• Critique du gauchisme caricatural

    Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 33<o:p></o:p>

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    Comment transformer un mouvement contestataire en parti de gouvernement<o:p></o:p>

    III – Critique du gauchisme caricatural<o:p></o:p>

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    En ce lundi 21 janvier 2008, la démarche de transformation du gauchisme en mouvement apte à gouverner me paraît de plus en plus urgente : il suffit pour s’en convaincre de voir comment la direction du PS a transformé son dernier « atelier de rénovation ». En fait de rénovation, on a eu droit à une grande messe de la droite du parti en perspective des élections municipales qui s’annoncent, selon les premiers sondages, particulièrement heureuses pour les socialistes « institutionnels ». Il y avait là tous les ténors libéraux, Ségolène Royal, Delanoë, Dominique Strauss Kahn même, ainsi qu’un Fabius qui, sans doute, ne voulait pas apparaître comme largué dans ce maelström de la droite socialiste. Tous les seconds couteaux de droite étaient également présents dont un Moscovici prétendant, lui aussi, au poste de patron du PS. Bref et sauf improbable sursaut des militants qui restent, le parti socialiste français sera « blairisé » dans les mois qui viennent…

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    Je poursuis donc mes propositions relatives à la transformation du gauchisme protestataire en parti de gouvernement. La dernière fois, j’avais relevé que le dit gauchisme recélait en son sein une base doctrinale tout à fait présentable mais totalement occultée par les médias. Il n’en reste pas moins quelques « scories » et difficultés qui ont, jusqu’à présent, empêché les différents courants de la gauche extrémiste française de s’unir.

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    Commençons par la première et plus grande difficulté à mes yeux, l’écologie : une partie notable des militants gauchistes est issue de mouvements à fort caractère écologique, à commencer par ATTAC. Les positions d’un très grand nombre de sympathisants européens du mouvement sont directement inspirées par les écrits de feu le professeur Dumont, relayés depuis par ceux de Claude Lévy Strauss. Soit, il faut appeler les choses par leur nom, des positions qui s’apparentent au fascisme dont sont issus les deux auteurs. Exemple : le refus du développement des pays du Tiers Monde pour cause d’atteinte à l’écologie de la planète. Je n’invente rien, lisez simplement L’Afrique est mal partie de Dumont et vous constaterez que le dit Dumont préconise la villagisation forcée des Subsahariens et, donc, le refus du développement africain (tout développement économique passe par l’urbanisation) Ce, tandis que les trotskistes, marxistes d’origine, ne peuvent qu’être favorables à l’urbanisation et au développement économique du Tiers Monde. Les positions, je le souligne tout de suite, sont totalement irréconciliables et il n’y a qu’une solution de gauche face à ce problème : engager un débat idéologique en direction des militants écologistes de base, militants qui, eux, ne sont pas forcément fascistes. Et viser ainsi la neutralisation définitive des émules volontaires des Dumont, Lévy Strauss et autres.

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    En fait, il faudrait même aller jusqu’à recommencer la bataille pour le pouvoir au sein d’Attac, bataille entre, justement, les trotskistes et les « dumontistes » mais, cette fois-ci, en évacuant totalement les problèmes de personnes au profit de la bataille purement idéologique. Peu importe en fait et en fin de compte qui gouvernera le mouvement en France pourvu que la ligne idéologique soit définitivement épurée de ses « scories » fascisantes. Je sais que ça n’est guère aisé, cet altruisme dans un pays clanique et dont la politique est forcément personnalisée. Mais c’est faisable, j’en suis certain…

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    Ceci étant, l’écologie n’est pas intégralement fascisante et, compte tenu de son impact sur les sympathisants de gauche, elle doit être présente dans le programme de tous vrais mouvements humanistes. Quelle position, par exemple, adopter face à l’électricité d’origine nucléaire ? Je rappelle ici les principaux éléments de la querelle : un, le nucléaire civil génère des déchets que nous ne savons pas éliminer. Deux et compte tenu du réchauffement planétaire, nous ne pouvons plus continuer à utiliser massivement les énergies fossiles, génératrices, elles, de gaz à effet de serre, pour produire de l’électricité. Sachant par ailleurs que les énergies dites renouvelables (solaire, vent, géothermie) ne peuvent se substituer que partiellement aux sources énergétiques précédentes, en tout cas au cours des décennies à venir. Fort heureusement et dernier élément, nous avons le temps d’effectuer une mutation en douceur (les réserves d’hydrocarbures restent confortables) tout en y étant fortement incités du fait du prix actuel des dits hydrocarbures.

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    Tout cela n’a rien d’irréductible pourvu que chacun reste de bonne foi. Que les anti-nucléaires tout d’abord acceptent de reconnaître que les énergies dites renouvelables ne sont pas à même de remplacer, immédiatement, les énergies fossiles dans la fabrication de l’électricité. Et qu’une période « atomique » est donc nécessaire. Qu’en contre partie, les nucléaristes reconnaissent que l’élimination des déchets nucléaires est un vrai problème et que leur retraitement à la Hague n’est pas la panacée (même si c’est un mieux par rapport à l’enfouissement). Les uns et les autres pourraient se mettre d’accord sur la nécessité de financer très rapidement, avec nos voisins européens, la recherche sur la fusion nucléaire civile. Et, entre temps (il faudra, compte tenu des retards pris en ce domaine, un bon demi siècle avant que nous puissions maîtriser la fusion nucléaire), sur les réacteurs de 4e génération (c’est-à-dire des réacteurs qui produisent plus de combustibles qu’ils n’en consomment). Et que tous se mettent d’accord sur un développement rapide des énergies renouvelables. Les maisons individuelles devraient pouvoir, notamment, être toutes équipables rapidement de panneaux solaires à bon marché. Les techniques sans silice existent mais restent chères compte tenu du marché pour l’instant étroit.

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    C’est qu’un obstacle de taille existe contre l’évolution en ce domaine, je veux parler de « la » compagnie française spécialiste du pétrole, Total. Ce monstre est actionnaire de tout ce qui consomme du pétrole, pesant de son poids d’actionnaire sur les industriels fabriquant des produits consommateurs d’énergie ; et pesant sur l’Etat du fait de ses contributions massives aux campagnes électorales des élus de tous poils. Je dis ici et tout de suite qu’un vrai gouvernement de gauche doit avant tout renationaliser cette compagnie afin de l’assainir avant de la reprivatiser, probablement par morceaux. En lui confiant, autre politique de rupture, les moyens de sa reconversion, soit un monopole de fabrication des panneaux solaires de nouvelle génération pendant 5 ans. C’est ça, une vraie politique de gauche intelligente.

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    Passons maintenant à un autre aspect essentiel de l’écologie, les transports. On connaît les vœux des « fascisants » via les ultimatums de Nicolas Hulot : transports publics à mort ! Mais peut-on politiquement revenir sur l’individualisation du mode de transport qui a conquis la planète entière ? Non, bien évidemment. Et il faut donc trouver d’autres réponses à la raréfaction des hydrocarbures. Les Asiatiques nous ont montré la voie avec les moteurs hybrides. Delanoë a montré une autre voie avec la proposition d’un parc de véhicules municipaux « propres » mis en location, comme les vélos. On peut imaginer bien d’autres évolutions dont, par exemple, la modification des voies routières en voies « guidées » (quelque chose de beaucoup plus sophistiqué que le « rail-route » suisse mais dans le même esprit) et l’abandon alors pur et simple des automobiles à grand rayon d’action (donc l’abandon des hydrocarbures). En fait et là encore, la neutralisation des compagnies pétrolières permettrait de libérer les imaginations (et d’ouvrir les cartons tant ces imaginations ont déjà produit de fruits) : la première bataille de la gauche vraie en matière écologique passe par un bras de fer déterminant avec les compagnies pétrolières. Je vous rappelle à cet égard que Jospin, alors 1er ministre socialiste, avait d’entrée décidé qu’il ne poursuivrait pas Total dans l’affaire du pétrolier Erika. Bien, le mec ! Et bien son entourage d’alors, toujours à la tête du PS !

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    Autre sujet qui fâche, le marché : une partie des gauchistes estiment que la consommation est une aliénation, la première aliénation en fait, de l’esprit humain. Ce sont en majorité et toujours les écologistes fascisants. Ils n’ont pas tellement tort d’ailleurs, la surconsommation des pays occidentaux ayant un caractère pratiquement pathologique. Entretenu par un pouvoir libéral qui s’effondrerait sans cette consommation compulsive. La réponse n’est pas simple car le problème n’est pas le même partout :

    -         en Occident, on peut dire que l’abondance est arrivée même si les inégalités restent fabuleuses. Elles sont d’ailleurs soigneusement entretenues, les dites inégalités, de façon à ce que les « petits » soient motivés et continuent à produire comme des fous (« travailler plus pour gagner plus ») ;

    -         Ailleurs par contre, les foules sont loin de posséder l’essentiel même si l’écart se réduit entre l’Occident et l’Asie : Amérique latine et Afrique continuent à avoir besoin d’un modèle économique productiviste. Mais on sent, même en Afrique subsaharienne, que le « déclic » de l’abondance n’est pas loin. N’en déplaise là aussi à tout un tas de merdeux plus racistes que gauchistes qui se complaisent dans la dénonciation des « rois nègres »

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    Un vrai gouvernement de gauche ne peut donc répondre « bêtement » à la question de la surconsommation par des condamnations écologistes irréfléchies. Il faut d’abord répondre avec soin et pour la 1ère fois depuis l’effondrement du communisme, sur les mérites comparés du plan et du marché (le marché n’est pas le libéralisme et vice versa) J’aurais tendance à dire que, dans les pays en développement, le marché doit l’emporter. Tandis que dans les pays développés, il est nécessaire de réintroduire de la planification : l’abondance doit se gérer intelligemment, donc en redonnant du pouvoir à un Etat régulateur et du gaspillage et de la fameuse « valeur » que même Marx n’avait jamais réussi à définir. En fait et aujourd’hui, l’Occident pourrait devenir le laboratoire du futur de l’ensemble du Monde. Malheureusement, la compétition des nations –et même des civilisations- fait que, dans l’état actuel des choses, nous ne pouvons que constater d’une part le déplacement du pouvoir économique de l’Occident vers l’Asie et, d’autre part, le changement de nature de la mondialisation du fait de ce déplacement : les Anglo-Saxons étaient individualistes et opposés à l’Etat, l’Asie est « familialiste » et étatique. Nous changerons donc de modèle sans contrôler ce changement mais en observant que le dit changement (étatisation et plus grand humanisme du « familialisme » sur l’individualisme) nous sera sans doute plus rapidement bénéfique qu’à ses promoteurs. En clair, un gouvernement gauchiste devrait encourager le changement de modèle en se rapprochant des pays en développement au détriment des pays occidentaux dominants (anglo-saxons et nordiques). C’est plus que révolutionnaire mais toute l’Europe sudiste devrait nous suivre…

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    Ce qui oblige bien entendu –mais les gauchistes sont opposés de toute façon à l’Europe façon Bruxelles- à une révision déchirante de la France vis-à-vis de l’Europe. Quand les gauchistes parviendront au pouvoir –s’ils y parviennent !- le fameux « traité simplifié » sera probablement entré dans les mœurs. C’est-à-dire que la majorité nécessaire aux prises de décision européenne sera une majorité simplifiée et que la France a elle seule ne pourra plus s’opposer aux dites décisions. Ni, théoriquement, imposer un changement majeur d’orientation de la part des commissaires européens. Théoriquement… Car la France pourra faire sécession à tout moment, la simple menace de sécession d’un pays comme le nôtre bouleversant immédiatement tous les équilibres mis peu à peu en place par les ultra libéraux. Par exemple, l’Allemagne entrerait immédiatement en récession sans le marché français. Les échanges entre le sud et le nord de l’Europe seraient immédiatement compromis et l’Espagne, par exemple, entrerait dans une crise grave. Bref, avec un peu de détermination (il faut être prêt à faire réellement sécession), la France pourrait renégocier quasi immédiatement l’équilibre européen actuel et obtenir, par exemple, la disparition de Bruxelles au profit d’une simple zone de libre échange. Ce qui lui permettrait de se rapprocher ensuite, au sein de cette zone de libre échange, de pays avec lesquels elle entend parvenir à des accords plus étroits. Une politique méditerranéenne par exemple, mais plus sérieuse que celle proposée actuellement, sans grandes chances de succès, par le gouvernement Sarkozy. L’Allemagne ne suivrait sans doute qu’au terme de convulsions graves et nous devrions être en froid avec l’est de l’Europe pendant quelques années. Bref, une politique européenne « gauchiste » ne serait pas de tout repos. Mais on ne refonde pas une Europe non libérale sans effort et sans casse…

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    Dernier point important des déchirements d’un gauchisme de gouvernement, la politique de défense. Le militantisme actuel pousse au désengagement militaire et à la dénucléarisation de nos moyens militaires. Ce, tandis que nos obligations internationales nous poussent à conserver les éléments les plus voyants d’une défense crédible. Objectif que l’opposition, alors, de la plupart des pays occidentaux à l’arrivée d’un vrai parti de gauche au pouvoir en France, poussera encore plus à maintenir. Ce, d’autant que le changement de politique étrangère de la France, alors très certainement beaucoup plus à l’écoute du Tiers monde, lui vaudra des oppositions assez musclées aux initiatives agressives que prendront de plus en plus des Anglo-Saxons voyant leur influence mondiale diminuer au profit de l’Asie. Que pourrait faire à cet égard une France sans puissance « guerrière » ? Des condamnations de principe et un lâchage des pays agressés comme en 1934 vis-à-vis de l’Espagne ? Soulignons que la politique militaire de la France reste, sans changement notable à cet égard, une politique de défense « tous azimuts » qu’il serait en fait opportun de rappeler dès l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement révolutionnaire sur bien des points. Pour ôter d’entrée toute envie de déstabilisation « musclée » du nouveau régime par les pays libéraux ex « ami » : sans se montrer exagérément agressif, le nouveau régime devra se faire respecter d’entrée par des voisins qui auront, eux, très envie d’être agressifs. CQFD !

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    Pour le reste, on ne voit pas pourquoi des gens issus de la même majorité iraient se heurter publiquement, au risque de faire échouer leur expérience sur des éléments mineurs. La politique monétaire étant redéfinie rapidement par la sécession (ou la menace de sécession) européenne, les ministres s’occupant des Finances devraient très certainement être plus keynésiens que libéraux (ou alors, l’expérience ne serait pas antilibérale). Sans doute les problèmes de sécurité seraient-ils réglés plus façon Ségolène Royal que façon Sarkozy. Et très certainement la lutte contre l’élitisme serait-elle renvoyée à plus tard, de façon à ne pas se mettre immédiatement à dos la quasi totalité des élites de l’ancien régime. Une telle réforme, de toute façon, ne peut se faire qu’avec le peuple et pas contre lui. Or, pour l’instant, les schémas élitistes l’emportent pratiquement partout…

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    La réforme de l’Etat cependant, permettrait d’introduire du « relativisme élitiste » un peu partout. Des juges élus, par exemple, devraient être un peu moins arrogants qu’aujourd’hui… Dans toutes ces politiques, on navigue plutôt dans le consensus à l’extrême gauche. Encore faudrait-il que les électeurs en soient convaincus : la communication d’un gouvernement d’extrême gauche sera nettement plus prioritaire que celle de tout autre gouvernement. Il faudra rassurer et faire envie. Donc vendre des concepts très nouveaux pour la majorité des Français. Cela veut dire s’entourer de gens médiatiques et sympathiques, des Besancenot plutôt que des Krivine. Et puiser aussi des bonnes volontés dans la gauche « bourgeoise », pour rassurer… <o:p></o:p>

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