• Et Dieu dans tout ça ? 3e article et fin de la série

    Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 44<o:p></o:p>

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    Et la religion dans tout ça ?<o:p></o:p>

    3- Au delà de la laïcité<o:p></o:p>

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    L’Occident a donc échoué, nous venons de le voir, dans sa tentative d’imposer la laïcité de l’Etat dans le monde en même temps que sa conception de la démocratie. Le principal pays occidental, d’ailleurs, est lui-même revenu sur ce plan à une conception très 19e siècle du jeu gouvernemental en ce qui concerne les Eglises puisque son dernier président, élu et réélu, est ouvertement le représentant des milieux religieux traditionalistes américains. Et plusieurs Etats de l’Union ont très légalement interdit l’enseignement de l’évolution ou, tout du moins, son enseignement sans l’enseignement concomitant de la Genèse biblique. Bref et pour être tout à fait claire, une partie majoritaire des Etats Unis est aujourd’hui ouvertement « cléricale »…<o:p></o:p>

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    C’est que le combat pour la laïcité n’a jamais fait dans la dentelle : Dieu, c’était et c’est resté l’ennemi, quand bien même une majorité de gens, en Occident comme ailleurs, croit en un principe créateur de toute chose et espère une « vie après la mort » Si bien que tant que les Eglises s’identifiaient –et s’identifient toujours en grande partie- aux classes dirigeantes d’une société, elles se sont heurtées à un combat laïque vivifié par cette crispation sociale : les populations trouvaient sympathiques les ennemis de leurs ennemis, pour résumer. Cette réaction est d’ailleurs très visible en Amérique latine où le sentiment religieux était très fort mais où le ressentiment contre les riches a été encore plus fort : le catholicisme a pris parti pour les riches, les population ont voté en masse pour les socialistes ennemis du catholicisme, CQFD !<o:p></o:p>

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    Ailleurs, il n’en n’a pas du tout été de même. Notamment dans les pays musulmans où les traditionalistes (ou fondamentalistes) ont pris faits et cause pour les peuples contre leurs dirigeants. Ils ont fait un carton au point que les dirigeants n’ont pu se maintenir qu’en utilisant la manière forte. Le schéma est identique en Afrique où les prédicateurs protestants ont systématiquement été au côté des victimes des guerres et de la mauvaise gouvernance. Mais je ne crois pas que le succès des religieux soit essentiellement dû à une réaction contre l’oppression. Ils ont surtout proposé une réponse à des problèmes précis, réponse que les Etats n’ont pas pu ou pas voulu donner. L’enseignement par exemple, dans des pays où les enseignants ne sont plus payés et sont payés seulement de temps en temps. Le prêche d’une vie sexuelle moins débridée dans des pays particulièrement affectés par le Sida (voir en Afrique du sud). L’enrégimentement des jeunes au chômage ou le secours populaire (cas des pays musulmans). Etc. C’est ainsi qu’à Brazzaville, simple exemple très significatif, ce sont les Eglises protestantes qui ont apporté une réponse au besoin de musique des jeunes filles en créant des chœurs en nombre. Le dimanche matin, on les entends dans tous les quartiers, leurs sons se heurtant parfois tellement ils peuvent être proches les uns des autres. A Londres, autre exemple, des myriades d’associations à base religieuse sont venues au secours des victimes de la paupérisation libérale (la montée en force des bas salaires). Dans les banlieues parisiennes à problème, avec un fort taux de chômage, les mêmes associations ont donné une raison de vivre à bon nombre de jeunes auparavant désoeuvrés et ouverts à la délinquance. En Inde, ce sont les fondamentalistes des deux bords qui sont venus secourir les victimes du progrès et qui ont pu mobiliser d’énormes foules quand il s’est agi de partir guerroyer contre le camp d’en face. Etc. : les religions du passage du 20e au 21e siècle ont connu un regain d’influence en s’occupant des problèmes quotidiens des gens. <o:p></o:p>

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    Alors qu’en face d’eux, les laïques refusaient de plus en plus l’intervention de l’Etat dans la sphère privée. En France par exemple et après un débat sanglant entre les syndicats d’enseignants, forces vives de la laïcité, et des gouvernants pourtant socialistes (Chevènement), l’Etat refusa d’endosser la responsabilité d’enseigner le bien et le mal aux enfants. Poussant ainsi les successeurs de droite à s’interroger de plus en plus sur le principe laïque avec une bonne réception de leurs propos dans l’opinion publique. L’Etat s’est aussi et progressivement désengagé, dans un pays à tradition étatique forte (la problématique est différente dans les pays anglo-saxons), de l’assistance aux plus pauvres des citoyens. Et ce sont des associations majoritairement cléricales ou d’origine cléricale qui ont occupé le terrain : Emmaüs, la distribution de repas (avec, il est vrai, une association laïque, Les Restaurants du cœur, occupant le devant de la scène), l’hébergement des SDF, etc. L’Etat, pour résumer, se veut laïque mais, quittant progressivement tous les terrains d’intervention caritative, offre un boulevard à la cléricalisation de la société : les dames patronnesses sont de retour puisque les fonctionnaires sociaux font de moins en moins de choses…<o:p></o:p>

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    Le fait que le débat revienne à la surface n’est donc qu’une conséquence de ce constat. Et les laïques auront beau hurler au loup, il n’empêcheront pas, ce faisant, les cléricaux de regagner le terrain perdu du fait de leur inconséquence. Car il apparaît aujourd’hui évident que le « moins d’Etat » voulu par les ultra libéraux avec l’assentiment des partis traditionnels de la gauche « modérée » pousse les populations à rechercher ailleurs ce que l’Etat n’offre plus. Et il faudra bien un jour ou l’autre que ces populations, satisfaites alors par des réponses cléricales, veuillent réintroduire la religion dans l’Etat. L’abbé Pierre fut ainsi et jusqu’à sa mort, malgré bien des conneries proférées par un vieillard sénilisant, le personnage préféré des Français, devant des stars du sport ou de la chanson pourtant mille fois plus présentes que lui dans les médias. <o:p></o:p>

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    L’exemple américain est d’ailleurs symptomatique à cet égard : la civilisation anglo-saxonne, fondée contre l’Etat, a toujours confié aux associations de citoyens le soin de traiter les affaires sociales. La plupart des associations en question sont d’origine religieuse. Et aujourd’hui, les Américains donnent aux dites associations un droit de regard aussi sur des domaines jadis réservé à l’Etat, notamment celui de l’enseignement public. D’où les attaques contre Darwin… <o:p></o:p>

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    Dans nos civilisations latines, nous nous méfions moins, nettement moins, des œuvres étatiques. Ce sont donc nos Etats qui ont commencé à gérer les affaires sociales, les administrations royales d’abord (et non les Eglises, voir le phénomène des écrouelles), puis l’Etat républicain. Les Anglo-Saxons nous ont imposé leur méfiance de l’Etat et, du coup, nous avons fait dépérir celui-ci alors que nous ne disposions pas des structures privées pour prendre la suite de ses actions. Dans l’exemple de l’apprentissage du bien et du mal aux enfants, plusieurs générations se sont donc retrouvées devant les seuls enseignements de la télévision, c’est à dire sans enseignement réel. Car, entre temps, les femmes se sont mises à travailler en masse, ne pouvant plus jouer le rôle de gardienne des valeurs qu’elles jouaient auparavant. Les Musulmans ont fait appel à leurs associations tandis qu’empêtrés dans leurs querelles anticléricales, les syndicats laïques se refusaient à toute intervention mais aussi à tout compromis qui aurait permis de conserver une structure d’apprentissage du bien et du mal à l’école (via les aumôneries qui ont pratiquement disparu du paysage). Bref, c’est un gigantesque fiasco dont nous ne sommes pas encore sortis et dont nous ne sortirons pas de sitôt.<o:p></o:p>

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    Reste aussi et enfin le problème de la croyance en Dieu. Car c’est bien de séparer l’Eglise et l’Etat mais moins bien d’associer alors l’athéisme à l’Etat comme cela a été fait par les laïques européens (le phénomène n’a pas été que français). L’athéisme n’a en effet rien à voir avec la laïcité tandis qu’il donne une image déplorable, « satanique » de la laïcité auprès des gens qui croient en Dieu et qui sont largement majoritaire en Occident comme dans le reste du Monde. Les gauches occidentales se sont ainsi coupées d’une partie notable des populations dites « laborieuses », suffisamment notables d’ailleurs pour maintenir ou faire revenir les droites au pouvoir. Quand des hommes politiques qui n’en ont pas grand chose à faire s’affichent ouvertement à l’église le dimanche matin, ça n’est pas pour plaire seulement à quelques demeurés mais on n’a jamais vu d’hommes de gauche s’afficher à l’église, de peur sans doute de perdre, eux, le vote des athées… <o:p></o:p>

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    Plus graves encore vont être les soutiens répétés aux modifications de mœurs les plus radicales, modifications présentées aux peuples du Tiers Monde comme « progressistes » Alors que ces peuples sont ruraux en partie non négligeable ou sortis tout juste de la ruralité. Ca, c’est le fruit du lobbying en tous genres, cet affichage sans vergogne, parfois jusqu’à l’intolérable (les sado-maso dans les parades homosexuelles), de comportements jugés encore contre nature par une grande majorité des humains. A croire que l’essentiel des efforts sociaux européens sont faits en direction des minorités sexuelles, bousillant par ailleurs tous les efforts faits dans des domaines tout de même plus intéressants comme celui de la condition de la femme : l’image de marque des Occidentaux « décadents » s’étend aussi aux législations féministes. Quel gâchis et quelle tristesse !<o:p></o:p>

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    Bref, les gauches européennes ont lâché la proie pour l’ombre, comme on dit. La proie humaniste pour l’ombre des ghettos, ghettos athées, ghettos sexuels, ghettos « humanitaires » dont les membres sont aujourd’hui prééminents au sein des partis de gauche d’Europe occidentale. Leur combat pour la laïcité n’est déjà plus un combat mais un mot d’ordre qui permet, de temps à autre, de resserrer des liens qui se déchirent de plus en plus sur l’essentiel, la désétatisation : acceptée par les dirigeants socialistes, celle-ci est de plus en plus refusée par les militants. Alors, pour tenter d’éviter des clashs inévitables, on sort les vieux mots d’ordres. Triste…<o:p></o:p>

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  • Commentaires

    1
    visiteur_Jardidi
    Vendredi 6 Juin 2008 à 21:53
    Petite r?tion ?dermique : les latins d?stent l'?t comme nous le montrent l'Italie. Pour la France, c'est pareil sauf quand on a besoin de lui. L'Espagne a eu un grand mouvement anarchiste.
    2
    visiteur_osiris isso
    Mercredi 18 Juin 2008 à 13:55
    j'ai d? eu votre livre avec une francais en s?ur au burkina ; merci pour ce travail; je travail sur la probematique d'un autre journalisme pour l'afrique sinon la prochaine fois ce serait du feu. nouvelle histoire =nouvelle communication voila mon champ de travail dans la pratique d? j'irrigue mes production de ce paradigme et toute ses implications. je suis red-chef de radio jeunesse, fr?ence de la francophonie au burkina. meilleure sant?Osiris issouf sawadogo, journaliste-cheikhantalogue: 0022670283929
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