• Aidez les historiens blancs à écrire votre histoire !

    Article pour le Gri-Gri International du 22/06/07<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Rubrique : Con de blanc<o:p></o:p>

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    Aidez les historiens blancs à écrire votre histoire !<o:p></o:p>

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    Bonjour ! C’est le con de blanc qui vous écrit de Paris pour vous demander de l’aide. J’ai en effet un gros problème : Mandela –vous savez, « le » Mandela d’Afrique du sud, votre héro- a-t-il ou non favorisé le fils de son meilleur ami pour lui succéder ? Ou, tout au contraire, a-t-il subi l’ignoble loi démocratique et a-t-il dû sacrifier le dit fiston aimé sur l’hôtel, justement, de la démocratie ?

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    Ne riez pas, noirs lecteurs : votre histoire, faute d’être écrite chez vous, est bel et bien réécrite chez nous, à commencer par celle de celui de vos contemporains que vous préférez le plus. Jusqu’en 2004, pas de problème : Nelson Mandela cède le pouvoir à Tabo Mbeki, point final. Sauf qu’au passage, on oublie que la fin de l’Apartheid n’est pas due qu’à un homme d’exception, mais à la lutte de tout un peuple, soutenu notamment par une frange importante de l’opinion publique américaine qui boycotte sévèrement les entreprises anglo-saxonnes investissant dans l’Afrique du sud des racistes blancs. Et c’est là que la bât blesse, comme on disait dans la vieille France : car ce peuple noir en lutte possède bien d’autres figures de proue que Nelson Mandela, notamment un Cyril Ramaphosa qui crée le syndicat des mineurs, négocie la fin de l’Apartheid avec les Blancs et rédige la nouvelle constitution sud-africaine. Le bonhomme, d’une fabuleuse intelligence, est élu à la tête de l’ANC et sera même désigné par les Irlandais comme personnalité externe au conflit anglo-irlandais pour « observer » le désarmement des uns et des autres…

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    Las ! Mandela choisit le fils de son meilleur ami, un aristocrate xhosa comme lui, Tabo Mbeki, par ailleurs vice-président, pour lui succéder plutôt que Ramaphosa, secrétaire général de l’ANC mais fils, lui, d’un sergent de ville (un « flic de quartier ») qui n’a jamais connu Mandela et qui est très loin d’appartenir à l’aristocratie noire sud-africaine. Ca, c’est l’histoire avant 2004. Car, à cette époque, un journaliste anglais de la BBC (qui fait donc autorité), dit exactement le contraire : pour lui, on ne sait ni pourquoi, ni comment, c’est Cyril Ramaphosa le fils du meilleur ami de Mandela et Tabo Mbeki « l’homme de l’ANC ». Et Nelson Mandela s’incline alors devant la volonté populaire en renonçant à désigner Ramaphosa comme son successeur…

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    Ce ne serait pas grave si, en France, deux années plus tard, un socialiste de renom, Jack Lang, ne faisait écrire un livre sur Mandela par ses « nègres » qui, se basant sur les archives de la BBC, ressortent intégralement la thèse stupide en l’amplifiant : Nelson Mandela est le plus grand des démocrates puisqu’il cède aux exigences de l’ANC plutôt que de pousser la candidature du fiston de son copain. Et voilà comment est en train de s’écrire la légende de Mandela qui, bien sûr, ne moufte pas puisque ça va dans le sens de sa grandeur…

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    Et on en arrive à l’après Tabo Mbeki, le fils du meilleur ami de Mandela imposé par ce dernier contre la volonté de la majorité de l’ANC : il ne peut plus se représenter, ayant effectué deux mandats. La candidature de Ramaphosa revient donc sur le tapis après que son concurrent le plus sérieux, le vice-président Jacob Zuma, ait été écarté de sa route après deux affaires délicates, l’une de viol pour laquelle il a été blanchi par les juges et l’autre de corruption.  Et comme, désormais, le génial Cyril représente le « pouvoir économique noir » en Afrique du sud, « boosté » par le fond de pension des mineurs sud-africains (il préside notamment le groupe Johnnic, principal opérateur de téléphonie mobile en RSA et au Nigeria), il a quelques chances d’être élu s’il décide de se jeter à l’eau. Les Blancs diront alors que « le fils du meilleur ami de Mandela a pris sa revanche ». Pas mal, non ?!<o:p></o:p>


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