• Comprendre l'Afrique

    Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 46<o:p></o:p>

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    Politique étrangère : écoutez les autres<o:p></o:p>

    I – Comprendre les Africains<o:p></o:p>

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    Bonjour ! Peut-être avez-vous lu les deux derniers textes sur l’Afrique de ce blog : Mugabe ? Vous avez dit Mugabe ? dans la présente partie sur la Renaissance de l’humanisme, et Guerre au couteau à Pretoria, dans la partie Le Grigri international ?<o:p></o:p>

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    Ce serait mieux avant de lire le texte qui suit, car ces deux articles anciens vous permettraient d’avoir des exemples en tête au fil de la lecture de ce nouvel article sur le continent noir… Peu importe toutefois, chacun reçoit l’information à sa propre aune. Et la présente  information est dédiée à ce que vous croyez savoir de l’Afrique. Rassurez-vous, quand vous aurez pris la mesure de votre méconnaissance de fait, la plupart de vos contemporains non Africains sont dans le même cas. De même que les intellectuels africains ayant fuit leur pays et crachant dessus par dépit.

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    Je suis un spécialiste de l’Afrique et je vous jure que la connaissance occidentale du continent africain a fabuleusement régressé ces trente dernières années. Sous le joug de deux grandes « écoles d’idées » :

    -         la première école est celle de l’environnement : je ne sais pas pourquoi, mais l’Occident s’est mis dans la tête que les forêts intertropicales africaines étaient le nec plus ultra de la respiration de notre planète (en fait, ce sont les océans). Les « Verts », faisant l’impasse sur une Amazonie considérée comme perdue, ne se battent plus que pour conserver en l’état, sans l’ombre d’un changement, les forêts vierges d’Afrique centrale. Si bien que nous ne voyons plus les Subsahariens, en partie habitants de ces zones forestières, que comme des gêneurs dans notre volonté de geler les dites forêts vierges en l’état : les Verts sont racistes par idéologie et je l’ai vérifié de nombreuses fois lors de mes conférences (ce sont les seuls qui aient montré une absolue intransigeance face au développement de l’Afrique, et les seuls qui osent prôner le retour à la terre –idée d’ailleurs totalement stupide car ce sont les paysans qui déboisent le plus- de tous les Subsahariens)

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    -         la deuxième école est celle du « cavalier blanc » : les Africains sont corrompus et corrompent les gentils Blancs. Pour devenir « éthique », il faut absolument ne pas s’occuper d’Afrique, CQFD. Sauf que nos cavaliers soi-disant « blancs » oublient que les Blancs sont les corrupteurs actifs, ceux qui filent le fric. Sachez, chers Internautes, que 80% des sociétés condamnées en Afrique pour corruption étaient domiciliées…à Londres, terre des Incorruptibles avec New York et Chicago. La Banque Mondiale a, jadis, publié une liste noire de ces sociétés (je rappelle qu’il ne s’agit que de sociétés condamnées de fait, pas de sociétés soupçonnées) Mais quand les commentateurs, dont votre serviteur, ont relevé la chose, soit la responsabilité anglo-saxonne dans la corruption mondiale, la dite Banque Mondiale, aujourd’hui présidée par l’amoureux des Anglo-Saxons qu’est Dominique Strauss-Kahn, a cessé de mettre sa liste noire à jour et l’a supprimée de ses publications.

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    On voit donc très facilement dans quels travers les Occidentaux sont tombés quand ils ont voulu « juger » les Africains. Du racisme pur et dur et de la crétinerie aveugle : relisez ce que je viens d’écrire, vérifiez (c’est assez facile) et jugez. Si ça n’est pas du racisme pur et dur et de la crétinerie aveugle, je mange un chapeau ! D’autant que, dans la « vérité vraie », la réalité africaine est d’une banalité à faire peur : nous avons à faire à des sociétés rurales devenant rapidement des sociétés urbaines, phénomène que nous avons connu entre le début et la fin du 20siècle. Eux le subissent du milieu du 20e siècle à aujourd’hui, soit avec seulement un demi siècle de décalage. Ce qui est peu quand on sait qu’ils n’ont appréhendé « la Route de la soie », ce mouvement formidable d’échanges entre l’Orient et l’Occident qui a duré 2 500 ans en accélérant considérablement l’histoire des peuples concernées par cette route, qu’au travers des razzias arabes (à partir du 7e siècle après Jésus Christ) et de la Traite (au 17e siècle de notre ère)

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    Pour l’heure, il s’agit donc de paysans qui viennent tout juste de devenir urbain (le taux d’urbanisation de l’Afrique a dépassé 50% en 2003). Ce, sachant qu’au delà du Sahara, les dits paysans étaient plus des réfugiés récents que des ruraux pur sucre : la Traite puis la colonisation (guerres plus travail forcé) poussèrent un nombre effarant d’Africains à se réfugier en lisière de forêt où ils subirent les assauts de la mouche Tsé-tsé et de la malaria. Et l’on demande à ces gens là, qui n’ont pu survivre qu’avec le respect stricte d’une hiérarchie quasiment de guerre (et ils ont survécu, contrairement aux Amérindiens), de devenir démocrates et Occidentaux en quelques décennies !!!???

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    Pour que vous ayez un tout petit peu conscience du phénomène, sachez qu’il ne restait plus que 100 à 120 millions d’habitants en Afrique, Afrique du Nord et Afrique blanche australe incluses, en 1900. Et que la démographie africaine ne reprit de la vigueur qu’après notre départ, c’est à dire après les années 1960. De bons esprits vous diront que les Africains ont été décimés par les maladies et que ce sont les Occidentaux qui les ont sauvés. Faux, archi faux : la courbe démographique africaine ne repart réellement à la hausse qu’après les Indépendances, quand nous leur avons foutu la paix.

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    Vous voyez donc la taille de la fausse qui sépare votre compréhension du Monde de la compréhension du Monde par les Africains ! Ceux-ci ont encore (heureusement à mon avis) des réflexes de solidarité, y compris et surtout familiale, face aux dangers de la vie. Ils recueillent leurs proches, pas seulement leurs parents ou grands parents ; ils adulent leurs enfants (les Anglo-Saxons ont perdu tout sentiment familial ou presque) ; et, plus généralement, ils continuent à préférer la famille à leur carrière, ce qui pose des problèmes que nous, nous estimons graves, au niveau du financement des PME. Ils sont plus de 800 millions aujourd’hui et, avec les Indiens et les Chinois, plus de 3 milliards d’individus, 50% de notre planète, à penser de même…

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    A ce stade, je pourrais dire « Je vous emmerde » et fermer mon ordinateur. Car ce 50% minimum de l’Humanité est en passe de régner sur la Terre sans partage : ce n’est plus l’Amérique mais l’Asie qui tire aujourd’hui l’économie mondiale et on ne peut plus se poser en maître face à la Chine par exemple (ceux qui veulent absolument la condamner du fait du Tibet n’ont rien compris). Car de simples augmentations bénignes et ciblées de leurs droits de douanes augmenteraient considérablement notre chômage. Mais vous continuez majoritairement à ne réfléchir que comme si vous étiez les « Maîtres du Monde » et à ignorer les faits…

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    Pour en revenir à l’Afrique, là aussi, vous ignorez les faits. Je ne reviens pas sur la honteuse couverture du problème zimbabwéen par nos médias, voyez mes articles précédents à ce sujet. Car je voudrais surtout insister sur les modifications formidables –mais ignorées par vous- apportées aux civilisations rurale africaines par une urbanisation aussi rapide que nous l’avons connue chez nous : nous n’avons plus à faire à des « grands enfants » nous souriant quels que soient nos propos (ils ne nous comprenaient pas) mais à des gens alphabétisés et, pour bon nombre d’entre eux, revanchards. Et, au lieu de prendre la mesure de cette évolution, nous en rajoutons des couches sur notre supériorité et sur la primauté de la démocratie sur l’économie. Contre tous les exemples à notre portée, Chine en tête (mais la France elle même a entamé son ascension économique sous une dictature, celle de Napoléon III)

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    Bref, nous déconnons à pleins tubes alors que nous régressons formidablement en matière de puissance : moins nous sommes puissants, plus nous sommes arrogants ! Vis-à-vis de l’Afrique, il ne s’agit même plus d’arrogance mais carrément de mépris. Ce, alors que les Africains commencent à se développer à la chinoise et qu’ils préfèrent de plus en plus les Asiatiques aux Occidentaux. Le nabot, Sarkozy, a, certes, laissé quelques uns de ses vagues conseillers lointains imaginer une « nouvelle politique africaine », une merde en fait, fondée toujours sur la condamnation des mœurs politiques africaines. Et il a enfourché le thème effectivement porteur de L’Union pour la Méditerranée. Mais qu’en restera-t-il dans 2 ans seulement, quand les paillettes médiatiques auront fini d’être dispersées par le vent ? En fait, nous (puisque nous avons élu Sarkozy, ce qu’il fait est notre fait) brassons de l’air tout en restant hostile aux « basanés ». Sans voir que les basanés, peu à peu et du fait en grande partie de leur nombre, deviennent les véritables maîtres du Monde que nous croyons rester.

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    Aujourd’hui, en ce 16 juillet 2008, je suis profondément pessimiste sur l’avenir de mes compatriotes. Car, jusque dans mon entourage familiale, je ne vois que des écervelées et des écervelés ne pensant qu’à consommer sans aucune prise en compte du monde réel : personne ne se soucie des informations internationales (ce sont les info « people » qui comptent le plus), l’économie n’est perçue que sous l’angle des recettes personnelles (bourse, taux d’intérêt du livret A, hausse des prix, etc.) et notre société est majoritairement lancée dans une course aux signes extérieurs de richesse en se moquant totalement des laissés pour compte de la croissance, devenus (redevenus ?) les esclaves des riches et moyennement riches. C’est à pleurer mais personne ne pleure et personne n’accepterait, je crois, une augmentation drastique du salaire des femmes de ménage ou des gardiennes d’enfants. Bref, nous sommes décadents, définitivement décadents, mais nous ne le savons pas. Pourquoi évoluerions nous donc ? Nos « réformes » ne visent qu’à nous aligner sur les moins riches d’entre nous pour éviter trop de délocalisations. Alors que les Asiatiques sont moins chers surtout à cause de leurs séries vertigineuses, qui n’ont rien à voir avec nos « séries limités » et élitistes. Nous mourrons en direct sans qu’aucun Occidental n’en ait conscience. Mais les autres, eux, le voient…

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