• Existe-t-il encore une pensée économique de gauche ?

    Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 5<o:p></o:p>

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    Existe-t-il encore une pensée économique de gauche ?<o:p></o:p>

    1 – la disparition des keynésiens<o:p></o:p>

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    1981 : le gouvernement socialiste, poussé par Mitterrand et contre l’avis des rocardiens, nationalise toutes les banques commerciales, les compagnies d’assurance et la plupart des grandes entreprises industrielles. 1997-2002 : le gouvernement socialiste managé par Jospin privatise à tour de bras, plus encore que les gouvernements de droite qui se sont succédés au pouvoir depuis la défaite socialiste aux élections législatives de 1986 puis celles de 1993. Au cours de ces 16 années en outre, tous les économistes marxistes ou seulement anti-libéraux ont disparu des médias, y compris ceux de gauche : à Libération comme au Monde ou au Nouvel Observateur il devient dangereux de professer d’autres opinions économiques que la loi du marché internationalisée sous la férule américaine. Revenant au journalisme en 2000 après 15 années passées à diriger une petite entreprise, je constate moi-même le tournant, indiscutable et puissamment enraciné au cœur des rédactions. De très médiocres journalistes ont été nommés aux postes de direction et de contrôle de l’information économique ; la macroéconomie a disparu au profit de l’économie dite « micro », ne s’intéressant qu’aux entreprises et à ce qui peut faire évoluer leur valeur boursière. Les services publicités des médias, il n’y a guère interdits de rédaction, règnent à présent en maître sur les écrits journalistiques…

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    Le mouvement n’a pas fait qu’enterrer la pensée marxiste et néo-marxiste : même l’Etat Providence, notion qui fait pourtant bon ménage avec le marché puisqu’il contribue à maintenir une demande élevée de biens et de services, est devenue suspect, méprisable. L’heure est à la responsabilité individuelle, plus à celle des syndicats de salariés (les regroupements patronaux, eux, n’ont jamais été aussi florissants) dont l’audience est en chute libre : depuis décembre 1995, plus aucune grande grève autre que celle des transports n’a pu être organisée, même chez les enseignants pourtant protégés par leur statut de fonctionnaire et traditionnellement revendicatifs ! Tout est fait pour que la précarité devienne la règle de base des économies occidentales sans véritablement d’opposition. A tel point que la révolte des jeunes début 2006 contre le Contrat de Première Embauche, contrat qui pousse la précarisation jusqu’au droit de licencier sans motif, surprend même les syndicats et la gauche ! Lesquels n’ont rien dit contre le Contrat de Nouvelle Embauche passé, lui, sans problème au Parlement l’année précédente.

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    Certes, il y a bien ce qu’on appelle les « altermondialistes », ATTAC, José Bové, les associations de consommateurs aussi (fortes surtout chez les Anglo-Saxons), un vague mouvement de « commerce équitable » qui tente de se faire une place entre le marché « bio » et les associations humanitaires, bref rien d’inquiétant pour les ultra-libéraux qui récupèrent systématiquement toutes les initiatives dangereuses : ainsi l’écologie est-elle devenue « développement durable » dans les « projets d’entreprise » qui fleurissent au sein des multinationales pendant que les scores électoraux des Verts s’effondrent partout. De même le commerce équitable a-t-il trouvé place dans les supermarchés tandis que l’Occident refuse toujours de supprimer ses subventions à ses exportations de coton ou de sucre. Même la « coopération », devenue « co-développement », disparaît progressivement derrière les Droits de l’homme et le Droit d’ingérence.

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    Rarement l’homme a opéré une telle régression dans sa pensée et dans ses actes dans un aussi court laps de temps. C’est presque stalinien, égyptien en tous cas : les opposants disparaissent purement et simplement de la scène médiatique, jusqu’à et y compris de très grands penseurs comme John Maynard Keynes ou John Kenneth Galbraith. Comme si tous les médias occidentaux s’étaient donnés le mot ou étaient sous la coupe d’un chef d’orchestre aussi puissant que mystérieux. Quiconque sort des rangs subit un sort identique, tel Joseph Stiglitz, ex-chef économiste de la Banque mondiale et prix Nobel d’économie en 2001, dont le portrait s’efface peu à peu des médias occidentaux après qu’il ait craché dans la soupe en attaquant la politique des organisations de Bretton Woods (FMI et Banque mondiale) et apporté son soutien aux altermondialistes.

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    De pures conneries deviennent ainsi de véritables dogmes, tel celui de la gestion privée forcément meilleure que la gestion publique : dans les transports comme dans l’énergie, la gestion privée a pourtant fait la preuve de sa médiocrité –pour ne pas dire plus !- mais il est interdit d’en faire mention. Tel aussi que celui des vertus de la « démocratie » boursière qui pousse tout bêtement l’économie occidentale dans son ensemble à n’agir qu’à court terme, permettant aux pays émergeants et qui, eux, ont conservé des lignes directrices (exemple : le développement d’un puissant pôle informatique en Inde), de nous manger la laine sur le dos. Tel enfin, mais la liste n’est pas exhaustive, loin s’en faut !, la priorité donnée à la lutte contre l’inflation dans les politiques économiques occidentales. Alors que tout le monde est à même, y compris les plus abrutis des gens, de voir que la croissance s’est toujours accompagnée d’une certaine dose d’inflation. Dose d’ailleurs acceptée par la Banque fédérale des Etats Unis qui ne déclanche son arme anti-inflation (celle des taux d’intérêt) qu’au delà de 2 à 2,3% de hausse des prix annuelle contre 1,2% à 1,5% pour la Banque européenne…

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    Le comble a sans doute été atteint pendant la campagne présidentielle en France : les médias ont présenté comme nulles les propositions de relance de la croissance par les salaires et par un redéploiement des subventions de l’Etat vers les PME de la candidate socialistes alors qu’ils applaudissaient face à celle du candidat de la droite ne tablant, lui, que sur la « libération » des heures supplémentaires (entendez pas là le fait de supprimer les charges sociales sur ces heures supplémentaires) pour arriver au même résultat. Pas un seul journaleux (à ce niveau d’imbécillité, on ne peut plus les appeler des journalistes) n’a relevé que cela concernait trop peu de monde (uniquement l’industrie manufacturière et le BTP dans un pays dominés par les services et la robotisation) pour avoir réellement un impact sur la croissance. Mais la relance par les salaires est keynésienne tandis que les heures supplémentaires ont le double avantage de contourner les 35 heures et de faire partie de « l’économie de l’offre » en vogue depuis la nobellisation de l’américain Friedman… Aucun de ces journaleux n’a par ailleurs relevé que le projet de « bouclier fiscal » du nouveau président de la république française n’aurait, lui aussi, pas d’impact sur la croissance : les bénéficiaires se contenteront de placer plus d’argent en bourse, faisant donc monter les cours sans que cette montée ait ne serait-ce qu’un atome de liaison avec la croissance. La bourse de Paris peut monter de 30% en une année sans que la croissance française décolle ne serait-ce que d’un cheveux de son 1,5%/an habituel depuis plus de 10 ans, CQFD ! Sans doute les médias, convertis depuis trop longtemps maintenant à l’ultra libéralisme pour penser librement, ont-ils sincèrement crû que Ségolène Royal disait des conneries et que Nicolas Sarkozy était le grand sage d’entre les sages ? Il n’empêche que lorsque Bayrou dit publiquement ne pas partager les visées économiques de la candidate socialiste sans, lui-même, donner de recette propre à faire décoller cette foutue croissance atone, personne ne dit rien même au PS. « Miam, elle se plante, la conne ! » semblent penser et les éléphants, et les médias…

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    Nicolas Sarkozy n’avait en fait pas de politique économique de rechange par rapport à la Chiraquie. Sinon une volonté sans doute plus forte que l’ancien président de faire reculer les prélèvements obligatoires dans notre pays. Et un « activisme » probablement plus élevé que celui de son prédécesseur vis-à-vis des dossiers sensibles (« probablement » car cela demande confirmation sur le terrain). Sa campagne fut surtout une mise en évidence de toute une série de « valeurs » que la gauche ne sut pas contrer en fait. Et, ce, pour des raisons bien plus profondes, on le voit en économie comme dans bien d’autres domaines, qu’une campagne éventuellement mal menée par Ségolène Royal. Notons ici et pour conclure cette première partie du dossier économique, qu’elle a payé particulièrement cher le renoncement de son parti à toute recherche économique non orthodoxe, incapable de faire passer, au sein même de la gauche, un message keynésien relativement simple à comprendre…

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