• Ci-après un texte d'Agora (conseils boursiers en ligne) sur les nouvelles armes contre les microbes, sachant que les bactéries les plus méchantes deviennent résistantes aux principaux antibiotiques. Eux voient le marché, donc les investissements. Voyez surtout ce que nos laboratoires recherchent, avec une mention spéciale pour feux les Soviétiques qui ont légué aux Russes leurs recherches sur les virus bactériophages...
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    Allo ? Je ne vous entends plus... Une nouvelle arme contre la résistance bactérienne
    Cécile Chevré
     
    Si vous êtes un lecteur régulier de la Quotidienne, vous savez déjà que parmi les grands risques qui menacent notre survie (oui, rien que cela !), il y a les bactéries. Ou plutôt celles qui développent une résistance à ce qui était jusqu'à présent notre principale arme contre elles : les antibiotiques.
     
    Quelques chiffres pour vous remettre en tête les enjeux : d'ici 2050, la résistance grandissante des bactéries à ces traitements devrait causer 10 millions de morts. Ce qui fera des bactéries un tueur en série plus dangereux que le cancer.
     
    L'alerte (mondiale) a été lancée à plusieurs reprises, par des Etats comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni, mais aussi par l'OMS ou l'ONU.
     
    Face à la menace, bien réelle, faut-il encore le rappeler, plusieurs voies sont explorées. Première d'entre elles, la découverte de nouveaux antibiotiques. Encouragés par les Etats, les laboratoires pharmaceutiques, après des années de déshérence, ont enfin repris le chemin de la recherche et des essais cliniques.
     
    Pour quels effets ? Une des valeurs recommandées par Ray Blanco dans NewTech Insider attend avec impatience la décision de la FDA, l'agence américaine chargée de l'autorisation des médicaments, quant à un nouvel antibiotique. Cette décision est prévue pour début novembre 2016. Si ce nouvel antibiotique est autorisé, nous disposerons d'un nouveau traitement de réserve contre certaines formes extrêmement résistantes de pneumonie.
    [NDLR : Vous avez jusqu'à fin octobre pour acheter la biotech qui détient ce si prometteur antibiotique. Si la FDA donne son accord, son cours va s'envoler. Et vous pourriez en profiter ! Alors rendez-vous dans NewTech Insider !]
     
    Une autre voie possible contre la résistance bactérienne est celle des virus bactériophages. La nourriture préférée de ces virus ? Les bactéries. Cette forme de thérapie s'est développée dans les pays de l'ex-bloc soviétique mais a encore du mal à convaincre en Occident. Dommage car ces virus sont extrêmement prometteurs. Heureusement, comme je vous le disais dans une précédente Quotidienne, des chercheurs s'intéressent de nouveau à cette thérapie venue de l'Est. Un essai clinique est en cours en Europe, mené par le projet Phagoburn.
     
    Tout récemment, en écoutant un documentaire de France Culture consacré à la microbiologiste française Pascale Cossart (je vous le conseille vraiment !), j'ai découvert une autre arme possible contre les bactéries : le brouillage de leur communication.
     
    Des bactéries extrêmement bavardes
    Oui, cher lecteur, les bactéries communiquent. Etonné ? C'est normal car le phénomène, appelé quorum sensing, n'a été découvert que dans les années 2000 et réserve manifestement encore beaucoup de surprises.
     
    Les bactéries sont donc "bavardes" et, tout comme nous, utilisent plusieurs moyens de communication. Le plus ancien – et le mieux connu – est le recours à de petites molécules chimiques, appelées auto-inducteurs. Ces auto-inducteurs sont souvent comparés aux phéromones échangées par les animaux (dont nous faisons partie). Ces messages peuvent aussi bien être échangés entre bactéries de la même espèce qu'avec des bactéries d'une autre espèce.
     
    Une autre forme de communication a été découverte en 2015 par des biologistes de l'université de San-Diego en Californie (la découverte a été publiée dans Nature) : les bactéries sont capables, comme nos neurones, de communiquer via impulsions électriques.
     
    Autre voie de communication possible au niveau bactérien : la création de tuyaux. En 2011, des chercheurs de l'université hébraïque de Jérusalem ont découvert que certaines bactéries créaient un minuscule réseau organique (des tuyaux) entre elles, ce qui leur permettait de communiquer plus directement.
     
    Pourquoi communiquer ?
    Mais au fait, pourquoi les bactéries communiquent-elles ? A quoi ce "don" leur sert-il ?
     
    Tout d'abord à se repérer entre elles. Les auto-inducteurs servent, en quelque sorte, de bannière de rassemblement. Et c'est très important en ce qui nous concerne, j'y reviens dans un instant. La communication leur sert aussi à s'adapter à leur environnement en activant ou désactivant certains gènes. Enfin, les bactéries peuvent échanger entre elles des bouts d'ADN, une forme d'apprentissage.
     
    La découverte de ces moyens de communications nous en apprend plus sur le fonctionnement des bactéries mais aussi comment les combattre – et c'est ce qui nous intéresse dans la lutte contre la résistance bactérienne aux antibiotiques.
     
    Nouvelles pistes contre les bactéries et leur résistance
    Je vous disais que les bactéries communiquaient pour se repérer entre elles. C'est extrêmement important car la plupart des bactéries ne deviennent pathogènes – et donc dangereuses pour nous – que quand elles sont suffisamment nombreuses.
     
    Pour résumer, un soldat-bactérie n'a aucune chance contre notre système immunitaire ; la bactérie sera impitoyablement détruite. Par contre, une armée de millions voire de milliards de bactéries pourra, elle, déclencher une attaque de grande ampleur et qui aura des chances de réussir en débordant les capacités de notre système immunitaire.
     
    C'est une première piste contre les infections bactériennes. En bloquant soit les émetteurs d'auto-inducteurs soit les récepteurs situés à la surface des bactéries, nous pourrions empêcher les bactéries de passer leurs rangs en revue, et de passer à l'attaque.
     
    Mettre un terme à ce bavardage bactérien pourrait aussi être une solution contre la création de biofilms. Certaines espèces de bactéries sont capables de sécréter un "ciment" qui les lie entre elles, et les protègent non seulement de la réaction immunitaire de leur hôte mais aussi des antibiotiques. Là encore, les bactéries ne sécrètent ce "film", dit matrice, que quand elles sont en nombre suffisant. Et là encore, bloquer les mécanismes du quorum sensing pourrait empêcher le développement de biofilms et améliorer notre chance de lutte contre les bactéries pathogènes.
     
    Mais les espoirs de la recherche ne s'arrêtent pas là. Les bactéries ne font pas que se repérer entre elles : elles échangent d'autres informations ainsi que des bouts d'ADN. Les chercheurs ont découvert que ces échanges étaient un des piliers du développement de la résistance bactérienne aux antibiotiques. Les bactéries qui vivent en communauté développent en effet plus rapidement des capacités de résistance. D'où l'importance de bloquer ces échanges.
     
    Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?
    Nouveau champ d'exploration et de recherche, la communication bactérienne est encore très loin d'être parfaitement comprise... mais suscite un intérêt grandissant au sein de la communauté scientifique. Cela se comprend : en bloquant le quorum sensing, nous pourrions empêcher les bactéries de devenir virulentes mais aussi de limiter la résistance aux antibiotiques.
     
    Reste que les recherches sur le sujet sont encore cantonnées au domaine préclinique : aucun traitement reposant sur l'inhibition du quorum sensing ne sera donc autorisé avant plusieurs années.
     
    A suivre donc (dans la Quotidienne et dans NewTech Insider) car c'est une nouvelle arme contre la résistance bactérienne qui est maintenant à notre portée.

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  • Un Monde qui change totalement

     

    Que vous soyez jeunes ou vieux, vous vivez une période de bouleversements dont peu de gens ont conscience. Imaginez par exemple que la voiture, emblème du monde moderne, est à peine centenaire. En un tout petit peu plus d'un siècle, nous avons vu sa généralisation et la féminisation de sa conduite (le dernier bastion du mâle dominant en la matière est l'Arabie Saoudite) Nous avons vu l'avènement de l'informatique et de la télématique, la révolutions des télécommunication, l'explosion des transports rapides de masse, la découverte du système solaire...

    Dans le domaine politique, nous avons vu l'avènement de deux superpuissances, la défaite de l'URSS, la montée en puissance de la Chine puis des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), le début de l'effondrement occidental. Nous avons vu la montée du socialisme, y compris en Occident (l'Etat Providence) puis son reflux derrière la contre offensive ultra libérale ouvrant la voie à la mondialisation. Puis son reflux actuels, en cours, du fait de ses conséquences culturelles et sociales terriblement appauvrissantes...

    Dans le domaine culturel, nous avons vu l'arrivée de la radio puis de la télévision, puis des "bouquets" de programme, puis des chaînes spécialisées, puis des fournisseurs de musique et d'images. Nous avons vu le reflux terrible de la presse écrite puis des grandes messes télévisées au profit d'un nouveau venu, Internet, bien moins contrôlable. Nous avons vu la mort du roman d'auteur face aux romans policiers et aux romans de gare, l'intrusion du commercial jusque dans les plus petits interstices de l'écriture, de la photo, de la caméra. Le "buzz" a succédé au talent, le tout fric s'est confortablement installé sur les tentacules de la "société de consommation"...

    Dans le domaine enfin des libertés publiques, nous avons vu l'envol de la démocratie, les dirigeants politiques malmenés par les scandales, le bipartisme s'installer durablement. Et puis certains d'entre nous ont compris qu'insidieusement, les multinationales et les banques s'emparaient du vrai pouvoir au travers des médias dont elles prenaient le contrôle, des lobbys de plus en plus puissants, jusqu'à conseiller directement les politiques sur la politique à suivre. Et finalement, nous avons vu la plus terrible des ploutocraties s'instaurer sur la totalité de la planète.

    Tout cela entre le début du 20e siècle et aujourd'hui, 120 années au plus. Pour pouvoir comparer avec le passé, il faut se souvenir qu'il fallut des millions d'années avant de voir l'homme singe devenir homo sapiens puis se fixer en cultivateur. Il fallut encore des centaines de milliers d'années pour le voir utiliser des outils en fer puis rationaliser la production avec des techniques comme la sélection des semences ou l'irrigation. La rareté des produits créait les différenciations sociales et les inégalités. Un monde ancien qui vola en éclat en moins de deux siècles...

    Et bien cette révolution est elle-même en voie d'exploser devant une nouvelle et bien plus importante révolution, ses codes vont disparaître encore plus vite qu'on disparu les codes des "anciens régimes" Le premier point a venir n'est pas technologique mais sociologique : ce qu'apporte en fait l'abondance, c'est l'inanité des richesses. Pourquoi vouloir accumuler de l'argent dans un monde où tout le monde peut avoir tout ?! Bien sûr, nous n'en sommes pas encore là et le rêve de devenir milliardaire est encore prégnant partout. Il n'a cependant qu'un intérêt réel limité, celui d'accroître plus que sensiblement la sécurité économique des impétrants. Mais, diront certains, le monde entier ne connaît pas l'abondance et au sein même des pays riches, il y a des gens très pauvres. Je renvois ces sceptiques d'une part au différentiel actuel de croissance entre les pays riches et les pays pauvres, ces derniers nous rattrapant à une vitesse que nos parents mêmes croyaient impossible dans les années 1950. Et d'autre part, aux réflexions actuelles sur le revenu universel, réflexions menées non à gauche mais à droite de l'échiquier politique occidental : les capitalistes ne savent plus comment pérenniser leur système et envisagent une petite gratuité pour maintenir les différenciations sociales.

    Ils n'y arriveront pas car se profile la robotisation intelligente, le robot plus l'intelligence artificielle. La progression des deux techniques couplées est vertigineuse : on parlait d'intelligence artificielle dans les revues scientifiques spécialisées il y a à peine 10 ans. Et aujourd'hui sont commercialisées les premières applications, dans le domaine militaire d'abord et comme d'habitude (les missiles dits "de croisière" en premier lieu) Puis dans le domaine civil avec l'avènement très prochain des véhicules automobiles sans conducteur. Et sans doute des avions : les compagnies réfléchissent très sérieusement à la question compte tenu et du fait que les pilotes coûtent cher, et que les accidents sont majoritairement des défaillances humaines. Il ne faut pas se voiler la face, le robot intelligent va déferler sur nos économies. Et en révolutionner les ressorts : dans un premier temps, les besoins des entreprises vont se tourner vers la programmation . Puis les robots sauront se programmer eux-mêmes... Il faut lire Isaac Asimov ou d'autres grands auteurs de science-fiction pour imaginer la suite, elle est à la fois terrifiante (voir le cas du Japon, vieillissant et se robotisant à toute allure) et exaltante : l'homme délivré du travail !

    Et ne touchant donc plus de salaire à une échéance assez rapide, la fin du 21e siècle peut-être ? Toutes les théories économiques en vogue s'effondrent, le socialisme revient en force, ne peut que revenir en force. Ce que nous avons connu en 120 ans n'est rien par rapport à ce que nous allons connaître dans les décennies à venir. Auparavant, nous verrons toutefois la poursuite des grandes tendances actuelles, à commencer par l'effondrement de l'empire occidentale. Il va s'effondrer parce qu'il n'a pas prévu les changements auxquels il n'a répondu que par les armes et l'enrichissement des plus riches. Songez qu'en remplaçant les augmentations de salaire par le crédit pour maintenir un haut niveau de consommation interne, il a perdu ce qui faisait sa force : un haut niveau d'épargne des ménages permettant, sans endettement, le recyclage de cet argent en prêts à long terme aux entreprises. Aujourd'hui cohabitent monstrueusement un endettement colossal tant public que privé, des taux d'intérêt nuls voir négatifs pour empêcher l'effondrement des marchés intérieurs et des investissements atones. Ca ne peut que s'effondrer d'autant que les banques se sont lancées dans des activités spéculatives au delà du raisonnable : l'argent fourni par les banques centrales aux banques pour leur éviter la chute est allée prioritairement et en prêts de cavalerie aux Etats surendettés (ce qui équivaut à des actifs pourris), et à la spéculation. La Deutsche Bank à ainsi accumulé plus d'actifs spéculatifs (donc dangereux) que le PIB du pays ! La seule Deutsche Bank...

    J'ai déjà écrit un scénario sur la suite de l'effondrement aussi n'y reviens-je pas : montée puis descente de la Chine (à cause de sa bombe démographique, l'interdiction du 2e enfant des décennies durant), la montée de l'Inde puis de l'Afrique... Ce qu'il faut voir en sus est que l'Amérique n'aura finalement régné seule qu'une trentaine d'année. Elle n'est déjà plus toute puissante militairement, Russes et Chinois ayant rattrapé finalement très vite leur retard en ce domaine. Ce, parce que les Occidentaux ont investi pour enrichir les lobbys industriels militaires alors que Russes et Chinois investissaient pour rattraper la puissance militaire américaine. Ils disposent aujourd'hui de troupes et d'équipements au top alors que les Occidentaux ont des gadgets très sophistiqués : des drones, des bombes "intelligentes", des robots démineurs, etc. Compte tenu de l'argent investi de part et d'autre, on peut dire assurément que les Occidentaux se sont fait escroquer par leurs fournisseurs ! Ou alors qu'ils ont eu les généraux les plus mauvais de leur histoire...

    Révolution stratégique donc qui ne pourra qu'amener une plus grande concertation dans le Monde. Hier, les Occidentaux dictaient leur loi. Aujourd'hui, leurs désidératas sont de moins en moins pris en considération. Le franc CFA par exemple n'a plus qu'une ou deux décennies au plus a vivre alors qu'hier seulement, la France apportait le chaos en Libye pour le protéger contre les vues de Kadhafi. De même la CPI, cette cour de Justice internationale des Occidentaux, vit-elle probablement et également ses dernières décennies. . La Banque Mondiale ne sert plus à grand chose, le FMI s'est vu obligé d'inclure le yuan dans le panier de devises de ses DTS (droits de tirage spéciaux) Qui eux-mêmes vont progressivement remplacer le dollar comme monnaie internationale. Etc., le reflux des "Blancs" est total, ouvrant la porte à de vraies négociations entre partenaires nettement moins impérialistes. C'est à cet égard qu'on peut considérer le conflit du Moyen Orient comme chant du signe impérialiste des Occidentaux : ils y menaient un jeu schizophrénique, soutenant une rébellion sunnite qu'ils avaient créée tout en la combattant. Ils organisaient en fait le chaos en espérant pouvoir ainsi prolonger militairement leur empire vaincu économiquement. Puis les Russes sont arrivés... Leur crispation actuelle montre bien l'enjeu de ce conflit, dépassant très largement l'opposition religieuses locale même attisée par les impérialismes régionaux (Turquie, qui a jeté l'éponge contre la fin d'un pays kurde à ses frontière ; Arabie Saoudite et Iran)

    D'autres éléments vont bouleverser nos vies. Les écologistes diront que le réchauffement planétaire va détruire l'humanité. Je ne le crois pas : dès que nous saurons qu'il vaut mieux nous adapter que combattre ce réchauffement contre lequel nous ne pouvons pas grand chose (nous sortons quand même d'une longue période glaciaire, l'homme de Neandertal, c'était hier), nous le ferons. Les cris d'orfraie des écologistes nous empêchent seulement de réfléchir sainement et scientifiquement. Ils n'aiment pas les humains en fait et bon nombre d'entre eux aimeraient une belle et grande catastrophe permettant d'en réduire drastiquement le nombre. Ils sont en définitive plus nuisibles qu'utiles à l'adaptation des hommes aux nouvelles donnes environnementales. Et je gage que, demain, l'écologie dite politique, disparaîtra de ces donnes : comme je l'écrivais dès les années 1980, l'écologie est une chose trop sérieuse pour être confiée à des écologistes ! Il faut des données scientifiques sures et prouvées pour agir intelligemment et non par simple réaction à la vue d'un documentaire catastrophe. Il faut mobiliser des fonds, donc convaincre autrement les financiers et les contribuables. Et, partout, ce sont de vrais politiciens, dont c'est le boulot, qui le font...

    Ce qui me fait penser que nous ne sommes malheureusement pas encore sorti de l'ère de la communication complètement folle que nous vivons aujourd'hui. Et donc pas de cette démocratie en trompe l'œil que les riches ont inventé pour imposer leur mondialisation destructrice de cultures et de valeurs. Les multinationales et les banques continueront, de plus en plus robotisées, à mener leur barque sur nos vies. Mais de moins en moins occidentales : celles de demain seront de plus en plus basanées. Auront-elles la même absence de vraies valeurs, la même idée fixe vis-à-vis de l'argent ? Nos arrières petits enfants verront peut-être leur transformation finale en simples unités robotisées au service de l'homme débarrassé du travail ?

    Peut-être. Mais il faudra alors une évolution assez phénoménale du dit homme pour éviter sa disparition au sein de sociétés mourantes démographiquement et culturellement. Pour l'instant, nos médias ne bruissent que d'immortalité individuelle alors que personne ne se pose la question de la mortalité des sociétés. L'homme est encore un animal social et il disparaîtrait sans société vivante. Personne ne s'intéresse plus à la mortalité des empires et à leurs causes. Sait-on encore que la civilisation romaine fut vaincue par l'esclavage, le dédain des élites pour le travail : qui voulut défendre l'empire contre les Barbares ? Sait-on que Byzance fut plus vaincue par son élitisme agraire, aucun paysan ne venant grossir les rangs de ses troupes contre l'Islam, que par les guerriers de cet Islam? Les civilisations détruites ont emporté avec elles jusqu'au dernier des individus qui les faisaient vivre...

    Le vrai défi des hommes de demain sera donc de continuer à vouloir vivre en société. Certes, la télématique moderne les relie bien au delà des frontières naturelles de jadis. Mais elle les habitue aussi à vivre en dehors de leur environnement. Lequel sera peuplé aussi d'androïdes : ce pourquoi de grands savant comme Hawkins redoutent la robotisation à intelligence artificielle. Relisez ou lisez les grands auteurs de science-fiction, ils ont su mieux que quiconque alerter sur les dangers de la "science sans conscience" Qui n'est plus ici la science sans morale, sans esthétisme, mais la technologie sans humanité...

     

     


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  • La guerre des monnaies :

    une info vraiment confidentielle

    (L'éditeur, Agora, l'a retiré de ses sites le lendemain même de sa diffusion. Comme l'info n'est pas bidon, il y a forcément une raison soit d'erreur ponctuelle, soit d'ultra confidentialité...)

     

    Ce que nous réserve le G20

    Jim Rickards, rédacteur en chef de Trade Confidentiels

    Cher investisseur, 

    Il y a quelques temps, en mars, nous vous avions averti qu'une réunion clandestine avait eu lieu et qu'elle déterminerait les tendances monétaires internationales des deux prochaines années. Cette réunion a abouti à ce que nous avons appelé "l'Accord de Shanghai". Les grands médias ont douté de l'existence même de cet accord... jusqu'à ce que tout ce que nous avions prévu se réalise. 

    Une nouvelle rencontre est prévue, au cours du sommet du G20 qui a lieu en ce moment en Chine : c'est la réunion la plus importante depuis la conclusion de l'Accord de Shanghai, le 26 février dernier. Pour le G20, c'est l'occasion de passer en revue la façon dont les choses ont évolué depuis le mois de février, et de réactualiser son plan de bataille concernant les taux de change. 

    Cela devrait aboutir à une nouvelle dépréciation du dollar, et une baisse des résultats enregistrés par les sociétés américaines dépendant des importations. Vous pourriez donc réaliser d'énormes gains si vous vous positionnez du bon côté de cette tendance. 

    Comment pouvons-nous connaître ces résultats avant que la réunion ait eu lieu ? C'est simple. Nous sommes attentifs. Dans Trade Confidentiels alerte après alerte, j'explique à mes lecteurs ce que concoctent les élites du système monétaire, et comment les battre à leur propre jeu. 

    Commençons par un rapide tour d'horizon. 

    A l'origine était l'Accord de Shanghai
    L'Accord Shanghai est un pacte secret conclu entre banques centrales et ministres des Finances, lors du sommet du G20 de Shanghai, le 26 février 2016. Janet Yellen, de la Fed, Mario Draghi, de la BCE, Haruhiko Kuroda, de la Banque du Japon, étaient présents, ainsi que d'autres membres éminents de l'élite monétaire. Même si c'était un sommet du G20, c'est un G4 parallèle (Etats-Unis, Europe, Japon, Chine) qui a mené le jeu.
     

    La Chine avait besoin de déprécier sa monnaie afin de sauver son économie d'une implosion du crédit. L'objectif du G4 était d'affaiblir le yuan chinois sans perturber les marchés financiers occidentaux. La dévaluation unilatérale orchestrée par la Chine, en août et décembre 2015, avait en effet provoqué l'effondrement des places boursières dans le monde. 

    La solution consistait à maintenir le peg (arrimage) entre le yuan et le dollar et à déprécier le dollar face au yen et à l'euro. Cela signifiait que le yuan se déprécierait également par rapport au yen et à l'euro. Les Etats-Unis et la Chine seraient gagnants alors que le Japon et l'Europe seraient perdants. Personne n'était censé remarquer quoi que ce soit car le taux de changes dollar/yuan demeurerait intact. 

    Les plans de l'élite monétaire sont une chose, mais les résultats concrets en sont une autre. 

    Observons comment s'est réellement déroulé cet Accord de Shanghai depuis le mois de février. 

    Depuis le jour de cet accord, le yuan chinois a chuté par rapport au dollar, passant de 6,55/1 à 6,65/1 (22 août 2016). Cela représente une baisse de 1,5% du yuan en sept mois. C'est suffisant pour apporter un peu d'oxygène à la Chine sans provoquer un énorme choc, et insuffisant pour perturber le marché actions. (Le yuan a chuté de 3% en un seul jour le 10 août 2015. Cette chute a provoqué un séisme). Cette partie de l'Accord de Shanghai, à savoir maintenir la stabilité du yuan face au dollar, sans ébranler les marchés, a fonctionné conformément au plan. 

    Mais qu'en est-il de l'euro et du yen ?
    - Leur histoire est bien plus intéressante. Le volet dollar/yen du plan a fonctionné à merveille. Le graphique ci-dessous mesure l'étendue du renforcement du yen depuis l'Accord de Shanghai. La flèche rouge indique la date de l'Accord de Shanghai.
     

    Depuis, le nombre de yens nécessaire à l'achat d'un dollar a chuté de 113 à 110 : la valeur du yen a donc grimpé de 12% en sept mois. C'est un mouvement considérable, sur le plan des taux de change, qui modifie les termes des échanges commerciaux en faveur de la Chine et au détriment du Japon. 

    Les investisseurs qui pensaient que la Banque du Japon "allait intervenir" afin de déprécier le yen ont été déçus, et cela ne va pas s'arrêter là. Notre estimation selon laquelle le yen s'échangerait au-dessous de 100 s'est réalisée il y a quelques jours. La tendance à la hausse du yen demeure intacte. 

    - Du côté de l'euro, l'histoire est plus compliquée. L'euro a légèrement baissé face au dollar, depuis l'accord de Shanghai, contrairement à ce que souhaitait le G4. C'est essentiellement dû aux inquiétudes concernant l'Europe, avant et après le Brexit, et à la fuite vers le dollar qu'elles ont créée. Les banques européennes font également face à une pénurie de dollars et échangent des euros contre des dollars afin d'honorer leurs passifs libellés en dollars. Par conséquent, l'euro n'a pas affiché de hausse vers les niveaux de 1,20 ou 1,25 dollar qu'il doit atteindre afin de donner un coup de pouce à la Chine. 

    Lorsque vous savez ce que les banques centrales tentent de faire et que vous voyez qu'elles n'y parviennent pas, la prévision est simple : vous pouvez être sûr qu'elles vont essayer de plus belle. Le renforcement de l'euro face au dollar sera le grand sujet de discussion, lors du G20, le 4 septembre. 

    Ces mêmes pays qui ont élaboré l'Accord de Shanghai étudieront des moyens de renforcer l'euro et de venir encore plus en aide à la Chine. Le fait que le sommet se déroule en Chine et que le président chinois, Xi, préside également le G20 cette année, devrait augmenter la pression. 

    L'Accord, la Fed, les taux... et les actions
    Mais quel est le rapport entre ce gymkhana des devises et les actions américaines ?
     

    Notre hypothèse de départ est la suivante : par rapport à l'Accord de Shanghai initial, le renforcement de l'euro ne s'est pas accompli. Cela signifie que la Banque centrale européenne n'élargira pas son assouplissement quantitatif au-delà des niveaux actuels, et qu'elle n'enfoncera pas davantage les taux en territoire négatif. 

    Cela signifie également que la Fed ne relèvera pas ses taux dans un proche avenir, car ce relèvement ferait grimper le dollar au lieu de le faire baisser. 

    Il est possible que la Fed relève les taux en décembre – mais il est plus probable qu'elle le fasse au plus tôt début 2017. Et quand bien même, il faudrait une inflation bien plus forte avant que cela ne se produise. Vous pouvez sereinement faire fi des chiffres de l'emploi : la création d'emploi a été forte mais le lien entre emploi et inflation, tel que la Fed l'envisage, s'est totalement rompu. Pour la Fed, le seul but de sa politique est d'obtenir de l'inflation. Le moyen le plus rapide d'y parvenir, dans un contexte déflationniste, c'est d'orchestrer la baisse du dollar. Or c'est précisément ce que nous prévoyons. 

    Tout bien considéré, la baisse du dollar, la hausse du yen et de l'euro sont toutes prévues. 

    Quelles conséquences pour l'économie américaine ?
    Pour les entreprises américaines, c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle. Tout dépend de la façon dont les termes des échanges commerciaux affecteront les facteurs de production de chaque entreprise et de ses concurrents.
     

    Si vous êtes Boeing, un dollar bas peut vous aider à exporter vos avions face à Airbus. Mais si vous êtes un importateur américain qui importe de l'énergie ou des matières de base et que votre clientèle est essentiellement nationale, alors un dollar faible réduira vos marges à mesure que les coûts de production augmenteront. 

    Il n'est pas facile d'identifier les gagnants et les perdants, dans cette bataille des taux de change. Il faut avoir cerné les fondamentaux des entreprises et de la demande nationale, ainsi que l'impact de l'évolution des termes relatifs aux échanges commerciaux. Au-delà encore, il faut rechercher des sociétés dont le cours de l'action est toujours en lévitation, et qui n'est pas encore tombé de haut face à la nouvelle réalité des taux de change. 

     

    Notre analyste, Gaël Deballe, a recherché le meilleur moyen de jouer la carte du sommet du G20, de la réactualisation de l'Accord de Shanghai et de la future dépréciation du dollar. Sa recommandation, à retrouver dans Trade Confidentiels, vous permettra de bien vous positionner afin d'engranger de forts profits dans un contexte d'incertitude élevée. 


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  • L’Afro pessimisme est de retour

    Christian d’Alayer 25/05/2016

     

    Avec la baisse actuelle du prix des matières premières, les Afro-pessimistes font à nouveau entendre leurs plaintes délétères. Ainsi RFI a-t-elle diffusé le 19 mars dernier une émission sur ce thème avec comme invitée vedette, Sylvie Brunel, géographe, professeur à la Sorbonne et auteur d’un livre, L’Afrique est-elle si bien partie ?, dont le nom se suffit à lui-même. Au mois d’avril suivant, la revue sud-africaine Strategic Marketing Africa publiait un long dossier remettant en cause la notion de classe moyenne africaine (La classe moyenne africaine, une question très politique). L’extrême droite française s’est elle aussi déchaînée au nom, cette fois, du refus de voir l’Afrique sans les Blancs réussir quoi que ce soit. Sur le site RealPolitik.TV du député européen apparenté FN, Aymeric Chauprade, Pascal Gauchon, autre figure du mouvement, s’est lancée dans une rétrospective des Afro-pessimismes et Afro-optimismes en relevant que l’Afro-optimisme ne régna que lorsque les prix des matières premières flambèrent… Des sources autrement plus politiquement correctes ont effectué les mêmes analyses, tel le site Terangaweb, création de l’association L’Afrique des Idées qui peut être considérée comme un cercle de réflexion sur l’Afrique très aligné: il est proche du groupe Le Monde dont le secteur Afrique fut il n’y a guère géré par l’homme qui osa écrire « Négrologie », un pamphlet résolument raciste sur le continent africain. Et dont le succès en France semble avoir marqué à jamais l’ex-quotidien de référence de l’Hexagone.  Enfin et même des organismes et/ou personnalités plus ouvertes aux réalités africaines se sont dressés contre l’Afro-optimisme en le renvoyant dos-à-dos à l’Afro-pessimisme : L’IFRI (Institut français des relations internationales) ou le milliardaire somalien Mo Ibrahim, par ailleurs créateur d’un prix de bonne gouvernance en Afrique, ont ainsi rejeté les deux démarches au profit d’un « Afro-réalisme » pas vraiment défini.

    Cette liste n’étant bien entendu pas exhaustive, elle permet de cataloguer ces critiques du développement africain :

    -          Les nostalgiques de l’Afro-pessimisme des années 1970 et 1980 se retrouvent bien entendu en tête du palmarès. Sylvie Brunel en est l’égérie actuelle, descendante du professeur Dumont dont elle a repris partiellement le titre de sa thèse (L’Afrique noire est mal partie, 1962) Leurs idées simplistes s’appuient et sur la démographie très vigoureuse du continent noir, et sur la déliquescence des Etats subsahariens. Ils se disent que ces deux faits empêchent toute espérance de sortie de la pauvreté, quels que soient par ailleurs les autres paramètres du développement.

    -          Je n’insiste pas trop sur la thèse encore plus simpliste de l’extrême droite française qui n’a visiblement et toujours pas digéré les Indépendances : avant, c’était bien ; après, c’est très mal… Notez que la tête pensante ( ?) de cette vision de l’Afrique est Bernard Lugan, enseignant et chercheur, qui semble avoir cessé de regarder l’Afrique bien avant d’être né. Son regard rétrospectif lui permet donc quelques fulgurances du fait de la pérennité de pas mal de traits de société tant d’Afrique que d’ailleurs. Mais il ne voit pas l’Afrique moderne et n’en comprend pas les ressorts tant économiques que sociaux…

    -          Un grand nombre de détracteurs refusent par ailleurs de voir d’autres ressorts, puisqu’il en est question, que celui du prix des matières premières dans le développement de l’Afrique. Il existait jadis un journal, très bien fait d’ailleurs, qui était à la pointe de cette vision, le regretté Marchés Tropicaux et Méditerranéens (je crois qu’il existe encore une pâle version en ligne)

    -          Et, in fine mais non des moindres puisque, cette fois-ci, c’est l’hebdomadaire Jeune Afrique qui en est l’égérie en France, restent les partisans durs et purs de la « bonne gouvernance » : l’Afrique étant mal gouvernée, elle ne peut se développer quels que soient les autres paramètres. On peut leur associer ceux qui, surtout à gauche, croient également dur comme fer que seule une bonne répartition des richesses est à même de faire décoller l’Afrique.

    Force est donc de répondre à cet Afro-pessimisme de retour. Je commence par le plus difficile car j’ai déjà développé dans un article de début 2013 des arguments contre tous ceux qui refusent d’admettre qu’on puisse se développer sans bonne gouvernance et sans démocratie (Economie et bonne gouvernance : quel rapport ?) J’avais publié alors le palmarès de Bo Ibrahim en y ajoutant les performances des pays en matière de croissance économique : il n’y avait pas corrélation. De même qu’il n’y avait aucune corrélation entre le tableau de Transparency International et les performances économiques. J’ai enfin publié plus récemment (2014) un article, L’Afrique au seuil du décollage, dans lequel j’adjoignais un graphique (indice de Gini) démontrant que les inégalités étaient moindres en Afrique qu’en Asie et qu’en Amérique latine.

    Je dois ajouter aujourd’hui que ce fait est normal : dans le processus de développement, aisément vérifiable dans le passé de l’Occident, l’accumulation du capital, indispensable à la création d’outils de production de masse, précède forcément la redistribution. L’Asie et l’Amérique latine étant plus avancées dans le processus de développement que l’Afrique, il est normal que cette dernière présente des inégalités moins fortes.

    Dernier point de cette première réplique, j’ai aussi publié fin 2015 un article (Florilège d’idées fausses sur l’Afrique) démontrant que les Africains se développaient sans Etats véritables, détruits dans l’œuf (les Indépendances datent des années 1960) par les « remèdes » de la Banque Mondiale, du FMI et des deux clubs de créanciers de l’Afrique (Londres et Paris) L’exemple du Nigeria est éloquent à cet égard, la croissance se fichant bien de l’Etat fédéral déliquescent. Et, autre phénomène notable, se moquant également des cours du pétrole, le pays ayant vu sa croissance s’amplifier en 2014 en dépit de prix en baisse.

    Cette dernière remarque répond en fait et aussi à ceux qui pensent que la baisse des recettes d’exportation va nécessairement entraîner un effondrement des économies africaines. En 2014, la croissance moyenne de l’Afrique n’enregistra qu’un léger tassement de 0,3% du seul fait des très mauvais résultats d’Afrique du nord. Et l’an dernier, la croissance ne fut amputée que de 0,9%, cette fois-ci en ajoutant les moindres exportations en valeur des pays exportateurs de pétrole. Soit 1,2% de croissance en moins en moyenne pour un prix de l’or noir divisé par deux et des baisses moyennes des prix des matières premières de l’ordre de 30% (toutes sources Banque Mondiale) : l’économie africaine ne repose plus que sur ses matières premières, CQFD !

    Ce qui répond aussi à ceux qui refusent d’accepter qu’une classe moyenne émerge peu à peu sur le continent. Car comment peuvent-ils alors expliquer que la croissance continue en dépit des baisses des recettes d’exportation ? J’ai là aussi déjà démontré que l’Afrique était le continent où l’entrepreneuriat était le plus fort du monde, les salariés ne représentant que 18% des actifs. En l’absence d’investissements étrangers, les Africains ont de fait développé leurs propres productions au travers de PME autofinancées ou financées par la famille (le taux d’épargne des ménages a grimpé au dessus de 20% du PIB)

    ***

    Voilà pour le principal. Faut-il réellement répondre aux nostalgiques de l’Afro pessimisme ? Sylvie Brunel me fait penser à l’abbé Pierre : elle raisonne au travers des Africains pauvres. Mais confie-t-on le ministère de l’économie d’un continent à la charité ? Bien sûr que le développement est inégalitaire par excellence puisqu’il faut d’abord accumuler du capital avant de distribuer les richesses. Surtout en Afrique où la solidarité traditionnelle est si forte que bon nombre d’entrepreneurs n’ont pas la possibilité d’accumuler beaucoup de richesses. L’étape d’accumulation est d’autant plus indispensable que les investisseurs étrangers font toujours défaut en dépit de ce que racontent certains médias : même pas 0,5% du PIB africain depuis des lustres…

    Revoyons maintenant les détracteurs de la classe moyenne africaine. Ils comparent, ces gens, les besoins des Africains sortis de la pauvreté aux classes moyennes occidentales. Ce, parce que quelques patrons de multinationales sentent qu’ils ne perceront pas sur le continent. La culture africaine n’est de fait pas encore mondialisée. On fait ses courses au marché, les enfants ne portent pas de vêtements de marque, les plats surgelés n’ont pas de client et personne ne stigmatise là bas les cinquantenaires qui ne portent pas de montre Rolex ! La Banque Mondiale a seulement relevé que plus de la moitié aujourd’hui des Africains avait de quoi se payer plus que l’indispensable. Et avant de se précipiter sur le nec plus ultra de l’électronique « reliée », cette moitié pensera à des choses plus terre-à-terre comme le logement ou la voiture. D’où le succès de l’Africain le plus riche, Aliko Dangote, construit avec du…ciment, CQFD !

    Est-il nécessaire de répondre aux excités du colonialisme ? Bernard Lugan a même été évincé de l’Ecole de Guerre, c’est-dire ! On peut toutefois leur suggérer d’aller voir sur le site de la Banque Mondiale les performances de pays comme le Botswana, le Mozambique, le Nigeria ou l’Ethiopie, les champions de la croissance continentale. Le mieux est sans doute de leur demander de comparer les courbes démographiques des pays africains avant et après les Indépendances : ils verront ce que pèse réellement la médecine coloniale qu’ils vénèrent religieusement…

    Deux derniers mots pour les écologistes occidentaux qui redoutent la croissance démographique africaine en expliquant d’ailleurs qu’elle empêche le développement : un, la Chine vient d’annuler sa politique d’un enfant par famille en regardant sa pyramide des âges 25 ans après sa mise en œuvre. Une bombe à retardement ! Deux, la démographie africaine décélère au fur et à mesure que l’urbanisation augmente. Eux qui prônaient, avec leur « professeur Dumont », le maintient des populations en milieu rural avaient tout faux ! C’est en ville que les femmes réduisent le nombre de leurs enfants, pas en brousse…

    Bien entendu, ce plaidoyer n’empêchera pas des gens qui « accèdent à la lumière » en disant pis que pendre de l’Afrique de continuer à lui nuire de la sorte. Et il n’empêchera pas non plus nombre d’intellectuels africains émigrés de refuser viscéralement d’admettre qu’ils auraient pu rester au pays. Ceux-là persisteront donc et signeront toujours le pire sur leurs origines. Les arguments sérieux n’ont jamais pris le pas sur les sentiments. Et, dans le fond, ça n’est pas plus mal : en attaquant systématiquement l’Afrique post coloniale, ces gens obligent les Africains à réfléchir sur leurs maux. Et les inégalités sont des maux, tout comme le chômage, notamment urbain. Dans des pays pauvres, il faut vraiment choisir, ce qui n’est pas le cas des pays riches où les hauts salaires et les dividendes ont plus à voir avec la spéculation qu’avec les investissements…

     

     


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  • Pourquoi l’or africain se porte mal

    Christian d’Alayer – 21/04/2016

     

    « Depuis son ouverture en 2000, la mine d'or de Morila, située à 280 km au sud-est de Bamako et détenue par Rangold Resources, AngloGold Ashanti et le gouvernement malien, fermerait ses portes courant 2019 » L’information est d’autant plus surprenante qu’en 2014, les responsables maliens tablaient sur une nouvelle augmentation de la production de la mine phare qui a fait du pays le 3e producteur d’or d’Afrique derrière l’incontournable Afrique du Sud et le Ghana ou « Gold Coast ».

     

    Et ce, alors que les données mondiales sur l’or font apparaître un net et durable surplus de la demande sur l’offre : selon Planétoscope (site internet donnant en ligne et en temps réel la production d’un très grand nombre de matières premières), données vérifiées en outre, la demande mondiale annuelle est constamment égale ou supérieure à 4500 tonnes. Tandis que la production n’est que de l’ordre de 2300 à 2800 tonnes selon les années. Le marché est donc structurellement déficitaire et tant les prix que les projets d’extraction devraient être tirés vers le haut…

     

    Je me souviens m’être penché sur l’or ghanéen dans les années 1980, à une époque où le prix de l’or, bien que déconnecté du dollar, n’arrivait pas à décoller de 150 dollar l’once (environ 30 grammes). De nouvelles techniques d’extraction permirent de descendre le prix de revient à 100 $ l’once, relançant ainsi l’extraction dans bon nombre de mines. Je me repenche sur la question aujourd’hui et m’aperçois que le prix d’extraction est en moyenne proche de 1200 $ l’once ! « La baisse des coûts de production des mines d’or signe une reprise possible. Les coûts de production de l’or ont été multipliés par quatre en 14 ans. Cette mauvaise gestion des mines aurifères a fait valser leurs PDG. La nouvelle rigueur qui est de mise pourra-t-elle redorer le blason de ce secteur? » Cet article de Claude Bejet d’ Or & Matières Premières explique ce qui s’est passé : avec la hausse générale des prix des matières premières ayant suivi l’envolée de ceux de l’or noir, les prix du métal jaune ont grimpé. Jusqu’à 1900$ l’once en 2011, plus de 10 fois son prix des années 1980. Et les producteurs ne se sont plus retenus. On parle de chauffeurs de camions payés 70 000 $ par an, de PDG payés plus cher que les patrons de multinationales américaines ou françaises. Et tout est allé à vau l’eau, de la moindre fourniture de bureau au plus sophistiqué des matériels de laboratoire.

     

    Si bien que lorsque le prix de l’once est retombé à 1200 $, les compagnies ont perdu de l’argent. D’autant que plusieurs d’entre elles ne tenaient même pas compte dans leurs prévisions des coûts indirects tels que les redevances aux Etats ! Il s’agissait de coûts d’extraction stricto sensu… En 2014 et sur la lancée de 2011, les mines du monde entier ont encore fait des merveilles : pour la première fois, le plafond de production a été pulvérisé avec un total mondial de 3300 tonnes. D’où les prévisions euphoriques des responsables nationaux. La mine de Morila est donc victime du resserrement des coûts de production et sera condamnée si les cours ne remontent pas très au dessus de l’actuel moyenne de 1100/1200 $ l’once. Bien sûr, les exploitants promettent des compensations aux populations locales, un grand projet agroindustriel notamment. Mais si des gens aussi compétents que ceux de l’Anglo-American ou de Randgold lancent de tels projets de substitution, c’est qu’ils n’envisagent pas une remontée de l’or à court ou moyen terme.

     

    L’avenir est de fait imprévisible. D’un côté, il y a ce déficit structurel de l’offre qui va être accru par la baisse des investissements dans le secteur : le Monde extraira moins d’or en 2016 qu’en 2015, c’est sûr, tandis qu’il y aura encore moins de découvertes de site dans les années à venir qu’auparavant.  On parle actuellement d’un recul de 3% en 2016 en matière de production et d’une stagnation des réserves prouvées autour de 10 années de consommation (environ 40 000 tonnes)

     

    Mais de l’autre, il y a la demande qui, pour l’or, n’est pas occidentale mais essentiellement asiatique : depuis 2014, la Chine a redépassé l’Inde avec une consommation globale de 1100 tonnes. Ajoutés aux achats indiens, notamment de joaillerie (dans les 800 tonnes annuelles), on voit que ces deux seuls pays génèrent près de la moitié des achats d’or mondiaux. l’Occident mène d’autant moins le jeu dans ce domaine que la Chine s’est retirée du système occidental de cotation et a créé son propre système. Comme l’Asie est aussi la première région productrice du monde devant l’Afrique, on voit que ce marché a aujourd’hui totalement échappé à ceux qui, il n’y a guère, se ruaient sur le métal jaune.

     

    Les prévisions des traders occidentaux sont donc fatalement absentes de ce court tableau. Il y a bien ceux qui prévoient un éclatement de la bulle des actions, autrement dit de la surfinanciarisation des économies occidentales, et qui escomptent  fatalement une ruée des investisseurs sur l’or. Mais l’achat d’or est devenu plus que difficile pour les particuliers de l’Union européenne : les lingots sont interdits et les pièces, terriblement réglementées. La décote des bijoux par rapport au prix du carat net décourage par ailleurs ceux qui voudraient reporter leur frénésie sur l’or travaillé…

     

    C’est donc dans les travées des banques chinoises qu’on peut éventuellement chercher des prévisions. Pour s’apercevoir que le marché est surveillé comme le lait sur le feu par un gouvernement chinois qui veut aujourd’hui imposer le yuan comme monnaie mondiale de réserve et, de ce fait, achète de l’or à foison avec les dollars qui lui brûlent de plus en plus les doigts. Et qui dit acheteur dit pression à la baisse sur les prix de la part d’un Etat lui-même gros producteur : le marché n’est pas libre et non faussé, c’est le moins qu’on puisse dire, sachant en outre que les Chinois, eux, réfléchissent toujours à long terme.

     

    On comprend que, dans ces conditions, les compagnies minières cherchent avant tout à retrouver le chemin des bénéfices en taillant, certes, dans les coûts, mais en fermant aussi celles de leurs mines les moins rentables. Si vous regardez le tableau 3 vous pouvez-voir qu’il y a un effet de seuil en matière d’extraction d’or. Et si l’Afrique du sud, aujourd’hui le Mali, ont vu décroître le nombre de leurs sites en activité, c’est aussi parce que les sites fermés ne produisaient pas assez de métal pur pour pouvoir effectuer des économies d’échelle suffisantes. Morila, dans sa meilleure année, ne dépassa pas les 16 tonnes tandis que la meilleure mine d’Afrique du sud ne dépasse pas les 18 tonnes par an.

     

    Encadré 1

    Le mystère de l’or allemand

    A l’époque de la guerre froide, l’Allemagne confia jusqu’à 60% de ses réserves d’or aux banques centrales américaines et françaises. Lingots que, sous la pression de l’opinion publique, elle veut rapatrier le plus vite possible : 3384 tonnes en tout, la deuxième réserve d’or du monde derrière celle des Etats Unis. Ce qui engendra une certaine panique du côté des débiteurs qui, de leur côté, avaient plutôt vendu de l’or pour faire tomber les cours d’une part et relancer l’intérêt des investissements en action ; et pour avoir des liquidités au moment de la crise de 2008 afin de pouvoir renflouer les banques et le secteur automobile de leurs pays respectifs. Toujours est-il que le rapatriement ne peut se faire qu’au compte gouttes, 120 tonnes par ci, 120 tonnes par là, et que l’Allemagne n’est pas prête de récupérer rapidement tout son or…

     

    Encadré 2

    A quoi sert l’or ?

    Comme réserve de change (12% du total), bien sûr et on vient de voir que les Allemands en étaient abondamment pourvus…sur le papier. Ces lourds lingots de réserve (plus de 10 kg) ne se retrouvent pas sur le marché consacré d’abord et surtout à la joaillerie (43%) Les lingots d’1 kg ne sont plus vendus aux particuliers que dans certains pays au contraire des pièces et médailles que l’on trouve partout. Cet or qu’on peut appeler d’investissement représente tout de même le second poste des achats d’or dans le monde avec 36% du total. L’industrie ferme le cortège des utilisateurs avec un petit 10%. A noter que la joaillerie a commencé à produire des bijoux en or moins pur, 18 carats au lieu de 24 carats, afin de pouvoir vendre des bijoux à une clientèle élargie…  

     

    1-      Production d’or dans le monde en 2014 (en tonnes d’or pur -24 carat)

    (Source : Or-Argent.EU –site d’information sur les pièces d’or et d’argent)

    Pays

    2014

    Chine

    462.0

    Australie

    272.4

    Russie

    266.2

    USA

    210.8

    Pérou

    171.0

    Afrique du Sud

    167.9

    Canada

    151.3

    Mexique

    110.4

    Ghana

    104.1

    Brésil

    90.5

    Indonésie

    89.5

    Ouzbékistan

    85.0

    Papouasie

    67.2

    Argentine

    60.0

    Tanzanie

    50.8

    Kazakhstan

    49.2

    Mali

    48.6

    Chili

    44.5

    Colombie

    43.6

    Philippines

    40.4

    Reste du Monde

    547.7

    Total

    3,133

     

    2 – Production d’or en Afrique (en tonnes d’or pur -24 carats)

    (estimations New Africa d’après divers sources)

    Pays

    2015

    RSA

    180

    Ghana

    90

    Tanzanie

    50

    Mali

    50

    Guinée

    15

    Zimbabwe

    15

    28 autres pays

    90

    Total Afrique

    490

     

    3-      Les 20 plus grosses mines d’or dans le monde (en tonnes d’or pur -24 carats)

    (Source : Or-Argent.EU)

    Mine

    Pays

    Opérateur

    Production en 2014

    Muruntau

    Ouzbékistan

    Navoi

    61.0

    Grasberg*

    Indonésie

    Freeport

    35.2

    Pueblo Viejo*

    R. Dominicaine

    Barrick

    34.5

    Yanacocha*

    Pérou

    Newmont

    30.2

    Carlin Ops

    USA

    Newmont

    28.2

    Cortez

    USA

    Barrick

    28.1

    Goldstrike

    USA

    Barrick

    28.1

    Olympiada

    Russie

    Polyus

    22.6

    Veladero

    Argentine

    Barrick

    22.5

    Boddington

    Australie

    Newmont

    21.6

    Kupol

    Russie

    Kinross

    21.3

    Lihir

    Papouasie

    Newcrest

    21.3

    Kalgoorlie Super Pit

    Australie

    Barrick/Newmont

    20.3

    Cadia Valley

    Australie

    Newcrest

    18.8

    Oyu Tolgoi*

    Mongolie

    Turquoise Hill (Rio)

    18.3

    Lagunas Norte

    Pérou

    Barrick

    18.1

    Driefontein

    Afrique du Sud

    Sibanye

    17.7

    Penasquito

    Mexique

    Goldcorp

    17.7

    Kumtor

    Kirghizstan

    Centerra

    17.7

    Tarkwa

    Ghana

    Gold fields

    17.4

     

     

     


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