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    Campagne électorale 2012

    2- le déclin de l’Occident

    Nombre d’entre vous pensez toujours que l’Occident domine le monde. Faux : L’Union européenne élargie et les Etats Unis d’Amérique produisaient en 2010 quelques 29 400 milliards de dollars de biens et de services, en grande partie « financiarisés » (voir notamment les bulles immobilières en Espagne  ou en Irlande) Les 8 pays « basanés » faisant partie de la liste des 20 plus grandes économies mondiales totalisaient quant à elles un peu plus de 20 milliards de dollars : si vous ajoutez à ces grands pays en développement (Chine, Inde, Mexique, Corée du Sud, Taïwan, Turquie et Iran) le Japon, la totalité de l’Afrique, toute l’Amérique latine ainsi que l’ensemble des autres pays d’Asie et du Moyen Orient, vous voyez que l’Occident n’a plus la maîtrise de l’économie mondiale. Les échanges commerciaux dans l’Océan Pacifique ont d’ailleurs doublé les échanges en Atlantique nord il y a déjà plusieurs années, tant en volume qu’en valeur.

    Ce tableau n’ira pas en s’arrangeant pour nous, pauvres Occidentaux « surs d’eux et dominateurs » : les investissements d’aujourd’hui étant l’économie de demain, on notera que la Chine investit chaque année plus de 45% de son PIB contre 30% pour l’Inde et, plus généralement, un grand nombre de pays en développement qui trustent sur ce plan les premières places dans les statistiques onusiennes. Ce, tandis que les Occidentaux font pâle figure : le premier pays occidental du classement (2010) est l’Espagne qui, l’an dernier, a consacré 22,5% de son PIB à de nouvelles affaires pas toujours juteuses (l’immobilier…) Elle est N°82 et est suivie par la France, un peu plus de 19% du PIB et N°125. Les Etats Unis d’Amérique sont au 178e rang avec des investissements ne représentant plus que 12% de leur PIB. Et les autres grands pays, un peu au dessus, restent parmi les mauvais élèves de cet exercice on ne peut plus important pour l’avenir : l’Allemagne, ce modèle faussement triomphant, ne consacre que 18% de son PIB au futur contre seulement 14,7% pour la Grande Bretagne.

    Je vous fais grâce du classement en matière d’endettement public, l’Occident, tous pays pris en compte, figurant piteusement en bas, tout en bas du classement mondial : à raison d’un déficit commercial global annuel de 900 milliards de dollars et de prix des matières premières durablement élevés du fait de l’émergence de pays jadis pauvres, nous n’avons aucune chance de nous en sortir toujours dominateurs : d’ici moins de 20 ans, c’en sera fait de la domination économique mondiale de l’Occident. Mais les populations de ce dernier, les « Blancs », continuent comme si de rien n’était à reconduire des dirigeants libéraux au pouvoir. Sans se soucier d’un autre déclin encore plus grave, le déclin démographique. Leurs écologistes crient à la surpopulation de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique latine, alors les Européens et les Nord Américains font de moins en moins d’enfants tout en refusant l’entrée de plus en plus d’immigrés. C’est n’importe quoi ! Sachez à cet égard que le déclin démographique allemand est d’ores et déjà irréversible, tout comme celui de la Grèce. Le déclin italien sera bientôt irréversible tandis que les Anglo-Saxons des deux côtés de l’Atlantique nord ne sont sauvés que par l’immigration : l’Angleterre ne peut l’empêcher, Commonwealth oblige, tandis que la dite immigration n’est pas contrôlable aux Etats Unis, soumis à des entrées incalculables de « Latinos » qui font beaucoup plus d’enfants que les WASP (White Anglo Saxon Protestants) Nous continuons à progresser en France uniquement parce que les gouvernements du général de Gaulle avaient décidé d’encourager la natalité et que leurs mesures sont toujours en vigueur. Mais, globalement, le blanc est une couleur qui se raréfie rapidement dans une race humaine déjà basanée (latinos compris) aux 6/7e !

    Que nous reste-t-il donc ? Réfléchissez ici de manière posée et à fond. Car ce qui nous reste est uniquement la supériorité de nos armes. Dans un environnement en outre où les « lobbies militaro-industriels » sont au pouvoir : voyez l’Administration Bush junior, c’en était caricatural. Voyez chez nous, Dassault, Matra, EADS, Thomson… Nos média sont entre leurs mains, nos dirigeants sont copains de leurs dirigeants quand pas issus directement de leurs rangs comme aux USA, leurs lobbies sont à la fois nombreux et puissants : rappelez vous comment le père Lagardère a pu acheter le groupe Hachette, sous un gouvernement socialiste ! Bref, le risque d’interventions militaires répétées pour tenter de faire baisser le prix des matières premières est immense. Notez d’ailleurs et à ce propos que nos interventions ne se sont faites que là où nous pouvions peser sur ces prix, à commencer par ceux du pétrole (Irak, Afghanistan, Libye) puis ceux du cacao (Côte d’Ivoire) Sans réussite d’ailleurs puisque nos états guerriers ne contrôlent plus leurs entreprises : celles-ci font plus de bénéfices, c’est tout et vous vous souviendrez sans doute longtemps du cynisme médiatique du patron moustachu de Total vous annonçant benoîtement des augmentations de prix juste après de nouvelles augmentations. Le dit patron est toujours en poste, ses actionnaires (dont l’Etat français) sont contents ; et nous continuons toujours à avoir un déficit commercial global annuel de 900 milliards de $.

    C’était de la « macro », de la macroéconomie si vous ne vous en étiez pas rendus compte. Il est vrai qu’on ne vous en parle guère plus, de cette macro enquiquineuse. On vous parle de l’endettement des Etats, du déséquilibre des comptes des banques, de l’effondrement des bourses, mais sans relier ces événements à des causes globales à long terme. Ce, parce que le libéralisme prône « la main invisible du marché », la régulation automatique des économies grâce au libéralisme. Et vous ne devez absolument pas vous interrogez, dans ce cadre, sur la dangerosité, pour l’Occident, de la mondialisation. Nos belles entreprises internationales suffiraient à notre bonheur, un des ministres de Sarkozy nous l’a d’ailleurs dit : « vous devriez plutôt être contents que Total fasse partie des 5 compagnies pétrolière majeures du Monde ! » Voilà une entreprise qui s’est goinfrée sur le dos de la compagnie publique Elf, dont une partie du capital est détenue par l’Etat français, qui joue contre son pays d’origine et qui est en plus soutenue par nos dirigeants politique libéraux. Vous aimez ? Moi pas ! Et comme je sais que le « capitaine de pédalo » ne changera rien à cet état de fait (il n’y a pas que Total à jouer contre la France, pensez aux constructeurs automobiles que nous avons en plus aidés à ne pas crever il y a 2 ans à peine), je pose mon regard sur d’autres candidats, CQFD !

    Car si rien ne change, et ne change vite maintenant, notre déclin va s’accélérer en même temps que notre agressivité militaire. Réduire notre déficit commercial, c’est refuser d’ouvrir benoîtement nos frontières : il faut discuter avec nos fournisseurs, leur expliquer que si nous continuons à importer autant, nous seront bientôt dans l’incapacité de payer. Qu’ils perdront donc leurs plus gros clients… Les Chinois le savent, c’est pour cela qu’ils ménagent l’Amérique du nord et ont aidé le Portugal à se sortir de son désendettement. Les Allemands ont un déficit commercial supérieur au nôtre avec les Chinois mais se rattrapent sur le dos de leurs partenaires européens. Ils se montrent donc inflexibles, tout heureux de pouvoir jouer à nouveau au plus fort de la classe. En oubliant que nos récessions programmées par les politiques de rigueur qu’ils imposent à toute l’Europe auront fatalement des conséquences sur leurs exportations, donc sur leur croissance et sur leur niveau d’emploi. Mais le SPD (l’équivalent de notre PS) et la CDI (l’équivalent de notre UMP) sont unanimement d’accord sur cette austérité, ne pensant qu’au risque d’inflation qu’entraînerait une action de la Banque centrale européenne contre la spéculation. Notez d’ailleurs que nos banques spéculent même contre l’euro sans que cela défrise un seul cheveu de nos gouvernants. Bref, continuer sur la lancée des libéraux, c’est se casser la gueule. Libre à vous de voter pour ce cassage annoncé et certain de gueule, moi en tous cas je pourrais, demain, me regarder dans la glace en me disant que je n’ai pas été un crétin.

    Car lutter contre notre déclin économique, notre déclin démographique et contre le phantasme militaire (phantasme car aujourd’hui, les combats sont essentiellement économiques avant de devenir culturels et nos soldats n’y peuvent mais) demande autre chose que de vaines réunions du G20 et de vains mouvements de menton à la télévision, ce tout en ne faisant rien. Seuls des Etats forts peuvent remettre le train occidental sur les rails, en acceptant vraiment la montée en puissance des autres. Il faut des négociations difficiles, des calculs au millimètre, la fin du paroxysme élitiste auquel nous sommes aujourd’hui parvenus, la remise au pas définitive des financiers, bref tout un arsenal de mesures à court, moyen et long terme auquel aucun politicien actuel, de droite comme de la gauche dite « molle » par nous mais qui se dit « moderne » n’est même capable de penser. Alors, de là à l’assumer, cet arsenal de mesures indispensables !...

     


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