• Elitisme : un peu d'utopie SVP -1 : Critique des systèmes élitistes

    Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 7<o:p></o:p>

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    Elitisme : un peu d’utopie SVP !<o:p></o:p>

    1- Critique des systèmes élitistes<o:p></o:p>

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    « Supprimer l’ENA ne supprimera pas l’élitisme : les enfants des classes supérieures choisirons une autre école qui prendra alors sa suite » De qui est cette judicieuse remarque ? De Ségolène Royal qui n’a jamais voulu se prononcer sur cette affaire ? D’un des nombreux candidats d’extrême gauche ? De Le Pen ?

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    Vous avez tout faux : c’est Sarkozy qui l’a prononcé quelques semaines avant d’être élu, un comble ! Pas un seul candidat de gauche n’a été fichu de dire quelque chose de sensé sur cette question tout de même très importante : toute notre histoire est jalonnée des péripéties du combat des « petits et des sans grade » contre les élites du moment qui, inlassablement, s’arrogent des privilèges de plus en plus substantiels au fur et à mesure que s’installe leur durée au pouvoir. Et ceci, qu’elles soient de droite ou de gauche. Car la gauche, il est vrai, n’est pas très claire vis-à-vis de l’élitisme : il y a d’abord ces fils de bourgeois qui accaparent les bonnes places au sein des partis de gauche, jusque et y compris le grand théoricien de la gauche que fut Karl Marx. Ces bourgeois ne vont bien évidemment pas donner aux ouvriers les verges pour les battre, CQFD ! Tout au contraire éviteront-ils constamment le débat, sinon pour sortir, avec Lénine, la théorie des « minorités agissantes ». Pour qui la « dictature du prolétariat » s’arrêtera en fait à la dictature des pontes du Parti bolchevique (la « Nomenklatura »). Staline sera quand même plus prolétaire, au point de massacrer allègrement la Nomenklatura léniniste (mais aussi de supprimer la bourgeoisie rurale naissante du fait de la « NEP » et de bouleverser l’échelle des salaires et des revenus en URSS au profit des ouvriers)… Mais, pour lui comme pour tous les gens se réclamant de la gauche, l’anti-élitisme équivaut à l’anarchie et au nihilisme quand il devient violent, tous deux condamnés sans appel par tous les penseurs radicaux, socialistes et communistes.

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    La droite se pourlèche donc les babines dès que la questions sort du placard : car, elle, n’a aucun scrupule. Domine le plus fort, un point c’est tout. Il suffit alors d’organiser une parodie d’égalité des chances au démarrage pour paraître plus progressiste que ses opposants de gauche. Je parle de parodie car vous allez pouvoir très bientôt le constater : Sarkozy a repris l’engagement de Ségolène Royal de supprimer la carte scolaire qui faisait théoriquement obligation aux parents riches de mettre leurs enfants dans le même établissement public que les enfants de parents pauvres dès lors que tous habitent la même « circonscription » scolaire. Ce, parce que, dans la pratique, les fils de bonne famille ne vont plus dans les établissements publics « mal famés » mais dans le privé. Quand ils ne vont pas dans de bons établissements publics « d’à côté » grâce aux relations de leurs parents. Pour la candidate socialiste, il s’agissait de repérer les établissements alors désertés par les enfants de riches pour leur donner beaucoup plus de moyens et établir dans les faits une égalité des chances pour les enfants de pauvres. Pour Sarkozy, il s’agit uniquement de mettre la loi en conformité avec la pratique des riches : l’aide aux établissements que ces riches ont déjà déserté sera, j’en prends le pari, dérisoire au regard des besoins. Mais très médiatisée, ça c’est aussi certain !

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    Peu importe ici que les hiérarques socialistes ne sachent pas ou ne veuillent pas dénoncer à l’avance cette quasi certitude, surtout en période électorale (la campagne des législatives est engagée). Eux voient peut-être que Sarkozy pique ses idées à Ségolène Royal ? Ce qui importe ici est que la démarche est en fait la même à gauche et à droite : on ne parle que d’égalité des chances dans un système élitiste accepté.  Soulignons ici le fait que, encore une fois, la gauche est à la traîne : c’est la droite qui imprime ses idées dans le peuple français (« ouvrons l’élitisme », en quelque sorte) alors qu’hier encore, Mitterrand surprenait son monde en imposant un « concours interne » à l’ENA qui y faisait entrer, comble de l’horreur !, des syndicalistes et autres prolétaires insupportables. Le Florentin connaissait, lui, la force des symboles, Sarkozy et non le PS lui emboîte le pas…

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    La gauche devait aller plus loin que Mitterrand. Les temps ont changé, les Français ont découvert les petits marquis de gauche en R25 et, quitte à supporter des élites, ont préféré celles de droite, moins faux cul. Songez qu’habitant à la Celle Saint Cloud, je vois passer sous mes yeux et chaque fois que je regarde à la fenêtre, les huiles qui habitent en face de mon immeuble. Elles sortent du « Hameau de la Jonchère », la résidence la plus chère de France (pas une maison à moins de 4 à 5 millions d’euros). Dont, parfois (peut-être n’est-ce pas chez lui. Mais il en est sorti à plusieurs reprises), l’ancien premier ministre leader de la gauche du PS, Laurent Fabius. J’ai hésité avant de donner cette info que j’ai finalement décidé de publier. Car elle est tout de même révélatrice au moins de la collusion de nombre de leaders actuels de la gauche non extrémiste avec les couches les plus aisées de notre pays. Et ici, je suis désolé, mais je ne peux pas croire un seul instant qu’après avoir ripaillé avec des nababs, on puisse revenir tranquilo se préoccuper du sandwich jambon beurre de l’ouvrier de base. On se dirige tout droit vers le nomenklaturisme, soit un élitisme bien plus féroce que le système des notables pratiqué par la droite.

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    Pourquoi faut-il que ce soit l’extrême gauche qui doive critiquer, d’ailleurs plus qu’indirectement, cette dérive des élites du PS, quand cette même extrême gauche pêche elle-même et gravement par un élitisme sans retenue aucune (pas de démocratie interne aux mouvements, refus de toute critique, comptes financiers totalement opaques et j’en passe) ? Parce que le PS se donna d’abord aux enseignants pour lesquels seule la valeur des diplômes scolaires et universitaires compte. Ils se sont donc donnés eux-mêmes aux énarques, les titulaires des diplômes les plus prestigieux, la vraie France étant alors totalement ou presque absente des centres décisionnaires du parti. Et la parole n’ayant jamais été et n’étant toujours jamais donnée aux contempteurs d’un élitisme par les diplômes auquel tant les enseignants que les énarques sont farouchement attachés. Avec l’impression, en outre, d’être les vrais héritiers de la « grande » Révolution française qui organisa l’égalité des chances essentiellement sous l’angle de l’éducation nationale et obligatoire. Le monde a évolué, notre compréhension globale de ses mécanismes profonds aussi, mais la gauche en est restée aux « hussards noirs de la République », pour résumer la situation…

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    Et si vous êtes fondamentalement de gauche, vous devez comprendre que, dans les conditions actuelles, la gauche n’est plus la gauche pour les Français mais une sorte de « droite de rechange » favorables aux salariés plus qu’au capital (mais sans être vraiment opposée au capital) et qui n’a de chance d’arriver au pouvoir que si les Français décident de rejeter la vraie droite pour tromperie sur la marchandise (cas du chiraquisme) ou toutes autres raisons. Et si cette gauche cherche à retrouver ne serait-ce qu’une certaine sincérité, elle n’est plus crédible…

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    Comme dans les cas précédents (politique étrangère, place de la famille dans la société, refus de l’extrémisme sexuel, rapport avec l’argent, doctrine économique), on voit qu’aujourd’hui, le débat n’est plus mené par cette fausse gauche (ni par la caricature extrémiste qu’elle a suscité), mais bel et bien par la droite pure et dure qui a su adapter sa communication (mais pas ses objectifs, séculaires eux) à l’évolution de nos sociétés. Je n’ai pas peur ici d’enfoncer le clou : pour trouver le chemin d’un pouvoir durable, suffisamment long pour qu’elle puisse réellement imprimer un changement tout aussi durable dans la société française, la gauche doit renouveler totalement ou presque sa garde-robe idéologique. Et ce n’est pas le « fabiusisme » ou tout autre « emmanuélisme » qui y parviendra : ceux-là appartiennent au passé, dans leur personnalité comme dans leurs idées. Ce pourquoi, pour ma part, j’ai privilégié le soutien à une femme neuve, Ségolène Royal, bien qu’elle soit énarque. Ce, parce qu’hors d’un grand parti, il n’y a plus de salut aujourd’hui et qu’il me fallait choisir entre le pire et le passable. Mais sans abdiquer pour autant ma faculté de réflexion et d’expression, d’où cette tribune.

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    Prochain article : le rêve anti-élitiste<o:p></o:p>

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