• Pour un retour de l'humanisme 

    Mondialisation, déclin... Explications

    Politique - Où en est la France ?

    Février 2016

    Vous semblez tous, jeunes et vieux, femmes et hommes de France, dégoûtés des politiques qui vous gouvernent. Globalement, vous avez aussi gobé la doxa du bon entrepreneur, l'homme créateur de richesses et pourvoyeur d'emplois. C'est tout juste si vous estimez que Gattaz en fait un peu trop tandis que les entreprises n'en font pas assez...

    En fait, vous renvoyez sur vos choix de gouvernance la faute de ne pas comprendre le monde dans lequel vous vivez. Comprenez-vous par exemple ce qu'est la mondialisation ? Comme vous avez oublié l'époque où les commerces extérieurs du monde entier étaient contrôlés par les Etats qui appliquaient des taxes douanières en fonction de considérations diverses et variées dont les principales étaient la concurrence des industries locale, comme donc vous avez oublié cela, il vous est impossible de voir que la mondialisation est d'abord l'abandon du contrôle des marchandises aux frontières. Ce faisant, le monde est devenu un marché global pour celles des entreprises qui ont su grossir au point critique où elles ont pu s'attaquer à des marchés étrangers importants. Et quand ces marchés importants étrangers sont devenus plus importants que le marché dit "intérieur", originel si vous voulez, les dites entreprises sont devenues apatrides. Et leurs dirigeants, principaux actionnaires comme cadres supérieurs, sont également devenus apatrides, totalement ou presque fermés à toutes vos suppliques relatives aux salaires comme aux emplois : la mondialisation est d'abord une affaire de multinationales et donc d'une minorité des entreprises, il faut le savoir. Et les dites entreprises étant puissantes, elles ont imposés leur vision apatride à l'ensemble des classes dirigeantes des pays dans lesquels elles sont présentes.

    Mais comme elles ont investi dans des pays pauvres, elles les ont enrichis. C'est un peu ici "la main de Dieu" qui, à terme relativement court, va terriblement contrarier leur destin. Car, en déplaçant leurs usines dans ces pays pauvres, elles ont aussi inversé l'un des deux éléments de ce qu'on appelle les termes de l'échange : "les termes de l'échange désignent le pouvoir d'achat de biens et services importés qu' un pays détient grâce à ses exportations" (Wikipédia) Jadis en effet, l'Occident importait des matières premières et exportait des produits manufacturés. Il achetait bon marché et vendait cher.  Il était donc riche. Or les fabrications dans les pays pauvres se sont avérées nettement moins chères : salaires inférieurs aux nôtre, certes, mais aussi et surtout séries monstrueuses dont nous n'avons chez nous qu'une très  faible idée. Songez que les Chinois sortent des millions de panneaux solaires par an de chacune de leurs usines quand nous n'en sortions qu'une ou deux centaines de milliers des nôtres (elles ont déposé le bilan) Pire, les usines des pays en développement font encore de l'industrie : elles cherchent à minimiser le coût unitaire de leurs productions et, par exemple, n'imaginent qu'un seul modèle de cuiseur-vapeur quand elles en créent un. Un modèle à 20 ou 30 millions d'exemplaires par an au minimum, voyez le prix de revient unitaire à la sortie ! Dans le même temps, nos usines sortaient 4 ou 5 modèles différents pour répondre aux sollicitations des services marketing, les vrais tueurs de nos économie. Chaque modèle ne dépassant évidemment pas les cent mille exemplaires annuels. Résultat : le produit chinois fut vendu 15 € l'unité contre 39 € pour le moins cher des modèles français (technologiquement identique au modèle chinois) et, ce, dans un supermarché...

    Les pays pauvres se sont donc enrichis sur notre dos. Et ont commencé eux-aussi à avoir besoin de matières premières en quantité croissante, à commencer par l'énergie : le deuxième élément des termes de l'échange, celui du prix de nos importations, à donc été lui aussi inversé. Nous achetions bon marché, nous avons vu s'envoler les prix des matières premières... Exemple, le pétrole : en décembre 1999, il était descendu en dessous de 10 $/baril. Quelques semaines auparavant, le ministère belge de l'Economie avait publié une étude dans laquelle il reconnaissait que son pays n'avait jamais payé aussi peu cher ses importations de matières premières. Tout était donné ou presque, du sucre (souvenez-vous du film...) à l'or et au diamant en passant par les huiles et le fer. Trois ans plus tard, l'or noir passait à 70 $ le baril en moyenne annuelle et l'or jaune crevait tous les plafonds, dépassant 1300 $ l'once, quatre fois son prix du siècle précédent...

    On vous dit aujourd'hui que les prix des matières premières s'effondrent et que c'est une bonne nouvelle. Mais dans le même temps, les bourses s'effondrent d'autant. Pourquoi ? Parce que d'une part, les termes de l'échange restent terriblement en faveur des pays en développement : les prix des produits industriels ne sont pas remontés, eux, et les prix des matières premières, devenus fous en 2014, n'ont en fait baissé que légèrement si on prend 1999 comme référence de base : ils avaient été multipliés par 5, il ne le sont plus que par 3,5 (indice composite Moody's, décembre 2015)... D'autre part et entre temps, le centre de gravité de l'économie mondialisée s'est déplacé en Chine et dans les autres pays émergeants. Si leurs recettes d'exportations baissent, la croissance mondiale baisse, CQFD ! Car la main de Dieu est effectivement passée par là : nos multinationales apatrides dépendent aujourd'hui de la bonne santé de leurs nouveaux centres de production...et de consommation. Elles nous disent "merde" dans les grandes largeur dès que nous osons nous opposer à leurs desseins mondialisés mais doivent ramper devant les dirigeants politiques des "NPI", "Nouveaux Pays Industrialisés". Lesquels ont, depuis, créé leurs propres grandes entreprises qui, progressivement mais surement, bouffent la laine sur le dos de leurs concurrentes occidentales. Voyez par exemple comment les entreprises sud-coréennes ont phagocyté le marché des téléphones portables et des tablettes électroniques. L'Américain McIntosh est obligé d'innover constamment pour ne pas déposer le bilan et le Finlandais Nokia a dû changer de métier. Or les Chinois ont aujourd'hui dépassé les Etats Unis en nombre de brevets annuels déposés : la recherche n'est plus l'apanage des Occidentaux.

    La crise actuelle ne fait qu'accentuer le phénomène : nos multinationales, à force de nous avoir dit merde, ont tué leur marché intérieur : nous ne pouvons plus acheter les produits qu'elles font fabriquer en Asie ou en Amérique latine ! L'arrogance de leurs actionnaires et de leur encadrement est tel, la "mondialisation" leur emplit tellement le cerveau et la bouche (et le portefeuille !), qu'ils ne voient même plus que notre appauvrissement nous oblige à acheter les produits encore moins chers des multinationales "basanées" plutôt que les leurs. Apatrides ils sont, apatrides ils mourront, vaincus par les concurrents qu'ils auront eux-mêmes portés au berceau. Et c'est comme ça d'abord que disparaîtra l'empire occidental, aveugle au point de croire que son monstrueux arsenal guerrier peut encore empêcher cette dégringolade.

    Il a pensé aussi que nous nous en sortirions par la finance. En "titrisant" tout, jusqu'aux crédits dangereux consentis de plus en plus face à l'effondrement du pouvoir d'achat des classes moyennes occidentales. Les dettes privées, surtout dans l'immobilier, sont pharamineuses et si les prix s'effondrent, alors bon nombre de crédits devront être "rééchelonnés" (on étale leur remboursement dans le temps, solution qui devrait être utilisée aussi et surtout pour les dettes publiques mais que, curieusement, nos élites mondialisées refusent obstinément) Pour éviter d'avoir trop de dettes de ce type abaissant de fait la valeur de leurs actifs, les banques ont "titrisé" ces crédits dangereux : ils les ont sortis de leur compte d'actifs pour les transformer en actions d'une sous filiale ou d'un "produit" dans laquelle ou lequel ils ont regroupé les dits crédits dangereux. Puis ils ont revendu ces actions en offrant un rendement supérieur à celui du marché. Ce fut l'affaire dite des "subprimes" qui faillit couler l'économie occidentale en 2008. Ce faisant, les banquiers ne faisaient qu'accroitre le champs d'actions de leurs produits dits "dérivés" (dérivés d'un marché donné) Sachez par exemple que les marchés de matières premières sont tous aujourd'hui "titrisés" à partir de ventes sans  paiement, dites "ventes à terme" : un fournisseur offre sa marchandise à un prix donné à un jour J et livrera la dite marchandise au jour J+x, sachant que le prix sera toujours celui du jour J. Si au jour J+x le prix est plus élevé, l'acheteur réalise une plus value. Dans le cas contraire, il paye en fait plus cher que ce qu'il aurait dû payer. Il y a donc un risque : et ce risque est bien entendu "titrisé", soit transformé en actions vendues par les banques. Etc... Si bien qu'un kilo de pommes de terre au jour J peut en fait générer trois fois son prix du jour J+x.  Le kilo de pomme de terre a été "financiarisé"...

    Maintenant, imaginez que plus personne ne veuille de ce kilo de pomme de terre, valeur du jour J, au jour J+x  parce que le prix de la pomme de terre a baissé de 50% entre temps. Non seulement l'acheteur perd le prix du jour J (il ne peut plus que tenter de transformer la pomme de terre en chips ou tenter de la conserver -merci pour les produits chimiques !- jusqu'au jour où son prix aura remonté) mais en plus, tout ceux qui ont acheté les actions dérivées de ce kilo de pommes de terre perdent tout puisque le support des dites actions ne vaut plus rien. Pour l'instant, ça n'a pété que dans l'immobilier. Mais ça peut péter dans plein d'autres domaines, d'où aussi les craintes des traders face à la baisse du prix du pétrole (les achats à terme sont prépondérants dans ce secteur avec, bien entendu, tous les produits dérivés y afférent) 

    D'autant que ce petit jeu a transformé les bourses de valeurs, censées amener de l'argent à long terme aux entreprises pour qu'elles puissent se développer, en gigantesques casinos où la spéculation est plus que reine, unique comportement survivant dans cet univers de fous (tellement fou que les banques ont dû mettre au point des logiciels pour remplacer les traders, humains bien trop lents pour suivre les soubresauts dingues des valeurs) Sachez et n'oubliez jamais qu'en ce début 2016, la valeur des entreprises cotées en bourse représente dix années de leur dernier chiffre d'affaires. Dix années alors que si vous voulez acheter une PME à sont créateur, vous allez payer trois années de chiffre d'affaires pondérées par les résultats (beaucoup moins si vous faites des pertes, encore moins si vous avez accumulé des dettes mais plus si vous dégagez des bénéfices et encore plus si vous engrangez quasi mécaniquement des plus values énormes) Cela signifie tout bêtement que la valeur des multinationales maîtresses de la mondialisation est artificiellement multipliée par trois. D'où les soubresauts ravageurs quand les traders humains ou informatiques ont des doutes sur les capacités d'une multinationales à maintenir des dividendes élevées sur court et moyen terme (plus personne dans ce milieu ne regarde à long terme) Volkswagen perd 25% de sa valeur quand on apprend que l'entreprise a triché sur ses émissions de CO2 : on anticipe tout de suite une future baisse des ventes. Le CAC 40 perd 20% de son indice en un mois et demi quand les marchés ont des doutes sur la croissance chinoise. Etc... Imaginez dans ces conditions ce que donnerait l'effondrement d'un géant comme General Electric sous les coups de boutoirs de ses concurrents chinois ou coréens aujourd'hui, africain demain. Tenez, dans le ciment, un nouveau géant est né au...Nigeria : le groupe Dangote est aujourd'hui le premier cimentier de son pays, le principal actionnaire extérieur de pas mal des filiales de Lafarge en Afrique et s'attaque à présent, contre le même Lafarge, à  l'Afrique francophone. Ce, tandis que Lafarge a vu ses positions européennes attaquées par les pays de l'est et l'Italie. Comme toujours et pour masquer son incapacité en matière de croissance interne, la compagnie d'origine française s'est mariée  au Suisse Holcim : on regroupe deux multinationales en baisse d'activité et on obtient un groupe encore  plus gros. Ca cache la réalité mais ça ne règle pas le problème de fond...

    Multipliez cet exemple par autant de multinationales occidentales qui existent et vous pouvez toucher du doigt votre avenir à moyen et long terme : accentuation des licenciements (sans croissance interne et avec des regroupements d'entreprises, les contractions d'effectifs sont obligatoires), diminution au mieux de la valeur de vos avoirs en action (car la valeur x d'une entreprise couplée à la valeur y d'une autre entreprise fusionnant avec la première ne donne pas un résultat xy mais xy-les baisses cumulées d'activité interne+ la spéculation : si la spéculation est négative, le résultat final sera un 1+2=nettement moins de 3, CQFD !) et pour finir, la probable arrivée des Basanées aux commandes de vos industries en perdition : c'est déjà le cas de l'acier (Arcelor-Mital, Mital étant le patron et Arcelor, un gadget pour les chauvins) et de l'automobile (Peugeot avec son actionnaire chinois Donfeng Motor et des fonds d'investissements étrangers possédant, avec les Chinois, près de la moitié du capital) En Angleterre, le magasin de luxe Harods est passé entre les mains d'un milliardaire égyptien, Al Fayed...

    Bref, l'offensive reste pour l'instant limitée vis-à-vis des grandes entreprises, plutôt rachetées par des concurrentes occidentales : c'est ainsi que la Banque de France a calculé que , déjà, 47% du capital des entreprises du CAC 40 étaient passés aux mains d'investisseurs étrangers. Et on a vu, par exemple, les fleurons de l'industrie automobile anglaise partir en Allemagne (Mini, Land Rover) et en Inde (Jaguar) Tandis que nos propres fleurons s'en allaient aux Etats Unis (Alsthom) ou en Finlande (Alcatel) Le tout avec l'assentiment de politiciens mondialisés à outrance et vraiment peu soucieux de l'avenir des salariés de ces fleurons. Mais elle continuera sans relâche d'autant que nos entreprises ne peuvent plus compter sur leur marché intérieur. Jadis, elles exportaient des biens en général plus élaborés que ceux du marché intérieur, à des prix inférieurs à ceux de ce marché intérieur qui constituait ainsi une sorte de réservoir à bénéfices permettant, justement, de conquérir des marchés à l'export. Aujourd'hui, des sociétés ont imaginé d'aller acheter dans ces marchés à l'export ces biens plus élaborés et moins chers pour les revendre à l'intérieur avec une petite marge seulement. Plus la pression de la concurrence étrangère et vous voyez que le réservoir a totalement disparu : l'entreprise est nue et cherche de la marge partout, à commencer dans ses effectifs. Ce faisant, elle contribue à diminuer le pouvoir d'achat de tous ses clients potentiels, diminution accrue par la nécessité dans laquelle elle est de distribuer de gros dividendes à ses actionnaires, même en situation de repli d'activité. Ce fut le cas, exemplaire, de Peugeot mais ça l'est aussi dans d'autres domaines : il vous suffit de voir les offres de crédit fournisseur gratuit pour en mesurer l'étendue !

    Les marchés occidentaux sont donc exsangues et les Basanés en profitent : hors les grandes entreprises, ils investissent dans des domaines aussi divers que le vin, le lait (usines chinoises gigantesques en Bretagne et en Normandie), la chaussure (c'est déjà ancien, ils rachetèrent en fait les marques), des domaines moins spectaculaires certes que les sociétés cotées en bourse mais tout de même stratégiques : l'alimentation est un domaine stratégique et quand les Chinois s'invitent aussi massivement que dans le lait, imaginez les répercussions sur les prix de vente ! Ce n'est pas leur culture qu'ils vont nous imposer en premier lieu, ce sont leurs prix !  Tout comme l'industrie, nos vies quotidienne sont et seront de plus en plus affectées. Demandez par exemple aux vieux restaurateurs qui se souviennent de la multiplication des restaurants chinois en France quel fut leur impact sur le prix de la restauration dans notre pays ! Lequel résiste, fait dans la qualité, sait imposer son excellence jusque dans les couloirs des organisations internationales. Mais au final et parce que le marché est exsangue, finit par succomber : on prône le bio, il stagne dans les strasses boboïsantes de notre société avant de frémir un peu dans les étals des...grandes surfaces : le produit de qualité vendu en dessous de son prix de revient... On encourage la cuisine de produits frais à la maison, c'est le "sans gluten" des plats préparés qui l'emporte ! On découvre les recettes peu ragoutantes des lasagnes industrielles, personnes ne se posent de question sur les garnitures des pizzas congelées achetées en quantité astronomique dans le pays soi-disant de la grande cuisine ! Etc. Nous consacrions 34,6% de nos budgets à l'alimentation en 1960, nous n'en consacrons plus que 20% aujourd'hui, c'est tout dire. Les méfaits de la consommation mondialisée et endiablée sont passés par là.

    Demain ne sera donc pas folichon mais vous continuez inlassablement à reconduire au pouvoir ceux qui ont décidé de n'en point changer une seule scène. Vous voyez vos organes d'information passer aux mains d'entreprises parmi les moins recommandables (armement, BTP) et vous continuez à les lire ou les regarder. Vous voyez les chômeurs se multiplier dans l'indifférence de vos dirigeants et vous persistez à ne pas vouloir ouvrir les yeux. Finalement, pourquoi alors vouloir vous sauver d'une catastrophe dont les conséquences vous font déjà très mal mais que vous préférez ignorer ?! La politique en France en 2016, c'est en fait l'impossibilité de créer un vrai parti souverainiste à vocation majoritaire. Ce parce que les souverainistes sont aujourd'hui présents aux deux extrémités de l'échiquier politique et qu'il suffit donc aux partis mondialisés, tous centristes aujourd'hui, d'entretenir la peur des extrêmes pour rester au pouvoir. Quand vous aurez admis -mais le ferez-vous ?- que Sarkozy et Hollande, c'est exactement la même politique, alors vous serez prêt peut-être à comprendre que Juppé sera lui aussi le chantre très exact de la dite même politique. Alors, mais alors seulement, vous pourrez vous poser les bonnes questions et rechercher aux extrêmes les réponses aux dites questions. Il vous faudra encore passer un cap et un maousse : admettre qu'il y a plus de convergences entre Mélenchon et Marine Le Pen qu'entre Mélenchon et Hollande et qu'entre Marine Le Pen et Juppé. Autant dire que ce n'est pas en 2017 que les choses changeront vraiment...

     

    Encadré

    Ces dettes publiques qui plomberaient nos capacités d'action gouvernementale

    Je ne reviens pas sur les dettes elles-mêmes, vous les connaissez même si vous avez oublié d'où elles viennent. Un simple regard ici sur le fait qu'aucun politique actuel ne parle de les rééchelonner. Les Grecs le voulaient, ça a été vite enterré : il s'agit donc d'une volonté farouche d'empêcher les Etats européens de sortir de l'endettement perpétuel. Or c'est la seule solution pour en sortir : transformer des crédits à court (quelques mois) et moyen terme (hier, moins de 5 ans, aujourd'hui plutôt moins de 3 ans) en crédit à très long terme (35 ans) Votre charge annuelle de remboursement passe donc, pour la France par exemple, de 2100 milliards € sur sept ans et demi en moyenne (280 milliards par an pour un budget de 1000 milliards !) à 2100 milliards sur 35 ans (60 milliards par an, exactement le montant que peut dégager notre budget chaque année pour le remboursement de la dette)

    Pourquoi ne pas le faire ? Parce que c'est interdit : tous les Etats occidentaux ont légiféré afin qu'ils ne puissent plus se financer en émettant des bons du Trésor à très long terme directement auprès du Public. Ils doivent aujourd'hui emprunter impérativement "sur le marché", soit auprès des banques et des fonds d'investissement. Et la France est ainsi obligée d'emprunter environ 230 milliards d'euros pas an dont le coût marginal (surplus d'intérêts, frais financiers)s'ajoute à la dette globale. Ce système conduit inéluctablement au défaut de paiement (on emprunte pour rembourser un emprunt et on ne sort donc jamais de l'endettement), ce pourquoi il est totalement interdit aux particuliers comme aux entreprises. On ne peut que restructurer sa dette, pas la reconduire indéfiniment.

    Comme les Etats le pratiquent allégrement (Allemagne comprise), des observateurs sérieux ont pu dire et écrire que les dettes publiques occidentales ne seraient jamais payées. Ce qui serait totalement délétère si les créanciers étaient majoritairement occidentaux. Les Etats Unis ont réussi à fourguer une grande partie de leurs dettes publiques aux Japonais et aux Chinois. Nous avons essayé de les fourguer aux pétroliers arabes. Mais le gros est allé quand même chez nous, auprès des banques allemandes, françaises, italiennes notamment. Qui se retrouvent aujourd'hui en très mauvais état : elles ne peuvent créer de la monnaie (monnaie scripturale, du crédit en fait) qu'a raison de leurs actifs. Mais si ces actifs ne valent plus grand chose (cas des dettes publiques européennes non rééchelonnées) et qu'elles ont quand même créé de la monnaie, elles se retrouvent juridiquement en état de faillite. C'est pour cela qu'aujourd'hui, elles sont terriblement "attaquées" (on dit ça quand leurs actionnaires vendent leurs titres) sur des marchés boursiers en berne générale : deux faits seulement ont perturbé les machines et les hommes qui gèrent ces marchés fous, la baisse de croissance de la Chine et la baisse du prix du pétrole : l'économie réelle s'est rappelée au bon souvenir des financiers dingues et on n'est plus très loin de la panique. Si elle se concrétise, les détenteurs de dettes publiques occidentales seront les premiers à 


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