• Chapitre IV : Les mondes morts

     

    Chapitre IV : les mondes morts

    L’épisode n’arrange pas les astronautes : trop court ! Il reste plusieurs mois à tuer et des navigateurs sur le point de regagner leur base n’ont plus la même patience que leurs homologues sur la voie du départ. Ulysse a ordre d’inspecter les environs en évitant les zones à fortes émissions radio : une fois suffit ! Les Terriens aspirent au Paradis, à « un » paradis bien précis : des fleurs, des prairies et des petits oiseaux. Surtout pas d’autres êtres, rien que des petits oiseaux tout gentillets. Le meuble a beau tenter de créer artificiellement le dit paradis, il lui manque le savoir faire des Wipis : il n’arrive qu’à créer des mirages sur lesquels se ruent en vain les membres de l’équipage. Ulysse vogue donc au gré de ses détecteurs, entourés de paysages fantomatiques mais tous plus beaux les uns que les autres. Les astronautes s’en contentent, faute de mieux. Fatimatou s’est créée une vision bien à elle, mélangeant Bulliens et sexualité terrienne, au grand dam de Bulli qui en est offusqué. Pour se venger, il a suscité l’image d’une planète  puritaine qui jouxte cette de Fatimatou. Les deux protagonistes ont fini par se prendre au jeu et rivalisent d’extrémisme dans leurs caricatures. Ahmed a ainsi la surprise de découvrir d’un côté une femme pourvue de plusieurs pubis et soumise à autant d’assauts qu’il y en a et, de l’autre, des cerveaux reposant dans des bocaux et surmontant des êtres mécaniques. « Douteux ! » songe-t-il, avant de créer lui-même un monde militarisé dans lequel abondent les chefs et petits chefs. Les petits oiseaux ont été vite oubliés ! Chacun y va de ses phantasmes. Il y a un peu de tout, de la fesse bien sûr et sous toutes les coutures, mais aussi des mondes mathématiques à deux, trois, quatre, cinq dimensions et plus, de l’herboristerie –féérique ou hideuse, ça dépend des concepteurs-, des sciences sociales –des mondes évoluant notamment à toute vitesse-, de la physique corpusculaire –les Wipis ont laissé des traces-, de l’histoire à l’aide du meuble –parfois ses références sont consternantes !-, de la religion –tiens, il y en a encore qui…-, etc.

    Bref, Ulysse devient un attelage onirique, sorte de halo gigantesque errant dans l’Univers et peuplé de tout ce que l’imagination humaine peut inventer. Sauf la guerre, bannie définitivement depuis l’intrusion chez les Cons. L’équipage visionne à tout va, chacun allongé sur sa couche et passant d’une création nouvelle personnelle à l’observation des créations des autres. Tous commencent ainsi à mieux se connaître, les phantasmes étant plus révélateurs que le truchement du meuble. Untel est découvert « cul béni », un autre apparaît au grand jour alors qu’on hésitait sur son compte –tel Ahmed pour lequel le sentiment général n’était pas définitivement fixé-, un troisième dévoile des trésors psychologiques insoupçonnés… ils ont par exemple découvert que la sexualité de Fatimatou n’était que l’expression d’une immense tendresse inassouvie, que, derrière la froideur d’Elisabeth se cachait une passion démesurée de savoir, que les chefs d’Ahmed signifiaient un énorme besoin de donner, de « se » donner aux autres.

    Peu à peu, les membres de l’équipage du vaisseau terrien se sont mis à créer des images plus rationnelles : ils ont voulu remonter les mécanismes psychologiques jusqu’à l’ultime point de départ, chercher ainsi l’existence d’une conscience de l’Univers. Mais la vérité est complexe et ils échouent : plus ils éliminent les explications successives, plus ils affinent les concepts basiques, plus ceux-ci semblent éclater en myriades d’hypothèses non contradictoires. Un temps, ils ont pensé avoir trouvé un dénominateur commun, une génétique relativement sommaire. Puis l’acquis s’est définitivement imposé à l’inné et ils ont su que la partie était perdue : ils ne sauront pas le « pourquoi » du processus acquisitif propre aux êtres pensants. Si conscience universelle il y a, elle se trouve derrière ce processus qui leur est inaccessible. Ils ne font pas mieux que les Wipis. Le halo disparaît très vite, quelques mondes de fesses traînant encore ici et là autour d’Ulysse. Et tel le navire à voile rentrant au port, le vaisseau terrien ramène un équipage frustré depuis trop longtemps du contact des autres…

    Ulysse se ballade encore un peu sans rien trouver puis, presque fièrement, annonce un système de tout repos : toutes les radiations en sont analysables et explicables, il n’y a rien que de l’énergie et de la matière inerte. Presque décevant pour les Terriens qui donnent toutefois leur accord. Ulysse obtempère d’autant plus vite qu’il commence à manquer de corpuscules : les fantômes ont coûté cher…

    Le système est effectivement inhabité, tristement inhabité d’ailleurs comme les astronautes le découvrent très vite : ils ont fui les Cons pour trouver l’apogée de leur mentalité. Les anciens cons de ce système ne jouaient pas, eux. Les tirs furent à balles et objectifs réels. Deux planètes habitables, deux désastres. L’inadéquation des évolutions technologiques et sociales. La sanction de l’Univers, définitive…

    Ulysse se pose en douceur sur le sol dévasté de la planète la plus proche de l’étoile. Le meuble a synthétisé les souhaits de l’équipage, il faut d’abord voir le pire. Ils sortent avec précaution, calfeutrés dans leurs combinaisons étanches à toutes radiations. Ce, en dépit du fait qu’Ulysse est à même de réparer vite et bien les dégâts corporels éventuels : la crainte l’emporte sur la raison, attisée il est vrai par la désolation ambiante. Pas un bruit, pas un indice de vie, rien que des cailloux et de la terre stérile. Avec, au loin, les lignes de crête de quelques massifs montagneux. Des signes visibles montrent pourtant qu’il y eut jadis ici des êtres pensant : Ulysse, en atterrissant, a filmé et des bases d’anciennes constructions ont été relevées. De plus, nombre de cailloux sont en fait des résidus, polis par les vents, d’amalgames artificiels de matières. Ces vents, enfin, ainsi que leur composition chimique, attestent des anciennes possibilités de vie. Une bonne partie de l’atmosphère a dû s’échapper de son attraction originelle car sa densité actuelle ne correspond pas à ce qu’on aurait pu attendre des lits des cours d’eaux qui parsèment le paysage : l’hydrogène abondant que suppose l’existence de ces lits n’est présent qu’en très faible quantité gazeuse, trop peu présent en outre sous forme de glace pour qu’on puisse imaginer sa disparition sous cette forme. Le sous-sol n’en recèle pas suffisamment non plus pour qu’on puise imaginer que l’eau s’y soit réfugiée. Non, de toute évidence, il y a eu évasion atmosphérique. Or les conditions de la planète dans son système, évaluées très précisément par Ulysse, éliminent toute idée d’évasion naturelle. La seule conclusion possible est celle d’une évasion artificielle de l’atmosphère planétaire. « C’est horrible ! » pensent unanimement les astronautes qui se demandent comment cela a pu être réalisé. Car, de toute évidence, c’est cette évasion atmosphérique qui est responsable de la mort organique de la planète : il n’y a aucun signe de facteur autre, telles des radiations ou des traces d’anciennes radiations ou bien encore aucune présence dans le sous-sol d’indices bactériologiques ou chimiques. Non, la vie s’est simplement arrêtée faute d’air. Puis, au fil des siècles, tout ce qui avait été organique est retombé à l’état de poussières primitives, atomes ou molécules de base que les étoiles vieillissante expulsent dans le cosmos. « Au fil des millénaires, plutôt ! » précise Ahmed qui vient de recevoir d’Ulysse les datations qu’il a pu faire à partir de ce qui reste des anciennes constructions. Ce monde est mort depuis des milliers d’années et rien, depuis, n’est venu raviver les possibles étincelles de vie. Rien, comme si l’Univers s’était désintéressé une fois pour toute du système, abandonné ainsi à sa gravité bête et à ses cailloux. « Nous ne retrouverons même pas de fondations ou constructions souterraines : avec le temps et le travail tellurique, vous pensez ! » Ahmed douche ses co-équipiers, ceux-ci doivent admettre qu’ils ne trouveront rien. Pour la forme, histoire de se dire qu’ils auront tout fait, ils se répartissent dans les navettes et partent explorer succinctement la planète, en survol rapide, détecteurs branchés.

    L’espace d’une courte mission, la vie semble renaître au travers des fluorescences émises par les engins. Les trajectoires fulgurantes des navettes raniment un peu la désolation. Trop fugacement toutefois, retournée au néant aussitôt les cosmonautes éloignés. Ceux-ci ne troublent effectivement rien, sinon la répétition de l’environnement du site d’atterrissage initial : terre stérile, cailloux et montagnes. Partout, sans exception, avec, toujours, ces restes infimes de constructions anciennes, traits plus sombres se démarquant du sol uni. C’est Elisabeth qui a l’idée, une fois toutes les navettes rentrées au bercail, de sonder les quelques glaciers de la planète. Des fois que… Tout le monde embarque donc sur Ulysse qui se déplace rapidement vers le glacier le plus proche, encastré entre deux cols. Le coup d’essai est une réussite. La glace conserve en son sein non pas des constructions organiques complètes ou partielles, le jeu des forces du glacier a tout broyé sur des milliers d’années, mais d’indiscutables fragments de vie ancienne. A commencer par de minuscules particules de méthane polymérisé qui prouve une ex maîtrise industrielle de la matière. Récupérer ces fragments est facile pour le vaisseau. Les analyser et tenter de restituer leur configuration globale prend beaucoup plus de temps. Ulysse est fort, certes, mais les hypothèses à éliminer sont tellement nombreuses, quasiment innombrables en l’état microscopique des fragments, qu’il ne peut aboutir à aucune conclusion sur le champ. Il doit d’abord bâtir un modèle qui tienne la route, reconstituer un objet avant que de pouvoir en déduire le reste. Le meuble transmet à l’équipage, frustré, les limites de leur navire et tous décident alors d’accélérer la recherche d’indices. Ulysse aura tout le temps, ultérieurement, pour ses calculs.

    D’un glacier à l’autre, les astronautes empilent les analyses de fragments. Sur l’un d’entre eux, ils ont même pu, découvrir un morceau, et non plus un fragment, d’une « chose » d’autrefois. Ce qui a permis au vaisseau de gagner un nombre incalculable d’opérations. Surtout que le morceau est polymétallique, c’est-à dire permettant de concevoir le degré d’évolution atteint dans le domaine du traitement des métaux par la civilisation évanouie. Puis ils ont reconstitué, à l’inverse, les mouvements souterrains des glaciers sur longue période, ce qui leur a permis de rassembler des fragments épars entre eux. Ainsi ont-ils pu mettre en évidence la cohabitation d’une fibre textile avec ce qui devait être un groupe de cellules. « Peut-être ce qui reste d’un être vivant recouvert d’habits. Mais il y a d’autres hypothèses » Ulysse les a ainsi laissé sur leur faim.

    Ils partent à présent, la  moisson engrangée. Suffisamment, espèrent-ils, pour que leur machinerie dégurgite un jour quelque chose qui se tient. Le vaisseau quitte la planète, aussi doucement qu’il s’y est posé : l’environnement n’incline pas à la brusquerie, Ulysse respecte la synthèse du meuble. Et il se dirige vers la seconde planète. Laquelle, aux antipodes de la précédente, est légèrement plus éloignée du Soleil. Elle reste toutefois dans la zone des planètes à vie organique, ni trop froide, ni trop chaude pour que se développent autre chose que des cailloux et de la glace. Curieusement, sa masse est telle qu’elle ne peut que rester à l’exact antipode de la première planète : ses circonvolutions autour de l’étoile, plus amples, sont plus rapides. « Curieux tout de même ! » relève Peter. « Un peu comme si le Cosmos s’était amusé… »

    Cette seconde planète à vie possible est en outre différemment dévastée. Une fois Ulysse descendu sur son sol, les cosmonautes s’aperçoivent qu’il y subsiste et une atmosphère plus dense, et de la vie : des sortes de lichens rampant péniblement un peu partout plus, ce qui remplit de joie les explorateurs, de tout petits insectes avec et sans ailes qui grouillent par endroit. Le tout, bien entendu, sur les restes d’une civilisation qui dû être, comme sur la première planète, des plus florissantes. Les bases des anciennes constructions sont parfaitement repérables et les glaciers –moins nombreux, ici l’hydrogène est beaucoup plus gazeux- fourmillent de fragments.

    Ulysse énonce son verdict : avec ce qui reste en surface et avec ce que recèle le sous-sol, la vie peut reprendre plus intensément. Le seul problème de la planète est son âge, son refroidissement empêchant les gaz du manteau de s’échapper en surface : l’activité tellurique est insuffisante tandis que le défaut d’atmosphère, moindre que sur la première planète, empêche toute autre évolution que le développement de lichens et de petits insectes.

    Ahmed, songeant à ces derniers, fait analyser par Ulysse leur code génétique. Très rapidement, il s’avère que la complexité de ces codes et la datation probable de leur évolution font de ces petites bestioles les héritières de la civilisation d’avant le cataclysme. Ce sont des survivants, mutants certes mais dont les origines remontent à avant le cataclysme inconnu qui a « tué » le système. Plusieurs milliers d’années à lutter contre la mort définitive ! Pour un peux, les astronautes leur feraient une haie d d’honneur !! Ils ont en, tout cas, beaucoup plus matière à rechercher qu’avant. De fait, les fragments retrouvés permettent de calculer la densité atmosphérique minimum qui permit jadis leur existence, compte tenu des rayonnements solaires. Les insectes et les lichens, bien plus bombardés du fait d’une densité aujourd’hui plus faible, ont dû s’adapter.  Et si Ulysse réussit à remonter le cours de cette adaptation, les astronautes connaîtront l’état initial d’au moins un végétal et un animal de la planète. Et, de là, avec ce qu’ils tireront des fragments…

    Tout l’équipage se met à l’ouvrage, Ulysse à ses calculs, les autres aux navettes. Ils débouchent bientôt sur de nombreuses constatations : d’abord, il y a deux séries d’insectes, des végétariens, rampant pour la plupart et très nombreux ; et des insectivores, ailés et moins nombreux. Le cycle habituel de la vie s’est recréé sur une toute petite échelle. Ensuite, la présence de vie organique a protégé la vie bactérienne. Les virus pullulent, reflétant en partie les maux que les anciens habitants durent probablement affronter. En remontant le cours génétique de ces virus, Ulysse parvient à émettre plusieurs hypothèses sur la configuration des vies d’autrefois dans lesquelles ils devaient proliférer : quand un animal a des canines, c’est qu’il doit être carnassier. C’est un peu le raisonnement que suit Ulysse avec sa cargaison de virus, gêné toutefois par les mutations que les dits virus ont subi après la catastrophe. La maîtrise corpusculaire des Terriens arrange bien les recherches. Les canines des virus sont ainsi mises en évidence par leur manque d’activité magnétique. Il en reste des traces, mais inertes. Et c’est cette inertie qui permet de les retrouver…

    La découverte du monde ancien se fait ainsi progressivement, fragment par fragment, virus par virus : les habitants de la planète devaient être végétariens par exemple. C’est ce qui ressort de l’analyse de l’activité bactériologique présumée d’un certain nombre de virus mutants, adaptés notamment aux cellules des insectes : autrefois ils ne s’y attaquaient pas, d’après la trace de leurs vieilles « canines » Ou bien alors s’agissait-il de virus qui pullulaient dans la végétation et qui, mystère de la vie, ont mieux tenu le choc que les autres ? Grâce peut-être aux lichens qui leur ont servi d’abris temporaires ?

    Les hypothèses se précisent chaque jour d’avantage, jusqu’au moment où Ulysse est à même de faire visionner par les astronautes un modèle cohérent de l’ancienne civilisation : il n’a pas oublié la technologie des Wipis et s’en est servi à cet effet.

    A leur grande surprise, les Terriens découvrent une civilisation relativement pacifique et, en outre et à son stade d’évolution, incapable d’aller semer la mort dans le Cosmos. Ceux-là, quoiqu’il en soit, n’avaient pas les moyens de dévaster la première planète. Ils ne connaissaient même pas le vol atmosphérique ! D’où vient alors le cataclysme ? Ulysse a bien une explication, très simple mais que l’équipage, après son périple chez les Wipis, a du mal à admettre. Cette explication va en effet à l’encontre du concept d’Univers pensant que leur ont inculqué les traits de lumière. Pour Ulysse, il s’agirait d’un énorme nuage de particules cosmiques, à la masse supérieure à celle des planètes et qui les aurait frôlés en emmenant avec lui une partie des deux atmosphères. Le nuage serait passé plus près de la première planète que de la seconde, ce qui expliquerait la différence de dévastation. Et si, ajoute Ulysse, les planètes n’ont-elles-mêmes pas suivi le nuage à gravité plus forte, c’est tout bonnement parce que le système, dans son ensemble, a résisté. Il y a une probabilité sur un milliard, ajoute le meuble, pour qu’une telle rencontre ait lieu et se passe de cette manière, mais cette probabilité existe : problème de forces contraires et de points d’équilibre…

    C’est la consternation philosophique chez les Terriens (Bulli, lui, s’en moque…) Le schéma directeur de l’Univers serait ainsi soumis au hasard de ce même univers ? Ses constructions organisationnelles remises en cause par la divagation d’une construction de rang inférieur ? Le meuble, toujours sous l’influence des Wipis, a la réponse : « seul le hasard permet la diversité et seule la diversité permet la sophistication. Pour avoir l’un, il faut accepter l’autre. Votre venue sur ce monde n’est elle pas d’ailleurs le fruit du hasard ? Ce qui s’est passé ici n’est pas contraire à ce que vous ont dit les Wipis. Simplement savez-vous maintenant que le hasard est l’un des outils de l’Univers en évolution »

    Si Ulysse pensait par lui-même –il y parvient d’ailleurs à l’aide du meuble-, il serait fatigué de quitter des systèmes stellaires. Une fois de plus en effet il se transforme, loin de la planète, en mini étoile et disparaît. Les Terriens, cette fois-ci, regagnent leur sol natal, les temps se rejoignent. Ils laissent derrière eux une deuxième planète révolutionnée, dévastée d’une autre manière : le globe semble exploser par tous les bouts, crachant les gaz bénéfiques, reconstituant sa densité atmosphérique. Les secousses sismiques provoquées par les bombardements d’Ulysse ne dureront pas : la croute terrestre est déjà trop solide. Mais elles sont suffisamment nombreuses pour l’objectif espéré. Bien sur, plus de 90% des insectes et des lichens périront. L’équipage espère que ceux qui survivront suffiront à relancer la machine évolutive. De plus, le méthane sort abondamment des cratères artificiels et, en principe, il y a plus de chance que la vie reprenne que son inverse. Les Terriens ont même abandonné quelques machines propres à accélérer l’évolution dès lors qu’une intelligence sera née. Si ces machines résistent au temps, elles sont faites pour ça, les primates éventuels de la deuxième planète les trouveront peut-être et subiront le plus grand choc de leur existence éphémère : non seulement il y a des machines à enseigner, mais en outre l’équipage a prévu la possible nécessité de mutations génétiques forcées. Il y a donc et aussi des « machines à muter », capables d’analyser et modifier le code génétique des vies qui seront en contact avec elles. Ils ont laissé au hasard le soin d’organiser ces contacts et frémissent un peu à l’idée que les premiers êtres à découvrir ces machines soient des insectes. On ne se refait pas et les bipèdes mammifères croient inconsciemment que leur structure, hors son état corpusculaire, est ce qu’on fait de mieux dans l’Univers…


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