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    L'esprit et la matière

    Christian d’Alayer – août 2020

     

    "Au commencement était le Verbe" Tous les rabbins, curés et imams de la Création ont l'habitude de remplacer "Verbe" par "Dieu", qu'Il soit nommé Yahvé, Dieu ou Allah. Et pourtant le synonyme n'est pas évident : "Verbe" fait plutôt penser à l'idée, à la parole, au concept, bref à l'immatériel en opposition à la matérialité que ces "intermédiaires du divin"  confèrent en fait au Créateur supposé de toutes choses en le nommant et en imaginant des représentations tout ce qu'il y a de palpables de son environnement céleste : des "pactes" passés par le dit Créateur avec quelques "messies" aux fleuves de lait et de miel du Paradis céleste en passant par la kyrielle d'anges et d'archanges entourant le Maître de tout, on est plus qu'éloigné de la pensée nue surgissant du néant pour créer la Terre, les Cieux, l'eau, le feu, les végétaux, les animaux et, in fine, l'homme dont Yahvé, raconte la Genèse, tira la femme à partir d'une de ses côtes. Une superbe idée de départ, "le Verbe", puis du grand n'importe quoi...

    La science actuelle nous permet, me semble-t-il, de se poser la question de Dieu en revenant à son immatérialité toute première, celle des premières lignes de la Genèse, de la seule première ligne d'ailleurs : "Au commencement était le Verbe" Ce, car l'astrophysique a fait tellement de progrès au cours de ces vingt dernières années que nous pouvons tout à fait imaginer qu'effectivement, l'immatériel préside aux destinées du ou des univers.

    Commençons par la physique de l'infiniment petit, celle des quanta : très grossièrement résumé, matière et onde n'y sont pas séparées mais identiques. Et elles sont matière ou onde selon la position des observateurs. Deuxième point, un grain de matière-onde peut se trouver en même temps à deux endroits différents (pour l'instant. Les physiciens n'ont actuellement réalisé d'expérience que sur deux endroits différents) Je n'aurais pas osé appeler ces "grains" de matière-onde des "pensées" si les scientifiques n'avaient pas, de leur côté, imaginé que le dit grain pouvait se trouver matériellement à un endroit et son "information" dématérialisée à l'autre endroit. Scientifiquement, "l'information" d'un objet est l'ensemble des caractéristiques qui le composent. Il s'agit donc bien d'une idée, CQFD !

    Pour vous représenter cette découverte au niveau macroscopique, vous devez savoir que nous sommes formés de milliards de ces "graines" ainsi que tout ce qui nous entoure et tout ce que nous voyons ou devinons autour de nous. Les recherches actuelles visent à unifier cette physique de l'infiniment petit et la physique que vous connaissez, avec ses quatre forces universelles : la force nucléaire forte (celle qui fait se tenir ensemble les atomes qui nous composent), la force électromagnétique, la force gravitationnelle et la force nucléaire faible (celle des bombes atomiques) Forces auxquelles n'obéissent pas forcément nos quarks et autres microparticules qui grenouillent allègrement dans la physique des quantas. Comment par exemple sont intimement liées les microscopiques particules du graphite, plus solides mêmes que l'acier quand assemblées en une ou quelques minuscules couches ? Et quelle physique peut expliquer l'existence concomitante, au même moment, au même endroit (mais observée de deux endroits différents) et d'une matière, et de son alter ego ondulatoire ?

    Passons maintenant à la théorie des cordes : "Les briques fondamentales de l’Univers ne seraient pas des particules ponctuelles mais des sortes de cordelettes vibrantes possédant une tension, à la manière d’un élastique. Ce que nous percevons comme des particules de caractéristiques distinctes (masse, charge électriqueetc.) ne seraient que des cordes vibrant différemment. Les différents types de cordes, vibrant à des fréquences différentes, seraient ainsi à l’origine de toutes les particules élémentaires de notre Univers. Avec cette hypothèse, les théoriciens des cordes admettent une échelle minimale, reliée à la taille de Planck, et permettent ainsi d’éviter facilement l’apparition de certaines quantités infinies (« divergences ») qui sont inévitables dans les théories quantiques de champs habituelles" Cette explication de Wikipedia montre bien qu'afin de tenter d'harmoniser la physique macroscopique, celle de la Relativité générale d'Einstein et la physique quantique, microscopique, des chercheurs sont en fait partis de la dualité des "nanoparticules", ondes et matières en même temps. Revoilà donc l'immatériel mais cette fois-ci au niveau de notre environnement visible (pour voir le niveau nanoscopique, il faut des outils très sophistiqués) Imaginez donc tout le visible formé en fait de ces "cordes" vibrantes : de là à en revenir au vieux Platon grec il n'y a qu'un pas. Ne pas croire en ce que nous voyons est l'un de ses enseignements majeurs (le mythe de la caverne)  

    Mais Platon n'avait aucune idée de la composition réelle de ce que nous voyons communément tandis que les astrophysiciens modernes nous disent que les découvertes des 18e, 19e et 20e siècles à cet égard pourraient n'être que des trompe-l'œil. Et qu'au fond, pour que leurs multiples équations tiennent debout, il faut envisager carrément que tout ce dont nous sommes faits, tout ce qui nous entoure, de la bactérie à l'amas de galaxies, n'est que vibration, simples vibrations. Tout comme le verbe, simple vibration sonore dans l'atmosphère... 

    L'idée, soudain, rejaillit des profondeurs où l'enfouirent des siècles de rationalité matérialiste, la pensée semble tout-à-coup retrouver l'aura du mysticisme antique. Si nous ne sommes que vibrations, alors même les plus incroyables des miracles peuvent s'expliquer. Les médecins qui s'interrogent toujours gravement sur le pouvoir du cerveau sur le corps humain doivent aujourd'hui réviser leurs jugements prudents, enfourcher le crédo du somatisme dominant. Les écolos ont bon dos par ailleurs, cherchant à limiter l'impact matériel de l'homme sur la nature : il ne s'agit que de vibrations, les mecs ! Et toutes nos dépenses d'Etat pour tuer ou éviter d'être tué ? Vibrations... Et la vie, et la mort ? Vibrations...  

    On voit qu'en fait et hors ces élucubrations faciles, il nous faut (faudrait ?) réviser très sérieusement nos croyances s'il s'avérait que les théoriciens des cordes avaient raison : l'astrophysique moderne nous interpelle comme jamais dans le passé, même aux heures glorieuses des Lumières, quand la science commençait à remettre l'Eglise chrétienne en question. Si l'on veut bien considérer l'hypothèse avec sérieux, on s'aperçoit même que la dite église n'est guère éloignée des religions "sous développées" qui ne sont pas encore passées dans la lessiveuse scientifique : les bases n'ont pas encore été vraiment mises en question, un Dieu tout puissant restant encore la seule explication de la création de ou des univers. Les cordes nous en apportent bien d'autres, à commencer par le retour au fameux "Verbe", cette pensée transcendantale s'exprimant alors sous forme de vibrations et, bien entendu, étrangère aux "sous-vibrations" des hommes cherchant, eux, à organiser leur vie en société.  

    Si l'on y regarde de plus près, beaucoup d'humains ont d'ailleurs pressenti ce fait, tous ceux qui estiment notamment que Dieu n'est pas à leur portée : les Animistes africains par exemple ou certains Protestants sans compter une majorité de Chinois ayant clairement établi, après Confucius, que l'organisation des sociétés ne relevait pas de Dieu mais des hommes.  

    ___________________________________________________________________________________ 

    Cette ébauche de texte s’arrêtait là il y a maintenant 3 ans. Je ne l’avais pas jetée en imaginant pouvoir poursuivre le raisonnement selon le schéma qui suit (datant lui aussi d’il y a 3 ans) :  

    « Introduction à terminer et plan à finaliser :

    - Destruction des religions antiques

    - Recherche des éléments immatériels communs à ces religions

    - Recherche du Verbe dans notre savoir actuel

    Conclusion : une vision romantique »

    Depuis, j’ai écrit plusieurs textes démolissant et les religions antiques, et les grandes religions d’aujourd’hui dont la disparition est d’ores et déjà en cours, Islam inclus. Voyez ces textes sur mon blog : dalayer.kazeo.com. Si vous lisez bien, vous verrez que des éléments matériels (enterrement des morts par exemple) aussi bien qu’immatériels (croyance à l’au-delà de la mort, toujours par exemple) sont communs à toutes les religions humaines, antiques comme actuelles : si les représentations humaines de la religion sont condamnées à terme, leur esprit survit et survivra, CQFD. Je pourrais développer mais ça m’ennuie profondément, l’explication basique étant dans le fait, justifié ci-dessus, que des éléments matériels et immatériels sont communs à toutes les religions humaines.

    Il ne me reste donc plus qu’à rechercher le « Verbe » dans nos savoirs actuels, soit la pensée originelle à l’existence des univers. On peut la chercher dans ce qui existe sans que nous le comprenions. Le paranormal vient bien sûr immédiatement à notre esprit. Un paranormal qui englobe énormément de choses, des plus « palpables » comme la somatique médicale ou les OVNIS, aux plus étranges comme la transmission de pensée ou les fantômes. Certaines sont quasi certaines, d’autres pouvant relever du charlatanisme. Je me refuse à les inscrire dans l’une ou l’autre de ces cases, rien de vraiment scientifique n’ayant été prouvé dans les deux cas. Mais le supra normal est indiscutablement un domaine d’investigation, pas forcément prioritaire, quand on cherche Dieu.

    Car la voie prioritaire reste l’observation scientifique : il y a d’abord l’immensément grand que nous font découvrir très largement les astrophysiciens. Nos religions à ras la terre ne résistent pas à la vision d’une multitude d’univers parallèles impliquant soit un Créateur très éloigné de nos petites et éphémères vies, soit une infinité de Dieux. Soit des créations ex nihilo difficiles à admettre pour des êtres de chaire et de sang engendrés par reproduction sexuée ! En gros, l’immensité des univers nous éloigne fatalement des croyances majoritaires actuelles. Au point que nos élites urbaines, les « bobos », ne croient plus véritablement qu’en la destruction de la Terre par les hommes « inférieurs » Ils sont globalement athées, ne respectant plus que l’argent comme valeur suprême, soit la position sociale et les facilités matérielles qu’il confère. Ce qui les rend idiots mais ceci est une autre affaire…

    L’immensément petit nous est apparu bien plus tardivement et encore : très peu de gens s’y sont vraiment intéressés et certainement pas nos bobos citadins. L’affaire est complexe et sa représentation mathématique, encore plus complexe. Au point qu’une centaine au plus de physiciens dans le monde est capable de « développer », comme on dit en jargon mathématique. C’est donc tout neuf bien qu’hors mathématiques, on puisse assez aisément saisir et le concept et une partie importante de ses conséquences : les mathématiques, c’est bien ; mais sans l’imagination, ça n’est rien, CQFD ! Or ce que nous dit la physique des quantas, celle de l’infiniment petit, est prodigieux. D’abord elle diffère totalement de la physique nucléaire einsteinienne. Elle a son existence propre et des propriétés qui n’existent pas dans le monde de l’infiniment grand. Notamment -mais ce n’est pas la seule démarcation- sa dualité matière-information. Certes, en physique normale, on sait qu’un objet est différent selon l’observateur. Mais il s’agit de différences simples, portant sur la vitesse et le temps. En physique quantique, le même observateur peut voir (théoriquement, pour l’instant il ne s’agit que d’expériences de laboratoire) la même « chose » présente à deux endroits différents dans le même temps. C’est ce qui donne du moud à la théorie des cordes, celle d’un monde uniquement fait d’ondes dont nous ne connaitrions en fait que les règles induites, secondaires.

    C’est aussi un renversement total de nos croyances, renversement nous renvoyant effectivement à la caverne de Platon : l’important n’est pas ce que nous voyons, les planètes, les soleils, les galaxies, mais ce que nous ne voyons pas et que nous commençons seulement à entrevoir. Pour schématiser, c’est comme si, voyant les avions, les voitures, les trains, les moteurs nucléaires, nous oubliions qu’à l’origine existèrent quelques idées que nous jugerions aujourd’hui plus qu’osées. Le « Verbe » plus important que ses créations…

    Or nous sommes de plus en plus incapables de ce renversement de croyances car notre Terre mondialisée est technologisée « à mort » ou presque : à mort car il les idées disparaissent et derrière les pensées uniques, et derrière l’évolution technologique plurielle. Il n’y a plus d’étincelle mais la collaboration de multiples salariés de multinationales motivées par le seul gain d’argent. Tout esprit un peu libre est d’ailleurs ostracisé dès sa première apparition médiatique tant en matière scientifique qu’en matière politique. « Presque » car l’abêtissement des jeunes générations via les écrans n’en est qu’à ses débuts : je suis pessimiste parce que je suis âgé mais je vois d’autres bons esprits plus jeunes espérer encore…

    Je ne vois pas d’autre moyen de chercher Dieu pour l’instant. Tout ce dont je suis certain est que l’actuelle vision friquée du monde est sans issue à cet égard. De même que ce substitut écolo donné aux foules pour enterrer définitivement le « partagisme » (je ne développe pas, l’ayant déjà fait dans un autre texte : « l’imposture écologique ») La recherche des réponses aux interrogations fondamentales, qui sommes-nous, d’où venons-nous, où allons-nous, demande bien plus de transpiration et de savoirs que les incantations des papes ou des Imams. Elle transcende d’ailleurs les sexes et les couleurs de peau, elle dépasse de très loin les conditions sociales. C’est probablement la seule chose que tous les humains ont partagé depuis qu’ils existent. Qu’ils continuent de partager pourvu qu’ils restent hors le circuit réellement infernal, conduisant aux Enfers, du tout-fric : mieux vaut encore une croyance dépassée à cette soumission au néant !

     

    Voilà, j’en ai fini. Quand j’ai élaboré ce questionnement, je pensais ne jamais arriver au bout. Et je ne le suis pas, j’ai juste, pour moi, entrouvert un tout petit peu une porte pouvant mener éventuellement à une meilleure compréhension du monde. 

     
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