• campagne électorale 2012 - 3 Le Déclin, suite

     

    Campagne électorale 2012

    3- Le Déclin, suite

     

    Lutter contre notre déclin pour l’instant inexorable (voir l’article précédant) demande, vous disais-je des Etats forts, des calculs au millimètre et des négociations ardues. Car notre refus de l’immigration, seul moyen actuel de contrer nos courbes de population en berne, se heurte bien évidemment à nos chômages structurels et importants. Songez qu’il n’y a jamais eu autant de chômeurs en Europe qu’aujourd’hui ! L’emploi est donc la première variable à « travailler », ce que ne font pas des libéraux, de gauche « molle » comme de droite, pour qui le marché régule automatiquement l’économie (la fameuse « main invisible ») Tout au contraire ces libéraux taillent-ils à la hache dans les effectifs des fonctionnaires tandis que les patrons qu’ils soutiennent licencient à tour de bras pour complaire à leurs actionnaires. C’est une fuite vers le bas et on n’a jamais vu ce genre de fuite déboucher sur autre chose que l’échec. Vous avez là une des raisons qui me poussent à voter pour la « vraie gauche » et non pour Marine Le Pen dont l’intelligence de la chose internationale me paraît supérieure : un pays qui se ferme est un pays qui se recroqueville…

    Mais fermer ses frontières aux importations qui nous tuent n’est pas se recroqueviller : c’est défendre nos emplois dont je viens de dire que nous en avons prioritairement besoin. D’autant que cela peut être fait de manière civilisée, pas à la hussarde manière Edith Cresson (qui, sur le fond, avait vu juste contrairement à nos connards d’énarques qui l’ont descendue en flamme) Prenons par exemple le cas de la Chine, qui plombe nos comptes extérieurs à hauteur de 22 milliards d’euros : nous pouvons discuter en l’invitant à fabriquer chez nous des objets dont le prix de revient n’est pas fondé sur les salaires mais sur les séries. Au niveau européen, cela peut être généralisé jusqu’à limiter la casse commerciale à 50% de sa valeur préalable. Et nous pouvons également exiger de Pékin une meilleure prise en compte de nos propres productions : soit on joue le jeu de la mondialisation de manière humaine, civilisée, soit nous fermons nos portes et nous recommençons à produire ce que nous n’achetons plus aux Chinois. Tant pis si nos industriels sont idiots, multipliant les séries limitées au lieu de ne sortir que de grandes séries d’un seul produit ! Il existera toujours un petit malin pour comprendre le système…

    Avec les Allemands et les Japonais, autres grands assassins de l’équilibre de nos échanges extérieurs, la négociation sera plus aisée car nous pouvons nous approvisionner ailleurs : les Américains, avec lesquels nos échanges sont lourdement excédentaires, fabriquent tout plein de produits dont nous raffolons : machines outils, grosses cylindrées, équipements ménagers bruns, etc. De même les Coréens fabriquent des appareils photo en nombre et les Taïwanais, tout plein de mobiles téléphoniques. Bref, nous pouvons calculer, pratiquement en temps réel, la valeur de nos échanges internationaux pays par pays et catégorie par catégorie. Dès lors que nous revenons au contrôle des échanges extérieurs, les importateurs doivent obtenir une autorisation, laquelle peut se faire aisément et rapidement par internet.

    Cette étape est essentielle, précédant obligatoirement l’accueil d’immigrés en plus grand nombre qui trouveront alors le travail et l’amélioration de leurs conditions de vie qu’ils recherchent. Et il nous les faut, ces émigrés, pour rester culturellement dans le coup ! Car s’ils adoptent une grande partie de nos façons de vivre, ils nous donnent aussi une partie des leurs. Regardez à cet égard ce qu’on fait les Anglo-Saxons des différences de génération : chacun de son côté, jusqu’à l’absurde de ces cités américaines de vieux, entourées de hauts murs et gardées quasi militairement ! Aucun sudiste n’accepterait ce genre d’absurdités… Voyez ces agapes de riches, réservées aux VIP dont on parle ensuite dans la presse « people » : sachez qu’au Niger, par exemple, le riche ouvre ses portes à tous quand il donne de telles réjouissances. Aucun organe de presse n’en rend compte… Etc., y compris le sens religieux que nous avons perdu tout en nous gaussant de notre héritage judéo-chrétien. Qu’est-ce qui vous tarabuste aujourd’hui, en dehors de l’emploi et de l’insécurité ? Avoir une voiture « qui en jette », un appartement mieux placé et/ou plus grand que celui de ses plus proches amis, de l’argent à la Poste pour pouvoir aider ses enfants et/ou petits enfants. Que vous aideriez bien mieux en votant pour des dirigeants capables de prendre leurs aspirations en main ! Pensez aussi à la littérature : n’en avez-vous pas marre de ne lire que des romans policiers et de ne plus vous intéresser à des sujets plus sérieux. Les jeunes, eux, surtout côté féminin, se réintéressent à la philosophie, ne veulent même plus discuter avec vous. Ca ne vous interpelle pas ? Bref, un peu de sérieux d’importation, de retour à des valeurs plus sympa que celles du consumériste et du fric, nous fera très certainement le plus grand bien tout en nous permettant de mieux comprendre un monde qui nous échappe de plus en plus.

    Je parle ici des Occidentaux en général. La situation française me semble moins critique, sans doute parce que notre société vieillit moins vite que celles de nos voisins. Une raison de plus pour accepter l’immigration : les immigrés sont généralement jeunes et font des enfants. Mais il leur faut des emplois, sinon la machine du Front National marche à plein : les libéraux ont perdu tellement d’aura depuis les crises qu’ils sont dévalorisés. Songez que si vous additionnez les abstentions et les votes dits « extrémistes » par les « raisonnables », vous dépassez 50% des voix partout en Occident. Hollande et Sarkozy sont donc minoritaires mais l’un ou l’autre a de fortes chances d’être élu en mai 2012. Et de nous accompagner donc sans réagir vers ces camps de vieux riches servis par une armée de précaires surexploités. Le 19e siècle, déclin en plus…

    Je m’arrête là parce que si, déjà, un gouvernement de la vraie gauche arrive à remettre les rails de l’emploi en place en 5 ans, ce sera bien. La « main invisible » ne sera alors pas celle des marchés mais de la vie, la vraie, celle qui voit les mères regarder amoureusement leurs bébés, les amis rirent ensemble, les enfants grandir en ayant confiance en l’avenir, les salariés gagner leurs lieux de travail sans avoir la peur au ventre. Le reste, la fin notamment de notre élitisme dingue, issu d’un militarisme forcené, une politique étrangère « partagée » et non plus fondée sur des rapports de force, etc., tout cela ne pourra être lancé qu’après cette première étape essentielle. Et ce qui, in fine, distingue vraiment la vraie gauche de l’extrême droite, c’est que les deux veulent relancer l’emploi en gardant mieux les frontières. Mais l’extrême droite veut les garder de tout, immigrés inclus, alors que la vraie gauche ne se recroqueville pas : elle veut rééquilibrer seulement les courants de marchandises. Avec elle, la France ne deviendra pas une forteresse, bien au contraire puisqu’en outre, nos dépenses militaires devraient être revues à la baisse (pas assez à mon sens, mais son programme est dans la bonne direction)

    Ca n’est pas là un « détail » : cela veut dire que la France renonce à ses interventions militaires pour se consacrer essentiellement au développement de son économie et de ses valeurs retrouvées, valeurs qui furent jadis universelles. N’est-il pas temps de les renouveler sérieusement ? Et pourrions nous sincèrement le faire sans l’apport des immigrés ?


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