• 9 - Ce qu'on peut faire sans élitisme

     

     

    Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 9<o:p></o:p>

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    Elitisme : un peu d’utopie SVP !<o:p></o:p>

    3- Ce qu’on peut faire sans l’élitisme<o:p></o:p>

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    On en arrive à présent à l’utopie : s’il n’y avait pas d’élitisme dans nos sociétés, comment ça se passerait ?

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    Pour l’instant, vous voyez bien que nous sommes condamnés, dès lors que nous avons un diplôme quelconque, à faire pratiquement la même chose toute notre vie. Quand on est jeune, on vise donc le pouvoir dans son travail monolithique. Ou bien l’argent… Et l’on se retrouve à 50 ans soit amer (on n’a eu ni le pouvoir, ni l’argent), soit blasé (on s’emmerde dans un bas de soie). Il suffit de voir avec quelle précipitation nos baby-boomers s’empressent de prendre leur retraite pour voir qu’ils ne s’accrochent pas vraiment à leur boulot ! Le système élitiste est d’ailleurs pervers à cet égard puisqu’il fait peser sur les générations montantes le poids de ces retraites : « vous voulez la place ? Payez ! » Double gaspillage, celui de l’expérience perdue des « vieux » et celui du temps passé par l’ensemble des citoyens à briguer des places. Sans compter la perte d’intelligence, briguer une place ne demandant pas tout à fait (c’est une litote !) les mêmes capacités et la même gesticulation que faire correctement son travail. A force en outre, on additionne les personnes incompétentes à la tête des entreprises et des administrations (le fameux principe dit « de Peter » multiplié par X centaines de milliers d’unités économiques) qui se « verrouillent » pour empêcher de plus jeunes de briguer à leur tour les bonnes places. Ca finit par donner des Vivendi Universal sauce Jean-Marie Messier, un demi fou entraînant son groupe dans l’abîme sans que personne autour de lui, même pas dans son conseil d’administration, n’ose le contrecarrer. Avant, il y eut le Crédit Lyonnais, l’affaire étant donc loin d’être exceptionnelle si l’on veut bien en outre se souvenir des scandales américains type Enron qui ont jalonné la présidence de Bush junior. Sans aller jusque là, on retiendra que la majorité des PDG de grandes entreprises ont sciemment, ces dernières décennies, obéré l’avenir de leur boîte pour contenter les plus qu’avides fonds de pension.

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    Sans compter non plus avec la lassitude des anciens, fatigués d’avoir à traiter pour la nième fois le même problème et que l’on pousse donc vers la sortie pour mettre du sang plus neuf et plus motivé à leur place. Sans compter… On peut tenir des heures sur ce sujet abondamment illustrable d’exemples croquignolets : définitivement, l’élitisme est une détestable méthode de production et d’organisation, quand bien même les élites n’arrêtent pas de dire, quand on les interroge sur la question, « qu’on ne peut pas se passer d’élites ! » Et bien si, on peut ! Assez aisément d’ailleurs : il suffirait, chez nous, de supprimer les conditions d’accès aux diplômes pour y arriver en quelques dizaines d’années. Plus de limite d’âge ? Des quinquagénaires postuleraient à l’ENA avec de bonnes chances de l’emporter sur les petits jeunes, forcément moins cultivés. Des infirmières de 40 ans deviendraient médecins, des ingénieurs maison tenteraient les grandes écoles sur le tard…

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    On voit ce que cette approche a de merveilleux : le fait de ne plus être condamné à faire la même chose toute sa vie, tout en donnant aux moins chanceux des chances continuelles de rattrapage scolaire et universitaire. Bien évidemment, la mesure ne peut pas être unique, elle s’inscrit dans une démarche globale qui, autre exemple, supprimerait aussi les recrutement sur concours, remplacés, quand il y a trop de candidats, par un tirage au sort entre les candidats qui ont démontré avoir le niveau requis pour le poste. L’apprentissage ne se ferait plus 25 années durant, mais par périodes entrecoupées de séjours en milieu productif, jusqu’à la retraite définitive (car on peut imaginer, passé un certain âge, d’avoir cette fois-ci des périodes productives entrecoupées de périodes de loisirs). Etc., etc., en restant lucide : jamais vous ne verrez de ministre devenir boucher tandis que vous pourrez voir l’inverse. Du moins dans nos sociétés qui enferment la notion de réussite dans un cadre très pauvre, d’argent ou de pouvoir seulement. Savoir découper la viande peut être très jouissif, mais ça n’est pas « valorisant ».

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    Bien sûr, c’est utopique. On ne voit pas les élites se saborder d’elles mêmes ni la société, dans son ensemble, renoncer aisément à l’espoir de faire un jour partie des élites. Pour l’instant donc, ces dernières sont confortées à leur place par ceux qui la convoitent, la dite place. Et ça fait du monde ! Dès la naissance ou presque, les mères de famille imaginent que leurs « petits » sont des génies, imagination reprise ensuite par les pères envers ceux de leurs rejetons qui ont manifesté un peu de goût ou de facilité pour les études. Les valeurs inculquées à nos enfants sont ensuite toutes orientées sur la réussite sociale, leurs proches se pâment d’aise quand ils roulent en grosse cylindrée ! Il n’est pas jusqu’aux mourants qui s’imaginent importants, car riches ou anciennement puissants, jusqu’au seuil même de l’extinction… Y’a du boulot ! si vous voulez mon humble avis. On ne passe pas en effet de 4 millénaires d’élitisme à autre chose en quelques années : faudra des siècles et une vraie Révolution, avec une forte évolution des mentalités et une réforme monumentale de nos institutions. Songez par exemple aux concours de la Fonction publique, qui devront disparaître : quel tollé, si ça devait se faire aujourd’hui !

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    Mais si les penseurs de gauche ne rêvaient pas, qui le ferait !? C’est vrai qu’ils ont arrêté de rêver et de nous faire rêver. Ils sont devenus « gestionnaires ». Et ils gèrent la mobilité des salariés sans aucune imagination : on change de lieu d’activité pour l’instant, pas d’activité. Et, effectivement, la mobilité est alors une sujétion pour le salarié, pas une chance. Les syndicats vont donc tout faire pour éviter que le salarié ne pâtisse de la dite mobilité considérée presque comme une sanction. Les Parisiens –du moins ceux qui ne font pas partie des élites- ont quand même fini par se rendre compte que le cadre de vie en province valait largement celui de la grande ville encombrée de voitures à ne plus savoir où les mettre. Changer de discours à partir de cette évidence serait déjà un bon début. Difficile, certes, pour une gauche qui puise l’essentiel de ses souvenirs à Paris et pour laquelle la province sent son cléricalisme désuet et sa droite de notables. Mais faisable : Ségolène Royal a été plébiscité en province, pas dans les grandes villes…<o:p></o:p>

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