• Dieu est-il mourant ?

    Dieu est-il mourant ?

    1-    Prologue

    Je commence ici une série d’articles sur la croyance très majoritaire dans le monde à un Au-delà qui n’échapperait qu’aux vivants. Il m’a en effet semblé utile de réfléchir à ce sujet intime par excellence au moment où, en effet, deux des plus grandes religions du monde sont en difficulté :

    -          Le christianisme s’effondre de fait dans les pays qui l’ont vu naître, les héritiers du monde romain. Ce, parce que plus personne ne croit vraiment aux mythes dont il s’est servi depuis 2000 ans. Certains, nous le savons maintenant, sont issus de mythes ou religions étrangers et antérieurs tandis que d’autres ne sont plus crédibles tels les miracles opérés par le dénommé Jésus. Beaucoup de mythes hébraïques sont ainsi et aussi issus des sociétés moyen-orientales tandis que d’autres paraissent être nés de la seule imagination des « prophètes » : il n’y aurait par exemple aucune trace d’un quelconque exode juif d’Egypte tandis que les recherches en Israël prouvent qu’il y avait aux temps antiques non pas un royaume mais deux. Recherches qui pour l’instant démentent également le règne de Salomon et sa rencontre avec la reine de Saba. L’immaculée conception, la Trinité, les reliques christiques, etc., tout cela ne tient plus debout dans les grandes villes occidentales et la multiplication des lettrés issus de grandes écoles et d’universités. Donc ayant tété trop longtemps le lait de la rationalité et de la science. Plus généralement, les sociétés occidentales ont cessé d’être rurales. Or c’est la sédentarisation due à l’agriculture qui, historiquement, est à l’origine de la création des religions sur le terreau des mythes, lesquels naquirent sur le terreau du culte des ancêtres, j’y reviendrai ultérieurement. Or la mobilité des hommes est revenue avec les grandes cités modernes : mobilité dans le travail, mobilité sociale, mobilité familiale, mobilité ludique, tout cela a cassé les fondements de religions qui expliquaient pourquoi les humains étaient ce qu’ils étaient et le restaient pratiquement tout au long de leur vie. En Occident, les petits devenaient les grands au Paradis et inversement. Je reviendrai aussi sur ce phénomène de meilleure vie au-delà, enseignement extrêmement pratique pour des élites qui voulaient la paix sociale (et qui la veulent toujours) Enfin mais pas la moins importantes des attaques contre la religion en Occident, la surconsommation et le débridement des mœurs ont éloigné les classes favorisées, celles qui habitent le cœur des grandes cités, des « oukases » religieux : « je n’aime pas les pauvres » est devenu une pensée presque publique de la part d’une majorité de ces privilégiés que les préceptes religieux condamnent en effet sans appel : l’esprit de lucre (la cupidité), la goinfrerie qui gène les publicitaires, la solidarité qui s’oppose à l’individualisme forcené, le mensonge attaqué par la fraude fiscale, etc.  Les gens les plus aisés contrôlant les moyens de communication, il est bien évident que ces messages ne sont plus relayés depuis longtemps. Et ce ne sont pas quelques prélats pédophiles qui peuvent changer le cours de l’histoire ! Mais la déconfiture morale du catholicisme joue finalement peu : le protestantisme recule un tout petit peu moins, c’est tout, en matière de pratique religieuse. Pour tout compliquer, le christianisme traditionnel repose aujourd’hui bien plus sur les pays émergeants, encore majoritairement ruraux que sur ses pays d’origine. Les prélats sont donc dans l’incapacité politique de changer de logiciel et de proposer un regard plus moderne sur le monde qui entoure les pays occidentaux : ils s’en éloignent donc de plus en plus, au point d’apparaître anachronique aux yeux des Occidentaux. Les preuves évidentes du célibat des prêtres catholiques et de la prêtrise des femmes, toujours interdites, en témoignent alors que l’Occident n’a pratiquement plus de prêtres catholiques et est obligés d’importer des candidats africains. Pour qui le métier est encore très gratifiant…

     

    -          Très différente est la problématique musulmane. Certes, l’Islam connaîtra les mêmes tourments que les christianismes quand sa ruralité disparaîtra derrière les nouvelles grandes cités. Mais on n’en n’est pas là. L’Islam a réussi pour l’instant à mobiliser avec elle de très nombreux pratiquants refusant les excès de la société américaine de consommation aux mœurs débridés (la consommation, passe, mais pas les mœurs pour être plus précis) Ce, parce que ses prêtres, les imams, s’adressent majoritairement à des paysans, toujours plus traditionalistes que les citadins. Les fous criminels sont pour la plupart issus de cette immigration paysanne, même s’ils ont réussi à recruter dans les prisons en offrant une vie meilleure dans l’au-delà. Comme d’habitude…  Une guerre de religion est venue fort opportunément casser quelque peu cette mécanique croissante. Songez : les printemps arabes presque tous récupérés à leurs débuts par la religion, des sociétés, même citadines, obligées de revenir à des mœurs presque oubliées, des partis religieux prédominant un peu partout, de l’Arabie saoudite au Maroc en passant par l’Egypte. La guerre en Iraq puis en Syrie a stoppé l’élan religieux comme elle le fit, quelques décennies auparavant, en Algérie. Gageons que les religieux musulmans qui pensent doivent aujourd’hui se poser des questions. Car s’ils stagnent dans leur pays d’origine, ils restent conquérants en Europe où l’un des leurs a pu même se targuer de devenir majoritaire à Bruxelles, le cœur de l’Union européenne, d’ici quelques années (et c’est vrai !) Et alors que l’aggiornamento musulman aurait pu venir d’Europe, c’est d’Afrique du nord qu’il commence à s’élever. Tandis que l’Islam européen s’abîme dans le traditionalisme le plus rétrograde. Ailleurs, en Asie par exemple, l’Islam est aussi sur le recul : carrément chassé de Birmanie, il pourrait connaître le même sort en Thaïlande où la population est presque autant virulente qu’en Birmanie. Les Chrétiens ne se laissent plus faire en Indonésie et les excès pakistanais encouragent le rejet indien dans les zones musulmanes (Cachemire par exemple) Plus globalement, la radicalisation a entraîné partout un recul du nombre de pratiquants. En France même, il ne dépasse que de peu le taux des Chrétiens : entre 20% et 30%. Même si plus de la moitié des pratiquants se sent proche du radicalisme, cela reste très minoritaire au regard du nombre d’immigrés issus de l’Islam.

    Ailleurs, c’est pareil. La pratique religieuse recule là où le niveau de vie (et de connaissance) augmente. Le Brésil, jadis très religieux, ne l’est plus vraiment. Le Mexique, pareil. L’Argentine, idem… Le phénomène est mondial, exception peut être faite de l’Afrique subsaharienne où jamais, semble-t-il, l’âme religieuse n’a marqué une aussi rapide remontée. Songeons qu’au Congo-Kinshasa, « temple » de la musique subsaharienne, c’est la musique religieuse qui se vend le plus (rien à voir avec nos chants grégoriens !) Tandis que le Christianisme gagne tellement au Nigeria que les leaders musulmans se sentent obligés de les massacrer périodiquement. Des grandes cités comme Brazzaville retentissent chaque dimanche des chants de chœurs de jeunes filles organisés par des pasteurs protestants. La guerre, là-bas, a ravivé l’envie de croire à des mythes et à quelque chose de plus fort. Même les anticolonialistes ont suivi et vante aujourd’hui la religion ancestrale, l’animisme (il en existe plusieurs), sous le nom de kémitisme.

    Ce phénomène me taraude depuis des années et c’est pourquoi j’entreprends aujourd’hui de le traiter par écrit. Sous forme d’une série d’articles car je ne crois plus au livre à l’époque de l’image. C’est dommage, je sais, les victimes (car ce sont des victimes) réagissant plus que ne réfléchissant à leur environnement et aux explications qui en sont données. Car, et ce sera ma première partie, la religion, la croyance en une ou des entités qui nous gouvernent, existe génétiquement chez l’homme. Ce n’est pas à l’origine une démarche acquise.

     

    2) L’origine des croyances religieuses

    Elle est donc innée et nous en avons la preuve : l’homo sapiens sapiens, tout comme son cousin néanderthalien ont enterré leurs morts. Or et tout au long des périodes paléolithiques (en gros, de 100 000 ans avant notre ère à 12 000 ans avant), ces humains étaient nomades. Ils pouvaient très bien laisser leurs dépouilles mortuaires aux charognards. Ce qui est encore plus étonnant est que bon nombre de préhominiens faisaient probablement de même. On n’en a pas la certitude mais on a retrouvé des morceaux de squelettes qui semblaient avoir été positionnés. Donc enterrés…  Les dessins préhistoriques semblent par ailleurs avoir eu une signification religieuse, comme une incantation à trouver du gibier (on est là aux environ de 35 000 ans avant JC) De même que le dressage apparemment sans raison de pierres taillées, de l’Amérique précolombienne à l’Europe de l’ouest.

    Toujours est-il que dès leur sédentarisation venue avec l’agriculture, les humains vont créer les religions. Sans doute ont-ils au début simplement poursuivi un culte des ancêtres commencé dès les ères paléolithiques ? Les populations de chasseurs-cueilleurs que nous avons pu connaître de nos jours pratiquaient (et pratiquent encore ?) ce culte des ancêtres, qu’il s’agisse des aborigènes d’Australie ou des Pygmées d’Afrique. Ils vont aussi partir de leurs mythes, ces héros magnifiés au fil des transmissions orales, pour créer des panthéons. C’est le cas de l’Hindouisme, des Dieux grecs ou égyptiens. Mais aussi des éléments terrestres, l’eau, le feu, le Soleil, la terre, etc., qui vont engendrer des dieux censés maîtriser ces éléments. Ce qui va changer est que les chamans vont être remplacés par des prêtres qui vont établir des règles de vie plus complexes. Et nécessaires en grande partie à la paix sociale des populations nouvellement sédentarisées : la plupart des préceptes religieux sont en fait des règles basiques de vie commune comme en témoignent les Dix Commandements de la Bible. On sent derrière ces règles la volonté de calmer l’ardeur des jeunes et des femmes infidèles !

    Un aparté ici : le caractère inné du fait religieux chez l’humain peut aussi être vérifié par son étendue : tous les groupements humains du Néolithiques (à compter de la sédentarisation agricole, 12000 ans avant notre ère) ont inventé une religion, presque tous sur des bases polythéistes. Je dis presque tous parce que les Subsahariens animistes furent les premiers monothéistes.

    Puis -c’est ma thèse- est arrivée l’écriture. Avec les grands monothéismes, le culte d’Aton chez les Egyptiens, de Zoroastre en Asie mineure, de Yahvé chez les Juifs, précurseur du Christianisme et de l’Islam, de Bouddha en Asie centrale et de l’est et même de Confucius en Chine tellement son culte est puissant alors qu’il ne s’agit pas d’une religion avec un Dieu mais de préceptes de vie délivrés par un lettré. On sort ici de l’inné pour entrer dans l’acquis et l’intellectualisme. Qui n’était possible que par écrit…

    Les Romains, assez vite christianisés, vont léguer leur religion aux Barbares d’origine germanique qui envahissent progressivement leur territoire. Ces Barbares vont ensuite conquérir le monde en tentant en même temps d’y imposer leur marque religieuse : Amérique latine et Afrique vont succomber… A l’orient, l’empire romain succombera, lui, sous les coups des Arabes musulmans. Lesquels porteront leurs armes et leurs bonnes paroles jusqu’en Inde avant d’être eux-mêmes submergés par les hordes turco-mongoles qui se convertiront à l’Islam. Seule l’Asie du sud-est échappera aux déferlantes chrétiennes et musulmanes car conquise bien plus tard et par ailleurs trop peuplée pour être ainsi vampirisée culturellement : Hindouisme, Bouddhisme, Taoïsme (une sorte de mixage entre Confucianisme et Bouddhisme), Confucianisme resteront ainsi en place, en même temps que des cultes plus anciens dont celui des ancêtres.

    La suite, vous la connaissez puisque vous la vivez, soit l’effondrement du Christianisme en Occident, les affres de l’Islam au Moyen Orient et l’envolée mystique de l’Afrique. Avec l’arrivée d’une nouvelle ère, soit la sortie du Néolithique depuis seulement le 19e siècle en Occident et toujours en cours ailleurs.

     

    3) Une réponse à de nombreux besoins

    Les religions sont issues, on vient de le voir, d’une sorte de programmation cérébrale des humains qui enterrent leurs morts partout et, dès leur sédentarisation, créent les dites religions également partout. Mais si le sens du sacré a très certainement une origine innée, il n’en n’est pas de même des systèmes religieux bien plus complexes :

    -          Au plan individuel, les explications mystiques répondent à des questionnements précis et archi connus : qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? La religion apporte une réponse structurée à ces questions et les humains y croient d’autant plus aisément qu’ils partagent leur croyance avec leurs voisins. Les chamans des chasseurs-cueilleurs avaient un rôle de médecin (et donc d’intermédiaire avec l’inconnu) mais ne donnaient pas de réponse vraiment structurée aux questionnements sur l’existence. Les prêtres, si. Sédentaires, les humains ont plus de temps à consacrer à la réflexion et à la culture et ces réponses leur sont indispensables. Que les chamans se soient mués en religieux est donc naturel.

    -          Comme il est dans l’ordre des choses que la politique s’en soit mêlée : les prêtres ont rarement été les chefs politiques. Mais ils exercent leur sacerdoce en collaboration avec la sphère politique. Quand ils s’écartent de la dite sphère et de ses exigences, ils sont éliminés. L’histoire regorge de religieux assassinés, tel Thomas More décapité par Henri VIII pour avoir refusé la réforme religieuse du roi d’Angleterre. Il est donc naturel qu’une partie importante des messages religieux ait en fait un soubassement politique évident. Le cas le plus flagrant est celui de l’Hindouisme avec ses Intouchables. La religion fut créée par les Indo-européens venant de conquérir l’Inde à l’époque préhistorique (grâce à leur maîtrise du cheval) Les populations autochtones, noires, ne furent pas assimilées et devinrent des parias, des « Intouchables » Les premières victimes de racisme évident ! Le principe de réincarnation coexista et coexiste donc toujours avec cette imposture -car c’en est une !- des Intouchables. En moins dramatique mais peu sympa quand même, on retiendra aussi des « religions du Livre », Judaïsme, Christianisme et Islam, que l’amélioration de ses conditions d’existence est prévue mais dans une vie future. Le Bouddhisme fait mieux encore : comme on est certain qu’en menant une bonne vie, on en retrouvera une bien meilleure dans notre vie suivante, pourquoi se révolter ?!

    -          Cependant, les « enseignements » religieux ne délivrent pas que des conseils propres à plaire aux princes. Ils servent aussi de boussole sociale : on ne fait pas cela parce que c’est interdit. Et c’est interdit la plupart du temps pour des raisons de paix sociale : le meurtre, le vol, l’adultère, le mensonge, l’avidité, bref tous les excès individuels qui abîment indiscutablement la vie des sociétés humaines. En cela, il est vrai que les religions ne diffèrent pas vraiment des autres sources de normes humaines. Le droit écrit français est ainsi issu du droit canon romain, tout comme le code d’Hammourabi, roi de Babylone, fut-il inspiré par les prêtres du dieu-soleil Shamash, divinité de la Justice. Souvenons-nous aussi des refus par les Soviétiques des « mœurs bourgeoises » (dépravées), en harmonie quasi parfaite avec les anathèmes des popes à ce sujet. Etc. Nos législateurs se targuent de faire les lois mais la plupart du temps et en matière de mœurs, ils chaussent les pantoufles des religieux. Du moins jusqu’à une époque très récente en Occident où le libertarisme est devenu presque partout une méthode de gouvernement. Dans les grandes villes toutefois, les « pays profonds » n’acceptant toujours pas cette évolution. Aux Etats Unis ainsi, l’adultère n’est toujours pas accepté alors qu’en France, la Cour de Cassation a décidé l’an dernier qu’il n’était plus un motif de divorce à tort. La religion reste puissante outre Atlantique et pratiquement défunte dans l’ex-« fille aîné de l’Eglise »

    -          Enfin, les religions ont aussi, grâce à leurs rites, encadré les grands moments de la vie des humains : naissances, mariages et décès notamment. Ces traditions ont la peau tellement dure qu’elles peuvent persister alors que ceux qui les utilisent ne croient plus aux dires de ceux qui les ont créées. Des humains se marient ainsi religieusement alors qu’ils ont déserté les temples ; on érige des croix sur les tombes d’agnostiques ; un président de la République française mourant et issu d’un parti anticlérical dit qu’il « croie aux forces de l’esprit » Etc. C’est qu’aucune substitution crédible n’est venue remplacer ces rites ancestraux. La naissance et le mariage sont des fêtes difficilement reproductibles sans leur cadre habituel et la mort a besoin d’un cadre pour permettre le deuil. En l'absence de ce cadre, on la cache... Bref et si, en Occident, les religions persistent encore malgré la désaffection des églises, c’est sans doute et encore beaucoup grâce à des rites qui répondent à des besoins réels. Besoins auxquels tentent aujourd’hui de répondre des psychologues qui sont loin d’avoir, dans ces domaines, acquis la crédibilité de leurs prédécesseurs religieux.

     

    4) L'impérialisme des religions

    Faites pour amener la paix civile chez les populations sédentarisées par l'agriculture, les religions conquirent aussi les citoyens des grandes villes antiques. Et, ce, au détriment des polythéismes, à peu près au même moment sur toute la Terre, entre les ans - 500 et 800 de notre calendrier géorgien. Les religions existaient alors depuis plus de 10 000 ans, multiformes et limitées géographiquement. On a vu que, selon moi, les monothéismes ont émergé avec l'écriture. Il leur a fallu quelques siècles seulement pour découvrir l'universalisme. Et donc l'envie de conquête qui se matérialisa sous deux formes : le prosélytisme et la guerre pour le Christianisme et l'Islam, le prosélytisme uniquement pour le Bouddhisme. Les moines prêcheurs accompagnant les "conquistadors" chez les Chrétiens, les conquêtes à but d'abord religieux chez les Arabes aidés également par leurs commerçants et le prosélytisme seul des moines en Asie. Confucius est à part, ses enseignements ayant été repris par les Etats chinois puis par les empires successifs : son universalité fut promue par les dirigeants politiques, un peu comme le Christianisme dans le monde romain.

    De tels universalismes ne pouvaient que se heurter en se rencontrant. C'est ainsi que Chrétienté et Islam n'arrêtèrent pas de se combattre jusqu'à aujourd'hui, que Zoroastre fut terrassé par l'Islam et que l'Hindouisme fut éradiqué de territoires indiens immenses. Sans parler des civilisation précolombiennes anéanties par la Chrétienté européenne ni de l'animisme africain mis sous l'éteignoir par la même Chrétienté. Tous les vaincus se demandant bien entendu pourquoi Dieu autorisa tant de massacres : Dieu n'a rien à voir dans un processus naturel aux hommes qui est de voir son camp gagner. Les guerres européennes de religion ne furent pas le fait d'un "Deux ex machina" mais de guerriers avides de pouvoir. La guerre de religion qui est en passe de s'achever momentanément au Moyen Orient n'est pas non plus orchestrée par Yahvé : elle est la résultante évidente d'une série de décisions politiques : les Russes qui envahissent l'Afghanistan et les Américains qui les contrent en finançant et armant la rébellion (Al Qaida), puis les Américains qui envahissent par deux fois l'Irak, finissant par remplacer des dirigeants sunnites par des Chiites, les Sunnites créant alors Daech avec l'aide de l'Arabie Saoudite et du Qatar. Et donc, in fine, des Américains qui vendent des armes en quantité fabuleuse aux deux monarchies pétrolières. Les Russes qui défendent leur seul point d'appui au Moyen Orient en foutant en l'air les plans américains (et leur schizophrénie !) Les Turcs obligés d'intervenir pour empêcher la création d'un Etat kurde à leur frontière, les Iraniens intervenant pour défendre le Chiisme... Aucun dieu n'est responsable de ces guerres, seuls les hommes les ont voulues au sein d'une gigantesque bataille pour le leadership politique et culturel mondial en passe d'être perdue par un Occident d'autant plus dangereux car acculé.

    Les religions ne sont donc pas la cause des guerres, elles n'en sont que des instruments aux mains d'hommes pour qui le pouvoir matériel est plus important que le pouvoir spirituel. Lequel ne peut s'exercer que par la persuasion. Or les dignitaires religieux eux-mêmes, quand ils avaient du pouvoir matériel, pensaient que la force pouvait suffire à persuader : l'inquisition, les "djihads" (façon actuelle), le carcan politico-social même pour les Bouddhistes au Tibet (bizarrement défendu par tous les Occidentaux alors qu'il s'agissait d'une effroyable théocratie), les sacrifices humains aussi dans les monothéismes antiques, Baal  ou les Aztèques, certaines sectes hindouistes... Seule la Bible, à cet égard montre un Dieu jaloux et capable de réclamer un sacrifice humain : Abraham est appelé à sacrifier son fils Isaac. Mais Dieu arrête la main d'Abraham et cette histoire est écrite par des hommes. Qui se servent certainement de cette allégorie pour dire que le sacrifice humain ne plait pas à Dieu, même jaloux.

    Toujours est-il que les religions ont engendré des guerres et des massacres quand elles sont devenues "universelles" Toutes ne prédisent d'ailleurs un avenir meilleur dans l'au delà qu'à leurs disciples, niant les autres. L'Islam est restée farouchement guerrière à cet égard, proposant des fleuves de miel et des cohortes de vierges à ses guerriers morts au combat. Mais la Chrétienté et ses "païens" ne vaut pas mieux. Tout comme les Bouddhistes qui ne réservent le Nirvana (la fusion de son être avec Dieu) qu'aux moines capables de se détacher totalement des contingences matérielles. Ce, dans des pays où la foi des croyants est très forte au point de générer un nombre de petits dons invraisemblable au profit des moines : le vivre et le couvert est ainsi assuré à ces candidats au "détachement" Il fallut enfin une véritable révolution, dure et sanglante, aux Chinois pour s'extraire de la philosophie d'obéissance de Confucius. Le monde "globalisé" n'est pas fait pour de telles religions, créées il y a trop longtemps et trop peu réformées pour s'intégrer dans la mondialisation. Les grandes villes occidentales se sont donc détachées d'elles et le monde urbain qui s'annonce au cours du siècle à venir (il n'y a plus que 60% de ruraux en Afrique !) ne leur sera pas plus ouvert.

     

    5) Qui croit encore à Dieu

    Une minorité croit encore "aux dieux" : les Hindouistes surtout plus quelques illuminés membres de sectes obscures. Mais nombreux sont encore ceux qui croient aux "esprits" et aux anges, sorte d'intermédiaires entre l'Etre suprême et les humains. C'est le cas de l'immense majorité des Subsahariens pour qui les morts peuvent hanter les vivants. Les animismes (il y a plusieurs croyances) attribuent de fait la création de l'Univers à une entité unique et bien trop éloignée des humains pour s'en préoccuper. Ils ont donc imaginé que de nombreuses formes d'essence divine existaient autour d'eux, dont leurs ancêtres. Mais aussi des "petits" dieux de l'eau ou du feu, du vent, des arbres...  Les guerres récentes ont même redonné naissance au Congo-Brazzaville à des légendes sur des oiseaux ressorties d'un lointain passé. Bref, les animistes ne prient pas directement l'Entité suprême qui ne peut les entendre mais tout un "bestiaire" d'intermédiaires. Ce pourquoi les religions du Livre ont si bien marché chez eux avec leur Dieu unique et des cohortes de saints à qui l'on peut plus aisément s'adresser.

    A vrai dire, toutes les religions d'aujourd'hui se sont appuyées sur les croyances d'hier pour s'imposer. Les fêtes chrétiennes ont été calquées sur des fêtes païennes, à commencer par la première d'entre elle, Noël, qui marque la naissance du Christ. Or Jésus de Nazareth n'est certainement pas né un 25 décembre. Mais toutes les religions antérieures célébraient le solstice d'hiver aux alentours du 20 décembre. La Pâque chrétienne, pareillement, colle à la Pâque juive qui célèbre le sauvetage des enfants mâles d'Israël à la veille de l'exode (qui n'a pas existé, donc le sauvetage en question non plus...) Tandis que la Pâque chrétienne célèbre l'arrivée de l'Esprit saint sur les apôtres après la mort et la résurrection du Christ ! Dans les deux religions, il est de tradition de manger de l'agneau qui n'a rien à voir avec les Chrétiens : pour eux, descendants des Romains, l'agneau n'était pas une viande noble et les légionnaires avaient d'ailleurs demandé (et obtenu) qu'on ne leur en serve pas plus de deux fois par semaine.  L'Islam a simplifié la chose en reconnaissant d'entrée les autres religions du Livre comme ayant été délivrées, comme la leur, par des prophètes. Ils ont donc pu tranquillement créer leurs propres fêtes, dont celle de l'Hégire, la plus importante d'entre elles : c'est la naissance de Mohamed. Les dates varient en fonction de paramètres divers et, en 2019, cette fête aura lieu en septembre. De même que varient les dates d'une autre fête célèbre, celle du Ramadan, jadis une longue période d'abstinence devenue, au fil du temps, une longue période festive nocturne.  Il en va de même avec les fêtes bouddhistes : l'une des plus importante, la fête des grandes étapes de la vie de Bouddha (dont sa naissance) a lieu partout au tout début du printemps. Et je suis certain que l'arrivée du printemps étaient célébrée dans toutes les religions précédentes !

    Il y a encore des ruraux, surtout dans les pays émergeants, pour croire à la divinité de ces fêtes en réalité d'origine polythéistes (plutôt que païennes) Et comme les ruraux restent majoritaires dans le monde actuellement, en mars 2019, il est d'autant plus difficile de sortir de l'archaïsme que ceux qui n'y croient plus restent prisonniers des traditions. Les citadins occidentaux savent très bien aujourd'hui qu'il s'agit essentiellement de consommation, on est très loin de la grosse buche mise dans l'âtre pour qu'elle tienne jusqu'au retour de la messe de minuit et des cadeaux aux enfants se résumant à des oranges et des petits personnages en sucre !  Mais ils continuent néanmoins à acheter des crèches et des arbres de Noël en sus des cadeaux dingues faits aujourd'hui à nos rejetons...

    On peut néanmoins tenter d'imaginer qui croient encore à quoi dans ces manifestations religieuses modernes. On ne peut préalablement que scinder les croyants (et non croyants) en groupes : les ruraux et les citadins, on l'a vu ; et les pays émergeants par rapport aux pays développés. Le niveau d'éducation et l'environnement géographique...

    - Les ruraux des pays émergeants sont globalement et fortement croyants. Ils partent d'ailleurs parfois en guerre de religion (culturelle en fait) comme en Centrafrique ou au Nigeria. Souvenons-nous à cet égard des "Versaillais" du temps de la Commune de Paris (1870) : une armée de paysans ulcérés parce que les Communards avaient osé fusiller des prêtres ! Leurs répliques furent encore plus meurtrières...  Et ces ruraux croient à la fois aux principes de base et aux rites. Ils prennent tout. Les guerres les rendent plus religieux encore car cherchant ailleurs des raisons de continuer à exister. Il faut voir les foules asiatiques visitant les temples citadins pour mieux percevoir cet engouement religieux dans les campagnes. La foi y est aussi forte que la terre qui nourrit les paysans... Mais le taux de ruralité diminue dans le monde entier. En Afrique, le nombre des ruraux a augmenté fortement du fait de la forte croissance démographique, mais la part des ruraux dans la population ne cesse de diminuer. Dans moins d'une décennie, il y aura là bas autant de citadins que de ruraux. Et la problématique religieuse ne sera plus la même.

    - Car, dans les villes, le message religieux passe nettement moins bien. Les gens vivent les uns sur les autres plus que les uns à côté des autres et leurs opinions divergent. Les idées bouillonnent, les remises en cause sont le quotidien, le cosmopolitisme joue. Ainsi les Africains ont-ils réagi de deux manières contraires à la domination des Blancs : l'imitation (et la christianisation) et le rejet (et le renforcement de l'animisme ou la conversion à l'Islam) Aujourd'hui et du fait d'une politique africaine lamentable des Français, le renforcement de l'animisme retrouve une seconde jeunesse, le bouillonnement des idées est franchement autocentré et hostile aux étrangers. On peut s'attendre donc à un reflux prochain des christianisme dans les villes d'Afrique subsaharienne. Mais je pense que les ruraux ne bougeront pas. Du moins pas tout de suite... L'Asie bouddhiste commence déjà à bouger, l'armée devant intervenir de plus en plus pour maintenir la paix civile dans les cités : le système basique (une vie meilleure à la renaissance si on est très sage dans la vie actuelle) n'a visiblement plus le même effet au 21e siècle qu'au 20e. Et ce n'est que par la terreur que les militaires empêchent les citadins d'exprimer plus fortement des opinions dissidentes. Même si, globalement, les principes de base persistent même en ville, ils sont réinterprétés. En Thaïlande par exemple comme en Birmanie, l'opposition exige la démocratie tout en s'opposant de plus en plus violemment aux religions étrangères. J'ai déjà parlé de l'Islam qui se voit attaqué dans les villes. Les radicaux ne tiennent que grâce à l'appui des ruraux et des anciens ruraux végétant dans les bidonvilles : à relativement court terme, une affaire d'une à deux décennies, cette religion sera remise fortement en cause chez les Arabes mêmes d'Afrique du nord.

    - Enfin, dans les pays européens, la messe est dite. Certes, les popes ont connu une renaissance certaine après l'effondrement du soviétisme. Ce, parce que le dit soviétisme avait voulu "gommer" le divin, lequel ne relève pas de la politique mais de l'intimité humaine. Il se venge aujourd'hui avec l'appui d'un Etat qui y trouve son compte. Mais à l'Occident, il en va tout autrement : les églises sont désertées même dans les campagnes. Quelques femmes et quelques familles traditionnalistes maintiennent un lambeau de christianisme que le tout fric et le consumérisme à outrance, accouplé à l'individualisme anglo-saxon, a définitivement cramé dans les grandes villes. On peut dire sans se tromper que les citadins d'Europe occidentale, ultra majoritaire aujourd'hui, ont totalement perdu le sens du divin. Alors les sectes fleurissent, des succédanés pauvrissimes servent de bouée de secours pour les jeunes (l'écologie par exemple ou le végétalisme) comme pour les vieux (l'accueil des immigrés) mais globalement, le mal-être des non nantis augmente.  Les nantis, eux, ne se posent pas ce genre de question. Ils ont rejeté la religion dès lors qu'ils ont vu que celle-ci condamnait leur égoïsme. Ils se vautrent dans la jouissance de leur supériorité matérielle et son encore plus perdus pour le divin.

    Car celui-ci reste tout de même fondamental pour les humains. Ils ont ce divin implanté dans leur âme. Certes et peut-être cette implantation innée vient-elle de millénaires d'interrogations des préhominiens, interrogations auxquelles la Science continue à ne pas répondre. On sait aujourd'hui que l'acquis répété longtemps peut devenir inné. Et se répandre bizarrement sans contact (observation des singes notamment) Mais peu importe : lorsque les Néanderthaliens puis les Sapiens Sapiens arrivèrent voici une centaine de milliers d'années, ils enterrèrent leurs morts. Et quand ils se sédentarisèrent, ils créèrent tous en même temps des religions...

     

    6) Critique des explications religieuses

    Si donc le sentiment mystique est présent naturellement chez les humains, qu'en est-il des théories mises en avant par les principales religions du monde ? Peut-on croire par exemple que les humains ont crû de manière innée à la métempsychose, à ces réincarnations continuelles jusqu'à ce que la sagesse permette la fusion avec Dieu ?! Ou bien peut-on croire avant même de savoir parler que, selon nos actes, notre âme finira en Enfer, au Purgatoire ou au Paradis. Dans lequel règne Dieu, ses archanges et ses anges ?! Ou bien que le Paradis est un lieu peuplé de vierges et de fleuve de lait, de miel et de vin qui n'enivre pas ?! Non, bien sûr : il s'agit, "révélées" ou pas, de constructions humaines. Preuve ? Elles diffèrent selon les lieux et les cultures. Ainsi peut-on voir une communauté d'origine entre Zoroastre, Babylone, l'Egypte et les religions du Livre. De même la métempsychose emplit-elle toute l'Asie de l'est de ses croyances multiples. Les religions sont encore trop ancrées dans l'inconscient des gens qui n'y croient même plus que l'idée de simples constructions humaines à partir d'un mysticisme inné ne les effleure toujours pas.  Et pourtant ! :

    - Je commence par l'Islam qui présente, de fait, une particularité propre aux trois religions dites "du Livre" (la Bible) mais ici plus aisément critiquable que les deux autres : elle est née dans les sables du désert, des songes d'un homme qui parcourut des années durant le dit désert avec ses caravanes commerciales. Il ne pouvait donc  ignorer ni le Judaïsme, ni le Christianisme dont l'Islam s'est abondamment servi. Les prophètes juifs vécurent eux aussi dans des contrées arides désertiques ou quasi désertiques et Jésus ne fut lui-même, rapportent ses disciples, qu'après avoir vaincu Satan dans...le désert. Amin Maalouf, dans une biographie de Manu, le prophète du Manichéisme, rapporte que le désert a toujours engendré un mysticisme exacerbé. Dont sortirent moult religions et sectes : dans tous ces cas, il s'agit bien de créations humaines à partir de périodes intenses de mysticisme. Mohamed rêvait, on rapporté ses proches. Et révélait au petit matin le contenu de ses rêves, le fameux Coran. D'où d'ailleurs, en aparté, l'idée solidement implantée chez les Arabes que les rêves sont porteurs de vérité. Alors qu'on sait aujourd'hui, médicalement, qu'ils ne font que tenter de réparer les stress de la journée passée. Personne n'ose mettre ce processus nocturne en cause : c'est bien un archange qui délivrait ses messages à Mohamed via des rêves. Jadis, les Grecs crurent dur comme fer que Zeus se déguisa en cygne pour séduire la mortelle Léda... Pourquoi, en lisant le Coran, ne pas imaginer même que Mohamed puisse penser par lui-même ? Ce pourquoi d'ailleurs l'écrivain pakistanais Salman Rushdie écrivit ses Versets sataniques qui lui valurent fatwas sur fatwas et la nécessité de se protéger contre les fous de Dieu. Avait-il tort ? Quand on lit le Coran (ce que j'ai fait de nombreuses fois), on voit assez vite qu'un nombre assez importants de versets sont carrément faits pour empêcher les femmes de s'opposer au départ à la guerre de leur maris. Ca va de l'infériorité féminine à la protection des femmes et de leurs enfants si le mari meurt au combat (l'obligation pour le frère du défunt de s'occuper de sa veuve) Dieu aurait-il réellement dicté cela ?! Car, sur le reste, on retrouve les mêmes bases que dans toutes les religions : la paix civiles. Avec ici, l'Islam étant plus récent que ses congénères, des considérations économiques précises. Et que l'on peut résumer par la modération. Ainsi l'homme riche doit-il donner aux pauvres le superflu, ce que nos Musulmans modernes ont traduit par l'aumône alors que le texte va beaucoup plus loin : on voit, avec l'Islam comme dans toutes les religions, que l'homme ne retient des principes religieux que ce qu'il veut bien retenir. Les Chrétiens, face à l'obligation d'aimer les autres, furent sans doute les pires massacreurs de tous les temps ! Et l'on vient de voir que les Birmans ont abandonné toute sagesse bouddhique pour virer leurs Musulmans. Tandis que les "sages" moines tibétains mirent leur pays en coupes réglées pour vivre à son crochet ...

    - Voyons à présent les enseignements chrétiens, en commençant par l'Immaculée conception. Elle est si improbable, le cygne qui engrossa Léda remis au goût oriental, que même des Chrétiens n'y ont pas crû et n'y croient toujours pas. Plusieurs Docteurs de l’Eglise des premiers siècles tels saint Thomas d’Aquin, saint Bernard de Clairvaux ou saint Bonaventure de Bagnorea ont émis des doutes sérieux, au point que ce n'est qu'en 1854, au 19e siècle après Jésus Christ, que la papauté le décréta. Les Protestants d'ailleurs n'y croient pas ! Les miracles de Jésus, après de nombreuses tentatives d'explications rationnelles, ne résistent plus à l'analyse. Ainsi en est-il de la guérison d'aveugles, d'abord expliquée par le simple lavage des yeux avant d'être carrément abandonnée dans les sermons des prêtres tellement ce miracle est farfelu. La résurrection de Lazare fait encore l'objet de commentaires. Mais aujourd'hui plus pour plaindre Lazare ressuscité que pour expliquer le phénomène. On ne parle plus de même de l'eau transformée en vin que pour défendre l'idée de servir le meilleur vin à la fin. Etc. Les miracles de Jésus sont tellement folkloriques qu'une toute petite minorité seulement y croit encore dans les pays développés. Comment de fait croire à la possibilité de marcher sur les eaux ? La résurrection du Christ est moins critiquable car on peut imaginer une mise en scène de sa mort. Il existe d'ailleurs une curieuse vénération de Jésus en Inde, qui serait mort bien après sa mort romaine et après avoir fui en Asie de l'est... Plus généralement, on sait qu'une seule mention de Jésus est faite de son temps : celle de Flavius Joseph qui écrivit la principale histoire des Juifs pendant la domination romaine. Quelques lignes pour signaler que ce Jésus fut crucifié pour avoir semé des troubles... Par la suite, non ses apôtres, mais des lettrés qui les écoutèrent (d'où les noms des 4 évangiles reconnus par la papauté attribués à des apôtres mais qui ne sont que de "2ème main" pourrait-on dire) transcrivirent-ils sur le papier l'histoire de Jésus et de ses messages philosophiques  telle qu'ils les avaient entendues. Plus d'un demi siècle plus tard quand même pour les premiers évangiles ! On sait qu'il y eut bien plus que 4 évangiles dits "canoniques", ceux retenus par la Papauté : dès le 2e siècle après JC selon des sources sérieuses mais le concile qui confirma ces 4 évangiles date de  363 (concile de Laodicée) Mais il en existe plein d'autres, dits "apocryphes" et qui, souvent, contredisent les 4 officiels. Il existerait même un évangile "selon Judas", l'apôtre qui désigna Jésus à ses bourreaux romains ! Tout cela prouve amplement que ce à quoi croient encore des millions de gens n'est en fait qu'une construction humaine...

    - C'est pire d'ailleurs pour les Juifs : beaucoup croient toujours à des écrits datant du plus de deux millénaires après les faits recensés. La première bible connue, la "Codex Sinaiticus" écrit en grec ancien, n'a que 1600 ans d'existence ! Ce alors que les Juifs datent officiellement la création du monde 4000 ans avant JC ! Ca ne tient pas debout et l'on sait en plus que la transcription de la Bible vient de millénaire de traditions orales. Toutes les recherches archéologiques actuelles prouvent que le récit est totalement, fondamentalement allégorique. L'exode est peut-être plus dû aux Assyriens qu'aux Egyptiens bien que, sur ce point aussi, on n'ait aucune preuve archéologique d'une déportation massive de Juifs à Ninive. Les seules preuves qu'on puisse trouver sont les "emprunts" de la Bible aux peuples du Croissant fertile en matière religieuse, notamment en ce qui concerne le Déluge mais pas seulement. On sent ici l'influence énorme de mythes transformés en Histoire au cours des millénaires. Notons d'ailleurs que les Juifs se reposent religieusement moins sur la Bible que sur ses exégèses, la fameuse Torah.

    - Tout comme les Musulmans se réfèrent moins à la parole de Dieu, le Coran, qu'aux  hadiths, l'explication des versets soi-disant issus de la bouche même de Mohamed mais écrits en fait presque sous la dictée du sultan Omar, 2ème sultan musulman et le plus grand conquérant que l'Islam ait jamais connu (mais décrié par les Chiites qui estiment qu'il a usurpé la place d'Ali ibn Abi Talib, neveu du prophète) Cet immense guerrier réunit 12 érudits pour ordonner les sourates et rédiger les premiers hadiths. Qu'il n'y ait pas mis son grain de sel est plus qu'improbable. En témoigne notamment l'interdiction de l'alcool alors que le Coran n'interdit que la prière sous l'emprise de l'alcool. En fait, l'une des méthodes d'Omar pour conquérir facilement les villes étaient d'en massacrer les élites en montrant leurs têtes coupées : le peuple savait ainsi que ses dettes étaient éteintes avec la mort des créanciers ! Il voulait aussi et surtout vis-à-vis de l'alcool, interdire les pillages et les viols : il ramenait ainsi à l'Islam les populations qu'il conquérait. Ce, quelques décennies seulement après la mort du prophète dont il avait été un proche ! Si les historiens musulmans étaient moins embrigadés, il conféreraient d'ailleurs au sultan Omar une place prépondérante dans la communauté des saints qu'ils reconnaissent : sans lui, l'Islam ne serait pas la deuxième (bientôt la première) religion du monde ! Toujours est-il qu'il est, lui, responsable et du Coran dans sa forme actuelle, et de tous les hadiths attribués à Mohamed. CQFD l encore fallait-il le démontrer !

    - Restent les religions asiatiques. Passons vite sur Confucius, lettré délivrant des messages moraux. Et surtout un message de soumission aux pouvoirs en place d'essence très bouddhiste. Passons aussi sur l'Hindouisme, polythéisme archaïque et comportant toujours un scandale monstrueux, celui des Intouchables. L'Inde, contrairement à une idée répandue par des journaleux occidentaux ignares, reste le pays le plus pauvre du monde. Car, à côté de sa classe urbaine moyenne, coexiste un paysannat archi pauvre et archi exploité. Compte tenu du nombre (1,3 milliard d'habitant dont quelques centaines de millions seulement vivant correctement), le PIB par tête est toujours le plus faible du monde en 2019. Avec  de ce fait une croyance encore très forte dans la religion... Arrivons-en donc au Bouddhisme qui repose aujourd'hui et toujours sur la vie de son créateur, ce fils de roi ayant tout abandonné pour enseigner à son peuple comment...se résigner à son sort ! Car c'est cela, le Bouddhisme. Bouddha a quitté le palais royal et découvert la misère des gens. Et plutôt que de tenter d'y remédier, il a fondé une nouvelle religion sur la manière d'accepter son sort en renonçant à tout. Comme si un Dieu conséquent avait voulu bousiller sa création en faisant de tous les humains des moines ascétiques ! Chers Asiatiques ne m'en voulez pas mais j'un un mal fou à vous croire ! Ca marche encore très fort, ce truc fait visiblement pour les élites, mais l'urbanisation est encore plus avancée en Asie qu'en Afrique. Et le fait que vos militaires aient crû de leur devoir d'intervenir pour maintenir la paix civile prouve que le message est aujourd'hui contesté. Je sais, en écrivant cela, que beaucoup ne seront pas d'accord, endoctrinés par la lecture occidentale d'un Bouddhisme considéré comme une manière moins consumériste de vivre sa vie. Qu'ils discutent avec les Asiatiques ! Des gens qui n'osent pas parler tout comme dans l'ex URSS mais qui laissent entendre qu'il y a beaucoup de choses à dire. Et qui ne se pâment pas du tout devant les Occidentaux s'habillant comme des moines tibétains pour mieux passer à la télé ! Tout en s'alliant avec les élites véganes pour faire poids : ce sont les Hindouistes qui ne mangent pas de bœuf, par les Bouddhistes ! Et encore les Hindouistes mangent-ils des œufs et des volailles et boivent-ils du lait. Ils ne sont même pas végétariens...

    Je pourrais continuer des heures durant à dire ainsi du mal des contenus religieux. L'essentiel réside tout de même dans le fait que ces contenus sont clairement d'origine humaine et non divine. Le plus honnête ici est sans doute Confucius qui ne fit jamais croire que Dieu lui avait murmuré à l'oreille. Mais lui-même ne pouvait s'extraire de son environnement. Ses écrits (car, lui, a écrit) reprennent donc des enseignements préexistants , la plupart d'origine religieuse. 

     

    7) Que dit la Science ? Qui sommes nous ?

    Le propos n'est pas ici de revenir sur les affrontements entre la Science et les religions. Tout le monde ou presque en Occident connaît l'obligation qu'eut Galilée de renier ses propres découvertes ni le fait qu'en Arabie Saoudite, des Imams obtus continuent presque à enseigner que la Terre est plate ! De même que des demeurés américains refusent toujours d'admettre que Darwin a eu raison et qu'Adam et Eve est un mythe.

    Non, il s'agit ici de recenser les réponses qu'apporte aujourd'hui la Sciences aux questions mystiques fondamentales : qui sommes-nous, d'où venons-nous, où allons-nous ? Qui sommes nous pour commencer ? La Science aujourd'hui nous explique avec de plus en plus de certitude que nous descendons :

    - D'un ancêtre commun aux grands singes et aux hominidés. Deux branches très proches l'une de l'autre puisque le Chimpanzé, par exemple, partage 98% de notre ADN. La longue lignée (plus de 3 millions d'années) des hominidés est par ailleurs pratiquement reconstituée à partir de l'homo erectus, le premier hominidé à s'être dressé sur ses deux pattes arrières. Nous savons que les hominidés sont sortis plusieurs fois d'Afrique, qu'ils ont peut-être aussi vu le jour en Asie et qu'à l'origine, ils étaient noirs. Les premiers homo sapiens sapiens viennent également du continent africain d'où on a recensé au moins deux grandes vagues d'émigration paléolithiques. Ce sont elles qui auraient donnée naissance à toute l'humanité actuelle. Ca ne plait pas aux racistes, aussi ces informations sont-elles réservées à ceux qui s'y intéressent.

    - Nous savons aussi que les mammifères ont succédé aux sauriens et autres dinosaures après un ou plusieurs cataclysmes concomitant (une météorite géante et/ou une série d'éruptions volcaniques peut-être causée par cette météorite) Et que tous les grands mammifères actuels descendent probablement d'un tout petit rat, l'éomaia, né autour d'il y a quelques 200 millions d'années et rescapé de la grande extinction des sauriens géants.

    - Ce n'est pas tout. On sait à présent quasiment avec certitude que nous ne sommes pas seuls dans l'Univers et que le processus de "terra formation" (apparition de la vie sur une planète) est d'une part répétable et, de l'autre, sur un nombre incalculable de planètes. Il faut de l'eau pense-t-on mais on ne sait pas si la combinaison d'autres éléments comme le méthane peut aussi aboutir à la vie. Les fonds marins nous en apprennent tous les jours à cet égard.

    - Enfin, toujours dans ce chapitre de qui sommes nous ?, on imagine scientifiquement aujourd'hui qu'il existe une infinité d'univers : non seulement nous ne sommes pas seuls dans l'Univers, mais celui-ci ne serait pas seul dans le Cosmos !

    Ce n'est pour l'instant qu'une probabilité mathématique tout juste étayé par ce que nous savons du Big Bang originel et des trous noirs. Autant dire toutefois que le créateur de tout cela nous dépasse de beaucoup ! Car, dernier point sur ce questionnement, la Science est incapable aujourd'hui d'expliquer comment tout cela a commencé. Ni même s'il y a eu un commencement compte tenu de la relativité aussi du temps. Les astrophysiciens préfèrent ne pas évoquer le sujet qui, effectivement, redonne du grain à moudre à des religions qu'ils estiment anachroniques.  La Chrétienté a bien saisi l'opportunité mais sa base aujourd'hui émergeante et rurale l'empêche d'aller trop loin dans sa modernisation. L'Islam en est loin et le Bouddhisme est en fait étranger à la Science : il est métaphysique. Et ce qu'on peut dire en résumé est que, pour la Science, l'humain terrestre est la résultante de l'évolution dont la disparition des dinosaures. Les mathématiques ne font pas appel au divin bien que, vu de près, on sait aujourd'hui que le chaos mathématique engendre obligatoirement des séries de chiffres ordonnées et répétées. Tout comme le magnétisme qui fait vibrer les particules de fer les entraîne aussi dans des mouvements ordonnés dits "browniens" : le désordre ne dure pas, la nature cherche obstinément de nouvelles stabilités, cette recherche nous échappant. Nous sommes en fait au début de notre ère quoiqu'en disent les écologistes et nombre d'économistes actuels.

    Et c'est sur cette affirmation que je voudrais conclure cet article : les dinosaures ont régné des centaines de millions d'années sur notre planète et les hominidés n'existent que depuis 3 ou 4 millions d'années. L'homo sapiens sapiens n'a, lui, que 100 000 années de vie dont seulement 12000 années de sédentarisation. Croire que nous sommes arrivés au bout de tout est franchement orgueilleux. L'écriture n'existe que depuis 3500 ans ! Nous commençons seulement à réfléchir et quand on voit le niveau d'intelligence des jouisseurs occidentaux, on ne peut que se dire que nous avons du pain sur la planche !

    8) Que dit la Science ? D’où venons-nous ?

    Ça reste un mystère : pour l’instant, la seule expérience « in vitro » qui a été faite sur le sujet, celui de la création de la vie à partir de pas grand-chose, est celle d’eau bombardée par des éclairs électriques. On a longtemps crû avoir ainsi trouvé l’origine de la vie, la naissance des bactéries puis d’organismes de plus en plus complexes mais ça n’a pas été confirmé. L’expérience valait d’être tentée, sans plus…

    Adam et Eve ne tiennent pas la route. Le processus pour arriver à la cellule en partant de la bactérie et de la cellule pour arriver aux êtres multicellulaires est bien connu. Darwin n’en avait pas conscience mais l’évolution joue aussi à ce niveau microscopique, notamment quand l’expérience s’effectue sur des millions d’années et dans des conditions finalement propices : beaucoup d’eau effectivement et beaucoup d’éclaires électriques, le tout au sein de boues pas possibles, celles résultant des milliards de m3 de magma se déversant sur la Terre de la gueule des innombrables volcans qui ont révolutionné notre planète à ses débuts.

    Aujourd’hui, des scientifiques se demandent si, finalement, les premières briques de la vie n’ont pas été apportées sur la Terre par les météorites : elles transportent de l’eau et des minéraux au sein des galaxies et l’on sait aujourd’hui que des bactéries peuvent survivre dans le froid absolu. On sait aussi qu’à partir d’hydrogène et d’hélium, les étoiles fabriquent puis expulsent des molécules bien plus complexes lorsqu’elles meurent. Ainsi va l’Univers qui fabrique ses étoiles à partir de nuages de gaz puis rend au vide ce qu’il a absorbé mais en nettement plus riche. De même les trous noirs, en se formant, commencent-ils par inonder l’espace d’un trait de lumière phénoménal et très certainement riche en matière ultra complexe car compressée à un niveau tel qu’il modifie les lois physiques. Bref, l’effarant balaie cosmique recycle incessamment la matière. La Lune, nous dit-on aujourd’hui, est née de la réception par la Terre d’une planète de la taille de Mars : une partie de la Terre s’en est alors détachée sous la violence du choc. Et l’on retrouve de fait, sur la Lune, tout une quirielle d’éléments présents sur Terre. Il est bien évident que des expérimentations de cette taille et dans un temps qui nous échappe restent et resteront longtemps hors de notre portée. Ce sont les mathématiques qui, là encore, nous permettent de rêver.

    Ce qui a bien entendu laissé le champ libre à la science-fiction et, notamment aux OVNI. Dont la possibilité est revenue en flèche avec la découverte de plus en plus de planètes. Autrefois, on imaginait des milliards d’étoiles vivant au sein de milliards de galaxies. Aujourd’hui, avec des étoiles comportant des théories de planètes, on a des milliards de milliards de planètes possibles orbitant autour d’étoiles en tous genres. Les scientifiques qui pensaient encore que la formation de la Terre était exceptionnelle n’existent plus, l’heure est à la certitude de la vie ailleurs. Au point que nous allons traquer à présent la présence de vie moléculaire dans notre propre système solaire. Nous en cherchons dans les météorites et sur Mars. Nous avons découvert de l’eau sur la Lune et sous les couches glacées d’Europe, cette lune de Jupiter…

    La science-fiction n’est pas tenue par la rigueur aussi va-t-elle beaucoup plus loin, imaginant que des êtres pensant extra solaire sont venus déposer les premières bactéries sur notre sol. Quand elle ne décrit pas le dépôt sur Terre des premiers humains ! Bon, on peut imaginer que des êtres venus d’ailleurs s’arrêtent un instant dans notre atmosphère pour nous observer. Il y a aujourd’hui trop de manifestations de ces OVNIS pour qu’on en rejette la possibilité sans voir de plus près. J’ai moi-même été témoin de telles manifestations : pendant mon service militaire, une alerte parce qu’un OVNI volait à 27000 km/heure à basse altitude le long de la frontière d’Allemagne de l’est. Repérée par les Américains, sa trace nous fut immédiatement transmise du fait de la liaison des radars ouest européens. Puis quelques années après, l’apparition, à quelques mètres de mon balcon, d’une sorte de petite boule de feu virevoltant à toute vitesse, surmonté plus haut par une boule de lumière rouge bien plus grosse. La boule de feu fit trois ou quatre embardées à angle droit et disparut… Ce, pour appuyer les innombrables témoignages qu’on ne peut plus prendre à la légère aujourd’hui sauf à être obtus. Mais s’agit-il de petits hommes verts ? Pourquoi pas des humains ayant, dans le futur, maîtrisé le voyage dans le temps ? Je ne crois pas aux expériences américaines car un avion volant à 27000 km/heure dans notre atmosphère se serait volatilisé en millions d’éclats dans l’état actuel de notre technologie : cette vitesse n’est permise qu’au-delà de l’atmosphère, quand le nombre de molécules d’air par m3 est raréfié. Pour être même plus précis, c’est la vitesse de nombreux satellites qui orbitent autour de notre planète. De même ne maîtrisons-nous pas (encore ?) suffisamment la lumière pour créer des boules cohérentes d’énergie. Ou alors en laboratoire, derrière des murs infranchissables de plasma surchauffé !

    On voit que les scientifiques n’ont pas vraiment progressé dans ce domaine, d’autant qu’ils rejettent la science-fiction en bloc et on les comprend : l’imagination seule manque singulièrement de rigueur même si elle peut être prémonitoire. Tels les écrits d’Isaac Asimov sur les robots et l’intelligence artificielle. Ce qu’il a imaginé était loin d’être évident en 1967 quand il entreprit sa saga sur les androïdes. Sa fiction est aujourd’hui de la réalité mais cette réalité n’a commencé, tout récemment d’ailleurs, à être imaginable qu’après la mise au point des algorithmes qui ont permis aux machines d’apprendre par elles-mêmes. Et nous sommes encore loin des robots d’Asimov ! Certes, les « big datas » du Net accélèrent leur venue mais en cette année 2019, on se heurte à l’imbécilité en fait des algorithmes qui se contentent d’apprendre ce que disent la majorité des Internautes : le premier cerveau artificiel de Google dut être débranché : il était devenu nazi ! Dan Brown, auteur de science-fiction à la mode, donne vie à un cerveau artificiel parfait, relié à tout. Et qui tue son géniteur qui lui avait donné comme objectif de faire connaître le résultat de ses recherches sur l’origine de la vie : le cerveau non humain estima que l’assassinat de son géniteur ferait tellement de bruit que le fruit de ses recherches en serait d’autant plus diffusé. Le dit cerveau se suicide d’ailleurs, comme son géniteur l’avait prévu…

    Et entre Adam et Eve et les algorithmes, il y a juste 4 petits milliers d’années d’évolution. Certains peuvent se dire que l’homme a fait vite avant d’être en mesure de créer lui-même « le Verbe » mais outre le fait que le « Verbe » de création humaine est loin, très loin d’être l’égal de l’homme, il ne s’agit que de faire évoluer des machines de manière autonome. Avec des « bugs » et des missions limitées. Soi-disant, l’IA allait même remplacer les journalistes. Et, certes, la machine peut aujourd’hui résumer en quelques lignes une dépêche de l’AFP. Mais avant qu’elle puisse enquêter et déduire à partir de faits complexes… On n’en est vraiment qu’au tout début.

     

     

     

    8) Que dit la Science ? Où allons-nous ?

    Il ne s'agit pas ici de savoir si l'homme arrivera à créer des robots à son image mais de ce qui nous advient après la mort : Paradis pour tous ou Enfer pour certains ? Résurrection dans un autre corps ? Rien ?

    Disons tout de suite que les scientifiques n'en disent rien pour l'instant. Tout juste commence-t-on après un demi-siècle d'hésitation, à étudier le phénomène que les Anglophones appellent "Near death experience", mal traduit par "expérience de mort imminente" : il s'agit de gens qui ont sombré apparemment dans la mort mais qui en sont revenus en disant qu'ils étaient sortis de leur corps et s'étaient dirigés vers une lumière éblouissante dans laquelle les attendaient des gens. "Hallucination" ont commencé par dire les médecins. Qui, devant tout de même le nombre assez faramineux des dites expériences parlèrent, hier seulement, de réactions chimiques dans le cerveau précédent immédiatement la mort cérébrale.

    En fait ce n'est pas si simple et les recueils d'expériences de gens qui sont morts cliniquement et revenus sont plus complexes. j'en ai retenu quelques exemples que vous trouverez à cette adresse :  http://dalayer.kazeo.com/que-se-passe-t-il-apres-la-mort-a160929250

    On voit que ça n'est pas si facile à croire que le disent les croyants ou si facile à expliquer que le disent les scientifiques occidentaux. Car et certes, une autre expérience, russe cette fois-ci, soit la photographie "Kirlian" (de l'effet Kirlian, cette photographie tout-ce qu'il y a de sérieux des effets électrochimiques du corps humain) du corps de mourants montre effectivement une reprise électrochimique de l'ensemble du corps après sa mort clinique, prouvant la dite reprise naturelle avancée par les scientifiques américains : le cerveau survit au cœur et il y a bien une intense mais brève activité électrochimique  du cerveau après la mort (dans la photographie "Kirlian", il s'agit de l'ensemble du corps mort).  Et ce qui diffère est en fait la qualité des souvenirs des mourants : la fameuse intense lumière pour certains mais des visions bien moins sympathiques pour d'autres. Mais cela peut aussi bien prouver la cause naturelle des visions du Paradis que l'existence et d'un Paradis et d'un Enfer en fonction de la vie des morts. On est pas plus avancé !

    Et cela n'interfère nullement dans l'autre grande explication de l'après mort, la résurrection dans un autre corps, cette fameuse métempsychose asiatique.  De même que cela n'explique nullement pourquoi l'homme enterre ses morts quasiment depuis le début de son existence (le fameux divin inné) ni pourquoi, seul dans les créations terrestre, il pense qu'il existe et qu'il sait que, face au mal, existe le bien.  Ce, toujours de manière innée...

    Pourquoi en effet "le hasard et la nécessité" aurait inclus de telles notions dans l'ADN humain : ça n'a aucun sens ! Pourquoi l'homme, cet animal si fragile, possède-t-il autant de sens et autant de sens si faibles ? Il voit moins bien que les oiseaux mais mieux que les autres mammifères. Il entend moins bien que quelques mammifères mais mieux que tous les autres, il sent moins que plusieurs mammifères mais mieux que tous les autres, son cris est moins pénétrant que bien d'autres êtres vivant, mais mieux que la plupart des autres, il sait compter mieux que tous les autres, il sait s'adapter mieux que tous les autres, il sait parler mais plus intensément que tous les autres, il sait se servir de ses pattes avant, mais mieux que tous les autres. Etc., l'homme n'est pas un "must" mais un ensemble de dons qui, additionnés, est un must. Il n'y a aucune autre espèce qui n'arrive à sa cheville en matière d'addition de dons et c'est pourquoi il a conquis aussi aisément le monde d'après les dinosaures.

    Et pourquoi, justement, les dinosaures ont-il disparus après tant de millénaires de domination pour laisser l'homme les remplacer ? Pourquoi un monde stupide, fait de prédations, a-t-il accouché d'un monde qui se veut, aujourd'hui, le contraire de la prédation jusqu'à l'absurde ? Le divin ne se cache pas que dans la mort de Dieu chez les hommes, il le dépasse de très loin. La métaphysique dépasse notre propre existence . Et en définitive, nous en savons plus certes que nos ancêtres, mais nous  continuons a ne rien savoir de notre existence future.

    On en est là pour l'instant et la seule interrogation que nous ayons sur notre vie au moins pendant la mort n'est toujours pas expliquée. Les recherches sur la question sont certes un peu plus importantes qu'il y a quelques décennies où elles relevaient de la science fiction mais elles restent marginales. Nous continuons donc à croire, selon notre culture, que nous rejoignons Dieu (ou pas), soit en passant par les case "Paradis-Purgatoire-Enfer", soit tous au Paradis (une croyance assez en vogue en Occident où l'idée de l'Enfer ne passe plus vraiment), soit que nous sommes définitivement anéantis dans la mort (les agnostiques mais ils sont peu nombreux dans le monde à penser qu'il n'y a rien après la mort, le concept n'est plus à la mode) ; l'autre grande option étant soit la renaissance dans un autre corps et pour une autre vie, soit la fusion avec Dieu (le Nirvana) mais pour une toute petite minorité.

    Ca reste donc du domaine religieux avec  les plus anciennes manifestations de la croyance en un Au Delà  : les enterrements de nos morts. Un athée total aurait simplement cherché à éviter que nos charognes pollue son eau. Mais l'enterrement, qui plus est avec des objets dits "funéraires" va beaucoup plus loin. De même que les premières manifestations de prières se sont adressées aux mânes de nos ancêtres. Croyance qui est confortée, même en Occident, par la vogue de la voyance, ces hommes et ces femmes qui seraient capables de parler avec les morts. Et, dans certains lieux, par les dévotions des vivants sur les tombes des morts : le vivant qui ne croit plus au catholicisme par exemple et ne fera donc pas le signe de croix devant la tombe, viendra quand même se recueillir dessus ! Côté Islam, c'est pareil : qu'est-ce que le Taj Mahal sinon un mausolée, une tombe royale !? Certes, les tombes musulmanes sont en général bien moins somptueuses mais elles sont tournées vers la Mecque : le mort continue à vénérer Dieu.  Le Paradis et l'Enfer existent pareillement chez les Musulmans, la seule différence, totalement faite pour entraîner les soldats à combattre, tenant aux cohortes de vierges promises aux malheureux décédés au combat. Les Asiatiques diffèrent de nous sur ce plan car Hindouistes comme Bouddhistes croient à la métempsychose et de manière assez forte d'ailleurs.

    Imaginez maintenant le Cosmos, cet immense terrain de création pour des forces colossales que nous commençons seulement à connaître. Et imaginons, comme certains bons esprits l'on fait, que notre Univers cherche à se connaître lui-même et ait donc créé des êtres pensant, dont nous, pour l'étudier. Que ferait cet enfant Univers de gens qui n'ont pas cherché vraiment à apporter des réponses au Cosmos mais ont passé leur temps à "faire du fric", cherché à être puissants, se goinfrer de tout ? Ou, tout bêtement, n'ont jamais eu l'occasion, au cours de vies difficiles et semées d'emmerdements, de réfléchir à quoi que soit d'autre que de survivre ?!

    On peut imaginer aussi que Dieu cherche à expérimenter des sensations au travers de ses créations. Les réactions nucléaires des étoiles ou le maelström des trous noirs me paraissent être d'une autre valeur à cet égard que même nos cris d'amour les plus déchirants, sortes de tout petit "rien" d'une durée insignifiante. Certes, les Grecs imaginèrent des Dieux à l'image des hommes, capables de tomber amoureux des mortels. Comme non pas des petits être verts venant nous rendre visite, mais des géants capable de se mettre à notre niveau, avec tous nos défauts. Mais plus personne n'y croit aujourd'hui, ce n'est d'ailleurs pas les hommes qui auraient créé Dieu à leur image mais l'inverse.

    Ce qui est dingue est que nous en somme toujours là, à des croyances qui datent des époques où nous ne maîtrisions aucune technologie autre que le bronze. J'ai pourtant la faiblesse de croire que si nous avons dans notre ADN le sens du divin, ce n'est pas sans raison. Et ce n'est pas pour continuer à croire à des systèmes de pensée aussi difficile à admettre aujourd'hui. Déjà l'Enfer nous quitte en Occident. Mais pas le Paradis, tout le monde veut y entrer...

    Longtemps, nous avons crû que nous étions seuls dans l'Univers et pouvions alors penser que notre place était auprès du créateur suprême. Avec ou sans métempsychose. Ce n'est guère possible aujourd'hui mais la croyance est comme un gros navire qui ne peut s'arrêter qu'après avoir digéré son énergie cinétique : dans le même temps que nous découvrons que la Terre n'est qu'une planète parmi une infinité d'autres, nous continuons à penser que nous avons une place privilégiée auprès du Créateur !

     

    . 9) Epilogue

    Je n'en sais pas plus. Des signes font penser que nous ne mourrons pas "bêtement" et que, dans ce cas, nous emportons avec nous, où que nous allions, tous nos acquis, défauts inclus. Nous continuons, paraît-il aussi, à survivre dans l'ADN de nos descendants en sus de leur mémoire. Nous savons aussi, par expérience, que nos parents nous façonnent beaucoup, en bien comme en mal et en positif quand nous les imitons comme en négatif quand nous réagissions contre eux. Nous ne sommes donc pas totalement libres, plutôt pas mal prisonniers du passé. Les pires salopards de la Terre ont tous, dans un recoin de leur cerveau, une blessure qui explique leur conduite, c'est même le B A Ba des avocats que de faire ressortir cette blessure pour atténuer leur responsabilité. Même les "porcs", ces dingues du sexe mis au pilori depuis 3 ans, sont prisonniers de leurs hormones. Et ce dont je suis certain à cet égard est que le "juste" n'est pas celui qui apprend à vivre dans l'ascèse la plus totale mais celui qui arrive à maîtriser et son passé, et son ADN, et ses hormones. Ce à quoi se sont en fait attachées toutes les religions humaines. Je me demande même si leur disparition en cours n'explique pas l'espèce d'explosion d'excès en tous genres à laquelle on semble assister en Occident. Nous sommes redevenus intolérants tandis que nos comportements sexuels sont devenus délirant. Le respect des parents s'évanouit lui aussi dans les grandes cités et, finalement, nous manquons de normes. Un monde meurt, Dieu meurt et ça commence à nous manquer sérieusement pourrais-je ainsi conclure.

    Car les Etats n'ont pas vraiment remplacé les religions, au moins en Occident, au niveau de la morale et de l'éthique. "Enrichissez-vous" disait Guizot, ministre du roi Louis-Philippe, morale peu chrétienne mais terriblement d'actualité aujourd'hui. Et que peut dire d'autre un Etat qui vit de l'enrichissement de sa population ?! L'Islam n'est pas mieux loti : ses adeptes les plus fougueux tuent au nom d'un Dieu qui a donné aux croyants un livre dans lequel il n'arrête pas de répéter qu'il est "miséricordieux", le mot le plus présent dans le Coran. Adeptes qui en outre et sous le prétexte de donner la primauté à Dieu, caricaturent ses commandements alors que son message est globalement de garder mesure en tout.

    La politique n'est donc vraiment pas un substitut aux normes religieuses. La méditation n'y a pas sa place, ni la réflexion mystique. L'humain aujourd'hui n'est plus qu'un consommateur d'autant plus décérébré qu'il passe des heures à jouer sur ses écrans et ne lit plus, quand il lit encore, que des romans policiers, des bandes dessinées et des magazines. Cet humain des grandes villes riches troque en outre ses rapports humains contre des pseudo rapports en ligne avec d'autres internautes qu'il ne verra jamais. Il a jeté la religion et enfourné du prêt-à-penser comme l'écologie ou le soutien aux étrangers, délaissant ses propres pauvres. Que leur dire quand on est curé ?!

    Quand je vois cela et que je sais que le monde entier se dirige vers cette "way of life" je ne peux que réfuter les thèses selon lesquelles nous sommes appelé à rejoindre le Créateur : à sa place, je ne voudrais pas de nous ! 

     

     

     


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