• Avant propos

    L'Avenir éclaté

     

    Avant propos

    J'ai écris ce (long) texte entre fin 1983 et milieu 1984. Et il reste pour moi "le" texte, le plus important de tous ce que j'ai pu écrire tout au long de ma vie. Je ne sais pas s'il a véritablement structuré ma pensée ou bien si c'est ma pensée qui a engendré une "manière de penser" Car il s'agit avant tout d'une méthode d'analyse du présent afin de prévoir l'avenir, méthode qui semble manquer singulièrement aujourd'hui à l'ensemble des dirigeants occidentaux. Peu importe donc et en fait pour moi de savoir si c'est la poule qui a pondu l'œuf ou si c'est ce dernier qui a engendré la poule (d'ailleurs c'est forcément la poule qui a pondu l'œuf puisque la reproduction sexuée a toujours suivi et non précédé l'apparition des espèces, quelles qu'elles soient) : sachez seulement que je ne me souviens même plus du temps où je réfléchissais autrement qu'avec la dite méthode...

    Je vais commencer par vous livrer le contenu d'un courrier que j'avais adressé à un éditeur, je ne me rappelle plus lequel, en même temps que des bonnes feuilles et un sommaire de l'ouvrage. Par la suite j'avais dû faire dactylographier le texte (l'informatique n'existait pas encore), dactylographie dont les deux exemplaires ont été perdus chez deux autres éditeurs. Ce texte n'a de fait jamais été publié, ma signature trop humble le rendant casse-gueule pour n'importe quel éditeur : problème des essais, mon genre malheureusement préféré, qui ne sont plus aujourd'hui édités que s'ils sont signés par des personnages de premier plan...

     

    Lettre au premier éditeur potentiel

    Monsieur,

    Pour faire suite à votre demande, je vous remets tout d'abord ci-joint un bref sommaire de mon manuscrit "L'Avenir éclaté" Il s'agit d'un ouvrage en quatre partie -du plus simple au plus complexe-, toutes découlant d'un long chapitre introductif dont l'intitulé aurait pu être : "Puisque la guerre nucléaire n'aura pas lieu, que nous arrivera-t-il ?"

    Avant de tenter une synthèse rapide du contenu de mon essai, je crois utile de vous relater les conditions dans lesquelles je l'ai entrepris : j'étais depuis longtemps agacé par le simplisme outrancier avec lequel les ténors de la politique et des médias nous présentaient -et nous présentent toujours- l'avenir prévisible, qu'il s'agisse des civilisations dominantes de demain (l'Asie), de la technologie reine (l'informatique, la robotique), des rapports est-ouest (les méchants et les bons), de la spiritualité même avec ce paradoxe d'un pape ou d'un Khomeiny médiatiques face à des statistiques pour le moins ambigües à cet égard. Cette simplification abusive, faisant fi de toute culture historique, culmina à mon sens en France avec le phénomène Montand qui, vis-à-vis de l'est par exemple, condamna le communisme "réel" non pas pour son échec face aux pesanteurs de l'évolution mais pour les vices "inhérents au système" lui-même : dans cette vision, les goulags et l'antisémitisme sont une création du marxisme et non de l'histoire russe !

    J'ai par ailleurs eu suffisamment d'occasions de rencontrer des gens de l'est pour me rendre compte, entre autre, que leur peur de la guerre n'était pas une clause de style. Et ces deux muses, agacement plus découverte de mentalités que j'ignorais, m'ont conduit à tenter les écrits que je vous soumets et que je vais maintenant essayer d'analyser à votre intention.

    La couverture rédactionnelle

    L'Avenir éclaté n'est pas qu'une vision de l'avenir parmi d'autres, laquelle vision n'aurait alors que la crédibilité de sa signature : il s'agit d'une méthodologie d'appréhension  de l'avenir dans un contexte, je le souligne, où n'existe aujourd'hui que la technique du scénario. Et, partant de cette méthodologie, c'est un alors un aperçu de notre avenir à moyen et long terme qui tourne le dos aux visions partielles et souvent fantaisistes des spécialistes "grand public" Mon propos n'est donc pas dans la ligne de ces visions, il demande de l'attention. Mais je me suis efforcé de le présenter sous une forme non universitaire.

    C'est aussi l'expression d'une philosophie de l'évolution que, je l'avoue, ma main m'a révélée en grande partie en écrivant : vous verrez, si vous me lisez, que j'expose une idée pluri paramétrique de l'évolution débouchant à long terme sur des schémas de très grande ampleur. Je n'ai d'ailleurs rédigé la quatrième partie (L'homme et sa destinée)qu'après coup, tant sa présence m'est apparue nécessaire après les réflexions des trois premières parties : une conclusion imprévue à l'origine...

    Résumé

    Voilà pour le contexte, lequel explique la longueur du texte : il faut de nombreuses pages pour expliquer la complexité... Sur le fond, celle-ci se résume de la façon suivante :

    Introduction

    L'arme atomique est un bienfait qui nous oblige à la paix alors que nous n'avons cessé de nous entretuer depuis des millénaires (Les 3 cavaliers de l'Apocalypse) Ce don des Dieux nous force à évoluer civilement et c'est un avenir civil qui nous attend, très différent de notre passé militaire.

    1ere partie

    Pour tenter d'appréhender cet avenir civil, le plus facile est d'abord d'isoler ce qui n'arrivera pas, un peu comme l'on peut prédire qu'un joueur de tennis de 60 ans ne sera pas champion du monde. Des évidences (mais elles ne le sont pas pour tout le monde) apparaissent, notamment du fait de notre démographie.

    2e partie

    Viennent ensuite les "possibles", ces avenirs fonctions de nos engagements, de ceux des autres, de l'environnement, etc. Ces possibles, mentaux, technologiques, politiques, etc., sont  si nombreux, issus de tout aussi nombreux paramètres, que nous sommes loin de les connaître tous. Autant dire que cette partie est la plus dense de l'ouvrage...

    3e partie

    Après avoir isolé des évolutions probables et possibles, il m'a fallu les restituer dans des scénarii cohérents : si l'on veut avoir une idée globale de l'avenir, il est nécessaire de trouver une unité qui permette de relier ces évolutions éparses. Je n'ai pas retenu une mais plusieurs unités de réflexion, des "paramètres dominants" tels que marxisme, darwinisme, empirisme (qui est une sorte de vision libérale de l'histoire), etc. Ce qui m'a amené à critiquer fondamentalement les philosophies actuelles, beaucoup trop mono paramétrique.

    4e partie

    A la suite de ces réflexions, il m'est apparu schématiquement que, sans visées précises de notre avenir à long terme, il ne servirait à rien de prévoir les étapes intermédiaires : nous ne pourrions, au mieux, tenter de manipuler ces étapes que pour des raisons médiocres telles que volonté de puissance ou archaïsmes religieux. D'où cette dernière partie sur la destinée de l'homme dans laquelle j'ai cherché à mettre en évidence non pas "ma" philosophie mais les philosophies qui pouvaient résulter de nos tendances spirituelles actuelles. A vrai dire, j'ai pas mal débordé sur notre déterminisme dans l'évolution...

    Critique

    Un auteur peut difficilement critiquer son œuvre. Je me contenterai donc d'ajouter les précisions suivantes :

    - Mon essai est résolument mondialiste. Ce n'est pas de l'avenir de la France dont il s'agit et, par exemple, si notre longévité marque le pas en Europe, ce n'est pas le cas au niveau mondial. Il en va de même pour de nombreux autre points.

    - Je l'ai traité de manière journalistique, c'et-à-dire en rapportant des faits plutôt qu'en privilégiant des idées. Cette tentative de neutralité est moins vraie dans la dernière partie mais très perceptible dans les autres, notamment au chapitre des corrélations.

    - Enfin, de nombreuses idées émaillent le manuscrit dont certaines sont reprises d'écrits dont je me suis souvenu ; mais beaucoup d'autres restent originales : le blocage hégélien, l'organisation plus importante que la technologie, la maîtrise croissante des intrants mentaux, l'éclatement de la vie politique, etc. Dans la mesure du possible, j'ai cité les sources des idées reprises mais sans tomber dans l'enfer des renvois (il n'y en pas un seul)

     

    Voilà. J'espère vous avoir intéressé et reste bien sûr à votre disposition pour vous rencontrer si nécessaire. Quelques mots encore sur le signataire du manuscrit... J'arrêt ici car la suite n'a pas d'importance, sinon qu'elle me confirme la date à laquelle j'ai achevé ce texte : j'avais alors 34 ans, soit il y a 30 ans très exactement 


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