production de la mine phare qui a fait du pays le 3e producteur d’or d’Afrique derrière l’incontournable Afrique du Sud et le Ghana ou « Gold Coast ».

     

    Et ce, alors que les données mondiales sur l’or font apparaître un net et durable surplus de la demande sur l’offre : selon Planétoscope (site internet donnant en ligne et en temps réel la production d’un très grand nombre de matières premières), données vérifiées en outre, la demande mondiale annuelle est constamment égale ou supérieure à 4500 tonnes. Tandis que la production n’est que de l’ordre de 2300 à 2800 tonnes selon les années. Le marché est donc structurellement déficitaire et tant les prix que les projets d’extraction devraient être tirés vers le haut…

     

    Je me souviens m’être penché sur l’or ghanéen dans les années 1980, à une époque où le prix de l’or, bien que déconnecté du dollar, n’arrivait pas à décoller de 150 dollar l’once (environ 30 grammes). De nouvelles techniques d’extraction permirent de descendre le prix de revient à 100 $ l’once, relançant ainsi l’extraction dans bon nombre de mines. Je me repenche sur la question aujourd’hui et m’aperçois que le prix d’extraction est en moyenne proche de 1200 $ l’once ! « La baisse des coûts de production des mines d’or signe une reprise possible. Les coûts de production de l’or ont été multipliés par quatre en 14 ans. Cette mauvaise gestion des mines aurifères a fait valser leurs PDG. La nouvelle rigueur qui est de mise pourra-t-elle redorer le blason de ce secteur? » Cet article de Claude Bejet d’ Or & Matières Premières explique ce qui s’est passé : avec la hausse générale des prix des matières premières ayant suivi l’envolée de ceux de l’or noir, les prix du métal jaune ont grimpé. Jusqu’à 1900$ l’once en 2011, plus de 10 fois son prix des années 1980. Et les producteurs ne se sont plus retenus. On parle de chauffeurs de camions payés 70 000 $ par an, de PDG payés plus cher que les patrons de multinationales américaines ou françaises. Et tout est allé à vau l’eau, de la moindre fourniture de bureau au plus sophistiqué des matériels de laboratoire.

     

    Si bien que lorsque le prix de l’once est retombé à 1200 $, les compagnies ont perdu de l’argent. D’autant que plusieurs d’entre elles ne tenaient même pas compte dans leurs prévisions des coûts indirects tels que les redevances aux Etats ! Il s’agissait de coûts d’extraction stricto sensu… En 2014 et sur la lancée de 2011, les mines du monde entier ont encore fait des merveilles : pour la première fois, le plafond de production a été pulvérisé avec un total mondial de 3300 tonnes. D’où les prévisions euphoriques des responsables nationaux. La mine de Morila est donc victime du resserrement des coûts de production et sera condamnée si les cours ne remontent pas très au dessus de l’actuel moyenne de 1100/1200 $ l’once. Bien sûr, les exploitants promettent des compensations aux populations locales, un grand projet agroindustriel notamment. Mais si des gens aussi compétents que ceux de l’Anglo-American ou de Randgold lancent de tels projets de substitution, c’est qu’ils n’envisagent pas une remontée de l’or à court ou moyen terme.

     

    L’avenir est de fait imprévisible. D’un côté, il y a ce déficit structurel de l’offre qui va être accru par la baisse des investissements dans le secteur : le Monde extraira moins d’or en 2016 qu’en 2015, c’est sûr, tandis qu’il y aura encore moins de découvertes de site dans les années à venir qu’auparavant.  On parle actuellement d’un recul de 3% en 2016 en matière de production et d’une stagnation des réserves prouvées autour de 10 années de consommation (environ 40 000 tonnes)

     

    Mais de l’autre, il y a la demande qui, pour l’or, n’est pas occidentale mais essentiellement asiatique : depuis 2014, la Chine a redépassé l’Inde avec une consommation globale de 1100 tonnes. Ajoutés aux achats indiens, notamment de joaillerie (dans les 800 tonnes annuelles), on voit que ces deux seuls pays génèrent près de la moitié des achats d’or mondiaux. l’Occident mène d’autant moins le jeu dans ce domaine que la Chine s’est retirée du système occidental de cotation et a créé son propre système. Comme l’Asie est aussi la première région productrice du monde devant l’Afrique, on voit que ce marché a aujourd’hui totalement échappé à ceux qui, il n’y a guère, se ruaient sur le métal jaune.

     

    Les prévisions des traders occidentaux sont donc fatalement absentes de ce court tableau. Il y a bien ceux qui prévoient un éclatement de la bulle des actions, autrement dit de la surfinanciarisation des économies occidentales, et qui escomptent  fatalement une ruée des investisseurs sur l’or. Mais l’achat d’or est devenu plus que difficile pour les particuliers de l’Union européenne : les lingots sont interdits et les pièces, terriblement réglementées. La décote des bijoux par rapport au prix du carat net décourage par ailleurs ceux qui voudraient reporter leur frénésie sur l’or travaillé…

     

    C’est donc dans les travées des banques chinoises qu’on peut éventuellement chercher des prévisions. Pour s’apercevoir que le marché est surveillé comme le lait sur le feu par un gouvernement chinois qui veut aujourd’hui imposer le yuan comme monnaie mondiale de réserve et, de ce fait, achète de l’or à foison avec les dollars qui lui brûlent de plus en plus les doigts. Et qui dit acheteur dit pression à la baisse sur les prix de la part d’un Etat lui-même gros producteur : le marché n’est pas libre et non faussé, c’est le moins qu’on puisse dire, sachant en outre que les Chinois, eux, réfléchissent toujours à long terme.

     

    On comprend que, dans ces conditions, les compagnies minières cherchent avant tout à retrouver le chemin des bénéfices en taillant, certes, dans les coûts, mais en fermant aussi celles de leurs mines les moins rentables. Si vous regardez le tableau 3 vous pouvez-voir qu’il y a un effet de seuil en matière d’extraction d’or. Et si l’Afrique du sud, aujourd’hui le Mali, ont vu décroître le nombre de leurs sites en activité, c’est aussi parce que les sites fermés ne produisaient pas assez de métal pur pour pouvoir effectuer des économies d’échelle suffisantes. Morila, dans sa meilleure année, ne dépassa pas les 16 tonnes tandis que la meilleure mine d’Afrique du sud ne dépasse pas les 18 tonnes par an.

     

    Encadré 1

    Le mystère de l’or allemand

    A l’époque de la guerre froide, l’Allemagne confia jusqu’à 60% de ses réserves d’or aux banques centrales américaines et françaises. Lingots que, sous la pression de l’opinion publique, elle veut rapatrier le plus vite possible : 3384 tonnes en tout, la deuxième réserve d’or du monde derrière celle des Etats Unis. Ce qui engendra une certaine panique du côté des débiteurs qui, de leur côté, avaient plutôt vendu de l’or pour faire tomber les cours d’une part et relancer l’intérêt des investissements en action ; et pour avoir des liquidités au moment de la crise de 2008 afin de pouvoir renflouer les banques et le secteur automobile de leurs pays respectifs. Toujours est-il que le rapatriement ne peut se faire qu’au compte gouttes, 120 tonnes par ci, 120 tonnes par là, et que l’Allemagne n’est pas prête de récupérer rapidement tout son or…

     

    Encadré 2

    A quoi sert l’or ?

    Comme réserve de change (12% du total), bien sûr et on vient de voir que les Allemands en étaient abondamment pourvus…sur le papier. Ces lourds lingots de réserve (plus de 10 kg) ne se retrouvent pas sur le marché consacré d’abord et surtout à la joaillerie (43%) Les lingots d’1 kg ne sont plus vendus aux particuliers que dans certains pays au contraire des pièces et médailles que l’on trouve partout. Cet or qu’on peut appeler d’investissement représente tout de même le second poste des achats d’or dans le monde avec 36% du total. L’industrie ferme le cortège des utilisateurs avec un petit 10%. A noter que la joaillerie a commencé à produire des bijoux en or moins pur, 18 carats au lieu de 24 carats, afin de pouvoir vendre des bijoux à une clientèle élargie…  

     

    1-      Production d’or dans le monde en 2014 (en tonnes d’or pur -24 carat)

    (Source : Or-Argent.EU –site d’information sur les pièces d’or et d’argent)

    Pays

    2014

    Chine

    462.0

    Australie

    272.4

    Russie

    266.2

    USA

    210.8

    Pérou

    171.0

    Afrique du Sud

    167.9

    Canada

    151.3

    Mexique

    110.4

    Ghana

    104.1

    Brésil

    90.5

    Indonésie

    89.5

    Ouzbékistan

    85.0

    Papouasie

    67.2

    Argentine

    60.0

    Tanzanie

    50.8

    Kazakhstan

    49.2

    Mali

    48.6

    Chili

    44.5

    Colombie

    43.6

    Philippines

    40.4

    Reste du Monde

    547.7

    Total

    3,133

     

    2 – Production d’or en Afrique (en tonnes d’or pur -24 carats)

    (estimations New Africa d’après divers sources)

    Pays

    2015

    RSA

    180

    Ghana

    90

    Tanzanie

    50

    Mali

    50

    Guinée

    15

    Zimbabwe

    15

    28 autres pays

    90

    Total Afrique

    490

     

    3-      Les 20 plus grosses mines d’or dans le monde (en tonnes d’or pur -24 carats)

    (Source : Or-Argent.EU)

    Mine

    Pays

    Opérateur

    Production en 2014

    Muruntau

    Ouzbékistan

    Navoi

    61.0

    Grasberg*

    Indonésie

    Freeport

    35.2

    Pueblo Viejo*

    R. Dominicaine

    Barrick

    34.5

    Yanacocha*

    Pérou

    Newmont

    30.2

    Carlin Ops

    USA

    Newmont

    28.2

    Cortez

    USA

    Barrick

    28.1

    Goldstrike

    USA

    Barrick

    28.1

    Olympiada

    Russie

    Polyus

    22.6

    Veladero

    Argentine

    Barrick

    22.5

    Boddington

    Australie

    Newmont

    21.6

    Kupol

    Russie

    Kinross

    21.3

    Lihir

    Papouasie

    Newcrest

    21.3

    Kalgoorlie Super Pit

    Australie

    Barrick/Newmont

    20.3

    Cadia Valley

    Australie

    Newcrest

    18.8

    Oyu Tolgoi*

    Mongolie

    Turquoise Hill (Rio)

    18.3

    Lagunas Norte

    Pérou

    Barrick

    18.1

    Driefontein

    Afrique du Sud

    Sibanye

    17.7

    Penasquito

    Mexique

    Goldcorp

    17.7

    Kumtor

    Kirghizstan

    Centerra

    17.7

    Tarkwa

    Ghana

    Gold fields

    17.4

     

     

     


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  • Les Investissements étrangers ne déferlent pas sur l'Afrique

    Que des grands patrons commencent à regarder le Continent, soit. Mais ils n'ont pas encore mis la main au portefeuille...

    (Christian d'Alayer, 19 mars 2016)

     

    Bon nombre de journalistes occidentaux croient que l'Afrique est le nouvel Eldorado des investisseurs. Ne parlons plus des sceptiques, ceux-là le seront même quand leur média ruiné sera racheté par un milliardaire africain ! Mais voyons si l'indéniable accélération de la croissance africaine depuis l'an 2000 a eu des conséquences importantes en matière d'investissements internationaux. Et si vous regardez le graphique 1, cela semble évident : les investissements directs étrangers décollent à partir de l'an 2000, y compris les investissements africains hors d'Afrique, le solde paraissant rester plus que vigoureux.

    C'est une illusion d'optique : les chiffres en ordonnée sont des milliards de dollars. Et vous voyez que le maximum est obtenu en 2014 avec des IDE entrant compris entre 50 et 55 milliards de dollars. Sur un total mondial d'environ...1500 milliards de dollars d'IDE la même année. Aussi aurais-je dû étirer terriblement le graphique sur la droite pour respecter l'échelle mondiale. Et auriez-vous dû alors voir un tout petit décrochage des courbes et non pas ces belles envolées trompeuses...

    Pour bien voir la réalité et faute de pouvoir publier un graphique à l'échelle réelle, il faut se reporter aux chiffres bruts, soit le tableau 2. Et là, vous voyez immédiatement qu'on ne joue pas dans la cour des grands où évoluent des pays dans lesquels les multinationales investissent des centaines de milliards (près de 300 milliards par an dans la seule Chine et plus de la moitié des 1500 milliards de $ dans les pays en développement)

    Il y a eu, certes, un sursaut des compagnies minières et pétrolières en Afrique quand, notamment, l'envolée du cours de l'or noir a permis de pomper rentablement les nappes en eau profonde (1500 mètres et plus) L'envolée de l'or a aussi permis de rentabiliser des mines aux coûts d'extraction supérieur à 100 $ l'once. Mais ce sont surtout les Sud Africains qui se sont positionnés en Afrique. En Mauritanie, l'extraction du fer a connu un net regain et au Congo Kinshasa, les terres rares ont relancé les mines. Dont celles de cuivre dont le cours s'est aussi envolé, ranimant cette activité aussi en Zambie. Etc. Le petit envol des années 2000 et suivantes est essentiellement dû aux investissements pétroliers et miniers, il faut le savoir, et non aux investissements industriels et agro-industriels : le Sénégal attend ainsi toujours l'entreprise qui lui permettra de faire aussi des productions industrielles de bouche à partir de ses arachides, seule manière de valoriser encore plus des exportations aujourd'hui limitées à l'huile. Et il n'y a pas de hauts fourneaux en Mauritanie tandis que la Guinée ne sort toujours que de la bauxite, même pas de l'alumine, de ses gigantesques réserves de minerais. Songez qu'au Mozambique, les Sud-Africains ont créé de toutes pièces une énorme industrie d'aluminium, la seconde d'Afrique après la leur, à partir d'alumine importée d'Australie ! Cela va peut-être changer puisque une firme arabe, Emirates Global Aluminium va fabriquer au moins de l'alumine en Guinée Conakry afin de sécuriser ses approvisionnement en matière première.

    Les Africains seraient évidemment preneurs de toutes les valorisations possibles de leurs matières premières. Même le petit Gabon par exemple a banni les exportations de grumes, exigeant que ses entreprises scient au minimum les bois exportés (le pays déroule lui-même et depuis longtemps l'essence reine du déroulage, l'Okoumé) Des artisans travaillent le bois à la pelle au Cameroun, autre exemple, et inondent ainsi la sous-région en mobilier de toutes sortes. D'autres artisans, dans toute l'Afrique, travaillent les métaux précieux et fournissent les populations locales en bijoux de luxe. Quelques usines fabriquent en semi industriel les concentrés de tomates dont toute l'Afrique se nourrit et des ébauches de chocolaterie ont éclos dans les pays producteurs de cacao. Du local, donc, mis sur pied avec des moyens réduits et des technicités industrielles balbutiantes, heureusement sauvées par la qualité de l'artisanat local.

    Mais rien de vraiment sérieux pour combler les besoins croissants du plus d'un milliard d'habitants que compte aujourd'hui le Continent. Voyez d'ailleurs la part des investissements étrangers dans les investissements globaux de l'Afrique (colonne 6 du tableau 2) : les premiers chiffres (qui ne sont pas entre parenthèses) sont ceux de la CNUCED, établis d'après les données actuelles sur les PIB africains. J'ai rétabli un peu de réalité en augmentant le PIB de toute l'Afrique de 80%, donnée qui est celle qui a été appliquée officiellement au Nigeria il y a deux ans quand ce pays a décidé de jouer réellement le jeu des statistiques internationales en intégrant l'économie informelle (jusqu'aux péripatéticiennes !) dans ses statistiques nationales. Et la part des IDE dans l'investissement global africain est donc redescendue fatalement à des chiffres qui sont plus proches de ceux que j'ai calculé et mis entre parenthèses à la suite des chiffres officiels actuels. Mon calcule suppose bien évidemment que, pour obtenir 80% de plus de production, l'économie africaine a dû investir aussi 80% de plus que ne le disent les statistiques officielles (quand on connaît un peu l'Afrique, ce calcul ne paraît pas outrancier...) Et vous voyez que les IDE, insignifiant jusqu'en 2000, ne sont aujourd'hui à même que de générer au mieux 1% de croissance supplémentaire en Afrique : les économistes patentés estiment qu'il faut investir 5% du PIB d'un pays pour générer 1% de croissance. Soit 3% de croissance annuelle pour 25% de FBCF. Du moins "estimaient" Car, aujourd'hui, la financiarisation des économies occidentales a fait passer ce critère de croissance très largement derrière la valeur des entreprises en bourse...

    Bref, les IDE en Afrique sont encore très éloignées de leur objectif théorique qui est de faire décoller les économies dans lesquelles ils ont le bonheur de pénétrer. Le constat sera le même en 2015 (nous disposons pour l'instant des statistiques de 2014) puisque la CNUCED a annoncé que les IDE mondiales s'étaient repliées l'an dernier, y compris en Afrique. Et force est, in fine, de constater que le développement de l'Afrique est pour l'heure terriblement autocentré, essentiellement dû aux efforts et au génie de ses propres habitants. On sait par exemple que les tissus africains ont repris du poil de la bête face aux importations asiatiques essentiellement du fait et des stylistes locaux et des quelques usines de wax et de fancy d'Afrique de l'ouest (Nigeria surtout) De même sait-on que le ciment africain est parti aussi du Nigeria avec une multinationale locale mise sur pied de toutes pièces (les entreprises du milliardaire Dangote) Comme on peut aussi dire que les paysans camerounais ou guinéens ont joué un rôle moteur dans l'expulsion progressive des importations françaises de produits maraichers, de pomme de terre ou de poulets. Les coopératives françaises qui tenaient ces marchés n'ont pas voulu investir en Afrique, pensant empêcher ainsi la concurrence africaine. Elles n'auront réussi qu'à perdre les dits marchés tandis que l'Amérique latine et la Chine se chargeaient de leur barrer la route ailleurs. Que n'ont-elles pas travaillé avec les Africains pour pouvoir concurrencer les précédant ?! Le canadien Alcan, de même, s'est obstiné à ne vouloir tirer que de la bauxite de Guinée et du Ghana, ne voyant pas les entreprises asiatiques se développer par ailleurs jusqu'à venir proposer leurs services aux Africains ? Songez que France-Télécom (aujourd'hui Orange) s'est contenté d'un service minimum en Afrique des décennies durant avant de "ramer" aujourd'hui pour tenter de retrouver une part de marché dans un continent où la concurrence limite aujourd'hui considérablement les marges des nouveaux arrivants...

    L'Occident va bientôt s'apercevoir qu'il a tout perdu dans la mondialisation qu'il a lancée pour complaire à ses multinationales : le phénomène est certes neuf mais rapide et de plus en plus d'entreprises "basanées" taillent de plus en plus de croupières à ces multinationales occidentales qui ont mis le feu à leurs marchés intérieures avant que de perdre aussi la guerre économique mondiale. A cet égard, la bataille d'Afrique sera décisive : si les Occidentaux reculent aussi outre Méditerranée, que leur restera-t-il ?

     

    1- Les investissements directs étrangers en Afrique depuis 1994 (graphique extrait du tableau 2)

    Source : World Investment Report 2015, CNUCED

     

     

    2- Les flux d'investissements directs étrangers en Afrique (IDE) depuis 1994

    Source : World Investment Report 2015, CNUCED

     

    IDE entrant

    En milliards de $

    IDE sortant

    En milliards de $

    Solde IDE

    En milliards de $

    Part des IDE dans le monde

    (en %)

    Part de la FBCF*

    (en %)

    1994

    6,1

    1,9

    4,2

    2,4

    6,6 (3,6)

    1995

    5,6

    3

    2,6

    1,6

    5,2 (2,9)

    2000

    6,6

    1,5

    5,1

    0,7

    8,7 (4,8)

    2005

    29,5

    2,1

    27,4

    3,2

    14 (7,7)

    2010

    44

    9,3

    34,7

    3,3

    10 (5,5)

    2014

    53,9

    13,1

    40,8

    4,4

    10,6 (5,8)

    * Formation brute de capital fixe (investissements productifs dans la région)

     

     


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  • L’Occident, un empire policier…

    Christian d’Alayer – avril 2016

    Bonjour. Si vous avez lu mon texte sur la fin de l’empire occidental, vous avez peut-être noté que j’annonçais un texte sur le flicage de masse dans cet empire. Après réflexion, il m’est apparu que cette affaire méritait un autre texte, pas quelques lignes dans l’exposé général sur la disparition d’un empire.

    Ca aussi se passe sous vos yeux et vous en verrez l’apothéose de votre vivant. Car, face à son déclin, les dirigeants de cet empire ont, je vous l’ai dit, tenté d’appauvrir les peuples européens en espérant que les peuples en développement, en s’enrichissant, amènerait une sorte d’équilibre concurrentiel permettant à l’Occident d’enrayer son déclin. Et je vous ai expliqué que c’était impossible car les pays en voie d’émergence faisaient, eux, de l’industrie tandis que l’Occident s’abimait dans le marketing : les salaires n’étaient pas l’unique cause du déséquilibre…

    Fort bien, mais allez faire avaler à des nations entières leur appauvrissement quasi délibéré (et l’enrichissement fatal d’une toute petite partie de la population) sans que ça provoque des émeutes ! Les gouvernements ont donc commencé à être renvoyés les uns après les autres. L’establishment –entendez les multinationales et les banques- ont donc forcé les partis –l’Occident vis dans le bipartisme, grosso modo gauche contre droite- à adopter la même politique, tout bêtement en ralliant à leur cause les fameux « experts » Des économistes notamment qui pondent les chiffres qu’il faut au moment qu’il faut. En France, une association de professeur d’économie regroupant la plupart des économistes de banque ainsi qu’une institution prestigieuse, la Cour des Comptes. Aux Etat Unis, une université, celle de Chicago, sous la férule d’un professeur d’économie aimablement nobélisé pour sa trouvaille, Friedman, le père de l’économie dite de l’offre. Deux personnages à poigne, Thatcher en Angleterre et Reagan aux Etats Unis ont ensuite imposé la vision appelée « néolibérale », en fait ultra libérale à leurs pays respectifs. En Europe, ce sont les Allemands qui se sont chargés du boulot, d’abord avec un mec de gauche, Schröder, puis une femme de droite aidé d’un handicapé, le tandem Merkel (la gentille)/Schauble (le méchant) Les Français, idéologiquement décérébrés, ont suivi le petit doigt sur la couture du pantalon…

    Ca a tenu une quinzaine d’années. Mais pas plus et, partout, on a vu des oppositions de plus en plus dures à cette tentative stupide (car vouée d’entrée à l’échec), écologiques en France et en Allemagne, Indignés un peu partout ailleurs, de Siriza aux Indignés de Wall Street en passant par Podemos. Tant que ça ne se ressentait pas dans les urnes, pas grave. Et notre Establishment s’est donc efforcé d’empêcher ces mouvements de gagner les élections : en quelques années seulement, les multinationales et les banques se sont emparées de l’ensemble –et je dis bien « l’ensemble »- des médias occidentaux : il n’y a plus aucun économiste non libéral qui puisse aujourd’hui s’exprimer en public. Les guerriers ont même réussi des percés spectaculaires dans ces moyens d’information et de formation des consciences. Le Pentagone par exemple a financé des tonnes de films jusqu’à faire oublier « Rencontre du 3e type » ou « ET » : désormais, c’est le soldat Ryan, Captain America et Star Wars qui dominent Hollywood. Et en France, vous connaissez bien sûr Dassault et Lagardère contrôlant à eux seuls les trois quarts de la presse quotidienne française. Pourquoi des guerriers ? Parce que ces gens n’ont pas oublié la 2e guerre mondiale et le boom économique consécutif aux « efforts de guerre », entendez aux commandes passées aux industries de l’armement, tant en Allemagne qu’en Angleterre et aux Etats Unis. Et puis ces industries disposent de beaucoup d’argent…

    Mais ça n’a pas suffit non plus et le « populisme » comme les ultra libéraux appellent tous ceux qui ne sont pas d’accord avec eux, a continué à croître. Et c’est là qu’est apparu le radicalisme islamique. Ca a commencé, souvenez-vous, par Al Qaida, une création qu’on sait aujourd’hui de la CIA, à l’origine pour combattre les Russes en Afghanistan. Al Qaida qui a « attaqué » les Etats Unis en piratant des avions et les faisant s’écraser à New York et sur le Pentagone. On sait aujourd’hui que l’Arabie Saoudite a été mêlée étroitement à cette attaque dont la spontanéité et la « pureté » ne sont donc plus évidentes. Quoiqu’il en soit, cet acte de terrorisme a permis aux dirigeants américains de promouvoir une législation terriblement policière. Imaginez qu’il suffit qu’un flic traite un suspect de terroriste pour que celui-ci échappe à la vigilance et à la protection de la justice ! D’autres mesures ont été prises, toute de plus en plus restrictive de libertés, jusqu’aux écoutes téléphoniques sans visa préalable d’un juge.

    L’Europe a suivi et, curieusement, la France de Hollande, cet homme soi-disant de gauche qui s’est montré le plus liberticide des hommes politiques français depuis le maréchal Pétain ! Car lui ne s’est pas contenté de mesures policières : il a lancé un gigantesque flicage bancaire au niveau européen qui n’est pour l’instant stoppé que par le Parlement européen tout de même inquiet devant ces velléités liberticides. Mais sachez que les Suédois par exemple sont déjà passés à ce flicage économique et sont donnés en exemple (en excuse ?) par les apparatchiks du parti socialiste français.

     

    Si bien que l’empire qui a prôné la démocratie comme valeur phare de sa civilisation, s’est en fait couché totalement dessus : que signifie le droit de vote quand le droit d’être informé et d’être éduqué est totalement entre les mains d’une idéologie liberticide ? Et que signifient des élections quand la véritable opposition n’a pas le droit à la parole ? Ne croyez pas que les dirigeants occidentaux s’arrêteront à ces premières mesures : malgré tout ce qu’ils ont pu faire pour obliger les populations à obéir, les « populistes » commencent à gagner les élections. Ce qui est insupportable pour des gens qui estiment que le monde ne peut être que mondialisé ou mourir. Leurs médias diabolisent donc à mort les partis « populistes » (souverainistes en fait) et cela marchera sans doute encore et cette année aux Etats Unis, et en 2017 en France et en Europe. Mais comme leur politique continuera à débecter les électeurs, les souverainistes finiront bien par l’emporter : déjà les électeurs britanniques pourraient sortir leur pays de l’Europe dès cette année. Et dans les 5 ou 10 ans maximum à venir, les souverainistes l’emporteront dans de grands pays telle la France. Et si la France succombe, alors c’en sera fini de l’Europe libérale et mondialiste. Donc de l’Occident libéral et mondialiste. Croyez-vous que les multinationales et les banques laisseront faire ? Je ne sais pas ce qui sortira de leurs nombreux « think tank » (groupes de réflexion) mais je gage qu’entre les annulations d’élections et le soudoiement des nouveaux dirigeants, voire les coups d’Etats, cet Occident policier ne se laissera pas détruire facilement…


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  • L’après Occident

    Salut tout le monde ! Me revoilà sur la demande presque expresse de votre directator qui m’a encensé sans que j’aie rien demandé. Comme je ne suis pas né de la dernière pluie… Et puis en fait, j’avais très envie de vous parler non de vous mais de nous, les Blancs à l’odeur de cadavre frais, puisqu’il paraît que vous voulez nous « remplacer » par vagues d’immigration successives. C’est du moins la chanson qu’on entend de plus en plus chez nous en voyant nos frontières assaillies par des basanés de toutes provenances voulant se faire passer pour des réfugiés syriens.

    Ca y’est, vous êtes dans le bain ? Un peu de communautarisme –vous savez, la burqa et tutti quanti-, un peu d’anti racisme –pardon, de lutte contre les antisémites, faut pas confondre- de moins en moins de Sarkozy et de Hollande… Peut-être quand même de l’émerveillement pour une nature si verte ? Mais je vous vois déjà hésiter sur la cuisine : comme nous, Français, vous n’aimez pas trop bouffer anglais.

    Il faut quand même que vous sachiez que l’empire occidental n’est pas homogène. C’est comme chez vous, il y a hors les Blancs, des Sahéliens et des Bantous, les gens du nord et les hommes… Et bien chez nous, il y a les Anglo-Saxons (que le Diable les emporte !) et les hommes, les vrais, les Latins, les descendants directs des vrais civilisés. Nous ne sommes Occidentaux (ou Blancs, pour vous c’est plus juste puisque vous vivez aux mêmes longitudes que nous) qu’à vos yeux parce que nous sommes tous venus en bateau vous emmerder un max. Dans la vraie vie, il y a le gigot bouilli à la menthe et au petits pois d’un côté et l’épaule d’agneau rôtie aux herbes de Provence de l’autre.

    Et la cuisine n’est que l’élément le plus visible des différences fondamentales entre les deux mondes, celui des barbares et le nôtre. Les barbares se sont construits contre les Etats, l’Angleterre fut la première à couper la tête d’un roi et les Etats-Unis se créèrent en bousillant les forces armées de la reine d’Angleterre et d’Ecosse (on les sépare parce qu’il y a là aussi une cassure entre les Celtes et les Saxons dirigés par des Vikings mais ceci est une autre histoire, un peu comme celle des Fangs et des autres bantous) Tandis que les latins se sont construits, eux, avec l’idée que l’Etat, c’est la civilisation. Nous tenons ça des Romains, pardi ! Pour qui, déjà, les Germains étaient des barbares. Alors, les Anglo-saxons !

    Ca a donné des différences fondamentales : les Anglo-Saxons par exemple sont les rois des associations caritatives. Forcément, puisque leurs Etats ne font pas grand-chose dans ce domaine. Et quand ils le font, les Travaillistes après la deuxième guerre mondiale qui inventent le « Welfare State » ou Roosevelt qui redistribue à mort après avoir terriblement augmenté les impôts des riches, ils cassent l’outil dès qu’ils le peuvent : Thatcher à Londres et Reagan à Washington précédent l’ère Bush et du Tea Party. Tandis que chez nous, les civilisés, c’est l’Etat qui fait tout. La Sécurité Sociale, les lois qui s’empilent inlassablement, jusqu’au droit qui chez nous est écrit alors que la coutume prévaut chez les barbares qui parlent anglais. C’est le droit coutumier, heureusement contrôlé par des juges suprêmes aux Etats-Unis (mais pas en Angleterre) Ca donne des trucs tordus, les avocats français par exemple experts es codes en tous genres tandis que leurs homologues barbares recherchent des antécédents uniquement judiciaires pour défendre leurs causes. Ils ne peuvent absolument pas se remplacer dans leurs cours respectives… Et ça a du bon et du mauvais dans les deux camps. Pour défendre les personnes handicapées par exemple, les Anglo-Saxons ont nettement mieux fait que nous avec leurs associations ad hoc. Chez nous, on a pondu une grande loi, créé un grand organisme, instauré des amendes. Et puis on a merdé au niveau de l’application… Par contre nos pauvres sont mieux traités que les leurs, l’allocation qu’on leur octroie leur permet de vivoter alors que les Anglais et les Américains en sont restés à la soupe populaire avec leurs vieux pauvres se trainant dans des caravanes pourries au bord de déserts improbables, là où le foncier est gratuit.

    Vous me direz que la crise a remis les deux méthodes à égalité, ce qui n’est pas tout-à-fait faux. Et c’est ce qui va fatalement aboutir à un divorce quand la crise, purement occidentale, aura fini de bousiller l’empire qui vous a asservi plusieurs siècles durant. C’est en cours, ça vient, vous le verrez de votre vivant. Et vous verrez donc les deux mondes qui ont fait l’Occident se scinder à nouveau et, je l’espère, le monde latin revivre enfin après la domination des méchants. Car il y a une autre différence entre ces deux mondes : les méchants sont aussi puritains, ils ont enfanté les Quakers, les Amish et autres Témoins de Jehova après avoir connu Cromwell et avant de vous livrer en spectacle ahurissant l’actuelle primaire républicaine aux Etats-Unis. Ce sont des gens qui ne supportent pas le mensonge et qui ont donc légalisé le financement des campagnes électorales pour ne pas avoir à le poursuivre en Justice : ils sont aussi terriblement hypocrites ! Mais ils sont capables d’envoyer en prison leur président du moment (voir l’affaire du Watergate au terme de laquelle Nixon dut démissionner pour ne pas être poursuivi en justice) Ils sont aussi très mauvais perdants et ce n’est pas à Mugabe qu’on va raconter le contraire ! Il a vaincu trois fois les Anglo-Saxons et il est donc diabolisé à vie par eux, lesquels n’ont toujours pas renoncé à le dégommer. Voyez aussi leur acharnement à tenter de détruire la puissance russe alors que ce sont les Chinois qui les dominent progressivement : leur lucidité n’est que de surface, dans le fond ils sont sentimentaux. Ils peuvent dépenser des milliards pour secourir des animaux tout en tuant des humains sans se poser de question. Et ils sont guerriers, terriblement guerriers, soumis comme aucun peuple ne l’a été aux pressions de leurs lobbys militaro-industriels…

    Face à ces macaques, les Latins : France, Italie, Espagne, Portugal et leurs extensions d’Amérique latine et d’Afrique plus ou moins impactées par la culture de leurs colonisateurs, à commencer par la langue internationale (beaucoup d’Africains ont conservé leur langue maternelle et n’utilisent la langue latine ou l’anglais que dans le cadre international) Les Latins sont catholiques et la différence avec les Protestants est assez importante pour être explicitée : en résumé, les Catholiques n’ont pas connu beaucoup d’épisodes puritains. Il y eut certes et à la Renaissance plusieurs affaires assez retentissantes pour qu’on en parle encore aujourd’hui (avec répugnance) : Jérôme Savonarole notamment à la fin du 15e siècle à Florence (il fut quand même pendu puis brûlé !) ; et surtout l’Inquisition créée en Espagne au 16e siècle pour s’assurer que les Musulmans et Juifs du royaume d’après la Reconquête s’étaient bien convertis et ne faisaient pas semblant. Comme, à l’époque, la monarchie espagnole régnait sur un immense territoire incluant une partie de l’Italie, une partie des pays germaniques ainsi que les Flandres (plus une partie de l’Amérique latine), cette Inquisition put sévir impunément un peu partout. Mais ni la France, ni le Portugal et ni la plupart des Papes ne succombèrent à ses incantations sulfureuses : seuls trois papes totalisant 24 années de règne successives se rangèrent aux ordres de Charles Quint puis de son fils, Philippe 2 : Paul 3, Jules 3 et, surtout, Paul 4. Mais ils durent aussi et surtout combattre le Grand Schisme, soit la naissance du Protestantisme luthérien puis calviniste avant de voir l’Angleterre d’Henri VIII se séparer de Rome.

    Sinon ? Ben les Catholiques sont comme les Français : on fait des lois, dura lex sed lex, et puis on magouille les applications. Surtout, le Catholicisme a gardé la confession : faute avouée est à moitié pardonnée ! Le Catholicisme, c’est le sud, incontestablement. Il ya toujours matière à arrangement, personne n’est vraiment condamné à l’Enfer. Il ya le Purgatoire pour les plus mauvais et encore : on peut prier et même faire dire des messes pour le repos de son âme… Et ce sont les Anglo-Saxons qui, avec leur puritanisme hypocrite ont foutu la merde en se voulant « universels » Un homme-une voix correspond à leur conception très individualiste de la démocratie et peu importe que tous les moyens d’information et de formation des idées soient entre les mains des multinationales ou des banques. Et s’il faut massacrer 300 000 Iraquiens pour que les survivants puissent voter, tant pis pour les morts…

    On voit très bien les deux approches en Afrique : dans les pays où ils se sont imposés, toujours par la force, les Anglais ont aussi apporté l’Apartheid, le concept le plus raciste qui ait jamais existé sur Terre. Alors, certes, ils ont laissé les élites locales survivantes à leurs massacres –mais toujours humiliées publiquement, un truc des Anglais pour montre leur supériorité- gérer les affaires courantes des colonies dont ils pillèrent les matières premières sans vergogne. Alors que les Latins, qui ont pillé sans vergogne eux aussi les matières premières africaines, se sont mêlés de la gestion des affaires courantes africaines. Dans le domaine religieux, dans l’attribution des terres, dans les affaires criminelles… Ils ont substitué leur façon de faire à celle des Autochtones. Une déstabilisation plus grande, très certainement, que celle causée par l’Apartheid. Mais aux Indépendances, les pays latinisés possédaient plus d’élites que les pays anglosaxonnisés et ont vu leurs économies mieux se tenir au départ des colonisateurs. On parlait alors d’Abidjan comme de la « perle de l’Afrique » Ca n’est qu’ensuite que les pays anglophones ont rattrapé puis largement dépassé les pays cette fois-ci uniquement francophones, le néo colonialisme de Paris et, notamment, la pesanteur du franc CFA, freinant leur essor alors que le continent dans son ensemble connaissait une forte croissance.

    Voilà donc, Cher Tous, ce que je voulais vous dire des Blancs avant de passer à ce que donnera cet Occident qui, une fois effondré, ne pourra qu’éclater. Car les Latins ont tellement perdu de guerres qu’ils n’ont plus autant qu’autrefois l’esprit guerrier, premier point. Chez nous, on n’accueille pas en foule et avec des petits drapeaux tricolores les cercueils de nos soldats morts en mission à l’étranger. Chez nous, on n’a pas du tout envie de faire la guerre aux Russes qui nous sont d’ailleurs plutôt sympathiques. Chez nous, on n’accepte pas l’ultra libéralisme fou des Anglo-Saxons, il n’est pas dans nos mœurs plutôt étatiques et ses conséquences sociales sont pour nous inacceptables. Chez nous enfin, aucun accord international ne peut nous imposer des avocats anglo-saxons comme juges commerciaux : c’est une fonction régalienne qui ne se délègue pas ! Alors, pour nous faire rentrer dans le rang, des élites minables, vendues aux Anglo-Saxons, imposent le secret des négociations et contournent les vétos référendaires successifs : ces élites nous parlent d’une démocratie sur laquelle elles essuient tous les jours leurs chaussures crottées. Comment voulez-vous que les peuples suivent de pareils représentants !? Ils sont donc éconduits d’élection présidentielle en élection présidentielle, ne pouvant s’assurer de leur pérennité qu’en dominant les médias et qu’en empêchant par tous les moyens l’éclosion d’autres partis moins vendus qu’eux. Cela ne tiendra pas le temps d’une nouvelle crise du type 2008. Or l’effondrement de l’économie virtuelle a commencé avant celui de l’économie financiarisée à outrance. L’Occident sous tutelle américaine a joué toutes ses cartes pour éviter de sombrer. On voit déjà deux des principaux candidats à l’investiture, Trump et Sanders, prôner le repli sur soi et la fin de l’agressivité antirusse. Et dans une Europe en voie de désintégration, les partis dits « populistes » par les mondialistes (ils sont souverainistes en fait) commencent à émerger malgré des anathèmes quasi quotidiens de la part de tous les médias. L’éclatement est en cours, devant vos yeux. Même les plus ultra libéraux des « experts » doivent l’avouer en renvoyant bien entendu la faute aux dirigeants qui n’ont pas fait assez de « réformes » (entendez : pas assez vidé les poches des salariés pour remplir celles des actionnaires) et, aujourd’hui, aux banques centrales qui n’ont pas su gérer la crise. Laquelle n’a rien à voir avec une quelconque gouvernance économique : l’effondrement de l’Occident (à la vitesse à laquelle ça se passe, c’est un effondrement) est essentiellement dû au renversement énorme et durable des termes de l’échange : depuis les années 1980, les prix de vente des produits industriels ont été divisés par3 à 12 selon les secteurs ; tandis que les prix des matières premières ont été multipliés par 5 depuis 1999 (3,5 aujourd’hui, après les récentes baisses) Les Occidentaux  vendaient chers leurs productions industrielles et achetaient bon marché leurs matières premières. Aujourd’hui, ils vendent trop bon marché et achètent très cher, CQFD ! Mais pas un seul économiste occidental, pas le moindre étudiant même, n’a relevé cette évidence : le politiquement correct a aussi bousillé les esprits des élites occidentales, incapables d’indépendance et de lucidité…

     

    A suivre

     

    L’après Occident

    2

    Que va-t-il se passer donc après cette catastrophe occidentale ? Voyons d’abord comment ça se passe aujourd’hui puisque vous êtes les spectateurs de la dite catastrophe. Economiquement tout d’abord, vous voyez que les tentatives surtout américaines de substituer leurs propres matières premières aux importations est un échec total : la moitié déjà des compagnies qui se sont lancées dans le gaz de schiste se sont cassées la figure sous les coups portés par les producteurs basanés, Arabie saoudite en tête : la baisse du prix du baril les a plombé et ils ne trouvent plus aujourd’hui aucun nouvel engagement des banques américaines qui, de leur fait, possèdent à présent des actifs pourris en grand nombre. Les compagnies subsistantes vendent à tout va à l’étranger pour trouver de l’argent frais, entretenant en même temps les bas prix qui les tuent ! Je ne rentre pas dans les détails mais entre l’Iran qui peut aujourd’hui vendre sans restriction et les pays durement impactés par la baisse (Venezuela et Algérie notamment), les dits prix ne vont pas remonter tout de suite, même si la demande et l’offre, me dit-on, devrait mieux s’équilibrer l’an prochain.

    En Europe, on cherche aussi à substituer d’autres types d’énergies à l’or noir. C’est très lent  et ça pose des problèmes qui ne sont toujours pas surmontés aujourd’hui : bruit et vibrations de l’éolien, durée de vie et coût du solaire, difficulté de mise en œuvre du méthane au détriment de des cultures alimentaires, etc., etc. Ce n’est pas demain que les pays occidentaux pourront se passer du pétrole, surtout quand le charbon, dont ils sont abondamment pourvus, est terriblement pollueur : l’écologie est votre allié !

    Il en ira de même pour toutes les matières premières : techniquement, on peut tout recréer synthétiquement. On sait faire par exemple des sacs en plastic à partir d’amidon de maïs (ou autre) mais il faut équiper des centaines d’usine et ça coûte beaucoup plus cher. On peut remplacer l’acier par des plastics terriblement renforcés, mais là encore, c’est cher et nous n’avons pas les usines ad hoc. Pareil pour presque toutes les matières premières, y compris alimentaires puisque nous produisons massivement aujourd’hui hors sol et sous serres chauffées. Mais il y a le coût et le temps de passage à la production de masse… Et comme les dirigeants occidentaux n’ont rien vu venir du côté des termes de l’échange, ils n’ont rien prévu : ils ont fini par comprendre mais tardivement et encore, pas complètement, les prix chinois qu’ils attribuent encore majoritairement aux niveaux des salaires alors qu’ils bénéficient surtout d’effets de taille impressionnants : les Chinois font de l’industrie là ou nous faisons du marketing fou, jusqu’à des « séries limitées » aussi stupides que suicidaires.

    Il nous faudrait donc au moins deux décennies pour devenir moins dépendants des importations de matières premières et plus compétitifs au niveau de la production. Nous ne les avons pas car la différence entre les taux de croissance des pays émergeant et des nôtres est beaucoup trop élevée : 1,5% par an en Occident contre 4% dans les pays émergeant, 2,5% de différence annuelle, plus de 70% de rattrapage des seconds sur les premiers en 20 ans premier point. Et, ce, aujourd’hui, avec une croissance des pays en développement plus faible du fait de la baisse de la croissance chinoise. La différence va s’accroître à l’avenir car les pays en développement ont de telles réserves de demande intérieure qu’ils continuent à croître en dépit de la baisse de leurs exportations. Le cas de votre continent préféré est exemplaire : le Nigeria par exemple, a vu sa croissance monter à plus de 5% l’an dernier malgré la baisse du prix du pétrole…

    Bref, l’Occident va continuer à perdre la maîtrise de l’économie mondiale. Et si la Chine faiblit, notez que l’Inde et l’Afrique accélèrent.  1,3 milliards d’habitant croissent un peu moins vite, 2,5 milliards d’habitants croissent plus vite, les 600 millions d’Occidentaux ne peuvent que compter les points, CQFD. Et ces points, c’est quoi ? C’est tout bêtement des entreprises « basanées » qui s’emparent progressivement de morceaux de plus en plus importants de l’ancien empire des entreprises multinationales d’Occident. Exemple simple là encore : le Nigérian Dangote, partenaire des ciments Lafarge, qui se lance à l’assaut des pays africains francophones. Lafarge a connu la même mésaventure en Europe où c’est un cimentier roumain qui lui a mangé la laine sur le dos. Un peu partout dans le monde, le premier cimentier mondial a vu son aire d’influence reculer, ses parts de marché attaquées de toutes parts. Les traders allaient fatalement se poser des questions et l’action Lafarge être alors attaquée, horreur pour tout PDG d’un grand groupe. Celui de Lafarge se rapprocha donc de celui d’Holcim, cimentier suisse un peu dans les mêmes dispositions que le Français. Les deux firmes viennent donc de fusionner pour cacher en fait à leurs actionnaires leurs reculs sur les marchés mondiaux. Avec de la com la dessus plus un siège social évacué vite fait en Suisse et les actionnaires furent contents. Mais demain, quand ce groupe reculera encore (c’est fatal, les coûts de son capital sont  exorbitants face à des groupes autochtones qui s’endettent, eux, à des taux d’intérêt ultra faible), que feront les traders ?

    Un jour prochain, les actionnaires se rendront compte d’abord que la valeur affichée de leurs actions ne correspond absolument pas à la valeur réelle des entreprises correspondantes : elles sont cotées en moyenne plus de 10 fois le chiffre d’affaires alors que lorsqu’un quidam achète une PME, sa valeur est au maximum trois fois le chiffre d’affaires avec une prime s’il y a des bénéfices et une forte décote, jusqu’à l’euro symbolique en cas de déficits accumulés. Ils verront aussi que les résultats d’exploitations ne sont obtenus que par reculs successifs du périmètre d’exploitation comme disent les experts : en fermant des usines pour être plus clairs ! On baisse les coûts et de baisse en baisse, on dégage des marges…

    Tout cela est largement entamé. Je vous ai donné l’exemple du ciment mais voyez ne serait-ce que l’automobile et la percée opérée sur ce marché par la petite Corée du Sud. Avant que la Chine, qui a mis un pied solide chez Peugeot-Citroën, ne viennent également sur le marché. Voyez même les avions, avec la réussite du Brésilien Embraer et les commandes chinoises sous condition de fabrication sur place… Voyez Nokia qui change de métier, Apple qui coulerait sans ses incessantes et souvent fausses innovations tant la pression des Coréens et, déjà, des Chinois est forte sur les Smartphones. Etc., etc.

    Tout cela s’accélère à vue d’œil et continuera à s’accélérer. Surtout quand la bulle spéculative boursière éclatera : je vous ai dit que les multinationales occidentales étaient honteusement surcotées. Ce que vous ne savez pas est qu’elles ont généré des « produits dérivés » en quantité, du type des actions constituées à partir des prêts immobiliers américains, cause de la crise de 2008. Exemple : toutes ces multinationales achètent des matières premières en quantité. Pour éviter de trop grandes fluctuations de prix, elles achètent à terme (au prix du jour de l’achat) et, pour se couvrir, font émettre par les banques des actions des mêmes matières premières au prix du jour de l’achat. Quand le terme arrive et si les prix sont plus élevés, les multinationales sont gagnantes et les acheteurs des actions émises par les banques aussi. Mais s’ils sont plus bas ?! Toutes les matières premières ont ainsi généré des milliards et des milliards de dollars de produits dérivés, ajoutant ainsi à la surcote des entreprises une gigantesque financiarisation de l’économie occidentale dans son ensemble. Si celle-ci sombre sous une crise encore plus forte que celle de 2008, imaginez la panique ! Et les dégâts…

    Si encore les Etats occidentaux avaient les moyens de renflouer et les banques, et les grandes entreprises. Mais ils ne les ont plus, ces moyens : tout comme vous crouliez sous les dettes quand vos matières premières étaient pillées, l’Occident croule sous les sienne depuis qu’il doit les payer cher. Il n’y a donc plus de filet de protection et ce sont les monnaies occidentales qui vont plonger sous des inflations de type 1930 : si la bulle explose, cette fois-ci l’économie occidentale explosera. Tout dépend donc de la manière avec laquelle les autorités économiques occidentales géreront la communication du désastre. Si elles arrivent à étaler sur plusieurs années la définanciarisation, elles peuvent éviter la panique. Mais l’Occident dispose-t-il encore de cerveaux capables d’anticiper la crise (elle est imminente) et d’en juguler l’aspect explosif ? Et avec quel argent ? Une solution est de faire racheter toutes les dettes publiques occidentales par les banques centrales et de les rééchelonner sur très long terme. Mais il faut alors le faire vite, avant la crise, et je ne vois pas le début du commencement de la queue d’une telle politique ni en Europe, ni aux Etats Unis. Ce qui risque de se passer est l’application de cette politique en pleine crise : imaginez l’horreur ! Des Etats en voie de faillite vendant des dettes de plus en plus douteuses à des banques centrales obligées de créer de la monnaie sans contrepartie réelle (le rééchelonnement n’ayant pas beaucoup de chance de voir les Etat rembourser plus qu’avant) On risque alors d’avoir des Etats augmenter les impôts en pleine récession et donc d’accroître la récession. En fait, les observateurs actuels commencent à paniquer et vous voyez tout un tas de conseillers en ligne vous suggérant de vendre vos assurances-vie, le placement préféré en Occident, pour acheter qui, des actions dans un nouveau secteur technologique qui, dans l’argent métal (on ne peut plus acheter d’or dans la plupart des pays occidentaux), qui même dans les « bitcoins », cette monnaie virtuelle d’Internet.

    Vous voudrez bien m’excuser pout tous ces détails techniques, mais ils sont indispensables à la bonne compréhension des maux qui rongent les économies occidentales et qui causent leur perte. Car c’est d’abord économiquement que disparaît l’empire occidental, ce ne sont ni Daech, ni la Russie qui risquent vraiment de seulement l’inquiéter. Al Qaida puis Daech ont surtout permis aux dirigeants occidentaux d’engager une politique de flicage de masse de leurs populations, sur laquelle je reviendrai. Ce, tout en cachant aux yeux des dirigeants mêmes, la réalité économique de leur déclin : ils succombent d’avoir trop obéi à leurs lobbys militaro-industriels, CQFD !

     

    Encadré

    Le schéma des ultra libéraux

    Il est simple à comprendre car ne prenant que le paramètre Chine en compte dans ses calculs : étant donné que les pays en développement seront toujours moins chers du fait de leurs bas salaires, il suffit d’appauvrir les salariés occidentaux pour arriver à terme à parité. Car les salariés des pays en développement se battront avec succès pour voir augmenter leurs rémunérations, comme ça s’est effectivement passé en Corée du Sud. Et comme, en appauvrissant les salariés occidentaux on dégage des marges, il faut automatiquement accepter d’enrichir les riches, CQFD. Sauf que ces illuminés n’ont pas pris en compte les formidables économies d’échelle des très grandes séries des pays en développement. Et ils n’ont même pas perçu la hausse du prix des matières premières puisque les pays en développement les achètent également. Dernier point non prévu également : l’effondrement des marchés intérieurs occidentaux, déjà passés en mode « marchés de remplacement » et non plus marchés d’équipement, avec donc les marges jadis confortables des entreprises sur leur marché d’origine envolées à tout jamais : aujourd’hui, ce n’est plus de la guerre commerciale, c’est du corps-à-corps féroce sur tous les marchés de la planète ! Avec, côté occidental, des actionnaires trop gourmands et des dirigeants devenus fous de fric : ils ne peuvent plus faire baisser réellement les masses salariales car leur encadrement supérieur coûte beaucoup trop cher !

     

    L’après Occident

    3

     

    Bien. Vous savez que la cohésion de l’empire occidental n’est pas totale ni solide et vous savez qu’il va s’écrouler et comment il va s’écrouler, de manière économique exclusivement. Pour imaginer la suite, il faut vous mettre dans votre propre peau d’ex paumé du Tiers Monde accédant aux bienfaits de la consommation. Car l’Occidental déchu ne pourra plus que regarder évoluer un monde qu’il ne dirigera plus, qu’il ne dirige déjà plus. Vous êtes donc et d’abord un Chinois de Pékin, un « Han », du nom de l’ethnie majoritaire (là bas, ils parlent carrément de nationalités) du pays, l’équivalent des Anglo-Saxons en Occident. Quelles sont vos préoccupations politiques ? Est-ce absolument, comme le voudraient les Occidentaux, l’avènement de la démocratie ? Sachez que les Chinois n’ont jamais vécu ce système d’un homme-une voix : chez eux, c’est la famille qui compte. C’est au sein des familles que les destins sont noués, celui qui sera fonctionnaire, celui qui fera des grandes études, celle qui sera mariée à untel, etc. L’avènement des grandes cités n’a pas fondamentalement changé ce système dont l’essence est religieuse : le culte des ancêtres reste très prégnant et ne se pratique qu’au sein du groupe familial. Certains d’entre vous, notamment les Forestiers, connaissent cette culture et la force qu’elle peut avoir auprès des individus.

    Vous n’allez donc pas développer votre vision du monde hors cette cellule familiale, c’est totalement inconcevable. Et, dans l’immédiat, les dites cellules familiales semblent avoir parfaitement intégré le capitalisme, nettement mieux d’ailleurs que le socialisme. Car ce capitalisme se pratique avec le filet de sécurité de la famille, bien plus rassurant que n’importe quelle politique de sécurité sociale : la Chine n’est pas l’Occident mais elle a parfaitement intégré le tout fric de l’Occident, CQFD ! Comment réagit-elle donc face à l’effondrement occidental. En père de famille, bien sûr, d’abord inquiète pour ses avoirs, considérables, qu’elle possède chez ses clients. Et, de fait, la Chine n’assiste pas sans bouger aux problèmes occidentaux. Elle est par exemple venu au secours du Portugal, c’est une entreprise chinoise qui a sauvé Peugeot-Citroën et elle continue à conserver par devers elle d’énormes créances sur l’Occident (on parle de 800 milliards de dollars) En fait, les Chinois redoutent plus que vous l’effondrement d’un Occident qui reste son premier client à l’export.

    Mais ils ont le sens du long terme, toujours cette approche familiale des problèmes. Et ils ont entrepris depuis plus de 5 ans maintenant de sortir de l’économie dite de l’offre (encourager la production exportatrice plutôt que la demande intérieure) et d’alimenter leurs entreprises grâce à l’énorme potentiel de leur immense marché intérieur. Ils ont progressivement augmenté les salaires, si bien qu’ils ne sont même plus compétitifs sur ce plan par rapport à des pays comme le Bengladesh, les Philippines et bientôt l’Afrique. Et bien sûr, dans ce système intermédiaire, dans lequel le poids du marché intérieur est encore insuffisant par rapport aux exportations, ressentent-ils plus durement la baisse des achats occidentaux et la concurrence des nouveaux chouchous des multinationales. Leur croissance annuelle faiblit donc, sans doute plus qu’ils ne l’avouent mais sans doute moins que les « experts » occidentaux, très prompts à voir s’effondrer les autres économiques que les leurs, ne le disent entre eux. Natexis, la banque curieusement écoutée par ces experts (curieusement car issue d’une faillite retentissante) estime la croissance chinoise en 2015 à 2,5% contre les 7 % officiellement annoncées. 7 + 2,5 = 9,5 divisés par deux = 4,75 %... Ce qui n’est pas si mal que ça !

    Les Chinois vont donc passer les prochaines années à se préoccuper d’abord de leur marché intérieur. Mais ils ont déjà posé les jalons de leur future domination économique mondiale : le yuan est devenu monnaie de réserve internationale acceptée par le FMI et les échanges avec la Russie sont désormais libellés en roubles et en yuans. Pour couronner le tout, les Chinois ont constitué et continuent de constituer d’énormes réserves d’or sur lesquelles ils pourront appuyer la valeur de leur monnaie quand le dollar et l’euro seront minés par l’inflation. Bref, ils sont prêts, ils attendent et domineront effectivement non seulement l’industrie mondiale mais aussi les échanges internationaux (c’est déjà le cas, les échanges maritimes dans le Pacifique ayant dépassé ceux d’Atlantique nord) et l’aspect monétaire de ces échanges. Et leur domination ne sera pas brutale et agressive : ils viendront au secours… Très forts car pas du tout impérialistes ! Ce n’est pas l’invasion d’une armée innombrable de petits hommes jaunes mais le rayonnement progressif d’une multitude de familles de grands humains aux yeux bridés (ils sont plutôt grands en moyenne)

    Ils ont toutefois –et ils le savent- un talon d’Achille, leur démographie : ils ont écouté les Occidentaux et réduit par la loi le nombre d’enfants qu’ils pouvaient avoir : un et un seul, surtout pour les Hans (92% des Chinois) Si bien que d’une part, les autres « nationalités » ont crû nettement plus vite et que, d’autre part et surtout, leur pyramide des âges ressemble à un pin parasol : un pied (les jeunes) tout maigre supportant une énorme masse de moins jeunes et vieux. Ils vont avoir un trou démographique énorme (imaginez les problèmes de retraite !) et devront nécessairement s’ouvrir largement à l’immigration. Voyez le système familial dans ce contexte d’immigration rapide et massive. C’est à cause de ce problème que la Chine ne dominera pas seule le Monde, j’y reviens très vite, et connaîtra d’énormes convulsions culturelles internes.

    Un dernier mot sur les Chinois : face aux dépenses militaires démentielles des Etats Unis, ils ont forcément dû réagir pour constituer une contre menace de niveau suffisant. Les Russes ont fait de même et on a vu, avec le conflit en Syrie, que les Etats Unis, en dépit de leur arsenal dingue, n’avaient plus la suprématie militaire mondiale. Les Chinois, comme d’hab., sont restés en retrait. Mais ils ont commencé à titiller les Américains au large de leurs côtes pour faire savoir qu’eux aussi n’avaient plus peur du « tigre de papier » Ce qui laisse à penser que d’affaires localisées en affaires localisées, la domination militaire américaine finira elle aussi par s’évaporer : dans une vingtaine d’années au plus, ils ne feront plus peur à personne. Ce qui posera le problème, qu’ils n’ont d’ailleurs pas réglé car se focalisant trop sur la déstabilisation des pays producteurs de pétrole, de la dissémination des armes de destruction massive. Gageons que la disparition de l’empire occidental devrait favoriser une vraie conférence mondiale sur la question, apportant des solutions plus durables que la menace d’une intervention américaine !  Et posez-vous une question : que croyez-vous qu’il adviendra, dans un monde qui ne sera plus dominé par l’Occident, des risques de guerre engendrés par la question palestinienne, la question ukrainienne ou la question saoudienne ? Je gage que la vraie communauté internationale, pas celle de l’Occident, impose cette fois-ci des conditions propres à mettre définitivement fin aux tentations de dérapage : les risques existent parce que l’Occident soutient jusqu’à l’absurde un camp contre l’autre. L’entente entre la Russie et la Chine face à un Occident qui ne pourra plus peser autant empêchera cette logique et permettra à la diplomatie de retrouver sa place prépondérante dans les relations internationales. Il fallait que l’empire occidental disparaisse !

    Je reviens à présent au talon d’Achille chinois : il n’existe pas dans l’histoire de l’humanité d’empire qui, confronté à d’énormes problèmes culturels internes, ait perduré. La domination chinoise sur l’économie mondiale est d’ailleurs déjà en train d’être concurrencée par l’Inde d’abord, l’Afrique ensuite. Ces géants démographiques –car il faut être démographiquement un géant pour s’imposer au niveau mondial- se sont éveillées à leur tour et successivement. Il faut vivre dans ces contrées pour en sentir la vitalité, tous ces jeunes qui veulent entreprendre, tous les idées qui fusent, toutes les remises en question qui dérangent… Les dirigeants politiques n’en peuvent mais, obligés qu’ils sont de regarder grouiller les initiatives. Peu importe en fait qui dirige et qu’il vole ou non l’argent public. Peu importe qu’il y ait ou non le droit de vote et la démocratie formelle : l’activité économique bouillonne. On voit que des faits plus objectifs peuvent nuire ou non à la croissance, tel le franc CFA en Afrique francophone : il a fait passer les Afriques anglophones et lusophones devant ceux qui, hier encore, pouvaient parler d’Abidjan comme de la Perle de l’Afrique. Ou tel le montant d’argent pouvant être investi dans l’économie : les étrangers répugnent toujours à mettre le moindre sou dans votre continent mais vous avez fait grimper votre taux d’épargne familial à plus de 20% aujourd’hui de votre PIB tandis que les étrangers remplaçaient le leur par le crédit des banques. Les Africains ont constitué en quelques décennies le plus fort taux d’entreprenariat par habitant. Les salariés ne représentent même pas chez vous 20% des actifs !

    C’est toute cette vitalité qui fera de l’Afrique le continent définitif de la compétition économique mondiale, bien plus que tous les retours à une Antiquité, très mal connue en plus, que souhaitent bien des intellectuels africains. Leur voix était nécessaire pour redonner confiance à tous les Africains. Mais c’est sa jeunesse qui rendra à l’Afrique sa majesté antique, celle qui vit naître le Lingala tout au long du fleuve Congo, première langue commerciale du monde et, déjà aujourd’hui, principal langage utilisé dans toute l’Afrique centrale avant, très certainement demain, d’être enseigné dans le monde entier auprès de peuples qui voudront commercer en Afrique.

    Les Latins, sans doute, voudront se rapprocher de l’Afrique et du monde méditerranéen quand l’Union Européenne aura implosé. Mais votre regard sera alors différent, il est déjà différent : vous serez conquérants. Et c’est peut-être avec vos apports que la culture latine renaîtra, peut-être…

    Vous noterez pour conclure que je ne parle pas de domination militaire ni pour l’Inde, ni pour l’Afrique. Pour une raison simple : d’abord et dans ma vision, le problème militaire, l’accumulation d’arsenaux coûteux, devrait être réglé dès que les Occidentaux auront cessé de se coucher devant leurs lobbys militaro-industriels. En fait, ça viendra vite : quand ils n’en n’auront plus les moyens… Ensuite et surtout, l’Afrique n’est pas guerrière. Ce sont les Arabes d’abord, en armant et finançant les Sahéliens pour qu’ils razzient le monde Bantou, puis les Occidentaux, en imposant des frontières idiotes aux Etats indépendants puis en y fomentant des troubles sur fond ethnique, qui ont créé cette illusion. En part de leurs PIB, les Africains sont parmi les peuples qui dépensent guerrièrement le moins. Les Indiens un peu plus car ils ont des voisins remuant, Pakistan et Chine. Mais pas exagérément non plus.

    Le monde qui vient sera donc très différent de celui que nous quittons. Les peuples vont se mixer de plus en plus mais je ne crois pas qu’une fois l’Occident tombé, l’actuelle mondialisation culturelle perdurera. Elle est beaucoup trop rejetée, y compris au sein de l’Occident, pour tenir longtemps. Le tout fric, l’hyper consommation, tout cela ne remplit pas les âmes, les pervertit même. Il y aura donc des réactions, il y a déjà des réactions, à commencer par la réaction écologique : totalement absurde aujourd’hui, cette réaction n’en appelle pas moins à une réflexion sur l’environnement que nous souhaitons. L’absurde également réaction wahhabite sera jugulée, elle manque à la fois de moyens et de bras au niveau mondial. Mais elle a remis la question religieuse sur le tapis au moins chez les Musulmans, première ou deuxième religion mondiale devant ou derrière les christianismes. Les gens ne sont peut-être pas d’accord, mais ça les force à penser à l’au-delà. La technologie enfin et surtout, va mettre beaucoup de savoir à la portée de beaucoup de gens. Pour l’instant, Internet est surtout lieu de jeux, de culte de soi-même (l’individualisme anglo-saxon) et de pornographie. Mais on voit hors l’Occident qu’il est aussi lieu d’alerte et d’échanges philosophiques… Ce sont ces trois éléments, l’environnement, la religion et la technologie qui vont dominer notre future. Un futur beaucoup plus complexe qu’il n’y parait aujourd’hui : car la mixité croissante des populations fera évoluer les cultures qui seront-elles-mêmes plus riches et évolueront différemment entre ces trois paramètres. Un exemple ici : les jeunes Musulmanes qui veulent afficher leur identité en Occident alors qu’elles veulent s’émanciper en Afrique sahélienne. Ou bien les cuisinières fang qui résistent à la culture française impériale en la matière (sauf en Asie) face à d’autres cuisines africaines qui se francisent en perdant parfois leur africanité (voir par exemple le tiéboudienne dans les restaurants de Dakar : les brisures de riz ont été remplacées par du riz blanc et tous les ingrédients qui donnaient son goût à ce plat ont disparu : huile de palme rouge, nététou, poisson fumé, piment…)

    Bref, ce sera très différent et beaucoup plus riche. L’empire occidental imposait un style de vie (plutôt qu’un art de vivre !) mondial, ce style de vie disparaîtra en même temps que l’empire car cet empire n’est pas aimé et son style de vie est rejeté. CQFD…

     

    Je suis désolé pour conclure d’avoir été aussi sérieux. Mais c’est du premier jus et on ne peut pas d’entrée rigoler avec de telles réflexions. Le Con de Blanc n’a pas pu donner toute sa mesure. Mille fois pardon… 


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