• Et Dieu dans tout ça ?! Un peu d'histoire, suite...

    Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 43<o:p></o:p>

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    Et la religion dans tout ça ?<o:p></o:p>

    2- Un peu d’histoire, suite<o:p></o:p>

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    Culte des ancêtres, panthéisme, monothéisme, tout cela est du pipi de chat à côté de la suite. Car on en arrive, avec les monothéismes (et l’écriture, je note que l’émergence des uns est concomitante avec l’émergence de l’autre), à ce que j’appellerai les religions « impériales » : les monothéismes s’emparent du pouvoir temporel tandis qu’ils renforcent phénoménalement leur pouvoir spirituel. <o:p></o:p>

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    En Occident, c’est bien entendu le christianisme, faussement unifié jusqu’aux schismes protestants de la Renaissance (Martin Luther : 1483-1546). Je dis « faussement » unifié car en fait et dès l’origine, une scission de fait est opérée entre le christianisme occidental, celui de Rome, et le christianisme oriental qui, après ses avatars nestoriens (refus de la « Trinité »), deviendra le christianisme « orthodoxe », conforme aux 7 conciles du 1er millénaire. Mais c’est surtout parce qu’il est le christianisme de Constantinople, dernier rempart de la civilisation face aux barbares occidentaux et à l’Islam. Et c’est donc le « catholicisme romain et apostolique » qui sera considéré comme déviant. Chacun voit midi à sa porte…<o:p></o:p>

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    Quoi qu’il en soit, ce christianisme s’occupe de la vie des gens dans le plus petit détail, refrénant ainsi les pulsions sexuelles de ses ouailles ou protégeant la veuve et l’orphelin contre les méchants. Ses princes, en Occident comme en Orient, sont des aristocrates issus de grandes familles. Mais les curés de base sont plus proches de la population à laquelle ils transmettent « religieusement » les notions essentielles de leur religion, le Paradis et l’Enfer, les péchés capitaux et les péchés dits véniels ainsi que les bases d’instruction primaire (lecture, écriture, calcul simple) aux garçons les plus aptes (ce sont eux qui décident qui est le plus apte) La main mise est terrible dans des pays où les villages prédominent très largement sur les villes. Les fêtes religieuses sont les seules fêtes commémorées et le jugement des clercs l’emporte sur le jugement des laïques (exemple : la « trêve de Dieu »)<o:p></o:p>

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    Les « Grands », évêques, archevêques, chanoines de grandes chapelles, cardinaux, ont par ailleurs un rôle temporel des plus importants. Sachant lire et écrire, ils sont légions dans les administrations royales, légiférant de fait (exemple : Grégoire de Tours -évêque de Tours-, l’homme qui transposa le droit canon dans la coutume franque). Leur pouvoir est accru par le fait que les moines, clercs réunis en confréries, deviennent assez rapidement les premiers propriétaires terriens d’Europe occidentale (ce qui n’est pas le cas à Byzance, restée romaine et dans les territoires de laquelle les propriétaires sont restés les aristocrates du régime impérial). En 1789, leur puissance n’aura pas reculé d’un pouce face à la montée du pouvoir royaliste centralisé. Songeons par exemple que le cardinal de Gondi fut l’un des chefs de la Fronde tandis que les paysans se rallièrent à la Révolution parce que celle ci leur vendit les terres cléricales réquisitionnées comme biens nationaux (ce fut la grande réforme agraire de notre pays). Et n’oublions pas qu’avant l’Etat civil, ce sont les curés de base qui enregistraient les naissances, les mariages et les décès en même temps que les baptêmes… <o:p></o:p>

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    A cet égard, l’Islam, aujourd’hui première religion du monde (elle a devancé le christianisme en nombre de fidèles en 2007), était nettement moins présente dans la vie quotidienne des gens. D’accord, le Coran s’occupe bien plus en détail que la Bible de cette vie quotidienne, régissant notamment de très près les rapports entre époux et s’occupant même d’économie (avec l’obligation de l’aumône) Ce, tandis que les juges appliquent théoriquement le droit coranique dans les pays islamiques. Mais il n’y a pas de hiérarchie religieuse dans l’Islam en dehors des chiites et les « princes de l’Eglise », même en Perse, ne sont pas de puissants propriétaires terriens. Ce n’est que tout récemment que l’Islam s’est découvert un pouvoir temporel avec l’assemblée des Ayatollahs l’emportant statutairement sur le Parlement et l’exécutif iranien, pourtant élus tous deux, dans les institutions de la république islamique mises en place par feu Khomeiny… <o:p></o:p>

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    Et, paradoxalement, la religion est moins puissante en Orient qu’elle ne l’a été en Occident du temps de sa splendeur. Car le pouvoir dans les pays musulmans, à l’origine issu de la religion (le pouvoir des Califes, à la fois chefs temporels et spirituels), est devenu laïque au fil du temps. Au point de voir aujourd’hui la religion revenir en force pour contrer ces pouvoirs laïques quand des élections libres leur en donnent le droit.<o:p></o:p>

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    Néanmoins, l’Occident s’est dégagé peu à peu de son carcan religieux et a voulu imposer au Monde ses nouvelles normes laïques. Très certainement en déphasage avec l’évolution naturelle des pays dominés dans lesquels les Occidentaux ont voulu et veulent imposer leur conception de la démocratie, totalement séparée du fait religieux (y compris au niveau des mœurs). D’où le rejet quasi mondial de la dite conception, sans que nous nous en rendions compte d’ailleurs, assurés que nous sommes de notre supériorité…<o:p></o:p>

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    Car, ailleurs, on est loin de la dite séparation de l’Eglise et de l’Etat. Certes, le marxisme a été encore plus radical que les penseurs du siècle des Lumières dans cette séparation : « l’opium du peuple » devait non seulement être séparé de l’Etat mais aussi éradiqué. Le stalinisme tenta de faire oublier à ses peuples et le christianisme (essentiellement orthodoxe dans cette partie du monde), et l’Islam. Sans doute les popes ont-ils aujourd’hui moins d’influence sur les Russes qu’avant le marxisme. Mais qu’en est-il de l’Islam dans les républiques turques ? Le même marxisme a effectué une tentative identique en Chine, en bien plus dure d’ailleurs (la Révolution culturelle). Et sans doute les Chinois d’aujourd’hui sont-ils moins pénétrés de culture du bien et du mal que ceux d’avant 1949 ? Mais cette évolution est-elle plus due à la Révolution culturelle qu’à la modernité technologique imposée par les successeurs du Grand Timonier ? Ailleurs, en tous cas, les injonctions occidentales sont restées sans écho ou presque. Le Moyen Orient est aujourd’hui confronté à un retour sans précédent du fait religieux. Dans un autre sous-continent, celui de l’Inde, du Bangladesh et du Pakistan, le fait religieux est revenu également en force sous la forme détestable de guerres de religions quasiment ininterrompues depuis un demi siècle…<o:p></o:p>

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    En Amérique latine et paradoxalement, oh combien paradoxalement !, c’est par contre la papauté elle-même, celle de Jean-Paul 2, qui a commencé à « tuer » la religion en condamnant et réprimant l’engagement des clercs aux côtés des opprimés. Une sorte de suicide par alignement de Rome aux côtés des  ultra-libéraux occidentaux, exactement comme l’Eglise s’est coupée du peuple au 19e siècle en Europe en épousant la cause des « possédants » : la gauche laïque est actuellement au pouvoir dans la quasi totalité du sous-continent…<o:p></o:p>

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    Et que dire de l’Afrique ?! Au nord, la situation est celle du Moyen Orient islamisé. Au sud du Sahara, la religion est revenue également en force avec une lutte au couteau, pratiquement inconnue chez nous tant notre regard sur cette partie du Monde est nul, entre une église catholique en perte de vitesse, un Islam qui s’épuise dès le couvert de la forêt entrevu et, surtout, un protestantisme de sectes en plein essor (il a même gagné la Kabylie en Algérie !). Et, tandis que les Etats ont perdu tout pouvoir ou presque de notre fait (les interventions catastrophiques de la Banque mondiale), ces religions prennent de plus en plus d’importance auprès des peuples. La musique religieuse a ainsi détrôné –et de très loin !- la musique profane en Afrique centrale tandis que les confréries musulmanes imposent de plus en plus leur conception de la solidarité aux gouvernements sahéliens de l’ouest. <o:p></o:p>

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    Bref, l’Occident n’a pas gagné, c’est le moins qu’on puisse dire, la guerre de la laïcité dans le Monde. Ce, je me répète en partie, parce que cet Occident et ses penseurs ont été à la fois bornés, dans le sens étymologique du terme (ils ont refusé de regarder au delà de la séparation de l’Eglise et de l’Etat), et à la fois arrogants, s’estimant au dessus des Etats et des penseurs du « Tiers Monde ». Cette arrogance leur valant à présent un rejet violent, manifesté en premier lieu par les commandos d’Al Qaïda dont les actes, il faut le souligner, sont approuvés par bon nombre de Musulmans…<o:p></o:p>

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