• 22- Existe-t-il une politique étrangère de gauche ?

    Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 22<o:p></o:p>

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    Existe-t-il une politique étrangère de gauche ?<o:p></o:p>

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    S’il y a encore des gens qui veulent avoir une explication du marxisme, qu’ils sachent que le texte correspondant se trouve en amont de celui-ci, juste avant mes deux textes sur la culture. Ce qui suit commence en outre par une critique de gauche du marxisme dont les consignes peuvent se résumer grossièrement à « l’internationalisme prolétarien ». Ce parce qu’à l’époque de Marx, Engels et Lénine, les Etats Nations étaient en plein essor, proliférant sur les décombres d’un absolutisme impérialiste qui transcendait les Nations (l’exemple type était l’Autriche Hongrie). Les inventeurs du marxisme négligèrent cet aspect de la royauté, l’assimilant simplement à une forme de gouvernement des capitalistes encore pire que celle de la « démocratie formelle ». Résultat : après que le « socialisme réel » se soit effondré, socialisme réel qui avait empêché –avec « rugosité », c’est le moins qu’on puisse dire du stalinisme ! Mais les Chinois furent eux aussi « rugueux », au Tibet notamment – qui avait empêché donc le processus d’Etats Nations d’aller à son terme en Asie et en Europe orientale, le dit processus renaquit de ses cendres pour embraser ces deux régions quasi totalement : effondrement de la Yougoslavie, disparition de l’URSS transformé un cours temps en CII, guerres civiles un peu partout en Asie mineure… <o:p></o:p>

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    C’est donc peu de dire que la politique dite d’internationalisme prolétarien a échoué : elle a débouché sur un antagonisme fabuleux des Nations « démarxisées », toutes désireuses de se forger un Etat. CQFD mais le relever est indispensable si l’on veut bâtir une doctrine plus efficace pour toute vraie gauche en matière de politique internationale. Car, en face, chez les capitalistes, que voit-on ? Tout bêtement une internationalisation des marchés nationaux : ce n’est pas l’internationalisme prolétarien qui a vaincu mais bel et bien l’internationalisme capitaliste…

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    Il y a toutefois un domaine dans lequel le socialisme réel a été supérieur au capitalisme : celui de l’émancipation des peuples colonisés. Moscou et Pékin ont bel et bien porté des coups fatals à la colonisation en soutenant très activement les rebelles (Vietnam, Afrique australe) et même si le dit socialisme réel a paru échouer en Amérique latine ou en Afrique centrale : c’est leur démarche qui l’a emporté, la décolonisation étatique ayant été totale. Assez paradoxalement, les libéraux ont accéléré le processus de décolonisation économique en forçant, via le FMI et la Banque mondiale, les pays pauvres à ouvrir leurs frontières : ce fut la mort rapide des « comptoirs », remplacés par des entreprises autochtones, préludes à la constitution de puissants groupes locaux capables et de se lancer dans l’industrie et la recherche, et de concurrencer les groupes occidentaux. Nous sommes en plein dans ce processus qui n’est pas très éloigné de celui qui fit, à partir de l’Indépendance, la grandeur de l’Amérique au dépend de l’ex-colonisateur (la Grande Bretagne). Certes, les libéraux occidentaux tentent depuis de reprendre la main grâce aux privatisations dont ils imposent le processus dans les pays décolonisés : leurs multinationales s’emparent goulûment d’un grand nombre de services publics des dits pays sans, pour la plupart, y injecter le moindre investissement (c’est bel et bien du pillage). Mais ils n’ont aucune chance : leurs contrats sont des contrats à durée déterminée qui permet d’ores et déjà aux Etats concernés d’envisager de confier leurs services publics privatisés à d’autres groupes, groupes nationaux ou issus d’autres sphères que la sphère occidentale. Ainsi le port de Dubaï a-t-il pu obtenir la concession, en Afrique, des ports de Djibouti et de Dakar, à la grande fureur de notre multi milliardaire Bolloré, jusqu’à présent grand spécialiste de la reprise des ports subsahariens.

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    Cet aspect de la décolonisation est peu connu des foules occidentales pour lesquelles le monde en développement n’est que le moyen de déverser leur trop plein de compassion à peu de frais : les « ONG » coûtent nettement moins cher qu’une simple application de l’équité, qu’il s’agisse de verser des pensions aux soldats basanés qui ont combattu pour la liberté de la France, d’arrêter de subventionner des productions dont les bas prix  -artificiels- à l’exportation cassent le marché mondial ou bien de réparer les horreurs commises par leurs aïeux, grands parents et parents. « Touche pas à mon pouvoir d’achat » est la réponse, en fait, des foules occidentales face au devoir d’équité. Et ce, sans que personne, intellectuels dits de gauche, églises, moralistes, etc., ne vienne montrer à ces foules à quel point est monstrueuse leur réaction. Tout au contraire les « leaders d’opinion », hommes politiques en tête, ont-ils élaboré ces dernières années une sorte de « contre repentance » donnant tous les torts aux victimes. Jusqu’au pape ! Et, en France, jusqu’au journaux « de gauche » Le Monde et Libération qui ouvrirent largement leurs colonnes à des Stephen Smith & Co, tous plus racistes les uns que les autres. Mais ces organes de presse crièrent et crient toujours à l’orfraie dès qu’un acte raciste est effectué contre des Juifs et uniquement dans le cas d’attaque contre des Juifs. Ce qui les dédouane, pensent-ils, de l’accusation de racisme.

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    Reprenons pour ne pas nous perdre en chemin : l’internationalisme prolétarien est un échec parce qu’il n’a tenu aucun compte de l’évolution historique des peuples vers l’Etat Nation, une évolution contraire à sa doctrine du matérialisme dialectique : dans les faits, c’est le mimétisme spiritualiste qui l’a emporté, « spiritualiste » étant à comprendre comme la primauté des idées sur l’intérêt matérialiste (voir à ce sujet mon article sur le marxisme). Et c’est en fait l’internationalisme des capitaux qui s’est installé sur une scène internationale gorgée aujourd’hui d’Etats Nations. Un seul bon point est à mettre au crédit du socialisme réel, celui de la décolonisation, processus qui se poursuit aujourd’hui sous des aspects méconnus. Et, ce, face à une droite mondiale qui n’a rien compris et dont une partie notable continue, en fait, à refuser la décolonisation et les « métèques ».

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    Qu’a fait notre PS, ex SFIO pour « Section française de l’internationale ouvrière », dans ce maelström ? Un temps très court (Mendès France, un « radsoc »), il a semblé accepter la dite décolonisation et jouer vraiment à gauche. Très vite toutefois, sous la férule du désastreux Guy Mollet, il va s’y opposer : expédition de Suez (contrée très rapidement par l’URSS) et guerre d’Algérie. C’est Charles de Gaulle, un homme de droite, qui donnera à la France sa seule et véritable doctrine d’après guerre en matière d’Affaires étrangères, une doctrine finalement très à gauche : décolonisation (accords d’Evian notamment, plus la décolonisation sans guerre de « l’Afrique noire francophone »), refus de l’impérialisme américain (sortie de l’OTAN, rapprochement avec l’URSS), reprise de notre politique très pro-arabe née sous François 1er, soutien des peuples en développement (discours de Phnom Pen), etc. dont une méfiance indiscutable vis-à-vis de l’Europe technocratique (politique dite de la chaise vide). Ce n’est pas rien tandis que les dirigeants socialistes continueront, tout au long de sa présidence, à être ultra atlantistes et ultra européens. Mitterrand ne sera qu’un épiphénomène, semble-t-il, dans ce comportement : car le président socialiste chaussera les bottes du général maurassien avec délectation, sans changer un iota à la panoplie diplomatique mise au point par ce dernier. Sa seule contribution « socialiste » sera l’ancrage définitif de la France en Europe : traité de Maastricht plus passage à l’euro (finalisé sous Chirac mais la messe fut dite sous Mitterrand)

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    Et depuis, c’est loin d’être brillant : confrontée à des troupes qui hurlent à la mort face aux délocalisations (conséquence, entre autres, de la décolonisation), la direction socialiste est tétanisée, ne dit rien. Ses membres sont, pour la plupart, « libéraux libertaires » à l’image de Serge July, très longtemps leur exemple à penser : ils sont donc favorables à la « mondialisation », même si celle-ci se limite à une mondialisation anarchique des marchés. Leurs efforts, en fait, visent à faire passer la pilule, au point qu’on peut se demander s’ils n’ont pas volontairement laissé le pouvoir à la droite pour la laisser continuer à faire le sal boulot. Le phénomène n’est pas que français : Blair ou Zapatero sont eux aussi mondialistes, c’est-à-dire libéraux, et pro-européens. Avec quelques nuances sur ce dernier point, les électeurs n’étant pas les mêmes en Espagne et en Grande Bretagne : dans ce dernier royaume, le pékin de base n’est pas très chaud pour Bruxelles. Pour lui, c’est toujours « England and the rest of the world », il en est resté à Victoria. Blair fut donc obligé de jouer l’Europe presque en catimini. Tandis que dans le premier nommé des deux royaumes, l’électeur est farouchement européen, l’entrée du pays dans le marché commun ayant coïncidé avec la fin de la dictature franquiste et l’envolée économique du pays (bien avant l’envolée irlandaise)  

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    En France, c’est l’attachement de la population à son système social qui pose problème : l’Europe unie est ultra libérale et préconise –avec le tact d’un bulldozer- des horreurs comme la privatisation des services publiques, l’ouverture de notre système de soins –et de couverture financière des dits soins- à la concurrence, jusqu’à la destruction de notre droit social au profit d’un droit universel minimaliste (sous le prétexte que le droit social français constitue une entrave non tarifaire à la concurrence) Et les Français ont donc dit « non » au renforcement de cette Europe libérale en disant « non » à sa nouvelle constitution… Contre, bien sûr, les recommandations des dirigeants socialistes, toujours pas remis de la claque que le peuple lui asséna le jour du référendum.

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    Reprenons, si vous le voulez bien. Nous avons donc des socialistes occidentaux atlantistes, européanistes et libéraux. Qu’est-ce qui les différencie alors de la droite « intelligente », celle qui ne vit pas dans le souvenir (Neuilly par rapport à Versailles si vous voulez). Rien, bien évidemment et ces dernières années, on a eu de plus en plus de mal à trouver les différences entre, mettons, un Juppé et un Jospin. Comme il faut se lever tôt pour en trouver entre les conservateurs et les sociaux démocrates de Blair –et maintenant de Brown- en Grande Bretagne ou entre les démocrates de Clinton et les Républicains de Georges Bush père (lui, c’était Neuilly, le fils étant indiscutablement Versailles). Un court temps, une grosse décennie, ces gauches occidentales se firent plus écologistes que les droites correspondantes. Mais l’on voit bien avec notre grotesque « Grenelle de l’Environnement » que la droite intelligente sait parfaitement récupérer elle aussi un concept issu…de l’extrême droite : son inventeur en France, René Dumont, fut un collaborateur assez proche du Maréchal Pétain. Un exemple parmi bien d’autres quand on s’aperçoit assez vite que l’essentiel de l’écologie politique repose sur un nombre invraisemblable d’interdictions de venir faire chier les Occidentaux : CFC (parce que l’industrie occidentale, au contraire des industries d’Europe orientale et d’Asie, était alors prête à se reconvertir), forêts équatoriales (pourtant plus productives de CO2 que d’oxygène), travail des enfants (alors que nous avons fait travailler des gamins jusqu’aux années 1900 et que nous avons envoyé des gamins à la mort par millions dans nos guerres), hydrocarbures (nos écolo hurlent au loup alors que nous pillons allègrement la planète et déversons cent fois plus de CO2 que les pays producteurs), etc., etc. Ecoutez d’ailleurs le discours des Ecolo et vous verrez tout de suite que ce n’est pas un discours de démocrates acceptant le débat mais une série d’anathèmes fascisants. Et ce sont pourtant ces anathèmes fascisants que vont reprendre en chœur nos élites socialistes, avec d’autant plus de facilité que la question préoccupe beaucoup les mères de famille et les jeunes, ces « cœurs de cible » de tout politicien qui se respecte. Et tout cela ira, en toute fraternité internationaliste et de classe, jusqu’à vouloir interdire purement et simplement aux natifs des pays en développement de se développer.

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    Le film honteux « Le cauchemar de Darwin » est une parfaite illustration du propos : il montre avec partialité les soi disantes conséquence de l’exploitation de la perche (dite « perche du Nil ») dans le lac Tanganyika, l’un des plus vastes du monde : autour d’une  pêcherie (en l’occurrence tanzanienne), ne règne plus en effet que ce poisson. Plus une fumerie artisanale qui recycle les têtes des poissons pour le marché local (les filets sont exportés). Ce que montre la caméra est effectivement horrifique, jusqu’à un soi disant trafic d’armes régulier orchestré par les Russes. Le dit trafic s’avérera, après enquête, être faux, « bidonné » à partir du cas d’un avion d’armes de l’ONU à destination du Libéria, transport tout ce qu’il y a de licite mais mal préparé. Tandis que les images partiales et terriblement partielles du lac trompaient carrément un public il est vrai acquis d’avance à la cause. Avec, en recommandation sous-jacente : « ne mangez plus de perche du Nil », cet excellent poisson qui vient foutre la merde chez les poissonniers occidentaux (car pas très cher). Tout ce qui a gravité autour de ce film honteux fut de gauche, jusqu’au Canard Enchaîné qui le défendit quand même Libération, après enquête (notamment sur le trafic d’arme) avait dû jeter l’éponge. Si bien qu’aujourd’hui toujours, très peu de gens savent que « Le cauchemar de Darwin » est un film bidon qui a trompé, trompe et trompera donc encore longtemps les spectateurs.

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    On voit ici comment « l’intelligentsia » façonne le public occidental. Mais, en l’occurrence, comment se fait-il que se soit l’intelligentsia de gauche qui soit coupable de cette monstrueuse dérive, visant soi disant à rendre notre planète plus propre, tentant en fait de contrer d’entrée la concurrence, nouvelle en Europe, du poisson subsaharien ? Les liens de nos dirigeants socialistes avec le capitalisme sont de fait moins ténus qu’on ne le croit : souvenez vous de l’affaire de la chaîne de restaurants « Buffalo Grill », affaire survenue alors que Jospin était 1er ministre. Les patrons de la chaîne furent accusés à tort d’avoir caché des importations, interdites alors, de viande anglaise. Et c’est un courageux juge d’instruction qui rendit rapidement une ordonnance de non lieu, avant que la chaîne ne soit acculée à la faillite. La presse s’en était auparavant donnée à cœur joie, alimentée en pseudo révélations par l’entourage d’un ministre jospiniste ami des dirigeants d’une chaîne concurrente. CQFD !

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    Et l’illustration parfaite de la manière avec laquelle est malheureusement élaborée aujourd’hui la politique occidentale. Ne croyez pas que ce soit plus relevé dans les autres pays de notre bloc. Un exemple majeur de droite ici :Dick Cheney, l’inspirateur de la 2e guerre d’Irak, était PDG d’Halliburton, le principal bénéficiaire des contrats de reconstruction en Irak, avant d’être élu. Les socialistes de Felipe Gonzales furent chassés du pouvoir car beaucoup trop corrompus. Etc., c’est à vomir. La gauche occidentale n’a en fait, je le crains, jamais véritablement pensé sa politique étrangère. Et c’est un libéral, John Maynard Keynes, qui pensa sa politique économique. Tout le reste ne venant en fait que d’extrapolations –ou plutôt de généralisations, entendez par là de reprise par l’Etat- des pratiques du patronage chrétien face à la pauvreté. Tragique, non ?

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    Il ne reste rien d’autre en fait aux idées socialistes que l’expérience du terrain au niveau local : établir des priorités en matière de BTP, de logements sociaux, d’aides au entreprises, que sais-je encore ?! Du patronage là encore, greffé sur de la gestion publique locale et tout ce qu’il y a d’ordinaire. Je suis inscrit au PS et j’en reçois donc la documentation. Ca n’est pas totalement dépourvu d’intérêt, on voit notamment pourquoi le Conseil régional d’Ile de France s’est opposé à Sarkozy en matière de développement régional (parce que les socialistes ne veulent pas d’un centre d’affaires unique et hypertrophié, La Défense, alors que Sarkozy, ex patron des Hauts de Seine, veut, lui, continuer à déverser l’argent public sur les tours de la dite Défense. C’est aussi con que ça). Mais ça explique pourquoi, sur les grands sujets qui méritent savoir et réflexion, il n’y a rien rue de Solferino. Car la littérature socialiste, ça n’est que de l’ordinaire et du local. Les huiles doivent s’en remettre, je suppose, à quelques spécialistes internes pour répondre aux sollicitations du moment. Se réjouir ou se lamenter par exemple de l’élection d’un tel ou un tel en Afrique. En sachant que ces spécialistes font partie de camarilla pensant plus en fonction de cette camarilla qu’en prenant en compte des paramètres comme l’Histoire, avec un grand H, ou les écrits des grands anciens.

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    Soyons juste, les hiérarques du PS ont aussi comme moteur de leur pensée une dialectique politique interne : « Lui c’est lui et moi c’est moi » avant le « sous bénéfice d’inventaire » de Jospin. Qui, au titre de cet inventaire, abandonna purement et simplement la politique africaine de la France aux mains des multinationales. Jusqu’à cautionner le renversement de Pascal Lissouba au Congo Brazzaville par Denis Sassou Nguesso sous prétexte que le président élu du pays bradait le pétrole congolais aux Américains. Certes, Lissouba s’avéra tellement corrompu que plus un Congolais ou presque ne le soutenait quand il dut fuir le pays. Mais tout de même ! Que la France intervienne, via les Angolais, au Congo Kinshasa, cœur du monde bantou menacé alors par une coalition armée de Sahéliens, peut se concevoir (mais que nous tapions ensuite à l’unisson des Anglo-Saxons sur Mugabe n’a plus aucun sens, c’est du « n’importe quoi »). Mais une guerre civile entre bantous est quelque chose de complètement dingue, surtout quand fomentée par des Français avec la bénédiction d’un socialiste s’affirmant volontairement étranger aux affaires africaines. « N’importe quoi », c’est l’appréciation qui me vient en tête quand je considère la politique étrangère des socialistes. Des anathèmes écologiques, la soumission aux pires exactions des multinationales, un comportement de gens de droite vis-à-vis de thèmes aussi importants que l’Europe ou l’Amérique impériale, c’est bien dans la lignée de l’expédition de Suez et de la guerre d’Algérie.

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    Faut que ça change ! Je n’envisage pas de me présenter, pour cela, aux élections internes du PS de 2008 mais voudrais, beaucoup plus humblement, apporter ma pierre à une éventuelle –oh combien éventuelle ! J’en ai conscience…- réflexion socialiste française sur ce que devrait être notre politique étrangère en ce début de 3e millénaire après JC. Je précise volontairement « après JC » car nous devons savoir impérativement que le pape romain Grégoire 7 qui imposa l’actuel calendrier au monde chrétien, lequel l’imposa au reste du monde en le colonisant, n’a pas pour autant fait disparaître tous les autres calendriers de la surface de la planète : les Arabes débutent leur Histoire à partir de la date à laquelle le prophète Mohammed dut s’enfuir à Médine (620 après JC) tandis que les Juifs le font, eux, d’après la date théorique de création du Monde selon la Bible (3760 ans avant JC !). Sans compter les Asiatiques à l’approche encore plus différente : pour de nombreux Chinois qui en vénèrent la mémoire, par exemple, nous sommes en l’an 4704 de l’Empereur jaune (Huangdi). Je ne vous parle pas des Incas ou des Mayas, encore moins des Bantous qui ne disposaient pas de l’écriture pour expliquer le calendrier dont, forcément, ils disposèrent dès le début de leur curieuse civilisation sans Etat (plus de 1000 ans sans doute avant JC). Avant de dire « nous ne sommes pas seuls dans l’Univers ! », ayons donc le simple gingin de constater que nous ne sommes pas seuls sur Terre… Et tout bon humaniste qui se respecte devrait d’abord s’attacher à diffuser ce message d’une très grande simplicité apparente : nous ne sommes pas seuls sur Terre. Si j’étais dictateur, d’ailleurs, j’obligerais les leaders d’opinion du pays à écrire le dit message cent fois par jour. Jusqu’à ce qu’il soit profondément ancré dans leur tête et, peut être même, jusqu’à ce qu’il le soit aussi dans la tête de chaque citoyen.

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    Bon, d’accord. Les Socialistes ont déjà effectué ce travail, ils ont lu –ou entendu parler- de Lévi-Strauss. Avec un peu de chance, 2 ou 3% d’entre eux auront lu son ouvrage vedette, Tristes Tropiques dans lequel il prône de laisser les indigènes se développer à leur manière. « Toutes les cultures se valent », dit-il en substance, en oubliant que ce que lui, anthropologue distingué du 20e siècle, a pu contempler chez les dits « Indigènes » n’a plus grand chose à voir avec la civilisation originelle des dits indigènes : elle a été plus que malmenée et retardée, la dite civilisation, dans sont développement par nos interventions armées. Voir l’exemple type des civilisations pré colombiennes en Amérique « latine ». Et, ce, sans compter la volonté des peuples « indigènes » qui votent massivement avec leurs pieds en émigrant chez nous : ces gens là veulent le modernisme technologique, point barre ! Pourtant, une grande partie de l’intelligentsia socialiste (je ne parle pas des énarques ici, c’est pas la même chose) continue à vénérer le vieux savant qui perd aujourd’hui ce qui lui reste d’esprit dans une écologie politique encore plus fascisante que celle de René Dumont…

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    Donc les Socialistes n’ont pas effectué correctement le travail : vous me copierez 100 fois la phrase « nous ne sommes pas seuls sur Terre » jusqu’à ce vous ayez compris ce que cela implique ! Vous ne voyez pas ? Je vais vous aider : prenez votre voisin de palier. Vous arrivez dans l’immeuble et vous ne connaissez personne. Vous n’allez tout de même pas commencer vos relations en lui disant d’entrée que sa déco est à chier et qu’il devrait faire ceci et cela. Non ? Vous commencez par l’écouter, « E.C.O.U.T.E.R » Ce n’est pas difficile, quand même ! Et la plupart du temps, en écoutant, vous connaissez mieux le bonhomme. S’il a une lampe à dégueuler dans son salon c’est parce que ça lui vient de sa mère. Et si la couleur de sa moquette est franchement nulle, c’est parce qu’il n’avait pas beaucoup de sous quand il l’a achetée et que c’était en promotion. Etc. Vous verrez qu’à la fin, vous l’adorerez, sa déco. Parce qu’elle a forcément une histoire et que vous connaîtrez cette histoire. Vous l’adorerez au point même de déplaire au voisin qui, lui, la juge assez moche tout en détestant qu’on lui dise. Mais il ne la changera pas selon vos conseils. Peut être retiendra-t-il une ou deux de vos idées. Mais des considérations qui lui sont propres prévaudront de toute façon dans la conception d’ensemble : faudra bien qu’il garde la lampe de sa mère, il n’aura pas de tableau au mur mais des motifs géométriques un peu partout s’il est musulman très pratiquant, sans doute préférera-t-il, se souvenant de la pauvreté, des meubles un peu clinquants à quelque chose d’austèrement chic. Etc.

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    Voisin de palier, pays amis, c’est presque pareil. Sauf que nous ne sommes pas réellement amis : nous sommes les colonisateurs, les dominants. Et nous voyons plus le voisin comme une sorte de locataire un peu fruste que comme un égal. Alors, oui, nous lui disons que sa déco est à chier ! Il fallait donc que les socialistes se battent sur le principe du devoir de mémoire. Plus pour eux mêmes d’ailleurs que pour les victimes de l’esclavage et de la colonisation, pour que nous puissions nous retirer de la tête notre terriblement nocif sentiment de supériorité. Au lieu de cela, les Socialistes ont voté la loi sur les bienfaits de la colonisation. Et les dirigeants socialistes se sont contentés après coup de dire que c’était une erreur, point final. Les vrais musulmans, ceux qui effectuent des tonnes d’introspection, diraient de ce processus mental collectif qu’il nous faut partir en guerre sainte, effectuer notre djihâd, chasser les pensées mauvaises de notre esprit. « Ecouter »…

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    Admettons à présent que nous écoutions tous avec attention et patience nos voisins de palier, que va-t-il se passer ? Nous aurons forcément et d’abord une vision très différente de leurs motivations. Ainsi en serait-il de notre vision de l’Iran : nous aurions appris que le pays, grand empire du passé (la Perse) peuplé d’indo-européens tout comme nous et donc tout aussi fiers que nous, fut colonisé par la Grande Bretagne. Que les Britanniques et les Américains y fomentèrent un coup d’Etat –l’opération « Ajax »- en 1953 pour évincer un leader nationaliste (Mossadegh) et que, depuis, le monarque absolu remis en place (le chah) régnait par la terreur (avec sa « savak », la police politique). En creusant un peu, nous aurions aussi appris que l’aspect religieux du pays (la lampe dégueu dans le salon) n’est pas une invention islamique mais a toujours existé chez les Perses, inventeur d’un monothéisme séculaire et puissant (Zoroastre) et, de tous temps, passionnés par la religion. Ils sont aussi les inventeurs du manichéisme originel qui n’a bien entendu rien à voir avec le sens simplifié et brutal que nous conférons à cette religion dérivée du judaïsme… Et puis nous aurions jeté un autre regard sur le présent, vu que, depuis le départ du Chah qui était un allié d’Israël, Juifs et Américains sont devenus plus qu’agressifs vis-à-vis de Téhéran, agressivité justifiant le désir, par les Iraniens, de posséder la bombe atomique, une bombe qui, en outre, leur conférerait un rôle prééminent au Proche Orient… Bref, au lieu de stupides rodomontades (nous ne ferons pas la guerre en Iran, n’en déplaise à Sarkozy-Kouchner-Royal, parce que les Russes s’y opposent, comme ils s’opposèrent avec succès à notre expédition à Suez en novembre 1956, et aussi parce que l’Amérique est trop affaiblie par la guerre d’Irak), aurions-nous dû presser les Américains de renouer le dialogue avec les Iraniens et de freiner les ardeurs israéliennes : lesquelles n’aboutiraient, si concrétisées –bombardement des sites nucléaires- qu’à couper définitivement les ponts entre Israël et l’Iran, il n’y a guère alliés objectifs. Les Perses ne sont en effet pas des Arabes qui ne les aiment pas. Et l’ennemi de mon ennemi est toujours et de tous temps mon ami, CQFD ! Au final, mais en étant patient, on aurait un Iran dominant la scène du Proche Orient (où se trouve la moitié des réserves pétrolières mondiales) et plus amis de l’Occident que du monde arabe avec lequel, en outre, nous nous entendons très bien. Je ne comprends d’ailleurs pas que Sarkozy, représentant pourtant de la droite intelligente, ait vis-à-vis de ce problème, le comportement d’un versaillais. Quant à Ségolène Royal, son comportement est très « Mollétiste » : le vote juif… Je rappelle que c’est sous Guy Mollet et avec son ordre expresse que furent donnés aux Israéliens et sans aucune contrepartie les éléments qui leur permire de fabriquer de l’uranium enrichi. Déjà cette connerie de vote juif… Bien évidemment une vraie gauche humaniste n’aurait jamais fait cela. Car si les Israéliens n’avaient pas eu la bombe, les Iraniens ne chercheraient pas aujourd’hui à l’obtenir…

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    Je me suis un peu étendu sur cette affaire iranienne pour que vous voyiez ce que signifie le mot « écouter ». Notre politique iranienne aurait donc été carrément différente de celle des Sarkozy-Kouchner-Royal, plus proche de celle de Chirac : de la diplomatie uniquement et surtout en direction des Etats Unis (pour qu’ils renouent avec Téhéran). Avec, en soubassement, l’acceptation de facto de la possibilité d’une bombe atomique iranienne. Mitterrand, j’en suis persuadé, n’aurait pas agi différemment…

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    Voyons l’Europe à présent. Là, pas de problème, la France n’a jamais cessé d’écouter. Persuadés de jouer un rôle majeur dans la construction européenne, tous les présidents français, depuis Charles de Gaulle (qui fut cependant l’artisan du rapprochement avec l’Allemagne d’Adenauer et le créateur donc du fameux couple franco-allemand, pilier de l’Europe unie), n’ont cessé de se taire face aux innombrables « saillies » des libéraux de tous poils qui se sont succédés à Bruxelles. Les Anglais, notamment, nous en firent voir de toutes les couleurs sans que nous sortions de nos gonds. Nous avons tout gobé en silence, jusqu’à l’inacceptable. Souvenez vous que ce ne sont pas nos diplomates qui ont défendu les fromages français au lait crû mais…le prince Charles, un Anglais ! Sinon, nous avons perdu à peu près toutes nos appellations alimentaires (coquille Saint Jacques, échalote, chocolat, etc.) au profit des multinationales anglo-saxonnes. Tandis que nos propres multinationales ont dû rebaptiser les fetas fabriquées en France parce que, cette fois-ci, Bruxelles a protégé l’appellation grecque. Ca n’arrête pas depuis des lustres et nous ne disons rien, à droite comme à gauche, parce que notre agriculture est la grande gagnante actuelle de l’Europe (pour quelques années seulement d’ailleurs car nous nous sommes tu aussi sur la programmation future des aides agricoles, très défavorable à la France). Les Français, moins coincés (ou anglosaxonisés) que leurs dirigeants de gauche comme de droite, mettent un coup d’arrêt à cette incessante ingurgitation de boas en votant « non » au référendum sur l’Europe. Sarkozy est élu sur une ligne de « on ne reviendra pas sur le vote des Français » et…négocie, dès son élection et avec succès, un « traité simplifié » qui ne sera pas soumis à référendum. La direction du PS condamnera sans doute mais du bout des lèvres, vraiment du bout des lèvres, tout en applaudissant en catimini. Ce n’est plus de l’écoute ici, c’est de la lèche ! Nous léchons le cul des libéraux européens alors qu’il existait une politique alternative bien plus démocratique (respectueuse, elle, du vote des Français) : geler toutes les nouvelles initiatives européennes en faisant alors de l’Union une simple zone de libre échange. Ce qu’ont toujours voulu d’ailleurs les Britanniques. Et ça n’aurait pénalisé personne, sauf nos agriculteurs de toute façon condamnés à court terme. Et, au sein de cette zone, de ce grand marché unique, nous aurions alors tenté, sans doute avec un succès immédiat, de créer une union plus poussée avec un nombre restreint de pays vraiment proches de nous : Allemagne et pays méditerranéens notamment. Face à ce coup de tonnerre, il est bien évident que tous les pays membres de la zone euro auraient accepté une renégociation immédiate sur la gestion monétaire commune, de peur de nous voir aussi sortir de l’euro avec nos nouveaux partenaires « renforcés » pour recréer une autre monnaie commune aux pays de la nouvelle union restreinte. Laquelle aurait très vite, j’en suis persuadé, vu les autres pays membres frapper à sa porte pour en faire eux aussi partie.

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    Mais, bon, faut bien faire avec ce qu’on a et on a surtout des énarques qui ne voient la vie qu’abrités sous un parapluie : ils ne comprennent rien aux bagarres de rue, comme n’y comprend rien notre Sarkozy né une cuillère d’argent dans la bouche et maire trop longtemps d’une ville de milliardaires. Car écouter n’est pas synonyme de se coucher. J’observe d’ailleurs que ceux qui, dans notre Histoire, ont été nos plus grands diplomates, étaient tous des hommes de caractère : Philippe Auguste, Louis XI, Richelieu, Mazarin, Talleyrand, Aristide Briand, de Gaulle… Faut-il nécessairement avoir du caractère pour savoir écouter les autres ?

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    Passons à nos relations économiques avec les pays émergeants, autre sujet critique de notre époque. Pour l’instant, ces relations se bornent à des voyages commerciaux au cours desquels nous tentons de vendre nos armes, notre électricité nucléaire et nos TGV. Je n’ai le souvenir que de deux cas d’approche différente : l’institution d’une « barrière non tarifaire » à l’entrée des produits japonais en France à Poitiers par Edith Cresson et une négociation sur le textile avec les Chinois menée par Bruxelles (mais dont nos industriels n’ont pas tiré profit, préférant investir en Chine que « muscler » ou reconvertir leurs usines européennes). Ce, alors que les Américains n’arrêtent pas de négocier, notamment avec la Chine (mais ils l’ont fait aussi avec le Japon et l’Europe), des accords commerciaux leur permettant d’adapter leur économie à toute nouvelle concurrence. Les Américains, chantres, à droite comme à gauche, du libéralisme le plus ultra de la planète… Car c’est là que se situe réellement l’intérêt de parler avec les pays émergeants, celui de pouvoir planifier les agressions concurrentielles. Encore faudrait-il que le bas peuple soit au courant ! Car rien ne sert de négocier du temps si ça reste secret, c’est l’évidence même. Je ne comprends pas d’ailleurs (c’est fou le nombre de choses que j’ai du mal à comprendre dans notre politique actuelle !) que Bruxelles ait négocié 10 années de répit sur le textile avec la Chine en 1996 et que nous n’ayons appris l’existence de cette négociation qu’en 2006… En fait, si, je comprends : les industriels du textiles voulaient surtout que ça ne se sache pas parce qu’ils savaient déjà qu’ils allaient investir en Chine plutôt qu’en Europe. Mais je ne l’admets pas : car en homme de gauche, je n’aurais pas hésité un seul instant à utiliser la puissance publique pour faire entendre raison à ces salopards d’industriels sans scrupule. Et je vous assure que se mettre une administration comme celle de la France (ou de la Grande Bretagne, ou de l’Allemagne, ou de n’importe autre quel pays important) à dos, c’est quasiment un arrêt de mort, les puissants le savent. Et quand ils veulent l’ignorer, ils chutent brutalement : en Russie, c’est la prison, en Occident, c’est le fisc, pour résumer. Bernard Tapie, lui, a eu droit aux deux, preuve que nous savons, quand nous le voulons, redonner de la puissance à la chose publique…

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    Trève de cas particuliers. Revenons aux grandes lignes d’une véritable politique étrangère de gauche : nous avons vu quelle posture initiale cette politique doit avoir, de l’écoute et du caractère. Mais au service de quoi ? Du pouvoir d’achat des Français ? De l’intérêt de nos multinationales ? De l’issue des batailles entre lobbies ? Charles de Gaulle pensait à « l’intérêt de la France » de manière générale. Il décolonisa parce qu’il voyait bien que les colonies étaient devenues un frein plus qu’une aide au développement de la métropole ainsi qu’un risque certain pour l’identité nationale (du fait de la démographie respective de la métropole et des colonies). Il s’opposa aux Américains et se rapprocha des Russes pour maintenir l’indépendance du pays. Mais pourquoi soutint-il le combat des pays non alignés sinon par conviction personnelle ? Bref, c’est pas évident et je suggère ici de faire comme les Chinois : leur civilisation écrite est tellement ancienne qu’ils ont dans leurs cartons l’expérience de tout ou à peu près ce qui survient aujourd’hui. Quand ça survient, ils ressortent leurs cartons pour savoir comment ont fait leurs ancêtres. Ca prend un peu de temps mais c’est très efficace.

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    Il se trouve à cet égard que la politique étrangère de la France est assez humaniste depuis des siècles, à l’exception de quelques –malheureusement très importantes- dérives : Louis XIV et Napoléon notamment, mais j’aurais pu aussi citer Louis IX (dit Saint Louis), tous amateurs de conflits armés. Saint Louis fut notre dernier croisé et c’est donc l’ensemble des croisades que je mets ici en accusation tandis que Louis XIV fit la guerre à toute l’Europe (il fut le premier à aligner, pour ce faire, des armées immenses, de plus de 100 000 hommes), précédant « l’ogre », ce général jacobin devenu empereur et qui causa la mort de plus de 2 millions d’hommes en Europe. Il me faut rajouter à ces figures de musée de l’horreur les « Jules » de la 3e République (Ferry, Grévy…) qui furent les mentors de la colonisation française. Mais hormis ces quelques cas désolants (et désastreux au final), la France a bâti peu à peu une politique étrangère à la fois pacifique et originale. Notre politique orientale d’abord, issu des tractations de François 1er avec « l’ennemi de notre ennemi » autrichien, les Turcs, et confortée par Louis XIV pour les même motifs. Elle sera suivie tout au long des républiques, sauf entre 1945 et le retour de de Gaulle au pouvoir du fait de la création de l’Etat d’Israël et du satané vote juif. C’est ce flirt avec l’inconnu qui nous permettra très certainement et hors les prurits d’invasion coloniale d’être les tout premiers à reconnaître la Chine populaire ou de nous entendre finalement pas trop mal avec les Soviétiques : notre politique du grand large, comme diraient les Anglais, fut donc mitigée, commençant dans l’entente avec les peuples pour se perdre dans les colonies avant que de retrouver, avec de Gaulle, sa « pureté originelle »

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    Nous avons aussi et toujours été de bons amis des Américains qui doivent une partie non négligeable de leur indépendance à nos expéditions d’armes (Benjamin Constant…) et à notre flotte, la seule de notre histoire maritime et sans compter Guillaume le Conquérant, plus viking que français, à avoir foutu la pâtée à la flotte anglaise. En retour, nous leur devons en partie la victoire de 1918 et très largement celle de 1945. Depuis, ça c’est dégradé, et du fait de la volonté d’indépendance nationale du général de Gaulle et de celui des outrances impérialistes de notre tout puissant allié : de la guerre du Vietnam à la 2e guerre d’Irak, ça fait beaucoup. Et c’est plus les Américains qui ont changé que nous dans l’historique de la dégradation de nos relations : aujourd’hui, les Américains ne sont plus les soldats de la liberté. Or les Américains aidés par Louis XVI, ceux que nous avons beaucoup aimés, étaient déjà des soldats de la liberté…

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    En Europe, nous avons tout essayé pour être les patrons à la place des Germains : les alliances, la guerre, l’entente avec les Germains… Ne subsiste qu’une constante de cette histoire, notre souhait ardent d’être les chefs. Jusqu’à d’abord Napoléon III qui, via l’Entente cordiale, régla une fois pour toute nos querelles avec les Anglais (cherchant, eux, à éviter que ni nous, ni les Germains, ne deviennent chefs) et De Gaulle qui scella notre rapprochement avec l’Allemagne (les Germains autrichiens ne comptant plus depuis 1919). En résumé, des siècles de dispute avant une paix définitive en deux temps (2e empire et après-guerre). Et la paix est à créer, ce qu’avaient bien compris nos « vieux » présidents qui avaient connu la 2e guerre mondiale de très près. Y’a la façon gaulliste, de nation à nation. Et la façon Mitterrand, plus institutionnelle. Mais les deux voyaient surtout dans l’Europe uni la fin des conflits européens, pas la création d’une filiale de l’Amérique ultra libérale, cette vision qu’ont de toute évidence nos énarques friqués. Faut évidemment abandonner cette vision qui n’a comme ambition que la protection de l’argent des puissants. Et bâtir autre chose. L’hypothèse d’une Europe à plusieurs cercles a ma préférence mais ce n’est pas la seule possible. On peut aussi pousser des coups de gueules suffisamment persuasifs en restant dans le cadre actuel : à condition d’être suivis par un nombre suffisant de pays, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui : pour l’instant, nous faisons figure de grand méchant loup, ceux qui veulent faire la pluie et le beau temps en Europe. Nous pâtissons en fait de nos ambitions tout en déplaisant fortement à une intelligentsia européenne trop libérale pour accepter notre système social. Jalousé, lui, par les peuples : ce sont les élites qui nous en veulent. Alors, soit on continue à se coucher devant ces élites arrogantes, soit on joue la carte des peuples. Vous avez du fric, vous vous couchez. Vous n’en avez pas, vous jouez à plus long terme et, dans l’immédiat, vous vous faites respecter par un peu plus –ça devrait suffire pour des gens couchés depuis plus de 10 ans maintenant !- de rugosité dans nos relations européennes. Une politique européenne de gauche est bien entendu une politique aujourd’hui plus ferme que celle qui a été menée autant par la gauche (Jospin) que par la droite.

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    Voilà, c’est du rapide mais ça vous donnera quand même, je crois, matière à réfléchir. Et, de toute façon, à vouloir, je l’espère, sortir du « n’importe quoi » actuel.

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