• 12- Pour une information réellement libre 2- Les causes de la désinformation

    Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 12<o:p></o:p>

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    Pour une information réellement libre<o:p></o:p>

    2- Réflexion sur les causes de notre désinformation<o:p></o:p>

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    Des Français qui vont massivement chercher leur information sur le site Internet d’un particulier, des médias qui soutiennent unanimement un seul des nombreux candidats à une élection présidentielle, élection majeure, l’ensemble des journalistes français qui, incompétents, trahissent leur pays au profit des Anglo-saxons dans une affaire qui ne demandait qu’un petit peu de recul pour la comprendre, peut-être estimerez vous ces exemples insuffisants ? Laissez-moi alors vous rafraîchir votre mémoire sans doute volontairement défaillante tant il est patent que nous ne croyons plus en nos journaux : les dérives « rouletabillesques » des journalistes qui ont empêché à jamais que la lumière soit faite dans de nombreuses affaires criminelles telle celle du petit Grégory ; l’extraordinaire affaire de la Somalie, dans les années 1990, quand il y eu plus de journalistes sur la plage que de militaires américains débarquant sur la dite plage ; la désinformation totale sur les problèmes de l’ex-Yougoslavie, les Serbes étant les seuls « mauvais » quand tous les camps s’avérèrent, pour les gens bien informés (il n’y en eut visiblement pas beaucoup), de véritables sauvages ; le silence, pour ne pas dire plus, de nos médias lors des investigations ratées de la juge Eva Joly dans l’affaire du Crédit Lyonnais (deux incendies de centres informatiques en quelques mois, à la veille tous les deux d’une perquisition et ça n’a dérangé aucun rédacteur en chef !) ; l’arrêt de toutes les critiques consuméristes depuis une dizaine d’années sans que personne ne s’en inquiète ; etc. S’il en est un seul, je dis bien un seul qui ose contredire ces évidences, qu’il m’écrive (mon adresse Email est indiquée dans ce site) : je lui ferai la publicité qu’il mérite, soit pour sa connerie –que dis-je, son immense connerie !-, soit pour sa duplicité (scénario le plus probable).

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    Passons donc, puisque pour la plupart des Français, le constat est bouclé (ils achètent de moins en moins de quotidiens et news tandis que les indices d’écoute des journaux télévisés et radiodiffusés sont en chute libre), aux causes de cet indiscutable état de fait, soit des médias qui sont de véritables pourritures, incapables de nous informer correctement et avec objectivité. Il y a bien sûr les antécédents : tous les médias politiques ont, chez nous, une origine partisane, même quand leur fondateur se jurait apolitique. C’est qu’un média coûte cher dès lors qu’il ambitionne de toucher des centaines de milliers de gens. Ce pourquoi les candidatures à la création de médias sont rares voire nulle comme c’est le cas dans notre France contemporaine. Quoiqu’il en soit, force nous est de constater que la totalité des Français ayant les capacités financière (et, dès lors, techniques puisqu’il leur suffit d’engager ensuite le personnel ad hoc) de créer un média sont définitivement convertis au libéralisme. La question est donc « pourquoi ? » puisque, un siècle durant (tout au long du 19e siècle et au début du 20e), les éditeurs de journaux furent plutôt progressistes ou, tout du moins, très ouvert au progressisme de leurs grands auteurs. Pour concevoir l’écart qui nous sépare de ces éditeurs, pour beaucoup d’entre eux imprimeurs de leur état originel, souvenons-nous qu’Emile Zola publia son manifeste « J’accuse », violemment anti-militaire et anti-establishment, dans le journal « L’Aurore » Lequel appartient aujourd’hui au groupe du Figaro qui, jamais ne publiera désormais de tels brûlots.

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    Parce que les éditeurs ont changé, certes, passant de l’industrie (l’imprimerie) à la finance, nettement plus conservatrice, mais aussi parce que les recettes des médias ont changé : elles ne proviennent pratiquement plus des lecteurs, source de recettes à présent marginale, mais de la publicité. Donc des annonceurs qui se sont, très vite au regard de l’évolution des sociétés humaines (en quelques décennies seulement), regroupés pour pouvoir peser sur leurs fournisseurs médiatiques : au niveau des prix bien sûr, mais aussi vis-à-vis du contenu entourant leurs messages publicitaires. Jean-François Kahn a « mangé le morceau » dans un éditorial voici deux ans environ : il raconta un déjeuner avec une représentante d’une très grande centrale d’achat d’espaces publicitaires, déjeuner au cours du quel cette dame dit, en termes à peine voilés, que la ligne éditoriale de Marianne n’était pas en phase avec ce qu’attendaient les grandes entreprises pourvoyeuses de publicité. Vous avez très certainement remarqué que Marianne s’est, depuis, beaucoup amélioré sur ce plan et vit désormais et assez largement de la publicité… Je peux moi-même témoigner : j’ai quitté brutalement et volontairement le groupe Jeune Afrique après que ce dernier ait approuvé l’intervention américaine en Irak. Certes, Ben Yahmed, le patron, faisait semblant d’être simplement « ouvert » aux suggestion des interventionnistes, comme Kouchner et bien d’autres « bo-bo » Dans les faits, les papiers de son âme damnée pro Bush, un ancien secrétaire de J.-P. Sartre nommé Marcel Péju, passaient systématiquement en sus des éditoriaux pro américains du patron, si bien que la revue devint très vite une sorte d’annexe de la CIA. Quelques temps après, j’eu l’occasion de converser sur Internet avec l’épouse de Ben Yahmed. Et celle-ci m’avoua que le pro américanisme du groupe venait d’elle : elle était patronne de la pub…

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    Il me paraît donc évident que l’intrusion de la publicité dans les rédactions est l’une des toutes premières causes de la dégénérescence des dites rédactions. Quand j’ai quitté la presse pour fonder une entreprise, en 1986, la publicité était totalement interdite de rédaction. Tout juste acceptait-on un tout petit espace pour insérer les communiqués de leurs clients, espace soigneusement balisé par une mention très visible de l’origine publicitaire du message. Quand je suis revenu à la presse 15 ans après, c’était le contraire : ne passait que ce qui valorisait les annonceurs –notamment leurs publicité sur les pages de droite- et plus rien n’était exigé d’eux… Ce, tandis que d’interdits de conférence de rédaction, les publicitaires devenaient instigateurs du contenu rédactionnel des médias, via des conférences préalables même aux conférences de rédaction ! En 15 ans seulement, la publicité s’est arrogée l’essentiel du pouvoir médiatique, affaiblissant jusqu’à la dégénérescence la qualité rédactionnelle des dits médias.

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    C’est que les lecteurs, auditeurs et téléspectateurs n’ont pas suivi. « Plus personne ne lit ! » se lamentent les journaux papier. En omettant de dire en sus que l’offre éditoriale, ne reposant plus que sur les dépêches de l’AFP, n’incite pas vraiment à la lecture. De même, en ce qui concerne la presse quotidienne régionale –qui commence à souffrir elle aussi-, que les dépêches béni-oui-oui des localiers : si, jadis, les foules se passionnaient pour les kermesses des écoles et le compte rendu détaillé des conseils municipaux, il n’en est plus rien aujourd’hui. Mais comme plus personne n’ose se mêler d’affaires plus sérieuses, les lectorats et les taux d’écoute s’effritent inexorablement, CQFD ! Tous les médias ont été touchés, écrits, parlés, filmés. Et la baisse de qualité est loin d’être terminée : la télévision publique, dirigée par un ultra-libéral (Patrick de Carolis, un grand ami des Chirac), vient de supprimer une émission phare de TV5, « Arrêt sur image», qui était justement consacrée à la qualité des médias. Comme fut supprimée, 20 ans plus tôt, l’émission de Michel Polack après la reprise de TF1 par le groupe Bouygues. Bref, les nouveaux médiacrates n’ont qu’une idée en tête, « lisser » les programmes pour plaire aux annonceurs.

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    Au passage et poussés par leurs actionnaires (Etat inclus) à être moins déficitaires, ils rognent dans tout ce qui peut être rogné selon eux. A commencer par les salaires : nous avions autrefois dans la presse des gens comme Jules Vales, Joseph Kessel ou Emile Zola, déjà cité. Bien évidemment plus chers que des petits jeunes sans expérience. Mais nos médiacrates en sont venus à l’idée que les « grands » étaient avant tout des gens déjà médiatisés, donc des stars de la Télé quand bien même ces stars seraient d’une nullité grave. Elles les ont donc conviés à venir signer des merdes pour attirer les foules (qui ne sont pas venues !) et, en passant, ont viré ou poussé à partir la totalité des grands anciens, ceux qui avaient la dent dure et pas mal d’expérience. Résultat : il n’y a plus, dans aucun média français, de cadre capable de sortir correctement un « Watergate » qui lui tomberait tout crû dans l’escarcelle. Car la règle d’or des incompétents parvenus au pouvoir médiatique est, avant tout, de conserver le pouvoir. Donc, de ne prendre aucun risque. Si bien qu’ils ne diffusent ou publient que…ce qui a été publié ou diffusé au moins deux fois ailleurs !

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    Bon, OK, on ne peut plus avoir de véritables scoops en dehors de ceux que lancent les grandes agences de presse mais on peut très certainement avoir du commentaire original, non ? Même plus : la même règle d’or s’applique aussi aux commentaires (pas de vague), si bien que tout le monde s’aligne sur deux ou trois média qui « font » littéralement l’opinion des journalistes. Comme Le Monde ou TF1, ces deux médias (on dit « supports » aujourd’hui, pour « support de publicité ») dominant leur zone d’activités réciproques en sus de dominer les intellects de leurs confrères et consoeurs. Et, gravitant autour de ces médias rayonnants, on trouve tous les grenouilleurs politisés, vivant des retombées de leur grenouillage. Vous verrez ainsi le secrétaire général perpétuel (il n’y a pas d’élection véritable au sein de son association) de « Reporters sans frontières » interviewé à chaque enlèvement de journaliste, vivant des dons faits à son association, des subventions accordées à la même association, des ventes de livres promus gratuitement dans les grands médias, etc. Il vit très bien, merci pour lui ! Ils sont nombreux dans ce cas, souvent arrimés aux éléphants du PS avant, peu à peu, de rejoindre le bateau libéral gouverné par un Sarkozy sans état d’âme. C’est peu de dire que ces grenouilleurs, qui se prennent pour des élites, n’appréciaient pas Ségolène Royal, la chienne folle dans un magasin de porcelaines. Ils ont globalement préféré l’excité de Neuilly à la dame du Poitou et très largement contribué à la détérioration de son image.

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    C’est que le PS des Jospin, DSK, Fabius et Lang avait eu la bonne habitude de drainer dans son sillage tout un tas « d’intellectuels » croyant faire et défaire les modes de la pensée française à l’aune de leurs humeurs. Dépendant, elle et très grandement, des sous alloués à leurs œuvres par les producteurs. Vous les connaissez, les « BHL », « Finkelraut », Marguerite Duras et bien d’autres. Tous copains comme cochons (on ne chie pas dans la gamelle), au point de faire sauter les derniers critiques comme de simples soldats évaporés après un tir d’artillerie réussi : publicité et coproduction aidant, toutes les productions artistiques sont devenues des chef-d’œuvre le temps de leur lancement alors que leur qualité, elle aussi, a suivi le cheminement de la qualité journalistique : une tendance très forte vers le zéro ! Sachez que ce petit monde drainé par les politiques (du moins les politiques qui gagnent) vit, lui, des subsides versés par les grandes maisons d’édition plus les sous versés pour les grandes productions télévisuelles ou cinématographiques à ceux d’entre eux qui ont la chance, car pas trop cher, d’être retenus pour un scénario.

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    Le tableau n’est pas réjouissant, c’est le moins qu’on puisse dire. Il est le fruit, on l’a vu, de l’alliance des financiers et des commerciaux à la tête des production intellectuelles et on ne voit pas, dans l’immédiat, comment il pourra s’améliorer. Sarkozy –et pour cause !- ne le dénonce même pas tandis que les Socialistes ne dénoncent que le monolithisme pro-Sarkozy des médias. Mais pas leur propre responsabilité dans l’unanimisme des intellectuels parisiens, un unanimisme qui les a longtemps arrangés. Or les Socialistes ne pourront réformer le système que s’ils acceptent d’endosser une partie de la paternité de ses dérives récentes. Et que s’ils acceptent aussi de promouvoir une vraie presse, aussi libre de l’ultra libéralisme que des dogmes socialistes. Y sont-ils prêts ?

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    (Prochain articles : les éléments d’une possible réforme)<o:p></o:p>

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