• De l'écriture

    Pour une renaissance de l’Humanisme<o:p></o:p>

    56- De l’écriture<o:p></o:p>

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    Tout jeune, en classe de 6e pour être précis, je découvris et les mathématiques, et le latin. Deux disciplines demandant de la rigueur. Je fus alors aussi bon dans les deux disciplines, jusqu’à ce qu’un mauvais professeur de maths me dégoûte pour longtemps des mathématiques : « ça s’apprend par cœur ! » nous dit-il dès le début de ses cours alors qu’il me suffisait à l’époque d’une seule lecture pour retenir l’essentiel de ce que les enseignants voulaient m’apprendre. Je décidais donc que les maths ne feraient plus partie de mon environnement, sachant qu’en terminale, c’était, toujours à mon époque, tout ou rien : tout littéraire ou tout matheux. Bref, je devins scribouillard…

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    C’était dans les années 1960, une époque où, tandis que les intellectuels scribouillards marquaient d’un fer rouge notre époque, l’Education nationale faisait tout pour encourager les matheux. Avec, au final, ce que vous voyez autour de vous, soit des jeunes qui ne savent plus écrire correctement tout en ayant des égos démesurés et des dirigeants qui ne savent plus compter qu’au travers de licenciements massifs…

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    Ce, tandis que l’écriture « sentimentale » gagnait jusqu’aux bandes dessinées, marquant la victoire de l’individualisme anglo-saxon sur le collectivisme latin : ne furent plus encouragées, dès cette victoire (au lendemain de la guerre de 1939-1945), que les écrits entrant dans le moule ainsi construit, soit des œuvres « intimistes » dont la destinée fut à tout jamais collée à celle des diffuseurs. Lesquels interdirent tout les ouvrages à l’ambition plus vaste, participant ainsi à la crétinisation de nos sociétés dites « développées »

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    J’ai bien entendu beaucoup réfléchi à ce problème. Me disant que les diffuseurs suivraient de toute façon la mode qui, seule, peut leur faire gagner de l’argent facilement. Et que le romantisme est, finalement, une notion anglo-saxonne très éloignée du dire latin : lequel est fait de raccourcis aussi précis que courts : « veni, vidi, vinci » Comment expliquer mieux que César la victoire des Romains sur les Gaulois ?!

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    Nous sommes, nous Latins, les héritiers du monde méditerranéen qui avons perdu nos repères face à l’envolée anglo-saxonne des 18e et 19e siècle. A un point que vous n’imaginez même pas : les destinées individuelles et le refus d’un Etat fort nous ont envahi sans qu’un seul de nos cils ne bouge. Notre littérature est, de ce seul fait, devenue moribonde tant son contenu et sa forme sont éloignés de nos pratiques quotidiennes. Pire même : alors que nos musiciens romantiques étaient les meilleurs du monde (Bizet, Berlioz, Saint Sens et autres dont Offenbach), ce sont les musiques allemandes et d’Europe de l’est qui s’imposèrent jusqu'aux grandes salles parisiennes. Bref, notre filiation latine fut abandonnée bien avant les énarques qui nous gouvernent actuellement et qui ont fini par nous faire oublier la dite filiation. Dont profite essentiellement l’Espagne qui a toujours protégé sa culture…

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    Laquelle intègre totalement le « classicisme » romain, soit une écriture sobre qui pousse le lecteur à imaginer le non dit. Exemple : un Espagnol parlera simplement d’un « chat gris » quand un anglo saxon, malgré sa langue ultra simplifié, se sentira obligé de discourir sur ce chat gris des lignes durant. Je m’étonne d’ailleurs qu’une culture à la langue aussi simplifiée ait pu accoucher du romantisme le plus élargi possible. Lisez à cet égard les ouvrages sociaux anglais ou américains du 19e siècle, Huckelburry Finn de Mark Twain autant que David Copperfield ou Oliver Twist de Charles Dickens : leur romantisme est tel que nous ne pouvons que nous rebeller contre la condition qui est faite à leurs personnages sans que, pour autant, nous ayons ne serait-ce que l’ombre d’un début de commencement  de réforme de la dite condition. C’est ainsi qu’en pays anglo-saxons ce sont les associations qui ont fait et font le boulot en laissant une frange énorme de mal traités sur la route tandis que, dans nos pays latins, nous n’arrêtons pas de renverser, quand la démocratie règne, nos élus qui, une fois élus, s’empressent d’oublier leurs promesses de changement. La césure est donc bel et bien culturelle tandis que les dirigeants européens ont définitivement opté pour des réponses à « l’américaine selon Bush junior » : ces dirigeants détestent bien évidemment le nouveau président américain qui donne d’eux une image on ne peut plus déplorable mais qu’ils n’envisagent même pas un instant de réformer.

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    Le romantisme n’est donc pas près de s’écrouler dans nos sociétés développées. D’ailleurs, les maisons d’édition, hors quelques essais de personnages connus (Attali, BHL ou Marseille par exemple), privilégient quasiment aveuglément les romans intimistes sur les autres écrits plus intellectuels et intelligents dans leurs programmations. Et c’est ainsi que nous voyons des histoires d’amour s’étaler sur des centaines de pages tandis que les plus « gros » des essais ne dépassent jamais 200 pages en gros caractères. Et ce, tandis que l’édition française ne vit plus, de plus en plus, que sur des produits importés (traduction d’Harry Poter) ou sur les bandes dessinées. Dans lesquelles le romantisme, bien entendu, règne en maître !

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    Il y eut, certes, quelques révolutions dans les écrits francophones. Notamment une reprise du jeu littéraire de feu Céline (une seule phrase pour son ouvrage Voyage au bout de la nuit), jeu qui continue à inspirer nos prétendants aux applaudissements du public. Mais ces jeux n’ont fait que retarder la prise de conscience de l’anéantissement de l’écriture française dans un monde « ouvert » En fait, nos auteurs hexagonaux ont perdu toute envie de rébellion et se couchent face aux éditeurs et à leur diffuseur. D’où, hors Harry Potter et la BD, un écroulement des ventes dans tous les secteurs, l’édition enfantine comprise. A ce niveau, c’est plus qu’un divorce, c’est une séparation définitive, au moins pour une génération. Les éditeurs se sont couchés devant leurs diffuseurs et récoltent de ce fait les fruits de leur lâcheté. Tous seront rachetés, sans exception, par quelques fortunes industrielles ou de la distribution dans les années à venir. Ce qui renforcera le rejet du public français vis-à-vis de l’écrit, un public qui est redevenu une référence dans le monde de la contestation. Bref, nous n’en sommes qu’au tout début des hostilités qui, en la matière, se présentent plus que mal pour les hiérarques.

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    Retenez quant à vous que vous êtes les héritiers d’une communication simplifiée à l’extrême depuis deux millénaires. Les diffuseurs français, Hachette en tête, ne soutiennent que les ouvrages intimistes et non polémiques. Votre premier devoir est donc de boycotter systématiquement ces dits ouvrages, surtout quand ils sont promus par le diffuseur. Refusez donc, par principe, d’acheter ces ouvrages. Et vous verrez qu’en 6 mois seulement, Hachette changera de politique. Bon courage et sachez que je fais comme vous le ferez très certainement, en refusant d’abord d’acheter des livres qui ont eu un prix littéraire. Avec toutes mes amitiés…<o:p></o:p>

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