• 20- La musique ne doit pas adoucir les moeurs

    Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 20<o:p></o:p>

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    La musique ne doit pas adoucir les moeurs<o:p></o:p>

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    Je sais, je sais : vous vous êtes branchés sur mon site pour voir ce que je disais du marxisme : voyez l’article qui précède dans cette rubrique « Pour la renaissance de l’humanisme ». Y’a un truc sur le dit marxisme, pas trop con je crois et qui vous donnera de quoi penser.

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    Bon, mais c’est pas tout : je me suis tu pendant 3 semaines, non pas parce que j’étais encore plus malade que les autres jours (on s’habitue à tout et je m’habitue donc aux « dommages collatéraux » des remèdes que les médecins prescrivent à mon problème cardiaque) mais parce que j’ai peint le mur du bas de ma maison de campagne puis que j’ai eu moult occupations familiale qui m’ont détourné de mon blog. Notamment la nécessité de trouver comment séquencer des musiques enregistrées bêtement en une seule plage par vos copains ou quelqu’un de votre famille. C’est finalement simple mais fallait trouver : enregistrer le logiciel Nero sur votre ordinateur. Y’a un module d’essai sur le site du fabriquant, le seul site qui vous permet d’enregistrer le dit logiciel sans problème (sur les autres sites, faut donner un mot de passe que, bien évidemment, vous ne trouvez nulle part, sauf en adhérant à un site de téléchargement). Puis vous choisissez de traiter de l’audio importé, ce qui vous ouvre une fenêtre sympa dans laquelle vous n’avez plus qu’à importer votre musique non séquencée. Là, vous avez la marque numérique de l’enregistrement importé : vous agrandissez (signe « + » 2 ou 3 fois d’affilée) puis vous insérez, à partir de la commande « Edition », des séparations de pistes qui séquencent votre musique. C’est simple : à chaque changement de musique, vous avez une piste droite d’environ 2 cm au milieu de laquelle vous insérez la fameuse « séparation de piste ». Et vous pouvez contrôler la césure en écoutant la musique à l’endroit où vous la coupez. Après quoi vous n’avez plus qu’à enregistrer dans un fichier (existant ou à créer, à vous de voir) puis à graver sur un CD. Entre temps, le logiciel vous permet d’améliorer le son ou de créer une pochette. Plus bien d’autres applications…

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    Tout cela pour vous parler de musique, le vecteur culturel principal de la Révolution des mœurs depuis la Renaissance : à l’époque, les gens ne savaient ni lire ni écrire. Et seule la musique pouvait leur parler véritablement au cœur. C’est ainsi que, bien avant les Vivaldi et autres Bach, les troubadours restés anonymes changèrent profondément les mœurs de la population européenne. La musique officielle, du 5e au 12e siècle, c’étaient les représentations religieuses, sortes de ballets, qui se jouaient devant les cathédrales. Style (lent) imposé (écoutez le génial Guillaume de Machaut pour vous faire une idée de la chose), thème soit religieux (la Bible), soit aux louanges des dirigeants (l’épopée de Charles Magne), très rarement « grand public » au sens moderne du terme : le seul poème prosaïque qui nous soit resté est le Roman de Renard, sorte de pied de nez  à la force brute qui prévalait à l’époque. Le poème est resté, bien peu de musique populaire de l’époque nous est par contre parvenu : parce que les troubadours ne savaient pas écrire leur musique (ils composaient à l’oreille) et parce que les « Grands », ceux qui, à cette époque, contrôlaient la culture, méprisaient plus que grandement ces ménestrels anonymes qui « déformaient » le peuple. Nous avons des échos de ces haines avec ce qui nous est resté des vies de gens comme Clément Marot ou François Villon. A l’époque, l’écrit semblait plus important que la musique. Mais dans les provinces, soyez assurés que les musiciens de bas étages connurent des sorts identiques dès lors que les notables des villes purent les avoir sous leurs coupes délétères.

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    De cette époque sans doute datent les clichés sur les artistes, ces gens réputés aux mœurs dépravées et que l’on n’enterrait pas avec le commun des mortels (les comédiens, notamment, étaient interdits de cimetière « chrétien ») Et même les plus riches de nos pousseurs actuels de chansonnette ont, je crois, gardé quelque part dans leur cerveau gangrené par l’argent un peu de la rébellion originelle des gens de leur condition. Il suffit d’écouter les dernières chansons, très engagées, d’un Charles Aznavour âgé aujourd’hui de plus de 80 ans et couvert d’or pour s’en convaincre. Bref, loin d’adoucir les mœurs, la musique fut, à partir de la Renaissance, l’instrument privilégié des mutations sociales. Voyez d’ailleurs l’impact des artistes sur la perception que les Américains finirent par avoir de la guerre du Vietnam : des vedettes de cinéma comme Jane Fonda, des chanteuses et des chanteurs comme Joan Baez, John Lennon ou Bob Dylan eurent raison, assez vite finalement, d’une Amérique encore confite dans son anti-communisme primaire. Et à qui s’attaquèrent d’abord et auparavant les Maccarthystes de tous bords quand ils lancèrent le dit anti-communisme primaire sinon aux artistes !

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    Les Européens, Français en tête, n’ont pas la même liberté de ton que les Américains, bien moins révérencieux –du moins jusqu’à une époque récente- vis-à-vis des puissants que les habitants du « vieux monde ». Pour un Léo Ferré ou un Jean Ferrat, combien en effet de Mireille Mathieu ou de Céline Dion ?! Les diffuseurs n’aiment en effet pas du tout les artistes trublions, au  point qu’il n’y en a pratiquement plus du tout aujourd’hui sur la rive est de l’Atlantique. C’est la StarAc qui donne le ton à présent sur la dite rive, avec des hiérarques socialistes qui adorent se vautrer dans les paillettes de la dite StarAc plutôt que d’encourager les rebelles. Faut dire, à leur décharge, que le socialisme réel avait, lui aussi, tenu en laisse ses grands auteurs, tout talentueux qu’ils fussent (Eisenstein, Rostropovitch, Chostakovitch et j’en passe, excusez du peu !). Mais de là à abandonner totalement le terrain de l’art contestataire, y’a quand même une marge. Pire, d’ailleurs : jadis, il n’y a pas encore très longtemps, l’art était à la fois contestataire et grand public. Les Impressionnistes, Picasso, Dali, Barbara, Moustaki, Montand, etc., etc., étaient compris par le grand nombre qui, grâce à eux, accédait à la réflexion contestatrice. Qu’on ne me dise pas à cet égard que l’on accède massivement à la dite réflexion contestatrice en écoutant une œuvre de Pierre Boulez ! Et c’est pourtant dans cette direction que se sont engagés les dirigeants socialistes et la petite camarilla qui gravite autour d’eux dans le domaine de l’art : on est passé de la contestation grand public à l’art « underground » et du dit art underground à l’hermétisme élitiste le plus complet, tout cela encouragé par les Socialistes (voir à cet égard la montagne de fric, de notre fric, qui a été donné à Pierre Boulez et à son institut de recherche des décennies durant, surtout quand la gauche était au pouvoir). C’est à pleurer car, en outre, la camarilla en question verrouilla les médias : fut dès lors considérée comme ringarde au mieux, réactionnaire au pire toute personne qui, disposant d’un peu d’audience, se permettait de critiquer les artistes hermétiques. Mozart, le Franc Maçon (de la bonne époque, celle qui les vit lutter contre l’absolutisme, pas des maffias actuelles), le musicien génial qui mit l’opéra à la portée du grand public, peut légitimement se retourner dans sa fosse commune !

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    Bon, d’accord, vous allez me sortir la fête de la musique et le rap. Pour le rap, c’est vrai que le genre fut d’abord et avant tout contestataire et grand public, y compris au niveau de la création (à la portée de beaucoup de musiciens en herbe). Il fut, chez nous, précurseur de la révolte des banlieues avant que d’être récupéré par les diffuseurs, tout surpris de pouvoir faire une montagne de fric avec ces textes violents vaguement mis en musique. Mais je ne me souviens pas d’avoir vu l’un de nos énarques soit disant de gauche faire autre chose qu’une moue méprisante face à un rap qui est aux antipodes de leur culture élitiste ! Quant à la fête de la musique, elle n’est pas contestatrice. Elle le serait si s’y multipliaient les concerts de musiciens rebelles. Ce qui est loin, très loin, très, très loin d’être le cas !

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    Tout notre monde moderne peut d’ailleurs se résumer dans cette affaire de rap : des « zonards » à la limite de la délinquance (voire délinquants : nombre d’entre eux se sont mis au rap) lancent une poésie rythmée d’une violence inouïe. Poésie sulfureuse que les classes dirigeantes ne goûtent pas vraiment. Mais les paumés des banlieues sont nombreux et ces textes font fureur. Du coup, le show biz s’empare du genre et vogue la galère ! En deux temps, trois mouvement, le rap commercial devient presque gentil, « lissé » pour plaire au delà des frontières des banlieues. Tout cela sans que les dirigeants socialistes lèvent le sourcil, des dirigeants qui partagent en fait les analyses de la droite sur ce point précis : le rap est de la merde mais comme ça se vend, on récupère. Alors que le rap non commercial est loin d’être de la merde : c’est de la poésie de rébellion, une poésie forte et dérangeante qui mérite incontestablement qu’on s’y arrête, même si la mise en musique est la plupart du temps très pauvre…

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    Vous voudrez bien m’excuser de vous avoir tanné le cuir du crâne aussi longtemps sur ce sujet mais je pense qu’il le méritait : c’est un bon exemple d’une part du double jeu de la dialectique et du mimétisme dans notre évolution, d’autre part de la primauté, dans cette évolution, du « Verbe » sur le matérialisme et, in fine, de l’abandon des repères humanistes (ici, du rôle des artistes dans la formation des mentalités humaines) par les gauches communistes et socialistes : le temps que les derniers artistes contestataires disparaissent et hop ! la droite capitaliste n’eut plus qu’à installer sa culture commerciale « comme dans du beurre ». C’est-à-dire sans résistance aucune. Comme cette droite capitaliste tient en outre les médias, il ne faut pas s’étonner que l’information ait alors cédé la place à la communication et qu’on en ait pour perpète ou presque de cette culture commerciale…


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