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    Campagne électorale 2012 – 10 et fin

    Retour de vacances

     

    J’ai un peu suivi la campagne électorale pendant ces vacances de février (étant retraité je suis toujours en vacances mais le langage est le langage tandis que le dit langage a été, est et restera celui des actifs) Et ça ne m’a pas véritablement emballé. Là bas, au bout de la Bretagne du nord, on ne capte que les radios publiques en sus d’Europe 1. Comme France inter et France culture puent le germanopratisme, force est d’écouter, le matin seulement quand même, « Radio UMP » Qui a reçu ainsi d’abord Mélenchon puis Fillon, tous deux interrogé par l’ineffable Elkabbach. Faux voir la différence de ton ! Agressif et faisant les questions et les réponses avec Mélenchon, presque méprisant à son égard, tandis qu’il lécha allégrement les bottines du 1er ministre, le laissant notamment déclarer sans le reprendre « qu’il n’y avait pas d’exemple d’aussi bonne entente entre un 1er ministre et le président de la République dans toute l’histoire de la 5e République » Tout cela parce que Sarko ne l’a pas remplacé par un autre au cours de son mandat. En omettant que jamais un 1er ministre de la 5e République n’avait eu aussi peu de pouvoirs que lui !!

    Les mensonges pleuvent donc et les médias sont complices, totalement complices, en ne les relevant pratiquement pas (sauf Marianne qui fait des efforts) Heureusement que les électeurs ne semblent pas suivre, au moins les mensonges à droite : Sarko se renfonce dans les sondages, l’écart avec Hollande s’accroissant à nouveau au lieu de s’effacer. Mais, même là, je doute : car les sondages qui montraient une montée du président sortant face à son principal challenger ont été probablement bidonnés comme l’a affirmé le sondagier qui proclamait, seul, le contraire. Le mec disant d’ailleurs que les bidonneurs allaient très vite se ramasser face à la réalité. Voir donc dans leurs nouveaux chiffres plus un rectificatif « prudent » que de nouvelles vraies mesures de l’opinion ma parait assez vraisemblable…

    Et puis, ce soir, j’ai allumé la télé pour voir un nouveau match Marine-Mélenchon. Et j’ai éteint très vite : pas de match ici, mais « l’un après la première » Et encaisser un one woman show de la fifille à Jean-Marie est trop dur pour moi tandis que, supporter de Mélenchon, je connais parfaitement son  programme et n’ai pas besoin d’être convaincu. D’autant que le montage de TF1 était d’une nullité rarissime : l’ex copine de Sarkozy ne fait vraiment pas le poids tandis que les « Français moyens » intervenants sont pétrifiés de timidité et que personne, en fin de compte, n’empêche et les uns, et les autres, de dire des conneries. Mélenchon, lui, recadre immédiatement et l’on reste toujours dans le sujet avec des arguments intelligents. Mais traité à la même sauce que Martine, j’imagine que ça a dû être seulement un peu moins chiant : je comprends pourquoi l’émission est un flop !

    Nous allons donc tranquillement vers une sorte de référendum contre le président sortant, « geste » qui contente manifestement le candidat social-démocrate (je mets le mot « social » volontairement en tout petit dans son cas : ce mec ne connaît visiblement rien aux « gens d’en bas ») Car il n’a ainsi ni à justifier sa carrure pour le poste auquel il prétend (je persiste à dire qu’il n’en a pas la carrure), ni a faire trop de promesse, notamment à la vraie gauche : il taxera plus les hauts revenus mais je suis prêt à parier que sa réforme fiscale globale sera minimaliste. Puis il fera un petit tour de l’Europe et finira, comme Sarko, par devenir le toutou d’Angela. Bref, nous connaîtrons une période de récession phénoménale, au terme de laquelle nous serons encore plus endettés qu’aujourd’hui, avec, qui plus est, une Allemagne elle-même en récession : plus de 60% des ses exportations sont dirigées dans cette Europe dont elle organise l’austérité. Bref, tandis que les Etats Unis managés par un staff plus intelligent que les nôtres renouent avec la croissance, nous, nous accentuerons notre déclin mondial tout en régressant socialement d’un bon siècle. J’enrage, mais je vois bien qu’il n’y a rien à faire avec des gens incapables de penser au-delà du « on ne veut plus de Sarkozy ! » Et des médias incapables  de sortir et de l’ultra libéralisme, et du germanopratisme. Là où il y a toujours Sciences po Paris et où il y avait jadis l’ENA, CQFD ! Le fait que la « populace » n’ait plus son mot à dire sur la conduite des économies européennes leur plait profondément : en copinant avec les élites, les journalistes ont aussi l’impression d’en faire partie (et c’est un journaliste qui vous le dit, j’ai même été rédacteur en chef)

    Bref, vous voyez que je n’ai plus guère le feu sacré. J’espère que Mélenchon fera un bon score mais je ne peux plus vraiment espérer qu’il cassera la baraque : mes amis, préparez vous à une bataille de longue haleine dont cette élection n’est qu’un début de commencement. Il faut faire changer les mentalités et c’est beaucoup plus dur qu’une simple campagne électorale. Songez par exemple à tous ces parents de la classe moyenne qui veulent que leurs gosses soient les premiers de la classe : avant qu’ils comprennent que l’objectif intelligent est que le dernier de la classe soit bon, combien de temps faudra-t-il à votre avis ? Combien de temps faudra-t-il également pour que la majorité des Français reconnaisse les crimes commis par leur pays dans leurs anciennes colonies ? Et qu’elle admette que la colonisation ne fut pas une bonne chose ? Vous-mêmes qui me lisez, combien d’entre vous êtes prêts à le reconnaître ? Je peux multiplier les exemples presque à l’infini tant nous nous attaquons non à des préjugés mais à une véritable méthode de « non-pensée » imposée par la surconsommation, des médias honteux voire criminels et des élites foncièrement manipulatrices. Songez que le recul de l’apprentissage de l’histoire dans notre pays ne date pas des récentes décisions sarkozistes : c’est sous Giscard que commença la manipulation, par la suppression sournoise et de la sociologie à l’école, et de la macro économie : ma fille, en licence d’économie, eut de ce fait un mal fou à comprendre le principe de notions relativement simple comme celle de la dévaluation compétitive ou de la comparaison entre les effets des politiques budgétaires et ceux des politiques monétaires sur la croissance. Et je ne parle pas des journalistes qui, aujourd’hui, sont ignares en matière macro-économique, ne connaissant plus que la micro-économie, soit les commentaires sur la vie des entreprises (et encore : d’après les communiqués des dites entreprises !) Pas un seul n’est aujourd’hui capable de seulement commenter des séries statistiques onusiennes et d’en tirer des conclusions plus qu’intéressantes : songez que pas un d’entre eux n’a relevé qu’en seulement 3 ou 4 années et selon l’OMS, des pays comme l’Ouganda ou le Sénégal sont passé de plus de 50% à moins de 20% de « taux de prévalence » du SIDA sans avoir développé de politique particulière de soins (seulement des politiques de prévention) : soit l’OMS a volontairement accru les chiffres négatifs africains pour justifier les sommes folles dépensées pour le SIDA, maladie surtout de riches, au détriment de grandes maladies de pauvres comme la malaria, ce que je pense, soit les pays africains ont trouvé un remède miracle (le taux de prévalence, c’est le taux de malades, pas le taux de malades présumés) Etc.

    Il est vrai, me direz vous, que les paysans du 18e siècle ne savaient ni lire, ni écrire. Mais ils surent faire une révolution de portée quasi mondiale. Tandis que nos citadins d’aujourd’hui savent parfaitement lire, écrire et compter, surtout compter. Mais ils sont bien incapables de faire une révolution, encore moins de portée universelle. Nous avons accouché d’une seule idée vraiment nouvelle, l’écologie. Mais que nous voulons imposer comme le propriétaire d’une maison avec vue sur mer refuse qu’on en construise une qui lui gâcherait sa vue. Et non comme une idée à débattre au niveau mondiale, avec toute l’humilité que quelques centaines de millions d’humains riches doivent avoir face à plus de 5 milliards d’humains souhaitant eux aussi accéder au bien être. Avons-nous, même au sein de la vraie gauche, cette humilité ? Une humilité d’ailleurs indispensable si l’on veut réellement associer les dits 5 milliards d’humains à la vision. Et si l’on veut aussi voir une démarche réellement scientifique : savez vous par exemple que le réchauffement planétaire, indiscutable, nous permet aussi de voir s’éloigner le risque d’une nouvelle glaciation ? Rien n’est simple en matière d’écologie et ce n’est pas l’écologie politique des Occidentaux qui peut faire avancer le schmilblick. L’humilité, donc, et pour associer l’immense majorité des humains, et pour mieux appréhender la réalité scientifique des changements environnementaux de notre planète. On en est loin, très loin, quand on voit les Occidentaux se permettre de bombarder tous les pays dont les régimes ne leur plaisent pas (quand il n’y a pas de risque bien sûr : nous sommes aussi devenus lâches)

    Oui, il faudra beaucoup de temps et je ne sais pas si nous y arriverons. Pour l’instant, je reste très circonspect, espérant d’un nouveau leadership mondial, issu du Tiers Monde, une meilleure vision de l’avenir de la planète Terre…


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