• Et la religion dans tout ça ? 1- Un peu d'histoire

    Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 42<o:p></o:p>

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    Et la religion dans tout ça ?<o:p></o:p>

    1- Un peu d’histoire<o:p></o:p>

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    C’est vrai, quoi ! On cause, on cause et on passe à côté de l’essentiel : d’où viens-je, qui suis-je, où vais-je ?<o:p></o:p>

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    Un peu d’histoire ici pour que vous ne vous mélangiez pas les pédales quand, après qu’un Sarkozy ait annoncé le retour de la religion dans la démarche étatique, « toute la gauche laïque et républicaine » se lève comme un seul homme pour pourfendre ce dit retour.<o:p></o:p>

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    A l’origine, si vous vous souvenez bien des émissions de télé que vous avez pu voir là dessus, l’homme a commencé à croire à un « au delà » (pour « au delà de la mort ») et a enterré ses morts. Il a même rendu un culte à la mémoire de ses ancêtres, culte qui est toujours aujourd’hui la religion qui a duré le plus longtemps sur notre terre : des dizaines de millénaires sinon plus contre une poignée de millénaires pour les religions panthéistes (à plusieurs dieux) et quelques siècles pour les religions monothéistes (à un seul dieu). <o:p></o:p>

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    Le culte des ancêtres, ça ne coûte pas cher : vous faites un petit hôtel chez vous, dans un coin de votre case familiale et, périodiquement, vous vous agenouillez devant en pensant à vos défunts parents et à l’image que les dits défunts parents vous avaient laissée de leurs propres parents. Quand il s’agissait de personnages odieux, vous les flattez pour calmer leur courroux. Et quand c’étaient des gentils, vous leur demandez de l’aide. Le BA ba de la religion est créé : on s’excuse et on quémande…<o:p></o:p>

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    Mais tout ça ne rapporte pas grand chose aux puissants. Car, dans les communautés, y’a un début de hiérarchie, un chef, en général un mec poilu avec plein de muscles pour défendre efficacement votre territoire. Et un guérisseur, le « chamane », qui invoque les esprits de tous les ancêtres du clan pour tenter de vous guérir. Car si ses plantes n’y arrivent pas, il pourra toujours dire que les esprits n’étaient pas du côté du nouveau défunt, CQFD ! Si bien que lorsque les nomades cueilleurs et chasseurs se posent en créant la culture, l’élevage et les villages qui vont avec, on se dirige naturellement, sous la houlette des élites, vers une religion déiste : des « mannes » ancestrales, on passe aux forces de la nature : l’eau, le feu, la terre, le soleil, etc. On sent ici très bien l’influence humaine car on retrouve dans la liste des forces divinisées des demandes on ne peut plus répandues chez les humains. A commencer par la fertilité des femmes : dans beaucoup d’endroit, la femme donneuse de vie est divinisée, au point de laisser croire aux archéologues que la culture porteuse de ce culte était une culture féministe… Mais il n’y a pas que cela : on se méfie des forces de la nature qu’on divinise alors pour implorer quasi statutairement leur clémence : l’eau, le feu, le soleil, les animaux féroces, etc. En fait et progressivement, les élites font passer le besoin métaphysique de l’homme de son petit autel familial dévoué aux ancêtres et pas cher à des cultes moins intimistes et nettement plus coûteux. Car le chamane devient l’intermédiaire avec les dieux, se disputant le pouvoir avec le chef pour conserver à lui seul les dons qu’il exige des « fidèles » pour calmer les dits dieux ou pour obtenir leur aide. <o:p></o:p>

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    Par la suite, en Occident, les élites religieuses attribueront à des personnages le rôle des forces de la nature : Neptune, dieu de la mer. Ou Aphrodite, déesse de l’amour et, donc, de la fertilité. Comme ça fait un peu désordre, les religieux professionnels inventeront un chef, Jupiter en l’occurrence, qui est en fait un début de remise en cause du panthéon un peu fou des anciens. De Jupiter à Yahwe, il n’y a qu’un pas, vite franchi en fait par l’homme occidental dans l’échelle temporelle de notre planète : le panthéon gréco-romain dure environ de -300 à +300 de l’ère chrétienne. Auparavant, le panthéon égyptien donne naissance au monothéisme dès le 2e millénaire avant Jésus Christ avec le culte d’Aton (Akhenaton règne aux alentours de 1380 avant JC), suivi de peu par la religion de la bible : selon les traditionalistes juifs, le monde est créé avec la dite religion, c’est à dire aux environs de 1 300 ans avant JC (le monde aurait un peu plus de 4000 ans aujourd’hui).<o:p></o:p>

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    Ailleurs (le monde ne se résume pas à l’Occident), les choses ne se passe pas de la même façon, notamment en Asie : les humains aux yeux en forme d’amande ont, eux, élaboré une religion tournant essentiellement autour du bien et du mal. Comme si les élites avaient essentiellement cherché à refréner les pulsions de leurs ouailles… L’Hindouisme, ainsi, repose sur un panthéon de dieux quasi innombrables, comme le sont les désirs humains. Le tout est coiffé par trois dieux « supérieurs », Brahma le créateur, Vishnou le protecteur et Shiva le destructeur. Mais la référence constante au bien et au mal est telle qu’en Chine, les enseignements de Confucius deviendront une quasi religion, bien plus pérenne que ses rivales taoïste ou bouddhiste… Qui, toutes deux, s’appuient elles aussi sur le nécessaire équilibre entre la sagesse méditative mais improductive et l’action à la fois constructive et destructrice, le Yin et le Yang.<o:p></o:p>

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    A noter que les religions d’Asie croient elles aussi en un au delà mais bien plus complexe que le nôtre : avant d’arriver au Nirvana, la fusion avec Dieu, l’être vivant se réincarne constamment en une créature de niveau supérieure, jusqu’à ce qu’il ait pu se débarrasser de toutes ses pulsions corporelles. Il est alors un sage qui, après sa mort, peut soit se dissoudre dans le Nirvana, soit continuer à se réincarner pour aider ses ex-semblables à atteindre, eux aussi, le niveau requis pour rejoindre le Nirvana. <o:p></o:p>

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    L’élitisme de cette vision est telle qu’elle a abouti à la création de castes dont les membres sont obligés d’accepter les conditions : les intouchables doivent expier leurs désirs non refoulés lors d’une vie antérieure tandis que les brahmanes sont aux portes de la sagesse. Autrement dit, les pauvres sont bénis par le Ciel car leur pauvreté leur ouvre les portes de la sagesse tandis que les puissants ne doivent pas être contrariés parce qu’ils sont parvenus, eux, pratiquement à la sagesse. Des religions moins « salopardes » ont cependant été créées sur le principe de cette opposition du bien et du mal mise en avant pour l’éducation des peuples : le culte de Zoroastre, par exemple et monothéisme basé sur le Soleil, a perduré près d’un millénaire et demi en Perse, avec une puissante hiérarchie religieuse. Hiérarchie qui a persisté jusqu’à aujourd’hui au travers du chiisme, une dérive de l’Islam très en vogue car le plus offensif des mouvements islamistes dans les classes sociales défavorisées. Son héritière « philosophique » est le manichéisme, culte monothéiste fondé à la fois sur la Bible et sur l’opposition du bien et du mal… <o:p></o:p>

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    En Amérique latine, justement, on retrouve, à l’arrivée des Européens sur le continent, le culte du soleil associé à une culture de castes sociales. Et les Européens, peu nombreux, n’auront aucun mal à vaincre les pourtant puissantes civilisations précolombiennes parce que les conquistadors utiliseront jusqu’à plus soif les rancoeurs des dominés envers les dominants. Yahwe l’égalitaire, peut ont dire, aura vaincu sans peine Râ dont les Egyptiens ont peut-être transmis le culte aux Amérindiens si l’ont en croit les fanatiques du Kon-Tiki (qui pensent que les civilisations précolombiennes viennent de contacts entre l’Egypte et les peuples asiatiques d’Amérique du sud). Toujours est-il que l’Amérique du sud embrasse très vite la religion catholique, apostolique et romaine en jetant aux orties ses pyramides et ses sacrifices humains…<o:p></o:p>

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    Le subcontinent noir, échappant aux pérégrinations religieuses europanéo-moyennes orientales grâce au Sahara, a développé quant à lui une religion spécifique, l’animisme. Il ne s’agit pas, comme le croient la plupart de nos contemporains occidentaux, d’une simple survivance du culte des ancêtres dans des régions peu touchées par l’étatisme (l’Afrique subsaharienne accoucha, dès le 1er millénaire avant JC, d’étonnantes nations sans Etat) : les peuples subsahariens, bien que non « conduits » par quelques guerriers impérialistes, surent eux aussi conceptualiser leurs besoins mystiques et inventèrent eux aussi le monothéisme : l’animisme est une pensée religieuse monothéiste. Dieu est seulement, comme pour une grande partie des Protestants, beaucoup trop éloigné des humains pour s’en préoccuper dans le détail. Les animistes ne le nomment d’ailleurs pas, ce n’est pas « Dieu » mais une entité créatrice de tout et totalement inaccessible. L’homme ne peut donc accéder aux excuses et aux demandes d’aide qu’au travers de forces de moindre importance, dont les ancêtres. Les Subsahariens étaient donc naturellement ouverts aux religions dites « du livre », leur expliquant en fait que Dieu pouvait être directement prié : au Nord, les Arabes, premiers arrivants, enrôlèrent les Sahéliens et dans leur religion, l’Islam, et dans les razzias des peuples forestiers. Lesquels considèrent donc l’Islam comme une religion maudite, celle de leurs bourreaux. Et ils ont préféré très largement –pour ne pas dire unanimement !- le christianisme qu’ils ont naturellement adapté à leurs croyances anciennes : Dieu n’est peut-être pas inaccessible mais il reste très difficilement accessible. Et on s’adresse donc bien plus volontiers à ses saints, à commencer par son fils, Jésus, et sa mère, Marie. Sans oublier quelques pensées, tout de même, pour les ancêtres, ces intermédiaires qui savent parler aux animaux, notamment les oiseaux (l’oiseau a une très grande place dans l’imaginaire animiste), aux feuillages et à l’eau. La magie amuse beaucoup et toujours bien des Subsahariens forestiers car c’est au travers d’elle que les familles enseignèrent le bien et le mal à leurs enfants. Jette-t-on à la poubelle les livres de contes de sa jeunesse ?<o:p></o:p>

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    A noter toutefois, pour terminer ce chapitre historique, que les Noirs découvrirent, comme les Occidentaux, la religion « formée » avec les Egyptiens (le sud de l’Egypte fut durablement envahi par les Soudanais, les « Nubiens » dès 750 avant JC) tandis que l’Ethiopie découvrit, elle, les religions du livre dans les tous premiers siècles de notre ère.<o:p></o:p>

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