• Comment combattre l\\'extrême droite

    Comment combattre l’extrême droite

    (23 avril 2014)

     

    J’ai mis entre parenthèse la dactylographie de mon vieux manuscrit « L’Avenir éclaté » pour cause de vacances de Pâques (et d’éloignement temporaire du dit manuscrit) Et je m’attaque ici à toutes ces tentatives débiles des caciques français en place, hommes et femmes politiques comme journalistes « politiquement corrects (es) », de s’opposer à l’irrésistible montée actuelle de l’extrémisme de droite tant chez nous que dans le monde : le Japon s’est donné à une sorte de Marine Le Pen local, l’Inde s’apprête à voter massivement et à nouveau (ils ont été déjà portés au pouvoir dans un passé relativement récent) pour son extrémisme hindouiste et antimusulman, Erdogan en Turquie vient d’être conforté à son poste par sa victoire aux élections municipales locales, etc. Sans compter le fait que l’extrémisme religieux, dont l’extrémisme islamique, reposant sur le rappel aux traditions, est tout, sauf à gauche et même à la droite classique dite « de gouvernement »

    Ce, parce que je viens de lire un article dans le dernier Marianne sur ce phénomène : à peu près correctement perçu mais traité « à l’ancienne », soit en diabolisant les impétrants mais sans leur apporter la moindre once de contradiction intelligente. L’auteur a bien vu, notamment en Inde, que le phénomène reposait en grande partie sur la perpétuation de la misère dans la grande majorité de la population, corrélation que l’on retrouve d’ailleurs dans la montée de l’Islamisme extrême. Tandis qu’il est aujourd’hui démontré que la montée du FN en France est largement liée au ralliement des ouvriers à ses thèses. Et vous voudriez détourner ces Damnés de la Terre de leurs votes en diabolisant les auteurs des dites thèses !

    En fait, il n’y a pas d’autre solution que de regarder ces thèses bien en face et de comprendre pourquoi elles plaisent tant aux pauvres : le premier fait est la colère avec laquelle elles sont énoncées. Et, contrairement à nos « politiquement corrects », on ne peut donc que constater que pour être entendu des électeurs d’extrême droite, il faut parler fort, à l’ancienne, pas à la Hollande. Lequel ne fut jamais aussi admiré que lorsqu’il s’en prit, à Bercy, à son « ennemi, la Finance » Une fois élu, il abandonna et la cible, et le ton… Bref, les gens en colère n’ont pas envie d’écouter le « bon sens », lequel les a trompés de fait depuis trop longtemps pour qu’ils ne le rejettent pas. « Violemment »…

    Le deuxième fait est qu’il faut arrêter de leur débiter des conneries pour leur faire oublier l’essentiel : l’essentiel, ils le vivent et, forcément, le débit de conneries passe pour…un débit de conneries. Autrement dit, il faut :

    -          En Inde, arrêter de nier les oppositions identitaires sous prétexte d’un gandhisme qui n’existe pas, n’a jamais existé et n’existera pas avant de nombreuses décennies sur Terre. Si le Parti du Congrès, au pouvoir, avait traité la question musulmane au lieu de la nier, sans doute ne connaîtrait-il pas cette montée à répétition de l’extrémisme hindouiste. La partition de la péninsule ayant tout de même été faite pour, justement, traiter cette question à la racine. Et l’Hindouisme reste à cet égard la quasi religion d’Etat de l’Inde. Vouloir connement oublier l’histoire aboutit fatalement au rappel de la dite histoire par le peuple à ses dirigeants, CQFD. Si, au moins, les « modernistes » indiens avaient voulu plus de justice sociale dans leur pays…

    -          En Turquie, les Islamistes (du type démocratie chrétienne mais en plus musclé) s’appuient sur des décennies de développement et de redistribution sociale. Croire que les jeunes diplômés citadins vont pouvoir renverser un tel régime sur des mots d’ordre issus quasi directement du milieu germanopratin, Twitter, Facebook, la démocratie factuelle et tutti quanti, c’est croire au Père Noël !

    -          En France, c’est pire : la gauche de gouvernement a ouvertement lâché les ouvriers pour ne s’intéresser, d’abord, qu’aux diplômés des classes moyennes, ouverts, eux, aux discours « de bons sens » et à la diabolisation des extrêmes, puis carrément plus qu’aux bonnes places à prendre, à laissé le champ carrément ouvert aux labours faciles du FN. Et ce n’est plus le Front de Gauche qui peut s’immiscer dans ces labours intenses : il a versé dans la peopolisation de ses dirigeants et s’est replié sur une niche, l’écolo-socialisme, qui l’enferme dans le rôle de camion balai du Parti Socialiste. Ce que tout le monde comprend de mieux en mieux, surtout après des municipales dans lesquelles la majorité des Communistes, le gros bataillon du Front de Gauche, a décidé de faire liste commune avec les Socialistes dès avant le premier tour. Ce n’est d’ailleurs pas la victoire d’un écologiste soutenu par le Parti de Gauche à Grenoble qui peut changer cette donne : cela conforte plus les écologistes dans leur volonté de se démarquer du PS que le Mélenchonisme dans sa volonté de s’allier aux écologistes pour arriver au pouvoir !  Bref, les « petits et les sans grade » n’ont aucune raison de voter pour une extrême gauche qui s’adresse, tout comme le vieux PS (le nouveau, ai-je écrit, n’est fait que pour donner des postes à ses dirigeants), aux diplômés « moyens » urbanisés. Marine Le Pen a beau jeu, elle, de prendre la défense de ces petits et sans grades pour lesquels, en plus, la violence des banlieues n’est pas qu’un sujet de téléfilms…

    Ces deux aspects du discours d’extrême droite, violence des mots et prise en compte des réalités, sont totalement absents du politiquement correct de l’UMPS, remarquable invention sémantique du FN. Tandis que l’extrême gauche ne retient que la violence des mots, en évacuant la prise en compte des réalités qui touchent des cibles qui ne « collent » en fait pas avec ses propres troupes, là encore trop diplômées pour admettre que le mariage homo n’est pas une perspective intéressante pour des gens qui refusent encore l’homosexualité et que la « désobéissance européenne » est un concept abscond pour des électeurs basiques pour qui le retrait de l’Europe est devenu un véritable objectif de gouvernement.

    Bref et pour ma part, je ne vois pas d’autre issue, immédiatement et à terme, que de tenter de « calmer » la haine des extrémistes de droite, haine qui ne concerne d’ailleurs pas que les étrangers. Il faut des discours forts –et pas de simples statistiques- sur l’immigration, en distinguant les bons et les méchants pour que, déjà, les frontistes et autres électeurs de ces droites extrêmes, ne mélangent pas le bon grain et l’ivraie, les torchons et les serviettes. IL faut accepter ici de stigmatiser fortement ceux des étrangers qui jettent l’opprobre sur la totalité de leurs communautés. Et il faut absolument un discours sur l’obligation d’intégration, rejetant énergiquement la « compréhension » des différences.

    Vous pouvez penser que je vais trop loin parce que votre niveau d’études et de milieu social vous pousse, vous, à, justement, « comprendre les différences », mais il y a le feu au lac : l’urgent n’est pas de nuancer mais d’empêcher –de tenter d’empêcher- que la haine arrive au pouvoir. Que le FN y parvienne, soit. Nous sommes en démocratie et si la majorité des Français vote pour lui, on ne peut guère se réfugier dans une « résistance » aussi stupide qu’impossible. Mais qu’il y parvienne avec toute cette haine et vous vous rongerez alors les poings de n’avoir pas su vous extraire de vos idéaux suffisamment à tant pour sauver au moins votre humanité basique ! Je vous rappelle qu’en Grèce, l’extrême droite a partagé un temps le pouvoir avec la droite et le parti socialiste local. Et elle a commencé à tuer ! Ce que j’écris n’est pas une vue de l’esprit mais un appel à la raison…des modérés.

    N’avez-vous d’ailleurs pas assez fait de mal autour de vous par vos votes stupides, irréfléchis en fait, vous couchant devant ceux qui parlaient le moins fort, qui vous semblaient, justement, les plus « modérés » ?! Ces gens traitent aujourd’hui en silence avec les Américains pour aligner vos lois sur celles d’Outre Atlantique où existent trop peu de défenses des petits et des sans grade. Vous êtes responsables, directement. Car sans vos votes débiles, jamais l’extrême droite n’aurait risqué de parvenir au pouvoir chez nous. Vous avez insulté votre histoire, celle de 1789 aussi bien que celle de la royauté française jacobine ou que celle des inventeurs du socialisme. Demandez-vous à quoi vous avez servi dans notre monde du 21e siècle. Et regardez-vous dans la glace, lucidement. Surtout si vous êtes allé préférer Sarkozy à Royal en 2007 puis Hollande à Aubry en 2012 : abrutis et machistes…

    Qu’allez-vous faire maintenant ? Vous abstenir ? Votez UMP si un autre modéré est son candidat ? Sans vous, je pense que le pays aurait depuis longtemps mis au pouvoir les moins incompétents de nos leaders politiques. Mais vous êtes là, minoritaires et nuisibles, incapables de pensées profondes guidant vos décisions, pensant être « uniques » parce que vous croyez regarder moins la télévision que d’autres, parce que vous n’achetez pas de fusil en plastique à vos gamins, parce que vous consommez bio et éteignez la lumière en quittant une pièce !

    En fait, les extrêmes existent seulement parce que vous êtes « modérés » A l’extrême, connement…


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