• La guerre des monnaies :

    une info vraiment confidentielle

    (L'éditeur, Agora, l'a retiré de ses sites le lendemain même de sa diffusion. Comme l'info n'est pas bidon, il y a forcément une raison soit d'erreur ponctuelle, soit d'ultra confidentialité...)

     

    Ce que nous réserve le G20

    Jim Rickards, rédacteur en chef de Trade Confidentiels

    Cher investisseur, 

    Il y a quelques temps, en mars, nous vous avions averti qu'une réunion clandestine avait eu lieu et qu'elle déterminerait les tendances monétaires internationales des deux prochaines années. Cette réunion a abouti à ce que nous avons appelé "l'Accord de Shanghai". Les grands médias ont douté de l'existence même de cet accord... jusqu'à ce que tout ce que nous avions prévu se réalise. 

    Une nouvelle rencontre est prévue, au cours du sommet du G20 qui a lieu en ce moment en Chine : c'est la réunion la plus importante depuis la conclusion de l'Accord de Shanghai, le 26 février dernier. Pour le G20, c'est l'occasion de passer en revue la façon dont les choses ont évolué depuis le mois de février, et de réactualiser son plan de bataille concernant les taux de change. 

    Cela devrait aboutir à une nouvelle dépréciation du dollar, et une baisse des résultats enregistrés par les sociétés américaines dépendant des importations. Vous pourriez donc réaliser d'énormes gains si vous vous positionnez du bon côté de cette tendance. 

    Comment pouvons-nous connaître ces résultats avant que la réunion ait eu lieu ? C'est simple. Nous sommes attentifs. Dans Trade Confidentiels alerte après alerte, j'explique à mes lecteurs ce que concoctent les élites du système monétaire, et comment les battre à leur propre jeu. 

    Commençons par un rapide tour d'horizon. 

    A l'origine était l'Accord de Shanghai
    L'Accord Shanghai est un pacte secret conclu entre banques centrales et ministres des Finances, lors du sommet du G20 de Shanghai, le 26 février 2016. Janet Yellen, de la Fed, Mario Draghi, de la BCE, Haruhiko Kuroda, de la Banque du Japon, étaient présents, ainsi que d'autres membres éminents de l'élite monétaire. Même si c'était un sommet du G20, c'est un G4 parallèle (Etats-Unis, Europe, Japon, Chine) qui a mené le jeu.
     

    La Chine avait besoin de déprécier sa monnaie afin de sauver son économie d'une implosion du crédit. L'objectif du G4 était d'affaiblir le yuan chinois sans perturber les marchés financiers occidentaux. La dévaluation unilatérale orchestrée par la Chine, en août et décembre 2015, avait en effet provoqué l'effondrement des places boursières dans le monde. 

    La solution consistait à maintenir le peg (arrimage) entre le yuan et le dollar et à déprécier le dollar face au yen et à l'euro. Cela signifiait que le yuan se déprécierait également par rapport au yen et à l'euro. Les Etats-Unis et la Chine seraient gagnants alors que le Japon et l'Europe seraient perdants. Personne n'était censé remarquer quoi que ce soit car le taux de changes dollar/yuan demeurerait intact. 

    Les plans de l'élite monétaire sont une chose, mais les résultats concrets en sont une autre. 

    Observons comment s'est réellement déroulé cet Accord de Shanghai depuis le mois de février. 

    Depuis le jour de cet accord, le yuan chinois a chuté par rapport au dollar, passant de 6,55/1 à 6,65/1 (22 août 2016). Cela représente une baisse de 1,5% du yuan en sept mois. C'est suffisant pour apporter un peu d'oxygène à la Chine sans provoquer un énorme choc, et insuffisant pour perturber le marché actions. (Le yuan a chuté de 3% en un seul jour le 10 août 2015. Cette chute a provoqué un séisme). Cette partie de l'Accord de Shanghai, à savoir maintenir la stabilité du yuan face au dollar, sans ébranler les marchés, a fonctionné conformément au plan. 

    Mais qu'en est-il de l'euro et du yen ?
    - Leur histoire est bien plus intéressante. Le volet dollar/yen du plan a fonctionné à merveille. Le graphique ci-dessous mesure l'étendue du renforcement du yen depuis l'Accord de Shanghai. La flèche rouge indique la date de l'Accord de Shanghai.
     

    Depuis, le nombre de yens nécessaire à l'achat d'un dollar a chuté de 113 à 110 : la valeur du yen a donc grimpé de 12% en sept mois. C'est un mouvement considérable, sur le plan des taux de change, qui modifie les termes des échanges commerciaux en faveur de la Chine et au détriment du Japon. 

    Les investisseurs qui pensaient que la Banque du Japon "allait intervenir" afin de déprécier le yen ont été déçus, et cela ne va pas s'arrêter là. Notre estimation selon laquelle le yen s'échangerait au-dessous de 100 s'est réalisée il y a quelques jours. La tendance à la hausse du yen demeure intacte. 

    - Du côté de l'euro, l'histoire est plus compliquée. L'euro a légèrement baissé face au dollar, depuis l'accord de Shanghai, contrairement à ce que souhaitait le G4. C'est essentiellement dû aux inquiétudes concernant l'Europe, avant et après le Brexit, et à la fuite vers le dollar qu'elles ont créée. Les banques européennes font également face à une pénurie de dollars et échangent des euros contre des dollars afin d'honorer leurs passifs libellés en dollars. Par conséquent, l'euro n'a pas affiché de hausse vers les niveaux de 1,20 ou 1,25 dollar qu'il doit atteindre afin de donner un coup de pouce à la Chine. 

    Lorsque vous savez ce que les banques centrales tentent de faire et que vous voyez qu'elles n'y parviennent pas, la prévision est simple : vous pouvez être sûr qu'elles vont essayer de plus belle. Le renforcement de l'euro face au dollar sera le grand sujet de discussion, lors du G20, le 4 septembre. 

    Ces mêmes pays qui ont élaboré l'Accord de Shanghai étudieront des moyens de renforcer l'euro et de venir encore plus en aide à la Chine. Le fait que le sommet se déroule en Chine et que le président chinois, Xi, préside également le G20 cette année, devrait augmenter la pression. 

    L'Accord, la Fed, les taux... et les actions
    Mais quel est le rapport entre ce gymkhana des devises et les actions américaines ?
     

    Notre hypothèse de départ est la suivante : par rapport à l'Accord de Shanghai initial, le renforcement de l'euro ne s'est pas accompli. Cela signifie que la Banque centrale européenne n'élargira pas son assouplissement quantitatif au-delà des niveaux actuels, et qu'elle n'enfoncera pas davantage les taux en territoire négatif. 

    Cela signifie également que la Fed ne relèvera pas ses taux dans un proche avenir, car ce relèvement ferait grimper le dollar au lieu de le faire baisser. 

    Il est possible que la Fed relève les taux en décembre – mais il est plus probable qu'elle le fasse au plus tôt début 2017. Et quand bien même, il faudrait une inflation bien plus forte avant que cela ne se produise. Vous pouvez sereinement faire fi des chiffres de l'emploi : la création d'emploi a été forte mais le lien entre emploi et inflation, tel que la Fed l'envisage, s'est totalement rompu. Pour la Fed, le seul but de sa politique est d'obtenir de l'inflation. Le moyen le plus rapide d'y parvenir, dans un contexte déflationniste, c'est d'orchestrer la baisse du dollar. Or c'est précisément ce que nous prévoyons. 

    Tout bien considéré, la baisse du dollar, la hausse du yen et de l'euro sont toutes prévues. 

    Quelles conséquences pour l'économie américaine ?
    Pour les entreprises américaines, c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle. Tout dépend de la façon dont les termes des échanges commerciaux affecteront les facteurs de production de chaque entreprise et de ses concurrents.
     

    Si vous êtes Boeing, un dollar bas peut vous aider à exporter vos avions face à Airbus. Mais si vous êtes un importateur américain qui importe de l'énergie ou des matières de base et que votre clientèle est essentiellement nationale, alors un dollar faible réduira vos marges à mesure que les coûts de production augmenteront. 

    Il n'est pas facile d'identifier les gagnants et les perdants, dans cette bataille des taux de change. Il faut avoir cerné les fondamentaux des entreprises et de la demande nationale, ainsi que l'impact de l'évolution des termes relatifs aux échanges commerciaux. Au-delà encore, il faut rechercher des sociétés dont le cours de l'action est toujours en lévitation, et qui n'est pas encore tombé de haut face à la nouvelle réalité des taux de change. 

     

    Notre analyste, Gaël Deballe, a recherché le meilleur moyen de jouer la carte du sommet du G20, de la réactualisation de l'Accord de Shanghai et de la future dépréciation du dollar. Sa recommandation, à retrouver dans Trade Confidentiels, vous permettra de bien vous positionner afin d'engranger de forts profits dans un contexte d'incertitude élevée. 


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  • L’Afro pessimisme est de retour

    Christian d’Alayer 25/05/2016

     

    Avec la baisse actuelle du prix des matières premières, les Afro-pessimistes font à nouveau entendre leurs plaintes délétères. Ainsi RFI a-t-elle diffusé le 19 mars dernier une émission sur ce thème avec comme invitée vedette, Sylvie Brunel, géographe, professeur à la Sorbonne et auteur d’un livre, L’Afrique est-elle si bien partie ?, dont le nom se suffit à lui-même. Au mois d’avril suivant, la revue sud-africaine Strategic Marketing Africa publiait un long dossier remettant en cause la notion de classe moyenne africaine (La classe moyenne africaine, une question très politique). L’extrême droite française s’est elle aussi déchaînée au nom, cette fois, du refus de voir l’Afrique sans les Blancs réussir quoi que ce soit. Sur le site RealPolitik.TV du député européen apparenté FN, Aymeric Chauprade, Pascal Gauchon, autre figure du mouvement, s’est lancée dans une rétrospective des Afro-pessimismes et Afro-optimismes en relevant que l’Afro-optimisme ne régna que lorsque les prix des matières premières flambèrent… Des sources autrement plus politiquement correctes ont effectué les mêmes analyses, tel le site Terangaweb, création de l’association L’Afrique des Idées qui peut être considérée comme un cercle de réflexion sur l’Afrique très aligné: il est proche du groupe Le Monde dont le secteur Afrique fut il n’y a guère géré par l’homme qui osa écrire « Négrologie », un pamphlet résolument raciste sur le continent africain. Et dont le succès en France semble avoir marqué à jamais l’ex-quotidien de référence de l’Hexagone.  Enfin et même des organismes et/ou personnalités plus ouvertes aux réalités africaines se sont dressés contre l’Afro-optimisme en le renvoyant dos-à-dos à l’Afro-pessimisme : L’IFRI (Institut français des relations internationales) ou le milliardaire somalien Mo Ibrahim, par ailleurs créateur d’un prix de bonne gouvernance en Afrique, ont ainsi rejeté les deux démarches au profit d’un « Afro-réalisme » pas vraiment défini.

    Cette liste n’étant bien entendu pas exhaustive, elle permet de cataloguer ces critiques du développement africain :

    -          Les nostalgiques de l’Afro-pessimisme des années 1970 et 1980 se retrouvent bien entendu en tête du palmarès. Sylvie Brunel en est l’égérie actuelle, descendante du professeur Dumont dont elle a repris partiellement le titre de sa thèse (L’Afrique noire est mal partie, 1962) Leurs idées simplistes s’appuient et sur la démographie très vigoureuse du continent noir, et sur la déliquescence des Etats subsahariens. Ils se disent que ces deux faits empêchent toute espérance de sortie de la pauvreté, quels que soient par ailleurs les autres paramètres du développement.

    -          Je n’insiste pas trop sur la thèse encore plus simpliste de l’extrême droite française qui n’a visiblement et toujours pas digéré les Indépendances : avant, c’était bien ; après, c’est très mal… Notez que la tête pensante ( ?) de cette vision de l’Afrique est Bernard Lugan, enseignant et chercheur, qui semble avoir cessé de regarder l’Afrique bien avant d’être né. Son regard rétrospectif lui permet donc quelques fulgurances du fait de la pérennité de pas mal de traits de société tant d’Afrique que d’ailleurs. Mais il ne voit pas l’Afrique moderne et n’en comprend pas les ressorts tant économiques que sociaux…

    -          Un grand nombre de détracteurs refusent par ailleurs de voir d’autres ressorts, puisqu’il en est question, que celui du prix des matières premières dans le développement de l’Afrique. Il existait jadis un journal, très bien fait d’ailleurs, qui était à la pointe de cette vision, le regretté Marchés Tropicaux et Méditerranéens (je crois qu’il existe encore une pâle version en ligne)

    -          Et, in fine mais non des moindres puisque, cette fois-ci, c’est l’hebdomadaire Jeune Afrique qui en est l’égérie en France, restent les partisans durs et purs de la « bonne gouvernance » : l’Afrique étant mal gouvernée, elle ne peut se développer quels que soient les autres paramètres. On peut leur associer ceux qui, surtout à gauche, croient également dur comme fer que seule une bonne répartition des richesses est à même de faire décoller l’Afrique.

    Force est donc de répondre à cet Afro-pessimisme de retour. Je commence par le plus difficile car j’ai déjà développé dans un article de début 2013 des arguments contre tous ceux qui refusent d’admettre qu’on puisse se développer sans bonne gouvernance et sans démocratie (Economie et bonne gouvernance : quel rapport ?) J’avais publié alors le palmarès de Bo Ibrahim en y ajoutant les performances des pays en matière de croissance économique : il n’y avait pas corrélation. De même qu’il n’y avait aucune corrélation entre le tableau de Transparency International et les performances économiques. J’ai enfin publié plus récemment (2014) un article, L’Afrique au seuil du décollage, dans lequel j’adjoignais un graphique (indice de Gini) démontrant que les inégalités étaient moindres en Afrique qu’en Asie et qu’en Amérique latine.

    Je dois ajouter aujourd’hui que ce fait est normal : dans le processus de développement, aisément vérifiable dans le passé de l’Occident, l’accumulation du capital, indispensable à la création d’outils de production de masse, précède forcément la redistribution. L’Asie et l’Amérique latine étant plus avancées dans le processus de développement que l’Afrique, il est normal que cette dernière présente des inégalités moins fortes.

    Dernier point de cette première réplique, j’ai aussi publié fin 2015 un article (Florilège d’idées fausses sur l’Afrique) démontrant que les Africains se développaient sans Etats véritables, détruits dans l’œuf (les Indépendances datent des années 1960) par les « remèdes » de la Banque Mondiale, du FMI et des deux clubs de créanciers de l’Afrique (Londres et Paris) L’exemple du Nigeria est éloquent à cet égard, la croissance se fichant bien de l’Etat fédéral déliquescent. Et, autre phénomène notable, se moquant également des cours du pétrole, le pays ayant vu sa croissance s’amplifier en 2014 en dépit de prix en baisse.

    Cette dernière remarque répond en fait et aussi à ceux qui pensent que la baisse des recettes d’exportation va nécessairement entraîner un effondrement des économies africaines. En 2014, la croissance moyenne de l’Afrique n’enregistra qu’un léger tassement de 0,3% du seul fait des très mauvais résultats d’Afrique du nord. Et l’an dernier, la croissance ne fut amputée que de 0,9%, cette fois-ci en ajoutant les moindres exportations en valeur des pays exportateurs de pétrole. Soit 1,2% de croissance en moins en moyenne pour un prix de l’or noir divisé par deux et des baisses moyennes des prix des matières premières de l’ordre de 30% (toutes sources Banque Mondiale) : l’économie africaine ne repose plus que sur ses matières premières, CQFD !

    Ce qui répond aussi à ceux qui refusent d’accepter qu’une classe moyenne émerge peu à peu sur le continent. Car comment peuvent-ils alors expliquer que la croissance continue en dépit des baisses des recettes d’exportation ? J’ai là aussi déjà démontré que l’Afrique était le continent où l’entrepreneuriat était le plus fort du monde, les salariés ne représentant que 18% des actifs. En l’absence d’investissements étrangers, les Africains ont de fait développé leurs propres productions au travers de PME autofinancées ou financées par la famille (le taux d’épargne des ménages a grimpé au dessus de 20% du PIB)

    ***

    Voilà pour le principal. Faut-il réellement répondre aux nostalgiques de l’Afro pessimisme ? Sylvie Brunel me fait penser à l’abbé Pierre : elle raisonne au travers des Africains pauvres. Mais confie-t-on le ministère de l’économie d’un continent à la charité ? Bien sûr que le développement est inégalitaire par excellence puisqu’il faut d’abord accumuler du capital avant de distribuer les richesses. Surtout en Afrique où la solidarité traditionnelle est si forte que bon nombre d’entrepreneurs n’ont pas la possibilité d’accumuler beaucoup de richesses. L’étape d’accumulation est d’autant plus indispensable que les investisseurs étrangers font toujours défaut en dépit de ce que racontent certains médias : même pas 0,5% du PIB africain depuis des lustres…

    Revoyons maintenant les détracteurs de la classe moyenne africaine. Ils comparent, ces gens, les besoins des Africains sortis de la pauvreté aux classes moyennes occidentales. Ce, parce que quelques patrons de multinationales sentent qu’ils ne perceront pas sur le continent. La culture africaine n’est de fait pas encore mondialisée. On fait ses courses au marché, les enfants ne portent pas de vêtements de marque, les plats surgelés n’ont pas de client et personne ne stigmatise là bas les cinquantenaires qui ne portent pas de montre Rolex ! La Banque Mondiale a seulement relevé que plus de la moitié aujourd’hui des Africains avait de quoi se payer plus que l’indispensable. Et avant de se précipiter sur le nec plus ultra de l’électronique « reliée », cette moitié pensera à des choses plus terre-à-terre comme le logement ou la voiture. D’où le succès de l’Africain le plus riche, Aliko Dangote, construit avec du…ciment, CQFD !

    Est-il nécessaire de répondre aux excités du colonialisme ? Bernard Lugan a même été évincé de l’Ecole de Guerre, c’est-dire ! On peut toutefois leur suggérer d’aller voir sur le site de la Banque Mondiale les performances de pays comme le Botswana, le Mozambique, le Nigeria ou l’Ethiopie, les champions de la croissance continentale. Le mieux est sans doute de leur demander de comparer les courbes démographiques des pays africains avant et après les Indépendances : ils verront ce que pèse réellement la médecine coloniale qu’ils vénèrent religieusement…

    Deux derniers mots pour les écologistes occidentaux qui redoutent la croissance démographique africaine en expliquant d’ailleurs qu’elle empêche le développement : un, la Chine vient d’annuler sa politique d’un enfant par famille en regardant sa pyramide des âges 25 ans après sa mise en œuvre. Une bombe à retardement ! Deux, la démographie africaine décélère au fur et à mesure que l’urbanisation augmente. Eux qui prônaient, avec leur « professeur Dumont », le maintient des populations en milieu rural avaient tout faux ! C’est en ville que les femmes réduisent le nombre de leurs enfants, pas en brousse…

    Bien entendu, ce plaidoyer n’empêchera pas des gens qui « accèdent à la lumière » en disant pis que pendre de l’Afrique de continuer à lui nuire de la sorte. Et il n’empêchera pas non plus nombre d’intellectuels africains émigrés de refuser viscéralement d’admettre qu’ils auraient pu rester au pays. Ceux-là persisteront donc et signeront toujours le pire sur leurs origines. Les arguments sérieux n’ont jamais pris le pas sur les sentiments. Et, dans le fond, ça n’est pas plus mal : en attaquant systématiquement l’Afrique post coloniale, ces gens obligent les Africains à réfléchir sur leurs maux. Et les inégalités sont des maux, tout comme le chômage, notamment urbain. Dans des pays pauvres, il faut vraiment choisir, ce qui n’est pas le cas des pays riches où les hauts salaires et les dividendes ont plus à voir avec la spéculation qu’avec les investissements…

     

     


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  • Pourquoi l’or africain se porte mal

    Christian d’Alayer – 21/04/2016

     

    « Depuis son ouverture en 2000, la mine d'or de Morila, située à 280 km au sud-est de Bamako et détenue par Rangold Resources, AngloGold Ashanti et le gouvernement malien, fermerait ses portes courant 2019 » L’information est d’autant plus surprenante qu’en 2014, les responsables maliens tablaient sur une nouvelle augmentation de la production de la mine phare qui a fait du pays le 3e producteur d’or d’Afrique derrière l’incontournable Afrique du Sud et le Ghana ou « Gold Coast ».

     

    Et ce, alors que les données mondiales sur l’or font apparaître un net et durable surplus de la demande sur l’offre : selon Planétoscope (site internet donnant en ligne et en temps réel la production d’un très grand nombre de matières premières), données vérifiées en outre, la demande mondiale annuelle est constamment égale ou supérieure à 4500 tonnes. Tandis que la production n’est que de l’ordre de 2300 à 2800 tonnes selon les années. Le marché est donc structurellement déficitaire et tant les prix que les projets d’extraction devraient être tirés vers le haut…

     

    Je me souviens m’être penché sur l’or ghanéen dans les années 1980, à une époque où le prix de l’or, bien que déconnecté du dollar, n’arrivait pas à décoller de 150 dollar l’once (environ 30 grammes). De nouvelles techniques d’extraction permirent de descendre le prix de revient à 100 $ l’once, relançant ainsi l’extraction dans bon nombre de mines. Je me repenche sur la question aujourd’hui et m’aperçois que le prix d’extraction est en moyenne proche de 1200 $ l’once ! « La baisse des coûts de production des mines d’or signe une reprise possible. Les coûts de production de l’or ont été multipliés par quatre en 14 ans. Cette mauvaise gestion des mines aurifères a fait valser leurs PDG. La nouvelle rigueur qui est de mise pourra-t-elle redorer le blason de ce secteur? » Cet article de Claude Bejet d’ Or & Matières Premières explique ce qui s’est passé : avec la hausse générale des prix des matières premières ayant suivi l’envolée de ceux de l’or noir, les prix du métal jaune ont grimpé. Jusqu’à 1900$ l’once en 2011, plus de 10 fois son prix des années 1980. Et les producteurs ne se sont plus retenus. On parle de chauffeurs de camions payés 70 000 $ par an, de PDG payés plus cher que les patrons de multinationales américaines ou françaises. Et tout est allé à vau l’eau, de la moindre fourniture de bureau au plus sophistiqué des matériels de laboratoire.

     

    Si bien que lorsque le prix de l’once est retombé à 1200 $, les compagnies ont perdu de l’argent. D’autant que plusieurs d’entre elles ne tenaient même pas compte dans leurs prévisions des coûts indirects tels que les redevances aux Etats ! Il s’agissait de coûts d’extraction stricto sensu… En 2014 et sur la lancée de 2011, les mines du monde entier ont encore fait des merveilles : pour la première fois, le plafond de production a été pulvérisé avec un total mondial de 3300 tonnes. D’où les prévisions euphoriques des responsables nationaux. La mine de Morila est donc victime du resserrement des coûts de production et sera condamnée si les cours ne remontent pas très au dessus de l’actuel moyenne de 1100/1200 $ l’once. Bien sûr, les exploitants promettent des compensations aux populations locales, un grand projet agroindustriel notamment. Mais si des gens aussi compétents que ceux de l’Anglo-American ou de Randgold lancent de tels projets de substitution, c’est qu’ils n’envisagent pas une remontée de l’or à court ou moyen terme.

     

    L’avenir est de fait imprévisible. D’un côté, il y a ce déficit structurel de l’offre qui va être accru par la baisse des investissements dans le secteur : le Monde extraira moins d’or en 2016 qu’en 2015, c’est sûr, tandis qu’il y aura encore moins de découvertes de site dans les années à venir qu’auparavant.  On parle actuellement d’un recul de 3% en 2016 en matière de production et d’une stagnation des réserves prouvées autour de 10 années de consommation (environ 40 000 tonnes)

     

    Mais de l’autre, il y a la demande qui, pour l’or, n’est pas occidentale mais essentiellement asiatique : depuis 2014, la Chine a redépassé l’Inde avec une consommation globale de 1100 tonnes. Ajoutés aux achats indiens, notamment de joaillerie (dans les 800 tonnes annuelles), on voit que ces deux seuls pays génèrent près de la moitié des achats d’or mondiaux. l’Occident mène d’autant moins le jeu dans ce domaine que la Chine s’est retirée du système occidental de cotation et a créé son propre système. Comme l’Asie est aussi la première région productrice du monde devant l’Afrique, on voit que ce marché a aujourd’hui totalement échappé à ceux qui, il n’y a guère, se ruaient sur le métal jaune.

     

    Les prévisions des traders occidentaux sont donc fatalement absentes de ce court tableau. Il y a bien ceux qui prévoient un éclatement de la bulle des actions, autrement dit de la surfinanciarisation des économies occidentales, et qui escomptent  fatalement une ruée des investisseurs sur l’or. Mais l’achat d’or est devenu plus que difficile pour les particuliers de l’Union européenne : les lingots sont interdits et les pièces, terriblement réglementées. La décote des bijoux par rapport au prix du carat net décourage par ailleurs ceux qui voudraient reporter leur frénésie sur l’or travaillé…

     

    C’est donc dans les travées des banques chinoises qu’on peut éventuellement chercher des prévisions. Pour s’apercevoir que le marché est surveillé comme le lait sur le feu par un gouvernement chinois qui veut aujourd’hui imposer le yuan comme monnaie mondiale de réserve et, de ce fait, achète de l’or à foison avec les dollars qui lui brûlent de plus en plus les doigts. Et qui dit acheteur dit pression à la baisse sur les prix de la part d’un Etat lui-même gros producteur : le marché n’est pas libre et non faussé, c’est le moins qu’on puisse dire, sachant en outre que les Chinois, eux, réfléchissent toujours à long terme.

     

    On comprend que, dans ces conditions, les compagnies minières cherchent avant tout à retrouver le chemin des bénéfices en taillant, certes, dans les coûts, mais en fermant aussi celles de leurs mines les moins rentables. Si vous regardez le tableau 3 vous pouvez-voir qu’il y a un effet de seuil en matière d’extraction d’or. Et si l’Afrique du sud, aujourd’hui le Mali, ont vu décroître le nombre de leurs sites en activité, c’est aussi parce que les sites fermés ne produisaient pas assez de métal pur pour pouvoir effectuer des économies d’échelle suffisantes. Morila, dans sa meilleure année, ne dépassa pas les 16 tonnes tandis que la meilleure mine d’Afrique du sud ne dépasse pas les 18 tonnes par an.

     

    Encadré 1

    Le mystère de l’or allemand

    A l’époque de la guerre froide, l’Allemagne confia jusqu’à 60% de ses réserves d’or aux banques centrales américaines et françaises. Lingots que, sous la pression de l’opinion publique, elle veut rapatrier le plus vite possible : 3384 tonnes en tout, la deuxième réserve d’or du monde derrière celle des Etats Unis. Ce qui engendra une certaine panique du côté des débiteurs qui, de leur côté, avaient plutôt vendu de l’or pour faire tomber les cours d’une part et relancer l’intérêt des investissements en action ; et pour avoir des liquidités au moment de la crise de 2008 afin de pouvoir renflouer les banques et le secteur automobile de leurs pays respectifs. Toujours est-il que le rapatriement ne peut se faire qu’au compte gouttes, 120 tonnes par ci, 120 tonnes par là, et que l’Allemagne n’est pas prête de récupérer rapidement tout son or…

     

    Encadré 2

    A quoi sert l’or ?

    Comme réserve de change (12% du total), bien sûr et on vient de voir que les Allemands en étaient abondamment pourvus…sur le papier. Ces lourds lingots de réserve (plus de 10 kg) ne se retrouvent pas sur le marché consacré d’abord et surtout à la joaillerie (43%) Les lingots d’1 kg ne sont plus vendus aux particuliers que dans certains pays au contraire des pièces et médailles que l’on trouve partout. Cet or qu’on peut appeler d’investissement représente tout de même le second poste des achats d’or dans le monde avec 36% du total. L’industrie ferme le cortège des utilisateurs avec un petit 10%. A noter que la joaillerie a commencé à produire des bijoux en or moins pur, 18 carats au lieu de 24 carats, afin de pouvoir vendre des bijoux à une clientèle élargie…  

     

    1-      Production d’or dans le monde en 2014 (en tonnes d’or pur -24 carat)

    (Source : Or-Argent.EU –site d’information sur les pièces d’or et d’argent)

    Pays

    2014

    Chine

    462.0

    Australie

    272.4

    Russie

    266.2

    USA

    210.8

    Pérou

    171.0

    Afrique du Sud

    167.9

    Canada

    151.3

    Mexique

    110.4

    Ghana

    104.1

    Brésil

    90.5

    Indonésie

    89.5

    Ouzbékistan

    85.0

    Papouasie

    67.2

    Argentine

    60.0

    Tanzanie

    50.8

    Kazakhstan

    49.2

    Mali

    48.6

    Chili

    44.5

    Colombie

    43.6

    Philippines

    40.4

    Reste du Monde

    547.7

    Total

    3,133

     

    2 – Production d’or en Afrique (en tonnes d’or pur -24 carats)

    (estimations New Africa d’après divers sources)

    Pays

    2015

    RSA

    180

    Ghana

    90

    Tanzanie

    50

    Mali

    50

    Guinée

    15

    Zimbabwe

    15

    28 autres pays

    90

    Total Afrique

    490

     

    3-      Les 20 plus grosses mines d’or dans le monde (en tonnes d’or pur -24 carats)

    (Source : Or-Argent.EU)

    Mine

    Pays

    Opérateur

    Production en 2014

    Muruntau

    Ouzbékistan

    Navoi

    61.0

    Grasberg*

    Indonésie

    Freeport

    35.2

    Pueblo Viejo*

    R. Dominicaine

    Barrick

    34.5

    Yanacocha*

    Pérou

    Newmont

    30.2

    Carlin Ops

    USA

    Newmont

    28.2

    Cortez

    USA

    Barrick

    28.1

    Goldstrike

    USA

    Barrick

    28.1

    Olympiada

    Russie

    Polyus

    22.6

    Veladero

    Argentine

    Barrick

    22.5

    Boddington

    Australie

    Newmont

    21.6

    Kupol

    Russie

    Kinross

    21.3

    Lihir

    Papouasie

    Newcrest

    21.3

    Kalgoorlie Super Pit

    Australie

    Barrick/Newmont

    20.3

    Cadia Valley

    Australie

    Newcrest

    18.8

    Oyu Tolgoi*

    Mongolie

    Turquoise Hill (Rio)

    18.3

    Lagunas Norte

    Pérou

    Barrick

    18.1

    Driefontein

    Afrique du Sud

    Sibanye

    17.7

    Penasquito

    Mexique

    Goldcorp

    17.7

    Kumtor

    Kirghizstan

    Centerra

    17.7

    Tarkwa

    Ghana

    Gold fields

    17.4

     

     

     


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  • L’Occident, un empire policier…

    Christian d’Alayer – avril 2016

    Bonjour. Si vous avez lu mon texte sur la fin de l’empire occidental, vous avez peut-être noté que j’annonçais un texte sur le flicage de masse dans cet empire. Après réflexion, il m’est apparu que cette affaire méritait un autre texte, pas quelques lignes dans l’exposé général sur la disparition d’un empire.

    Ca aussi se passe sous vos yeux et vous en verrez l’apothéose de votre vivant. Car, face à son déclin, les dirigeants de cet empire ont, je vous l’ai dit, tenté d’appauvrir les peuples européens en espérant que les peuples en développement, en s’enrichissant, amènerait une sorte d’équilibre concurrentiel permettant à l’Occident d’enrayer son déclin. Et je vous ai expliqué que c’était impossible car les pays en voie d’émergence faisaient, eux, de l’industrie tandis que l’Occident s’abimait dans le marketing : les salaires n’étaient pas l’unique cause du déséquilibre…

    Fort bien, mais allez faire avaler à des nations entières leur appauvrissement quasi délibéré (et l’enrichissement fatal d’une toute petite partie de la population) sans que ça provoque des émeutes ! Les gouvernements ont donc commencé à être renvoyés les uns après les autres. L’establishment –entendez les multinationales et les banques- ont donc forcé les partis –l’Occident vis dans le bipartisme, grosso modo gauche contre droite- à adopter la même politique, tout bêtement en ralliant à leur cause les fameux « experts » Des économistes notamment qui pondent les chiffres qu’il faut au moment qu’il faut. En France, une association de professeur d’économie regroupant la plupart des économistes de banque ainsi qu’une institution prestigieuse, la Cour des Comptes. Aux Etat Unis, une université, celle de Chicago, sous la férule d’un professeur d’économie aimablement nobélisé pour sa trouvaille, Friedman, le père de l’économie dite de l’offre. Deux personnages à poigne, Thatcher en Angleterre et Reagan aux Etats Unis ont ensuite imposé la vision appelée « néolibérale », en fait ultra libérale à leurs pays respectifs. En Europe, ce sont les Allemands qui se sont chargés du boulot, d’abord avec un mec de gauche, Schröder, puis une femme de droite aidé d’un handicapé, le tandem Merkel (la gentille)/Schauble (le méchant) Les Français, idéologiquement décérébrés, ont suivi le petit doigt sur la couture du pantalon…

    Ca a tenu une quinzaine d’années. Mais pas plus et, partout, on a vu des oppositions de plus en plus dures à cette tentative stupide (car vouée d’entrée à l’échec), écologiques en France et en Allemagne, Indignés un peu partout ailleurs, de Siriza aux Indignés de Wall Street en passant par Podemos. Tant que ça ne se ressentait pas dans les urnes, pas grave. Et notre Establishment s’est donc efforcé d’empêcher ces mouvements de gagner les élections : en quelques années seulement, les multinationales et les banques se sont emparées de l’ensemble –et je dis bien « l’ensemble »- des médias occidentaux : il n’y a plus aucun économiste non libéral qui puisse aujourd’hui s’exprimer en public. Les guerriers ont même réussi des percés spectaculaires dans ces moyens d’information et de formation des consciences. Le Pentagone par exemple a financé des tonnes de films jusqu’à faire oublier « Rencontre du 3e type » ou « ET » : désormais, c’est le soldat Ryan, Captain America et Star Wars qui dominent Hollywood. Et en France, vous connaissez bien sûr Dassault et Lagardère contrôlant à eux seuls les trois quarts de la presse quotidienne française. Pourquoi des guerriers ? Parce que ces gens n’ont pas oublié la 2e guerre mondiale et le boom économique consécutif aux « efforts de guerre », entendez aux commandes passées aux industries de l’armement, tant en Allemagne qu’en Angleterre et aux Etats Unis. Et puis ces industries disposent de beaucoup d’argent…

    Mais ça n’a pas suffit non plus et le « populisme » comme les ultra libéraux appellent tous ceux qui ne sont pas d’accord avec eux, a continué à croître. Et c’est là qu’est apparu le radicalisme islamique. Ca a commencé, souvenez-vous, par Al Qaida, une création qu’on sait aujourd’hui de la CIA, à l’origine pour combattre les Russes en Afghanistan. Al Qaida qui a « attaqué » les Etats Unis en piratant des avions et les faisant s’écraser à New York et sur le Pentagone. On sait aujourd’hui que l’Arabie Saoudite a été mêlée étroitement à cette attaque dont la spontanéité et la « pureté » ne sont donc plus évidentes. Quoiqu’il en soit, cet acte de terrorisme a permis aux dirigeants américains de promouvoir une législation terriblement policière. Imaginez qu’il suffit qu’un flic traite un suspect de terroriste pour que celui-ci échappe à la vigilance et à la protection de la justice ! D’autres mesures ont été prises, toute de plus en plus restrictive de libertés, jusqu’aux écoutes téléphoniques sans visa préalable d’un juge.

    L’Europe a suivi et, curieusement, la France de Hollande, cet homme soi-disant de gauche qui s’est montré le plus liberticide des hommes politiques français depuis le maréchal Pétain ! Car lui ne s’est pas contenté de mesures policières : il a lancé un gigantesque flicage bancaire au niveau européen qui n’est pour l’instant stoppé que par le Parlement européen tout de même inquiet devant ces velléités liberticides. Mais sachez que les Suédois par exemple sont déjà passés à ce flicage économique et sont donnés en exemple (en excuse ?) par les apparatchiks du parti socialiste français.

     

    Si bien que l’empire qui a prôné la démocratie comme valeur phare de sa civilisation, s’est en fait couché totalement dessus : que signifie le droit de vote quand le droit d’être informé et d’être éduqué est totalement entre les mains d’une idéologie liberticide ? Et que signifient des élections quand la véritable opposition n’a pas le droit à la parole ? Ne croyez pas que les dirigeants occidentaux s’arrêteront à ces premières mesures : malgré tout ce qu’ils ont pu faire pour obliger les populations à obéir, les « populistes » commencent à gagner les élections. Ce qui est insupportable pour des gens qui estiment que le monde ne peut être que mondialisé ou mourir. Leurs médias diabolisent donc à mort les partis « populistes » (souverainistes en fait) et cela marchera sans doute encore et cette année aux Etats Unis, et en 2017 en France et en Europe. Mais comme leur politique continuera à débecter les électeurs, les souverainistes finiront bien par l’emporter : déjà les électeurs britanniques pourraient sortir leur pays de l’Europe dès cette année. Et dans les 5 ou 10 ans maximum à venir, les souverainistes l’emporteront dans de grands pays telle la France. Et si la France succombe, alors c’en sera fini de l’Europe libérale et mondialiste. Donc de l’Occident libéral et mondialiste. Croyez-vous que les multinationales et les banques laisseront faire ? Je ne sais pas ce qui sortira de leurs nombreux « think tank » (groupes de réflexion) mais je gage qu’entre les annulations d’élections et le soudoiement des nouveaux dirigeants, voire les coups d’Etats, cet Occident policier ne se laissera pas détruire facilement…


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  • Pourquoi existe-t-il si peu de leaders en Islam ?

    Christian d’Alayer – 25 mars 2016

     

    Lorsqu’Hassan 2, père de l’actuel roi du Maroc et Commandeur des croyants, décrète la « Marche Verte » en 1975 pour signifier à l’Espagne que le Sahara occidental est marocain, il n’a guère de mal à mobiliser les 350 000 personnes nécessaire à sa démonstration de force. Et quand, fin 1978, Khomeiny appelle les foules iraniennes à renverser le Shah, c’est par millions que répondent « présent » les fidèles de l’ayatollah. Longtemps avant, en 1956, Nasser avait électrisé les foules et, via la Russie s’interposant, obligé les Français et les Anglais à retirer les troupes qui avaient été envoyées tant pour reprendre le contrôle du Canal de Suez que pour faire rentrer l’Egypte dans le giron occidental. Feu Kadhafi avait aussi séduit, au-delà des Musulmans d’Afrique, des millions d’autres continentaux au point, très certainement, d’attirer les foudres d’un Etat français ne se résignant pas à laisser son air d’influence disparaître sans combattre. Mais peu d’homme (ne parlons même pas de femme en Islam !) ont en fait pu mener les foules musulmanes et encore moins les réformer durablement, du moins depuis les grands ancêtres, à commencer par le prophète Mohamed. C’est qu’on est sudiste, ici, donc clanique et fort en gueule. Le pourtour de la Méditerranée est peuplé d’humains civilisés depuis plus longtemps que la plupart des autres peuples et, de ce fait, peu faciles à manipuler. Hors les paysans non développés et plus à même d’être entraînés dans de grandes aventures telles les hordes napoléoniennes, les grands discours se heurtent toujours à beaucoup plus de scepticisme qu’on ne le croit au nord de « Mare Nostrum » Tenez, Alger s’est piquée de réformes féministes et a donc accueilli dans les rangs de sa Police des jeunes femmes préposées d’abord à des tâches volontiers délaissées par leurs collègues mâles. Dont la circulation. Un cauchemar ! J’ai vu ces pauvres femmes tenter même d’arrêter une file de voiture pour laisser passer une autre file. Un homme aurait déjà eu du mal dans ce pays de durs à cuire. Mais une femme ! Marseille est censée être la ville des magouilles. Un cousin aujourd’hui décédé et qui fut chef d’agence bancaire dans cette cité m’avait raconté qu’il voyait des hommes d’affaire lui présenter des dossiers en béton auxquels il était prêt à souscrire les yeux fermés. Jusqu’au moment où il s’apercevait qu’une infime magouille avait été glissée dans le projet : l’homme d’affaire n’avait pas pu résister ! Et bien le sud de la Méditerranée, c’est la même chose en plus fort. Parce qu’il faut forcément mêler un chef de clan à son affaire, parce que l’initiateur se méfie des autres (souvent à juste titre, notamment vis-à-vis des pots de vin) ou tout bêtement par habitude. Vous voyez, vous, un être capable de transcender ces vies compliquées en les amenant à converger vers un but unique et commun ?! La culture donc des peuples de la Méditerranée ne se prête pas bien à l’avènement de quelques nouveaux messies. Khomeiny et son successeur n’ont pu s’imposer que grâce et aux commerçants traditionnalistes des souks et, surtout, aux campagnes encore plus traditionnalistes et plus religieuses. Les Commandeurs des croyants marocains sont aussi rois et puissants rois, toujours dépositaires de redoutables pouvoirs au sein d’une société terriblement hiérarchisée par le système corrompu du Makhzen (système pyramidale de corruption) Nasser embrassait l’immense manteau de la volonté de revanche de populations jadis maîtresses du monde puis colonisées. Tout comme Kadhafi… C’est dans ce contexte que les Wahhabites saoudiens ont pu déverser leur poison non pas dans les têtes des masses musulmanes, mais dans celles, déjantées d’immigrés maghrébins de 2e générations rejetés par le système scolaire et ayant préalablement versé dans la délinquance (la prison s’avérant le lien commun à tous les terroristes recensés) Ils l’imposèrent par ailleurs dans les pays conquis par leurs soldats d’autant plus facilement que le pouvoir mis en place à Bagdad rejetait les Sunnites dans une opposition forcément armée et que les Occidentaux cherchèrent par ailleurs à abattre le nassérien Assad en Syrie. Mais je doute que ce salafisme ait aussi pénétré l’âme des Sunnites ainsi libérés du joug de pouvoirs centraux honnis. Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse, dit le dicton français. Qu’importent les contingences pourvu qu’on ait l’argent et les armes, pourraient dire les généraux de Saddam Hussein renvoyés dans leurs foyers sans soldes mais avec troupes, armes et bagages ! Faut-il donc, pour combattre ce wahhabisme, faire surgir une nouvelle et grande figure de l’Islam appelant cette fois-ci à un Djihad contre les…djihadistes ? Outre le fait qu’on n’en trouvera pas, son besoin ne me paraît pas essentiel : les foules musulmanes de partout ne sont pas salafistes. Point n’est besoin de les immuniser contre la doctrine folle de bédouins qu’elles exècrent en grande majorité. Les Musulmans aiment la culture et, pour eux, l’Egypte a été et reste encore le « phare » Il suffit de combattre…l’Arabie saoudite et encore mieux car ça n’entraîne pas de morts, le pétrole. Supprimez l’importance du pétrole dans le monde et, pfffuit, l’influence wahhabite s’évapore avec leur argent. Le bon discours à tenir en Europe est donc un discours violemment anti-saoudien, que cela plaise ou non à nos élites corrompues par le fric. Et les foules musulmanes se feront un plaisir d’en rajouter ! Mais que demander à des dirigeants européens qui ont mis à leur tête l’ancien premier ministre d’un paradis fiscal ? Ils préfèrent encore que prolifère la doctrine qui enfante terroristes après terroristes. Et puis l’OTAN les en empêche aussi : on ne cogne pas sur un allié essentiel des Américains, non mais des fois ! Et voilà pourquoi, Mesdames et Messieurs, le terrorisme en Europe n’est pas prêt de finir…


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