• 11- Pour une information réellement libre A : constat

    Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 11<o:p></o:p>

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    Pour une information réellement libre<o:p></o:p>

    1- Petit tour du paysage médiatique français<o:p></o:p>

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    Quelques mois avant le vote du « Non » au référendum français sur la Constitution européenne, le site d’un particulier, enseignant de son état, est littéralement pris d’assaut par les internautes hexagonaux. Et qu’avait de particulier ce site, sinon d’expliquer presque scolairement le texte concocté par Giscard d’Estaing pour Bruxelles et, ce, avec un regard critique. De l’excellent journalisme, en fait, qu’on aurait bien aimé voir copier par nos médias professionnels.

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    La campagne électorale qui s’est achevée en ce dimanche 17 juin 2007 après deux tours d’élection présidentielle et deux autres tours d’élections législatives a par ailleurs montré d’étranges similitudes avec les campagnes électorales des autres grands pays occidentaux : elles se sont déroulées sous un unanimisme médiatique ultra libéral inquiétant, incluant jusqu’aux médias réputés pourtant de gauche : il est d’ailleurs amusant de voir, par exemple, Le Nouvel Observateur ou Marianne jouer aujourd’hui aux arbitres de la rénovation du Parti Socialiste alors qu’ils ont largement contribué à la défaite de leur camp en relayant d’abondance les critiques émanant des « éléphants » du parti et de leur entourage. Critiques reprises bien entendu avec délectation par une droite qui n’en demandait pas tant ! Et encore ne s’agissait-il ici que de deux « news » aux audiences limitées à quelques centaines de milliers de clients. Car l’essentiel de l’information provenait et provient toujours des médias audio-visuels, tous acquis –sans exception aucune, privés comme publics !- aux ultra-libéraux. Ségolène Royal n’eut ainsi que son site Internet pour la défendre et expliquer ses positions, sur bon nombre de points très supérieures à celle de son rival de droite (voir les articles sur la pensée économique de gauche, N°4, 5 et 6). C’était insuffisant, de toute évidence, et la candidate socialiste n’est pas dans l’outrance quand elle affirme avoir mené, bien que battue, une bonne campagne. D’ailleurs ses détracteurs n’ont pas baissé les bras, s’engageant sans doute et à présent dans la bataille pour le contrôle du PS : livres, révélations sur la vie privée du couple Hollande-Royal, émissions de télévision plus que critiques, soutien de Sarkozy et j’en passe. Qu’a donc fait cette dame pour susciter autant de haine et de partialité ? Même Mitterrand, pourtant peu apprécié par les journalistes, du moins au début de son envolée politique, ne fut pas autant attaqué et attaqué aussi vilainement…

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    Passons maintenant à l’international en prenant l’exemple de Mugabe. Cet homme dirige le Zimbabwe d’une manière, nous dit-on, dictatoriale, quasi hitlérienne (il figure sur la liste des ennemis de l’Amérique bushienne, au même titre que Ben Laden). Il est présenté comme un continuateur des caricatures de rois nègres que furent Amin Dada, Bokassa ou Mathias Nguéma, voire Sékou Touré. Son acharnement contre les fermiers blancs nous fut servi et resservi quasi en continu avant que nos médias, à la suite des médias anglo-saxons, ne mettent l’accent sur son manque de démocratisme puis sur sa gestion « folle » de l’économie de son pays. Ca, c’est le constat, ce que nous montrent nos médias. Et c’est indéniable, aucun d’entre eux ne prend ne serait-ce qu’un peu de recul sur cette affaire qui durent maintenant depuis plus de 10 ans. Il est vraie qu’une affaire de nègres en plus…

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    Elle est pourtant très significative, cette affaire de nègres. Jugez-en :

    -         C’est en 1980 que Mugabe, chef des rebelles de Rhodésie, termine de foutre la pâtée aux forces de Ian Smith dont la plupart des officiers s’enfuient dans une Afrique du Sud alors racistes. Pour éviter le massacre des civils blancs, Londres –qui avait jusque là soutenu Ian Smith en douce comme elle soutient les Blancs d’Afrique du Sud- propose des négociations. Les rebelles acceptent et un accord est signé à Lancaster House. Accord qui garantit la propriété des terres aux Blancs pendant 10 ans, échéance au terme de laquelle les Anglais s’engagent par écrit (c’est dans le traité) à financer le rachat des dites terres par les Noirs (terres qui leur avaient été piquées sans indemnité aucune quand Cécile Rhodes s’empara du pays à la fin du 19e siècle, c’est-à-dire hier).

    -         10 ans se passent et rien ne vient : les Anglais oublient leur signature, volontairement d’ailleurs car la diplomatie zimbabwéenne rappelle la dite signature à de nombreuses reprises mais toujours en vain. Finalement, pressé par ses anciens combattants, Mugabe se décide à entreprendre une épreuve de force. Immédiatement condamnée par Londres (Blair est au pouvoir) qui enferme le régime de Mugabe dans une rhétorique dingue, l’homme étant présenté comme un spoliateur fou alors que ce sont les Blancs qui ont d’abord spolié les Noirs !

    -         Entre temps toutefois, les Noirs d’Afrique du Sud ont eux aussi gagné, avec l’aide d’une partie de l’opinion publique occidentale (notamment américaine) et le Zimbabwe peut résister, grâce aux Sud-africains, aux mesures de rétorsion économique que décident unilatéralement les Anglais. L’industrie minière, par exemple, disparaît quasi intégralement alors que le pays était le premier producteur mondial de chrome et un grand producteur de platine. Les compagnies qui géraient ces mines se retirent au bénéfice de mines australiennes et canadiennes, il est vrai moins coûteuses à exploiter car à ciel ouvert.

    -         Mais survient la guerre du Congo-Kinshasa : armés par les Américains (il suffit de regarder leur armement pour le constater), les Ougandais et les réfugiés tutsis en Ouganda attaquent d’abord le Rwanda et le Burundi puis chassent Mobutu du Congo-Kinshasa. Kabila, le père, prend le pouvoir et demande aux étrangers qui l’y ont aidé de quitter le pays. Ils refusent et marchent sur Kinshasa. L’Angola intervient puis la Namibie et, enfin, le Zimbabwe. Armés, eux, via une filière franco-russe (souvenez vous de l’affaire Falcon). Et Kabila non seulement résiste mais contre-attaque. En 1999, Chirac rencontre presque secrètement Clinton dans une île de l’Océan indien et quelques mois plus tard, c’est la fin des hostilités. Mais, pour les Américains, Ceux qui ont combattus leurs alliés ougando-tutsis restent des ennemis : Bush junior va appuyer à fond Londres dans sa condamnation indigne de Mugabe, n’osant pas s’attaquer aux Angolais car les compagnies pétrolières américaines sont désormais installées dans le golfe de Guinée (pour moi, c’était l’enjeu réel des guerres du Congo, guerres gagnées donc par les Américains puisque ceux-ci extraient à présent de l’or noir africain en grande quantité).

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    On voit donc bien dans quel contexte Mugabe a été diabolisé par les Anglo-Saxons : d’abord parce qu’il est le premier Noir à s’être affranchi de la tutelle raciste des Blancs d’Afrique australe, ouvrant la voie aux rebelles sud-africains et namibiens ; ensuite parce qu’il a voulu, le premier aussi, rendre leur terre aux Noirs (la terre est primordiale dans la fantasmagorie de Noirs avant tout ruraux) ; enfin, parce qu’il était le seul « attaquable » par Washington après que les alliés des Américains aient été défaits sur le terrain par les alliés de Kabila (et des Français, n’oubliez pas non plus l’intervention des Angolais au Congo Brazzaville pour éviter que Pascal Lissouba ne brade le pétrole congolais à des compagnies américaines). Tout le reste est littérature, c’est-à-dire délires de journalistes qui ne comprennent rien à cette affaire et n’ont pas vraiment envie de comprendre. Ce que j’ai pu lire et entendre d’ailleurs sur ce sujet est assez ahurissant. Ainsi, un temps, nos journaleux répandirent-ils la rumeur que Mugabe, refusant l’aide alimentaire internationale, voulait affamer sa population ! Alors que les autorités zimbabwéennes voulaient seulement empêcher que des distributions alimentaires massives et gratuites ne cassent le marché des productions locales. Il faut savoir à cet égard que la production vivrière d’Afrique noire est informelle. Les Blancs de l’ex-Rhodésie faisait du vivrier pour l’exportation (maïs notamment, pour la RSA) et, surtout, des cultures de rente (tabac), toujours pour l’exportation. Les productions étaient donc déclarées et fiscalisées. Les Noirs ne déclarent pas et ne sont pas fiscalisés sur le vivrier, CQFD ! Autre exemple d’outrance journalistique, la dictature sanglante que ferait régner Mugabe : elle n’est pas « sanglante », le nombre des morts « politiques » étant quasi inexistant au Zimbabwe, réduits à quelques colleurs d’affiche tabassés trop durement par les colleurs d’affiche du parti au pouvoir ou par la police. Et elle est en tout cas nettement moins sanglante et répressive que la dictature d’un Ben Ali (Tunisie) que personne n’attaque dans nos médias ou que celles des Chinois et autres dictatures asiatiques. Mais c’est Mugabe qui est diabolisé… La presse, par ailleurs, reste libre au Zimbabwe, ce qui n’est pas le cas, encore, et de la presse tunisienne, et de la presse chinoise, et des presses d’Asie centrale ou du sud est. Mais c’est Mugabe qui est diabolisé. Ce, en outre, en ignorant totalement les réalités locales. A savoir, en l’occurrence, que le chef de l’opposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai, est lui-même accusé par une partie de ses troupes d’être un tyran encore plus terrible que Mugabe, tyrannie qui serait, selon eux, à l’origine de leur défaite électorale de 2005. Et, de fait, le parti d’opposition est en plein éclatement, ce qui ne risque pas d’arriver en Tunisie, en Chine et dans le reste de l’Asie où il n’y a pas de parti d’opposition digne de ce nom. Et voilà comment, en moins de 10 ans, un indiscutable héro de l’émancipation des Noirs d’Afrique australe est devenu un Hitler nègre aux yeux du public occidental ou occidentalisé (car bon nombre de Sud-sahariens expatriés pensent comme les Blancs) !

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    Bref, on voit ici que les insuffisances de nos médias, pour ne pas dire plus, ont d’autres causes que les pressions des annonceurs et des gens au pouvoir : il y a aussi beaucoup d’incompétence, ce pourquoi j’ai tenu à vous conter l’histoire de la diabolisation du président zimbabwéen. Car ici, aucune personnalité politique et aucune « force de l’argent », du moins en France, n’est contre Mugabe, un allié. Ce sont les journalistes qui ont suivi quasi les yeux fermés leurs homologues anglo-saxons lesquels, eux, ont été et sont alimentés et par leurs politiques et par leurs « forces de l’argent ». Les médias français dans cette affaire sont non seulement incompétents mais traîtres.

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    (Prochain article : réflexion sur les causes de la partialité et de l’incompétence de nos médias)<o:p></o:p>

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