• Comment les salariés français financent les retraités américains

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    Article 27<o:p></o:p>

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    Comment les Français financent les retraités américains ?<o:p></o:p>

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    J’ai lu, sur le site de Marianne 2, un article sur la productivité des Français : l’auteur, Bernard Maris, s’étonnait que le temps réel de travail des Français n’ait finalement pas vraiment changé après le passage au 35 heures : les Français travaillaient en moyenne 41,2 heures par semaine avant les 35 heures, il ont travaillé 41 heures par semaine après les 35 heures… On savait en fait que les Français avaient une productivité très élevée puisque, avec peu d’actifs, ils effectuent des temps de travail comparables aux autres pays développés. La question, soulevée par l’auteur, étant de savoir où sont passés les fruits de cette productivité puisque d’une part les salaires français sont plutôt inférieurs aux salaires des pays comparables et que, d’autre part, le chômage ne baisse pas. En tout cas, il ne baisse pas par augmentation des offres d’emploi (il ne baisse que par départs en retraite supérieurs aux entrées sur le marché de l’emploi).

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    J’ai la réponse : les fruits de la productivité française sont allés dans les poches des entreprises (et de leurs actionnaires), lesquelles les ont placés…à l’étranger. Pour saisir mon propos, je vous invite à aller sur le site de la Banque de France pour y recueillir les données statistiques de notre balance des paiements. En 2006, cette balance des paiements était déficitaire de 22 milliards d’euros. Avec une balance commerciale déficitaire de 30 milliards d’euros (biens) plus 3,8 milliards d’euros (services). Moins les surplus du tourisme (+ 12 milliards d’euros).

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    « Fort bien, me direz-vous. Mais où est le problème ? En fait, nous sommes en régression commerciale, point final… » Que nenni ! Car il faut aller plus loin, voir le solde des investissements français à l’étranger et étrangers en France, autre élément très important de la balance des paiements mais que les rédacteurs du rapport de la Banque de France évitent soigneusement de mettre en parallèle. Et ce solde est catastrophique : - 27 milliards d’euros en 2006, - 32 milliards en 2005, - 40 milliards en 2001, - 145 milliards en 2000… En fait, l’évasion de capitaux n’a pas cessé depuis 1996. Non parce que les étrangers ont cessé d’investir chez nous mais parce que, nous, nous avons investi encore plus à l’étranger depuis donc la fin des années 1990.

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    « Nous allons retrouver nos investissements sous forme de dividendes ! », me rétorqueront les libéraux pur jus. Et bien non ! Dans le même temps, nous avons versé de plus en plus de dividendes à l’étranger, jusqu’à ce que nous en versions autant que nous en recevons… Nous avons donc investi des centaines de milliards d’euros ailleurs que sur le sol français pour, au final, accroître la part de nos bénéfices revenant aux actionnaires étrangers. Fallait le faire, nous l’avons fait et tous les dirigeants français, de droite comme de gauche, sont favorables à la mondialisation et, comme le dit la Banque de France, « à l’heureuse internationalisation croissante de notre économie ».

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    Vous n’avez pas encore vraiment compris ? Reprenons différemment : tandis que les salaires français deviennent progressivement les plus faibles des pays occidentaux « riches » et que le chômage français se maintient en tête des chômages occidentaux, la productivité française reste l’une des plus élevée d’Occident. Peu de Français, de plus en plus mal payés qui plus est, produisent beaucoup. Où va le fric ? Dans la poche des entreprises qui le dépensent de façon croissante à l’étranger. Jusqu’à mettre notre balance des paiements en déficit.

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    Souvenez vous pourtant : il y a à peine 15 ans, Jospin se glorifiait du flux des investissements étrangers en France, plus que positifs. Ces flux restent importants (65 milliards d’euros en 2006, 2 fois notre déficit commercial) mais très inférieurs aux investissements des Français à l’étrangers, investissements qui ne nous rapportent aucun dividende ou presque puisque, dans le même temps, nous avons accrus nos paiements de dividendes aux actionnaires étrangers, paiements à l’étranger devenus aujourd’hui aussi importants que les rapatriements de dividendes de l’étranger. 1 + 1 = obligatoirement 2. Et, en l’occurrence, la juxtaposition de toutes ces données statistiques parfaitement officielles signifie que nos gains de productivité ont été « mangés » par les riches étrangers via les entreprises françaises dont ils détiennent une part significative du capital. Nous sommes devenus les financiers des retraités américains, aux dépends des travailleurs de notre pays, sous payés ou au chômage. CQFD !

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    Avec toutefois des choses pas très nettes dans les investissements français à l’étranger : ce sont surtout des institutions financières dites « institutionnelles » qui ont investi ces dernières années à l’étranger : Axa, BNP, Société générale, Crédit agricole notamment. Et ce, majoritairement, dans des entreprises non cotées en bourse et qui, nous l’avons vu, ne rapportent pas grand chose en matière de rapatriements de dividendes. Qu’est-ce que cela signifie, sinon aussi et peut-être des évasions de capitaux à grande échelle ? Les riches (on est ici loin de simples Johnny Hallyday, il s’agit de comptes de très grandes entreprises) pressurent le pays à mort tout en préparant leur fuite…

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    C’est en tout cas un monstrueux scandale que, bien entendu, les actuels dirigeants de droite ne dénonceront pas. Et que les dirigeants socialistes ne devraient pas non plus dénoncer, tout engoncés qu’ils sont dans leur bataille interne pour la victoire du libéralisme sur les affreux gauchistes. Vous serez donc très peu nombreux à, au moins, vous poser la question : pourquoi sommes nous les moins bien payés et les plus au chômage des salariés des pays riches tout en ayant une productivité supérieure à la moyenne des dits salariés (puisque nous sommes moins nombreux que les autres à produire autant) pendant que nos entreprises investissent à tour de bras à l’étranger sans que cela ne leur rapportent rien de rapatriable (théoriquement, rapatrier les dividendes est une obligation fiscale) ?

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    La réponse de Sarkozy à cette question est simple : vous ne travaillez pas encore assez ! Autrement dit, ce que vous faites est pas mal (enrichir les riches pour que ceux-ci puissent faire sortir le fric de France) mais pas assez : les riches veulent être encore plus riches et capables de plus encore d’évasion de capitaux. Non mais des fois ! Et, pendant ce temps, Pierre Bergé, ex-mitterrandôlatre transformé en premier supporter et premier financier de Ségolène Royal, juge que les réformes entamées par Sarkozy sont « courageuses et utiles. Vive Besancenot !

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    Je vous rappelle par ailleurs qu’en ce lundi 10 décembre 2007, la direction du PS (Hollande) a fait du « pouvoir d’achat » sont cheval de bataille pour les municipales de mars prochain. Sans rien dire sur les démantèlements en cours de notre droit social, de  la diminution du nombre de tribunaux prud’homaux à l’enterrement des 35 heures en passant par le travail dominical ou l’instauration de l’obligation de rechercher un emploi pour les chômeurs âgés dont plus une entreprise ne veut en France. Tout ça est en cours de vote au Parlement mais ça ne remue pas un cheveux des « hollandistes », « ségolénistes », « strauss khanistes » et mêmes « fabiusiens ». Ces réformes, estiment-ils, sont « courageuses et utiles »… Ils devraient lire les rapports de la Banque de France !<o:p></o:p>


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