• 25- La pensée exemplaire d'un gourou du PS - suite

    Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 25<o:p></o:p>

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    La pensée exemplaire d’un ex-gourou du PS- Suite<o:p></o:p>

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    Je viens de recevoir le N°467 de L’hebdo des socialistes : cette fois-ci, on ne vante plus les mérites du libéralisme mais l’on veut « civiliser le marché ». Comme quoi ça a dû sacrément râler dans les chaumières de gauche pour que la direction du PS change radicalement de discours en moins d’un mois !

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    Peu importe, cela me donne l’occasion de revenir sur les notions que j’ai soulevées dans mes deux derniers articles de la rubrique « Renaissance de l’humanisme ». J’avais d’abord différencié marché et libéralisme qui ne sont en effet pas des notions identiques ni même proches l’une de l’autre : le marché, c’est la reconnaissance de la primauté des rapports entre la demande et l’offre dans la production de biens et services. Ca s’oppose au plan. Tandis que le libéralisme est une idéologie qui fonde le développement humain sur l’individu, la liberté absolue et les lois du marché. Comme l’écrit notre petit marquis de Neuilly-sur-Seine, c’est du pur jus judéo grec… On rajoute là dessus une saga de quelques grandes cités bourgeoises au travers des âges et on obtient le nec plus ultra de la pensée dominante à Neuilly-sur-Seine et autres cités fortunées : du Voici revisité par Fortune… <o:p></o:p>

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    En fait, au travers de mes tribulations anti-riches, je commence à voir assez nettement les contours de notre monde actuel : le marché l’a emporté partout, plus aucun pays ne gère son économie en la planifiant. C’est trop complexe, si vous voulez. Mais on peut parfaitement imaginer que dans un futur lointain, nous soyons suffisamment évolués pour planifier notre production de biens et services et nous consacrer alors à des tâches plus intelligentes que celles d’animer la concurrence entre deux fabricants de hamburgers et celle entre quatre ou cinq lunettiers ! Je crois que nous allons nous apercevoir de plus en plus des limites du modèle (le marché) dans l’évolution humaine. Ce marché est par exemple incapable d’accoucher de réalisations dites « grandioses », qu’il s’agisse d’architecture, d’exploration spatiale, de recherche fondamentale et j’en passe : si l’Etat renonce, alors il n’y a plus aucune réalisation dans laquelle l’homme se dépasse. Le marché est une étape dans notre évolution, celle de la constitution de l’abondance. Sa première limite d’ailleurs est déjà atteinte puisque le marché seul, sans les Etats, nous conduit à la catastrophe écologique… Nous nous apercevrons par ailleurs très vite de ses autres insuffisances « congénitales ». Tenez, prenez la recherche développement, rien que la recherche développement dans un secteur quelconque, l’automobile par exemple. En un demi-siècle, il n’y a pratiquement rien eu de nouveau si l’on estime que l’électronique « embarquée » est actuellement de la gnognotte. Nous avons toujours des moteurs à explosion au sein d’un gigantesque système de distribution pétrolière qui s’oppose farouchement à toute découverte non favorable aux hydrocarbures. C’en est même dingue ! Les marchés locaux se sont donc saturés les uns après les autres et, globalement, le marché automobile mondial n’a été sauvé que parce que les classes moyennes des pays émergeants se sont mises à acheter en masse. Surtout les Asiatiques : en un demi-siècle, ceux-ci ont supplanté les Occidentaux dans le leadership du marché, tant en quantité qu’en qualité (le moteur hybride). Bref, ce ne sont plus les Etats Unis si chers au petit marquis de Neuilly sur Seine qui « tirent » l’automobile mondiale, mais le Japon et la Chine.

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    Le libéralisme, lui, ça a été bien autre chose : d’une part la soumission des Occidentaux aux puissances des marchés ; d’autre part une Réaction, avec un grand « R », des riches après des décennies de keynésisme. La soumission des Occidentaux aux puissances du marché est patente et incontestable. Tout le monde se souviendra à cet égard de la phrase de Jospin, alors premier ministre socialiste de Chirac, face aux délocalisations : « l’Etat ne peut pas tout faire ! » Des « socialistes », théoriquement partisan d’un Etat fort, baissant les bras face aux conséquences monstrueuses d’une mondialisation sauvage, ça illustre bien mieux la démission des politiciens occidentaux que tout discours d’homme de droite vantant la « liberté d’entreprendre ». En fait, cette démission a été volontaire et organisée, du moins en Europe : le « marché unique » a été sciemment organisé sur le mode libéral, Bruxelles veillant jalousement sur des règles de concurrence toutes plus extrémistes les unes que les autres. Jusqu’au refus des labels du type « coquille saint Jacques » ou « chocolat » (pour des produits comportant au moins 25% de cacao). Ce fut de la folie pure, contre laquelle ne résista en fait aucune formation politique digne de ce nom. Des lobbies bien implantés en Belgique font la pluie et le beau temps auprès des commissaires européens, inamovibles et irresponsables. Et, de réglementations en réglementations, nous en sommes arrivés jusqu’au grotesque, la mise en cause par exemple des fromages au lait crû (dont la qualité gène considérablement le développement des grands groupes laitiers) ou des échalotes (leur appellation contrôlée gène, elle, les grands groupes maraîchers nordiques). Sachez, pour conclure sur l’ultra libéralisme de Bruxelles, que son actuel président, le Portugais José Manuel Barroso, venait d’être battu aux élections générales portugaises quand il fut nommé : un libéral recalé du suffrage universel dans son pays imposé aux autres peuples par des politiciens européens qui savaient très bien ce qu’ils faisaient…

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    La Réaction des riches est encore plus nette : il y a l’avant, ces siècles de « progressisme » au cours desquels l’Etat ne cesse d’intervenir pour protéger les faibles contre les puissants et au cours desquels, inlassablement, se réduit l’écart de revenus entre les riches et les pauvres des pays développés. Puis l’après, ces décennies furieuses au cours desquels l’écart s’est remis à se creuser, comme avant la Renaissance et les grandes Révolutions. Avant, Fortune n’existait pas. Avant, les Eglises et les partis de gauche se piquaient d’éthique. Après, même le pape est devenu raciste et réactionnaire ! Les « must » dans cette triste évolution ? Vous les connaissez : Bush, Aznar, Blair, Sarkozy… Bush fut réélu triomphalement, Blair inspire toujours une partie notable de nos élites socialistes qui, par ailleurs, rejoignent Sarkozy presque plus vite qu’il ne leur offre des emplois juteux. Mais notre petit marquis préfère théoriser sur les « formes » du capitalisme triomphant, louer Los Angeles pour ne pas avoir à évoquer Bouygues, Lagardère ou Zacharias…

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    De profundis donc pour tout le clinquant médiatique qui a entouré l’envol d’une technique de production à un moment donné, en même temps qu’un formidable coup de barre à droite en matière de redistribution des revenus. D’autant que les « opérateurs », ces milliardaires en nombre croissant, n’ont pas vraiment été à la hauteur de nos espérances, du moins en Occident. Car, autre élément fort d’appréciation du marché, tout ce qui constitue les marchés de masse, ces produits et services concoctés à tellement d’exemplaires qu’ils en deviennent ridiculement bon marché, a été transféré en Asie : l’Occident ne vit plus que d’options, même les Etats Unis qui ont pourtant inventé le marché de masse tandis que nous découvrions, nous, les « classes moyennes » : une bouteille de coca devait pouvoir être vendue au dernier des ouvriers agricoles du Kansas tandis que nos machines à laver visaient essentiellement « la ménagère de 50 ans ». Sacré différence de conception, non ? Et bien tout ça c’est fini : ce sont maintenant les Jaunes qui se goinfrent avec les grandes séries et les prix de revient très bas. Un seul cuiseur vapeur mais le moins cher du monde. Chez nous, Renault fait fabriquer sa Logan pas chère –mais déjà bourrée d’options- par Dacia, sa filiale roumaine, pour pas que son nom soit associé à quelque chose de pas cher (remarque véridique, c’est pas inventé !)  C’est à en pleurer, d’autant que tous les responsables continuent à se pavaner sans aucune crainte d’être giflés pour leur inconduite. L’ex-patron de Renault, ex-directeur de cabinet de Mauroy, n’aimait pas les voitures. Il retarda de plusieurs mois la fabrication de la Twingo en laquelle il ne croyait pas et retarda, massacra même, la Logan. Aujourd’hui, tenez-vous bien, bourré de thunes jusqu’à la gueule, il préside un machin de lutte contre les discriminations… Tous les grands noms du management ont défilé à Détroit pour tenter de remonter l’industrie automobile américaine. Ils ont fermé des usines, supprimé des masses d’avantages sociaux et empoché des salaires de nabab. Leurs noms figurent en bonne place dans tous les bons manuels de gestion. Tout ça pour pas un rond puisque l’industrie automobile américaine a quand même et perdu sa prééminence mondiale, et perdu durablement sa rentabilité. Bien entendu, il n’y a plus de véritable recherche développement dans cette industrie d’outre Atlantique, pas plus que dans la nôtre. Etc. A pleurer, vous dis-je ! Ce, tandis qu’à Neuilly sur Seine, un petit marquis très représentatif de « l’élite » se croit créatif…

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    Ma brève histoire de l’avenir est donc sensiblement différente de celle de Jacques Attali : dans les vingt ans qui viennent, les lignes de force actuelles vont continuer à se développer, soit une montée de l’Asie dans l’économie mondiale, aux dépends de l’Occident. Lequel ne pourra rebondir que s’il redécouvre le « marché de masse », c’est-à-dire s’il sort de ses séries limitées et autres gadgets de luxe pour happy few. En fait, s’il redécouvre son humanisme. Avec des Bush et des Sarkozy, on en paraît loin : mais plus les dirigeants actuels sont caricaturaux, plus profonde sera la mutation des foules à l’issue fatale de la Réaction des riches. Issue inévitable parce qu’en matière de richesse, c’est Michael Moore qui a raison, pas Sarkozy : y’a pas de place pour tout le monde. Et quand les gens ne peuvent plus agir par mimétisme pour s’adapter, ils réagissent. <o:p></o:p>


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