• Comprendre l'Asie en une demi heure de lecture

    Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 47<o:p></o:p>

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    Politique étrangère : écoutez les autres<o:p></o:p>

    II – Comprendre les Asiatiques<o:p></o:p>

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    Tout bon Blanc qui se respecte a, quelque part dans sa tête, une peur instinctive des « Jaunes » Ce, d’abord parce que les dits « Jaunes » (en fait, il s’agissait de Mongols donc, déjà, d’un mélange entre Chinois et Turcs) ont envahi le monde des Blancs presque jusqu’à Paris (Attila ne fut stoppé qu’aux « Champs catalauniques », c’est-à-dire quelque part entre Toul et Reims). On sait aujourd’hui que les Mongols, en fait, furent surtout stoppés par la forêt, ne pouvant y faire paître leurs innombrables chevaux : leur force venait essentiellement de leur extraordinaire cavalerie, avec des cavaliers pouvant tirer à l’arc tout en galopant. Et leurs armées d’invasion comportaient plusieurs centaines de milliers de chevaux, voir près d’un million dans le cas de Gengis Khan ou de Tamerlan, à faire manger tous les jours. Ces armées n’étaient donc à l’aise que dans les steppes, d’où elles étaient d’ailleurs issues…

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    Notons déjà que l’assimilation entre Jaunes et Mongols –pour beaucoup, l’Asie, c’est en fait le monde des seuls Chinois- est quelque peu osée : les Mongols sont des métisses de Chinois et de Blancs (les Turcs sont des Indo-européens comme nous) et leur culture métissée fut donc, d’entrée, extrêmement ouvertes aux autres cultures. En témoignent par exemple leur ouverture aux religions sémites, Orthodoxie dans les plaines russes ou Islam ailleurs… Mais le bon Blanc qui se respecte et que j’ai pris comme témoin au début de ma diatribe fut aussi pétri de récits anti-orientaux tout au long de sa jeunesse, avec une reprise très nette du discours ces dernières décennies : qui n’a jamais eu en tête les odieux « supplices chinois » en voyant un homme d’allure méchante et sournoise aux yeux bridés ? Nous avons eu cela et bien plus encore en livre de jeunesse, en bandes dessinées, en films d’action (donc pour la jeunesse), en figurines de plastique, en jeux vidéo mêmes et donc toujours aujourd’hui ! Un matraquage fou furieux contre lequel peu d’Occidentaux ont résisté si j’en juge à mon entourage. Et si j’en juge aux réactions un brin hystériques auxquelles on a assisté chez nous avec cette affaire tibétaine !

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    Bref et plus encore que pour l’Afrique noire, notre regard sur l’Asie est à reconstruire de fond en comble. Y compris du côté de nos diplomates énarchisés pour lesquels l’Asie est tout de même une ex-terre colonisée : eux ont du mépris pour tous ces miséreux ! Un peu moins, certes, que pour les Noirs, l’expansion économique chinoise leur laisse quand même à réfléchir, mais on n’en est pas loin : on ne se bat pas au quai d’Orsay pour être nommé à New Delhi ou Hanoi, CQFD… Du coup et comme pour l’Afrique, notre politique étrangère asiatique est d’une indigence fabuleuse qui ferait se retourner dans leurs tombes tous les Français qui, depuis François 1er, ont bâti l’une des diplomaties occidentales les plus ouvertes sur le sud de notre planète (pensez que la France fut le premier pays d’Occident à ramener du café non de Moka au Yémen mais de Tadjoura, en face de Djibouti) Nous n’avons ainsi qu’une politique chinoise (et encore, parce que De Gaulle en avait eu une !) mais nous n’avons plus vraiment de politique indienne ou même vietnamienne (hors la Francophonie). Quand aux autres pays d’Asie, c’est le néant et c’est tout juste si nos médias parlent plus de trois fois par an de notre présence militaire en Afghanistan ! Où nous avons été, comme nous avons été en Irak lors de la 1ère Guerre du Golfe, parce que les Américains nous ont demandé avec insistance d’y aller : un peu comme les Australiens en fait. Bien, n’est-ce pas, pour le pays dont la langue est restée des siècles la langue « diplomatique » ?!

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    Commençons donc par le commencement, comme pour des enfants à l’école, en délimitant le champ de notre investigation. Ou plutôt « les champs » de notre investigation tant l’Asie est vaste :

    -         l’Asie « mineure », pour conserver le nom que donnaient les Grecs à cette partie du Monde, c’est la partie occidentale de l’Asie, Turquie actuelle plus une partie de l’Iran ;

    -         l’Asie centrale, couvrant, toujours pour les Grecs anciens, la partie orientale de l’Iran plus les pays « turcs ». Alexandre le Grand, face aux difficultés qu’il rencontra pour pacifier cette partie de la Perse, épousa d’ailleurs une fille de « satrape » (= gouverneur) du coin, Roxane de Bactriane (région à cheval sur l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et l’Afghanistan) ;

    -         le Moyen Orient, couvrant les pays arabes. A l’époque d’Alexandre, il s’agissait essentiellement de l’Irak (Babylone) et de la Syrie, laquelle englobait alors la Palestine (Palestine actuelle plus Israël, Liban et Jordanie). La péninsule arabe ne comptait guère tandis que l’Egypte (soit aussi le Soudan et une partie de l’Afrique du Nord) faisait partie intégrante de l’Afrique ;

    -         l’Asie du sud est : c’est le bout du Monde d’Alexandre le Grand, soit la péninsule indienne plus, région dont les Grecs anciens ignorèrent l’existence, la péninsule indochinoise : Inde, Pakistan, Vietnam, Cambodge, Thaïlande, Indonésie, Philippines, Malaisie, etc. Certains auteurs n’y voient que l’Indochine. Mais, puisque les Grecs anciens sont notre référence, il est évident que les pays les plus à l’est et les plus sudistes de la planète à leur époque étaient ceux de la péninsule indienne, pas ceux de la péninsule indochinoise et des îles qui s’y rattachent…

    -         L’Asie orientale enfin, soit les empires du Milieu (Chine) et du Soleil levant (Japon) ainsi que le royaume coréen.

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    L’ensemble regroupe la moitié environ des habitants de la Terre et la plus grande mixité culturelle que notre planète ait jamais connue : mixité ethnique (les Mongols, par exemple, sont un mélange entre « Jaunes » et « Blancs », de même que les Indiens actuels sont issus de mélanges entre Indo Européens (issus des montagnes et plaines turkmènes) et populations noires autochtones, puis du mélange ainsi obtenu avec des populations mongoles, puis de ce nouveau mélange avec des envahisseurs arabes, puis de ce dernier mélange avec de nouveaux envahisseurs turcs, les Européens ayant laissé nettement moins de traces sur ce plan physique (ils en ont laissé sur le plan culturel)… Les Chinois eux-mêmes sont loin d’être exempts de mixité. A commencer par les invasions mongoles qui ont bouleversé leur empire jusqu’à en annihiler l’évolution pendant des siècles ! Et ils ont (pacifiquement) essaimé leurs spermatozoïdes et leur culture dans le monde entier, à commencer par les pays voisins : l’Indochine ne peut se comprendre sans cet apport chinois, tout puissant (Singapour) comme sous-jacent (Malaisie). Et quand aucun Chinois n’est venu coloniser un bout de pays de manière invasive, le pays se positionne quand même et d’abord par rapport à la Chine (Vietnam)…

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    Le mélange est également et puissamment culturel, à commencer par la religion : de la Turquie à la Chine, l’Histoire a enregistré sur cette immense portion de nos terres immergées, la présence de pratiquement toutes les religions humaines et au delà (Confucius) Seules en ont été absentes les religions amérindiennes. Christianisme (surtout du temps de Byzance), Islam, Bouddhisme, Indouisme, Taoïsme sont les principales religions héritières de cette quête quasi frénétique de Dieu qui a vu aussi et pendant des siècles d’autres très grandes religions fleurir en son sein, tel le culte de Zoroastre en Perse. L’Asie est bien le creuset des religions humaines, comme elle fut, avec l’Egypte, le creuset des civilisations humaines : en sus des Sumériens qui inventèrent l’écriture plus de 3000 ans avant JC et dès 1 300 avant JC, le premier empire chinois digne de ce nom pénétra jusqu’au cœur de l’Asie que la Chine domina jusqu’à…1 300 après JC, date à partir de laquelle la pression turco-mongole termina de faire sauter cette domination. Mais ils ne détruisirent surtout pas la juteuse "Route de la soie" : près de trois millénaires durant, les Chinois déversèrent donc leurs produits et leur savoir dans le Monde au travers d’une Route de la soie si brillante qu’elle permit à la civilisation gréco-romaine de perdurer jusqu’à la prise de Constantinople  (1453 après JC, plus d’un millénaire après la chute de Rome) et à la civilisation turco-mongole d’envahir les 2/3 du Monde connu ! Tout cela grâce à l’argent généré par ces échanges commerciaux est-ouest et grâce aux voyages des idées permis par ces échanges…

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    Il faut vous pénétrer de cette histoire si vous voulez comprendre ce qu’est l’Asie aujourd’hui. Car vous n’avez pas à faire à des sauvages qui s’occidentalisent, comme la majorité d’entre vous le pensez, mais à des gens dont les références sont à la fois très anciennes, très complexes et plus qu’évoluées hors le domaine technologique auquel, d’ailleurs ils s’accoutument avec une rapidité saisissante. Bien entendu et comme partout ailleurs joue aussi dans ces contrées le phénomène de l’urbanisation, les Asiatiques ayant toutefois et par rapport aux Africains, une très ancienne culture citadine et d’échanges commerciaux qui survécut à la colonisation (en Afrique, les colonisateurs détruisirent les infrastructures préexistantes, ramenant toutes les cités en bord de mer ou de fleuve afin d’y faciliter l’enlèvement des matières premières) Et les valeurs des populations asiatiques ne sont donc pas des valeurs de populations arriérées mais celles de populations évoluées.

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    Et la valeur qui diffère le plus de notre monde occidental actuel est très certainement la pudeur : tandis que nous n’arrêtons pas de nous épancher dans tous les sens du terme, jusqu’à de grotesques parades sexuelles que nous voudrions voir répandues dans le monde entier, le reste du Monde (les Asiatiques ne sont pas les seuls), y compris ceux que nous prenons à tort pour des satrapes, nous regarde avec effarement, souvent avec horreur. Il faut quand même que vous vous en rendiez compte ! Les Occidentaux sont environ 700 à 800 millions sur Terre. Et « le reste du Monde », près de 5 milliards et demi. Cela veut dire que 87% des humains refusent l’un des aspects de notre vie que nous jugeons de plus en plus importants : que ferions nous sans nos « psy », sans nos « courriers des lecteurs », sans nos « reality shows » ou sans les excès de nos « parades », techno comme gay ?! C’est essentiellement sur ces « valeurs » occidentales que surfent les réactions religieuses elles mêmes excessives des Asiatiques, nées à l’origine et seulement de révoltes sociales larvées et de sentiments anticoloniaux : ce que les Asiatiques considèrent comme nos dépravations ont indiscutablement mis de l’huile sur le feu, beaucoup d’huile sur le feu !

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    Savent-ils, eux, que ces comportements outranciers sont en fait minoritaires mais tellement médiatisés qu’ils apparaissent comme prépondérants dans nos sociétés ? L’image que nous donnons au Monde sur ce plan très précis joue probablement un rôle bien plus grand dans le rejet de la société « nordiste » par les sociétés « sudistes » que le souvenir de nos exactions passées. Et je ne « galèje » pas : les Chinois, par exemple, ne s’embrassent pas dans la rue et vous savez, Oh combien !, que les Moyen Orientaux refusent la nudité en public (pas seulement celle des femmes d’ailleurs, la nudité masculine est tout autant réprimée) Mais nos touristes continuent inlassablement à promener leur mini maillots de bains dans toutes les stations balnéaires de la planète tandis que nos pervers continuent inlassablement à assouvir leurs déplorables instincts dans les pays pauvres aux populations fragilisées. J’ai pas mal roulé ma bosse et ai moi-même vu des choses effroyables, comme ces brutes des plateformes pétrolières offshore américaines se « taper » des gamines de 13-15 ans à peine après avoir bu des dizaines de canettes de bière : dans leur pays, ces minables auraient été condamnés à des dizaines d’années de prison ferme. Pourquoi, alors que nous réprimons fermement la pédophilie, tolérer ces comportements obscènes de nos compatriotes à l’étranger ? Pourquoi ne forçons nous pas les compagnies pétrolières à faire elles mêmes leur police ? Tout au contraire prenons nous la défense quasi systématique de nos concitoyens fautifs quand ils sont condamnés dans les pays en développement : leur Justice n’est qu’une parodie, n’est-ce pas ?!

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    Car nous ajoutons l’arrogance à nos débordements sentimentaux, autre comportement qui nous vaut la haine des sudistes. Revenons à cet égard sur cette histoire du Tibet, symptomatique à tous les égards : le Tibet est partie intégrante de la Chine depuis le 13e siècle de notre ère, c’est-à-dire à une époque où une partie de la France était toujours sous domination anglaise ou , encore, où l’Allemagne était divisée en royaumes et principautés indépendants, ou bien encore où l’Italie n’existait pas, une partie aux mains des Espagnols, une autre aux mains des Français, une autre aux mains de la Papauté et, le reste, divisé en micro Etats (Venise, Gènes, etc.) Dans ce coin de la chaîne Himalayenne a perduré une secte bouddhiste organisée en monastères rattachés à une instance suprême, le Dalaï Lama, un sage ayant renoncé au Nirvana pour aider les humains à l’atteindre. Et se réincarnant donc sans cesse dans un enfant après sa mort. L’objectif premier de la secte est donc d’amener, par la prière et l’ascèse, le maximum de Tibétains à atteindre le niveau à partir duquel ils ne se réincarneront plus, étant passé dans le Nirvana (s’étant fondus dans Dieu) D’où la multiplication des  monastères…

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    Mais faut bien qu’ils vivent, en attendant le dit Nirvana, les dits moines et moinillons (ils sont choisis pratiquement au berceau sur des critères qui nous apparaîtraient plus que fumeux si nos médias nous les révélaient) Et les manants sont donc là pour les faire vivre, tous ces minables qui n’ont pas encore atteint le stade du pré Nirvana, tout juste réincarné de quelque animal répugnant si ce n’est pas de quelque misérable insecte. Le tableau est tout sauf béat, si vous voulez mon humble avis. Mais c’est ce tableau que nous défendons bec et ongles parce que, Coco, le Dalaï Lama c’est « in » !

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    Certes, des jeunes Tibétains se sont révoltés contre la mainmise chinoise sur leur pays où ils sont aujourd’hui minoritaires par rapport aux Chinois d’importation : n’oublions pas que, là bas, tout est mélange depuis des millénaires et que les Tibétains ont bien entendu une dose plus que forte de sang chinois dans leurs veines. Et cette révolte, très tardive (les Tibétains pur sucre sont minoritaires depuis très longtemps), ressemble certes à un irrédentisme. C’est donc un vrai problème. Mais qui sommes nous pour nous en emparer de la sorte et donner des leçons péremptoires aux Chinois ? Très certainement notre grand communicateur, Ménard, a-t-il oublié que la France envoya le contingent pour mater les Algériens révoltés. Qui, eux, étaient largement majoritaires et bien plus opprimés que les Tibétains pur sucre par les Chinois. Les Anglais ont aussi défilé en nombre contre la Chine. En oubliant qu’ils occupent encore le nord de l’Irlande et qu’il fallut un terrorisme féroce pour venir à bout de leur colonialisme insupportable dans la majeure partie de l’île : de sombres brutes osent jouer à Matamore face à des Chinois qui ont été bien plus cruels envers eux-mêmes (les guerres civiles ont ensanglanté l’empire à plusieurs reprises depuis des millénaires, y compris le sombre épisode de la Révolution culturelle) qu’envers les étrangers. Et des Chinois à qui les Européens imposèrent une guerre féroce, la guerre des Boxers, dont ils ne consignèrent que les morts « blancs » tout en opérant des « opérations de nettoyage » d’une férocité inouïe des mois durant. Imaginez donc l’état d’esprit des dits Chinois face à nos rodomontades arrogantes !

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    D’autant que les dits Chinois ne sont plus aujourd’hui des miséreux en sandales ayant besoin de notre argent et de notre technologie pour vivre, mais les nouveaux maîtres de l’Economie mondiale, sans les achats desquels nous serions plongés dans de terribles convulsions économico sociales. Tous les faux gauchistes qui se sont époumonés contre les dirigeants chinois, cherchant à peser sur Sarkozy pour qu’il n’assiste pas aux cérémonies d’ouverture des prochains Jeux Olympiques, n’ont donc rien compris au Monde qui les entoure. Pour eux, l’Univers se résume à la domination blanche sur le dit Univers, à la nécessité irréfléchie de « sauver la planète » (les « écolos fous ») et au fait de dénoncer les pays qui ne vivent pas sous le régime de la démocratie formelle. Et j’insiste sur l’aspect formel de la dite démocratie occidentale : car ses médias sont d’une indigence honteuses, mentant effrontément aux électeurs pour qu’ils « votent bien ». Telle la relation de la 2e Guerre d’Irak dans les médias américains (leurs excuses tardives ne retirent rien à leur saloperie originelle) ou bien la couverture de la campagne électorale de 2007 en France, tellement pro-Sarkozy que ça en devenait caricatural (mais aucun media français n’a présenté d’excuses)

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    Bref, méconnaissance plus arrogance = nullité et c’est bien pourquoi je préconisais plus haut de réviser de fond en comble notre politique asiatique. Songez à cet égard que le dernier regard philosophique que nous ayons eu sur cette partie du Monde fut celui de Claude Lévi-Strauss, anthropologue qui ne visita que les îles du Pacifique pour en tirer une philosophie soi-disant universelle (Tristes Tropiques, ou le refus du développement économique du Tiers Monde). Avant de virer à l’extrême droite au travers de considérations écologistes aussi fumeuses que dépassées…

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    Mais Lévi-Strauss est une figure de proue du « socialisme français moderne » tel que vu par nos énarques. Au point que la position officielle du PS vis-à-vis de l’Afrique est un encouragement au retour à la terre de tous les Africains. Fallait le faire, ils l’ont fait ! Comment voulez vous que, dans ce contexte monstrueux, il n’y a pas d’autres qualificatifs valables, notre intelligentsia ait pu accoucher d’une politique asiatique intelligente ? Essayons donc de l’aider, la dite et nullissime intelligentsia, à retrouver ses esprits. Et voyons les problèmes tels qu’ils se posent en réalité à la France :

    -         Concernant la Chine, nous avons à faire à un concurrent redoutable pour la plupart de nos industries et, demain, de nos services : songez par exemple que des avocats chinois nous proposeront les mêmes prestations que leurs homologues français à 50 € l’heure alors qu’aujourd’hui, on tourne autour de 300 € l’heure et avec des prestations plus que médiocres… Il nous faut donc retrouver le goût du grand public et ça nous prendra au moins un quart de siècle tant nous sommes lancés avec ardeur dans le « happy few », soit une recherche incessante de différentiation par rapport à nos concitoyens. Il faut, pour résumer notre problème, que deux générations passent avant que des Français un peu plus intelligents acceptent de ressembler à la moyenne des Français… Nous ne pouvons donc que négocier ce temps avec les Chinois. En lâchant du lest sur certains points pour gagner le maximum de temps sur les points importants (essayons au moins de sauver nos industries stratégiques comme nos industries du transport). Et, ce, tout en redonnant force de loi à la puissance publique. Car, si nous nous en remettons au marché, nous retomberons sur l’énormité qui s’est passé dans le secteur du textile : Bruxelles a négocié du temps avec Pékin. Temps pendant lequel les industriels européens ont…investi en Chine au lieu de muscler l’industrie européenne ! Une politique chinoise raisonnée est donc une politique de négociation économique dans laquelle nous sommes demandeurs et non dominants, CQFD. Vous voyez que, dans ce cadre, les conneries ménardesques ne nous aidaient pas vraiment, c’est le moins qu’on puisse dire !

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    -         Vis-à-vis de la Chine nous avons en outre une carte à jouer qui est un éventuel rapprochement avec l’Inde, son concurrent immédiat et, à terme, la puissance qui remettra réellement en cause la puissance chinoise. Pour obtenir des concessions chinoises, il nous faut donc avoir de bons rapports avec New Delhi alors que, pour l’instant, nous considérons essentiellement ce pays comme une manne pour nos exportations d’armes et d’avions de transport. Donc avec notre panoplie habituelle de dessous de table grassouillets dont  la mise au jour ruine en un instant notre image de marque auprès des Indiens. Bref, nous devrions d’une part refréner drastiquement les velléités des commerciaux de Dassault et d’Airbus tout en ayant un comportement aussi chaleureux avec New Delhi que nous pouvons en avoir avec Rabat ou Johannesburg… Un investissement à long terme en fait mais avec des retombées immédiates vis-à-vis de nos relations avec la Chine.

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    -         Enfin, vis-à-vis des deux géants asiatiques devrions-nous avoir une politique d’amitié à long terme et, ajouterai-je, d’amitié entretenue par des voyages quasi annuels. Pour l’instant, quand l’un de nos chefs d’Etat s’y déplace, c’est en moyenne deux fois par mandat pour la Chine et une fois au plus par mandat pour l’Inde. Le schéma est d’une simplicité biblique : quand vous recevez un représentant commercial à votre porte, la première fois vous le mettez dehors méchamment. La seconde fois, vous le mettez dehors avec des excuses. Et, la troisième fois, vous le recevez. Nous avons des choses à vendre, du savoir faire notamment en matière agro-industrielle, des centrales nucléaires, des avions, des voitures, des TGV et j’en passe. Nous sommes donc dans la position du quémandeur, pas d’un grand Manitou qui condescendrait à autoriser des sauvages à nous acheter nos produits ! C’est du B A ba mais nous sommes totalement incapables de le pratiquer car nous sommes bien trop arrogants : cherchez simplement, dans les grandes entreprises françaises exportatrices, qui « condescend » à s’occuper des pays soi-disant pauvres. Que des « petits jeunes » en fait, sans expérience, alors que, compte tenu de l’importance des marchés, ce sont nos commerciaux les plus chevronnés qui devraient, plusieurs fois par an, s’envoler pour New Delhi et Pékin en ayant préalablement appris les langues locales.

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    Souvenez vous à ce propos du gigantesque changement d’orientation opéré par le gouvernement Balladur il y a une vingtaine d’années : abandon de l’Afrique au profit des pays plus immédiatement prometteurs en matière d’exportation. Donc au profit surtout de l’Asie. Et voyez ce qui s’est passé : les grandes entreprises ont racheté des entreprises implantées en Asie sans chercher un seul instant à convaincre leur personnel français de l’intérêt de ces marchés. C’est typiquement technocratique –et technocratiquement français !-, cette considération que ses concitoyens sont totalement incapables de mutation et qu’il est donc préférable de gâcher des milliards d’euros à acheter des entreprises étrangères plutôt que de former ses équipes françaises au grand large. Quand on voit comment les Français aux petits pieds sont partis, seuls, à l’assaut du dit grand large (en quelques années –mais pas du tout du fait des multinationales- le nombre de Français à l’étranger s’est littéralement envolé), on mesure la connerie –et l’outrecuidance !- des énarques… J’ai, à cet égard, pu mesurer l’écart existant entre la volonté du peuple et la réponse des élites. Considérez simplement le nombre de vos proches qui se sont mis à apprendre le chinois et qui, toujours aujourd’hui, restent sans emploi et vous aurez la mesure de notre mal gouvernance française…

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    N’insistons pas et passons à présent au volet de notre politique moyenne orientale. Souvenez-vous, il y a très peu de temps, Jacques Chirac fut un héro des Arabes. Aujourd’hui, nos médias tentent désespérément de nous faire croire que Sarkozy a à la fois l’oreille des Israéliens et celle des Arabes. Il a très certainement l’oreille des dirigeants ; mais celle des peuples, j’en fais plus que douter. Car la droite française a en fait enterré tout bonnement et sans fanfare la politique gaulliste vis-à-vis du Monde arabe (rappelez-vous le discours du général sur ce point : « Israël, une nation sure d’elle même et dominatrice… ») Pour enfourcher sans état d’âme la politique américaine faite d’un soutien sans faille à Israël et de promesses qui n’enflamment que ceux qui y croient aux Monde arabe. Ce, avec des médias qui font semblant d’y croire eux aussi…

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    Bref, nous n’avons jamais été aussi proche des thèses israéliennes, comme en fait tout au long de la 4e République. Seul De Gaulle avait osé renouer avec la politique pro orientale des siècles passés, considérant la France à travers le temps et non à l’aune des affinités fricardes de la bourgeoisie française. Ce qui est fou est que le pétrole est totalement absent du raisonnement de cette bourgeoisie apatride (plus occidentale que française) alors que, des décennies durant, notre pays n’a cessé de se rapprocher des sources pétrolières musulmanes auxquelles les Anglo-Saxons nous avaient interdit de toucher. Nos compagnies pétrolières s’étaient de fait repliées ailleurs, Russie et Afrique, notre pré carré africain ayant en outre été pris d’assaut avec succès par les Américains (guerres du Congo). L’UMP de Sarkozy s’est donc couchée devant nos vainqueurs et n’a, en fait, plus d’autre politique moyen orientale que celle de feu Guy Mollet, soit la captation du fameux « vote juif » Ce qui est fou est que nous aurions pu nous passer du pétrole plus tôt que tous les autres Occidentaux du fait de notre capacité nucléaire civile. Mais nos constructeurs automobiles, pourtant en tête, dans les années 1980-1990, en matière de recherche sur les moteurs, ont tout laissé tomber pour pouvoir fournir leurs actionnaires en dividendes juteux, Total comptant parmi leurs actionnaires « de référence » Ce sont donc les Asiatiques qui, là encore, nous ont pris de vitesse sans que, cette fois-ci, les salaires soient coupables de quoi que ce soit : ce sont les japonais qui ont inventé les premiers moteurs hybrides alors que les dits moteurs avaient été étudiés depuis longtemps dans les services d’études de nos constructeurs d’automobiles. Vous aurez noté d’ailleurs et toujours sur ce plan que le moteur à air comprimé, moteur hybride assez génial, fut inventé en France. Mais qu’après le refus de Renault et de Peugeot de le développer, c’est l’Indien Tata qui en acheta le brevet et qui va, tout prochainement, sortir ses premiers véhicules de série (la voiture, en plus, la moins chère du Monde, à moins de 2 000 euros)

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    Reprenons le tout pour que vous compreniez bien l’horreur de la chose : la France a un problème, après l’indépendance de l’Algérie, d’approvisionnement en hydrocarbures. Et développe donc une politique africaine très offensive tout en faisant tout pour pouvoir contourner l’interdiction anglo-saxonne de toucher au pétrole moyen oriental. Les Américains attaquent avec succès nos positions africaines en même temps que Balladur fait tout pour nous éloigner des Africains. Puis arrive la droite sarkozienne qui finit de tout casser en mettant à bas notre politique arabe. J’ai beau chercher, je ne vois rien d’autre là dedans que de la Haute Trahison. Et ce n’est pas le simulacre de rapprochement avec les Arabes de l’Union pour la Méditerranée qui peut changer la donne (aucun budget n’est dévolu à ce machin purement médiatique)

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    Si vous ajoutez à cela une présence totalement américanisée de nos armées en Afghanistan et le fait que Sarkozy ainsi que les Socialistes français auraient, eux, envoyés des troupes françaises en Irak lors de la 2e Guerre du Golfe, alors vous avez un tableau saisissant de notre « non politique » asiatique. Pire, ce que nous faisons visiblement sans nous rendre compte de ce que nous faisons, est totalement contre productif à court comme à long terme. Notre image a cessé d’être celle d’un Etat comprenant le Sud pour devenir celle d’un satellite occidental déclinant tout autant que les Anglo-Saxons. Sans que cela face ciller le moindre énarque en charge de notre malheureux destin…<o:p></o:p>

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