• Fin du Pétrole ?

    La fin du pétrole n'est pas pour demain !

    Quelques données de base qu'il faut avoir en tête pour comprendre pourquoi l'ère dite des "énergies nouvelles" est loin d'être arrivée

     

    Avez-vous crû, comme des milliards d'humains, que l'ère des hydrocarbures touchait à sa fin ? C'est que, pour ne pas y croire, il fallait accepter d'être traité de demeuré par tous les écologistes de notre planète. Et pourtant...

    Oui, "Et pourtant" : je viens de compulser, comme tous les ans, les statistiques annuelles de l'énergie publiées sur le site de la compagnie BP , statistiques largement issues du rapport annuel de l'Agence Internationale de l'Energie. Et j'en ai retiré quelques éléments que je vous invite à découvrir. Je sais, ça n'est pas passionnant a priori pour tout le monde mais je vous jure que les chiffres exposés sont instructifs.

    Sur la consommation mondiale d'abord (tableaux 1, 1bis et 1 ter) : vous pouvez aisément voir que le pétrole continue à progresser et qu'en terme relatif, son poids dans la consommation globale d'énergie ne faiblit guère : 1/3 tout rond de cette consommation, tout comme avant les gesticulations des écologistes. Si on ajoute le gaz naturel au pétrole on obtient un score de 57% plus que stable d'une année sur l'autre : les hydrocarbures restent notre principale source d'énergie en dépit de la guerre commerciale sur les panneaux solaires ou du passage allemand du nucléaire au charbon...

    Les énergies dites "propres" ont certes progressé (tableau 1ter) mais les énergies renouvelables restent secondaires dans notre consommation et leur progression est même stoppée dans certains domaines (biomasse) : c'est que le substitut s'est avéré plus embêtant que le substitué, notamment du fait des hectares enlevés aux productions alimentaires. Les Allemands et les Américains, les seuls de fait à avoir engagé des sommes importantes dans ce type d'énergie, ont dû revoir leurs prévisions à la baisse et c'est tant mieux.

    "Oui mais les réserves s'épuisent" vous rétorqueront les Verts. Faux ! Voyez les tableaux 3 et 3 bis : les réserves mondiales de pétrole ont progressé de 60% entre 1992 et 2012 tandis que celles de gaz gonflait en proportion similaire. Alors, oui, la consommation d'énergie augmente considérablement du fait, notamment, de l'envol des pays anciennement en développement. Mais jusqu'à présent, la recherche a fait face et tant la production que les réserves ont suivi. C'est que les prix, du fait de l'augmentation de la consommation dans l'ex Tiers Monde, ont considérablement grimpé (voir graphique n° 6), permettant d'ajouter aux prévisions des ressources que les prix bas ne permettaient pas de comptabiliser. On a parlé des bitumes dont le raffinage coûte près de 50 $ plus cher par baril ; on  aussi beaucoup évoqué la production "off shore", soit sous l'eau de mer, d'abord à faible profondeur puis de plus en plus profond : on sait forer aujourd'hui à 4000 mètres de profondeur maritime (imaginez la pression ! Les tuyauteries "souples" sont en fait dures comme de l'acier pour résister à ces pressions) Le surcoût est là aussi de près de 50 $/baril. Et l'on parle aujourd'hui du "gaz de schiste", ces hydrocarbures piégés dans la roche qu'il faut fracturer pour les libérer. Le procédé est sal, polluant mais financièrement moins coûteux que les deux sources précitées : de l'ordre de 30 $/baril. L'Amérique du nord s'y est lancée en grand, l'Europe hésite encore du fait du poids électoral des écologistes dans certains pays. Mais il y a de grandes chances qu'elle finisse, elle aussi par succomber tant la pression des matières premières sur ses importations est forte.

    Bref, les hydrocarbures sont loin d'être à l'agonie sur notre planète. Ils sont polluants, certes (j'en sais quelque chose avec mon asthme !), mais nettement moins que le charbon qui, seul, pourrait rapidement s'y substituer si par hasard ils venaient à manquer ou devenaient franchement trop chers (ce qui, économiquement, est la même chose) Les techniques actuelles sont en effet bien plus performantes que les vieux poêles à charbon d'antan. Aujourd'hui, on pulvérise la matière qui est ensuite introduite dans les fours par de véritables carburateurs, mélangeant cette poudre à l'air pour produire non plus une combustion lente mais un feu identique à celui que produit le fuel dans les chaudières modernes. Reste les émanations de particules et de CO2, toutes aussi considérables et polluantes qu'au 19e siècle...

    Tout le reste est littérature pourrait-on dire. Et il faut le dire : car si la vieille Europe s'enflamme pour le tout électrique, y compris au niveau des automobiles, il ne faut pas oublier que les grands projets énergétiques de la Terre concerne toujours l'hydroélectricité (combattue aussi par les écologistes) et, aujourd'hui, le gaz. Notamment en Afrique où le Nigeria ambitionne de ravitailler toute la côte ouest du continent et où l'Algérie souhaiterait, elle, ravitailler tout le pourtour méditerranéen. Sans compter le formidable réseau existant déjà entre l'Asie centrale et l'Europe de l'ouest : si substitut du pétrole il doit y avoir, ce sera bien plus par le gaz que par toute autre sorte d'énergie "exotique". Du moins à échéance humaine. Après demain est une autre affaire car le nucléaire, en baisse actuellement du fait de l'arrêt de la centrale de Fukushima au Japon et de l'arrêt en cours du nucléaire allemand, n'a peut être pas dit son dernier mot : il existe d'autres filières que celle de l'uranium 235 tandis qu'à plus long terme, la fusion reste l'une des perspectives les plus intéressantes économiquement.

     

    Encadrés

    1- L'étrange retour du charbon

    Etrange en effet quand on sait qu'il y a à peine 30 ans, l'Occident fermait ses mines à tour de bras, provoquant un véritable séisme dans les zones concernées par ces fermetures. L'extraction du charbon, disait-on, coûtait de plus en plus cher face à un pétrole abondant et bon marché. La descente aux enfers de cette énergie n'était plus freinée que par quelques pays attardés, la Chine en tête.  L'Afrique du sud résistait aussi mais c'était à l'époque de l'Apartheid et le pays dirigé par les Blancs avait besoin d'énergie face aux embargos qu'il subissait sur ses importations d'or noir.

    Toujours est-il que l'on constate un regain indéniable de cette énergie qui est, de loin, la plus polluante de la planète. En 2002, le monde sortait quelques 2400 millions de tonnes d'équivalent pétrole de son sous-sol. Contre près de 4000 millions de tonnes fin 2012, une progression de 60% comptabilisée surtout en Asie (Chine largement en tête) Le prix est bien entendu à la base de cette progression, la hausse durable et très importante du prix des hydrocarbures ayant "libéré" le charbon de ses anciens coûts élevés d'extraction : à 30/35 $ la tonne au début du nouveau millénaire, les prix ont grimpé au dessus de 100 $ depuis 5 ans. Soit et avant raffinage, environ 10 à 15 cents le kilo. Contre 80 cents le litre de fioul aujourd'hui, toujours avant raffinage et alors que la comparaison du rendement énergétique des deux sources d'énergie ne fait apparaître qu'une faible différence en faveur du fioul : 8,6 kcal dans 1 litre de pétrole contre 7 pour le kilo de charbon ; et 8,800 kWh générés par 1 litre de fioul contre 8,500 pour 1 kg de charbon. Faites vos comptes ! Ce, en sachant que les réserves mondiales sont considérables : près d'un million de millions de tonnes soit un quart de millénaire de réserve au rythme actuel de production...

    2- Et si le réchauffement planétaire était plus dû au Soleil qu'à l'homme ?

    Le débat fait rage actuellement dans la communauté scientifique mondiale sur le rôle respectif du Soleil et de l'industrie humaine dans le réchauffement de notre planète. Jusqu'à présent, les tenants de l'industrie humaine pouvaient arguer que, l'activité solaire étant plutôt calme ces dernières années, notre astre ne pouvait guère être considéré comme responsable du réchauffement. Mais le débat est relancé depuis que des Nordiques ont prouvé que ce ne sont pas les tâches solaires qu'il faut prendre en compte mais l'ensemble des rayonnements cosmiques, rayonnements magnétiques et toute la Voie lactée inclus. Ce sont, selon leurs expériences scientifiques (et donc renouvelables), bel et bien ces rayonnements qui sont à l'origine de la formation des nuages. Et donc d'une grande partie du climat terrestre.

    Le poids politique de l'écologie dans le Monde a permis aux tenants de la faute humaine de repousser la parution de l'étude des scientifiques européens plus de six mois durant. Mais celle-ci connaît à présent une notoriété grand public qui relance indéniablement le débat : il va falloir que les opposants prouvent maintenant de manière certaine que l'accélération du réchauffement terrestre est bien dû à l'homme : jusqu'à présent, ils n'ont démontré qu'une corrélation entre cette accélération et l'accroissement de la production industrielle mondiale. Un simple constat empirique aujourd'hui très insuffisant, d'autant que le résultat de ces indispensables recherches n'est pas sans conséquences sur les choix que nous ferons aujourd'hui et demain en matière énergétique...

     

    1 - Consommation d'énergie dans le monde en 2011

    En millions de tonnes d'équivalent pétrole

    Régions

    Pétrole

    Gaz naturel

    Charbon

    Nucléaire

    Hydro

    Renouvelables

    Total

    Amérique du Nord

    1023,3

    786,2

    526,7

    211,9

    166,3

    50,9

    2774,3

    Amérique latine

    295,4

    140,8

    27,6

    4,9

    167,9

    13

    649,5

    Europe et Asie centrale

    900,3

    995,2

    504,6

    271,5

    179

    85,9

    2936,6

    Moyen Orient

    358,7

    355,3

    9

    1

    4,3

    0,1

    727,4

    Afrique

    158

    102,6

    96,7

    2,9

    22,5

    1,3

    384

    Asie et Pacifique

    1336,6

    534,2

    2464,2

    109,1

    254,7

    54,4

    4753,2

    Monde

    4081,4

    2914,2

    3628,8

    600,4

    794,7

    205,6

    12225

     

    1 bis - Consommation d'énergie dans le monde en 2012

    En millions de tonnes d'équivalent pétrole

    Régions

    Pétrole

    Gaz naturel

    Charbon

    Nucléaire

    Hydro

    Renouvelables

    Total

    Amérique du Nord

    1016,8

    820

    468,5

    206,9

    156,3

    57

    2725,4

    Amérique latine

    302,2

    148,6

    28,2

    5

    165,7

    15,6

    665,3

    Europe et Asie centrale

    879,8

    975

    516,9

    266,9

    190,8

    99,1

    2928,5

    Moyen Orient

    375,8

    370,6

    9,9

    0,3

    5,1

    0,1

    761,9

    Afrique

    166,5

    110,5

    97,5

    3,2

    24,1

    1,4

    403,3

    Asie et Pacifique

    1389,4

    562,5

    2609,1

    78,1

    289

    64,1

    4992,2

    Monde

    4130,5

    2987,1

    3730,1

    650,4

    831,1

    237,4

    12476,6

     

    1ter - Consommation d'énergie non productrice de CO2 dans le monde de 2002 à 2012

    En millions de tonnes d'équivalent pétrole

    Types d'énergie

    2002

    2003

    2004

    2005

    2006

    2007

    2008

    2009

    2010

    2011

    2012

    Hydroélectricité

    598,5

    597,1

    635,2

    662,2

    688,1

    700,7

    727,6

    737,7

    782,1

    794,7

    831,1

    Energie nucléaire

    610,5

    598,3

    624,9

    626,7

    635,2

    621,8

    619

    614,1

    626,4

    600,4

    560,4

    Energies renouvelables

    60,9

    66,4

    75,5

    84,6

    95

    108,1

    123,2

    142

    168,6

    205,6

    237,4

     

    2- Production de biomasse dans le monde de 2002 à 2012

    En millions de tonnes d'équivalent pétrole

     

     

     

    3- Réserves prouvées de pétrole depuis 1992

    En milliards de barils

    Régions

    Fin 1992

    Fin 2002

    fin 2012

    Monde

    1039,3

    1321,5

    1668,9

    Amérique du nord

    122,1

    228,3

    220,2

    Amérique latine

    78,8

    100,3

    328,4

    Europe et Asie centrale

    78,3

    109,3

    140,8

    Moyen Orient

    661,6

    741,3

    807,7

    Afrique

    61,1

    101,6

    130,3

    Asie et Pacifique

    37,5

    40,6

    41,5

     

     

     

     

     

    3bis- réserves prouvées de gaz naturel depuis 1992

    En milliers de milliards  de m3

    Régions

    Fin 1992

    Fin 2002

    Fin 2012

    Monde

    117,6

    154,9

    187,3

    Amérique du nord

    9,3

    7,4

    10,8

    Amérique latine

    5,4

    7

    7,6

    Europe et Asie centrale

    39,6

    42,1

    58,4

    Moyen Orient

    44

    71,8

    80,5

    Afrique

    9,9

    13,8

    14,5

    Asie et Pacifique

    9,4

    13

    15,5

     

     

    4- Production de pétrole dans le monde de 2002 à 2012

    En milliers de barils/jour

    Régions et pays

    2002

    2006

    2010

    2012

    Monde

    74948

    82014

    83272

    86152

    Amérique du nord

    14077

    13725

    13843

    15557

    Amérique latine

    6747

    7474

    7367

    7359

    Europe et Asie centrale

    16346

    17615

    17755

    17211

    Moyen Orient

    21960

    25736

    25763

    28270

    Afrique

    7937

    9945

    10123

    9442

    Dont Algérie

    1653

    1979

    1667

     

    dont Angola

    905

    1421

    1863

    1784

    Dont Congo (Brazzaville)

    227

    271

    294

    296

    Dont Egypte

    751

    704

    725

    728

    Dont Guinée équatoriale

    230

    342

    274

    283

    Dont Gabon

    256

    242

    255

    245

    Dont Libye

    1375

    1816

    1659

    1509

    Dont Nigeria

    2087

    2392

    2523

    2417

    Dont Soudan

    241

    331

    465

    113

    Asie et Pacifique

    7882

    7988

    8420

    8313

     

     

    4bis- Production de gaz naturel dans le monde de 2002 à 2012

    En milliards de m3

    Régions et pays

    2002

    2006

    2010

    2012

    Monde

    2523,9

    2880,1

    3192,3

    3363,9

    Amérique du nord

    763,6

    769,7

    821,1

    896,4

    Amérique latine

    107,9

    154,3

    166,6

    177,3

    Europe et Asie centrale

    966,5

    1042,1

    1031,2

    1035,4

    Moyen Orient

    247,2

    339

    472,7

    548,4

    Afrique

    138,2

    192,5

    214,3

    216,2

    Dont Algérie

    80,4

    84,5

    80,4

    81,5

    Dont Egypte

    27,3

    54,7

    61,3

    60,9

    Dont Nigeria

    18

    29,7

    37,3

    43,2

    Asie et Pacifique

    300,5

    382,6

    486,5

    490,2

     

    5- Consommation de pétrole dans le monde de 2002 à 2012

    En milliers de barils/jour

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    5bis- Consommation de gaz naturel dans le monde de 2002 à 2012

    En milliards de m3

     

    6- Evolution des prix des hydrocarbures depuis 1985

    En dollars par unité de compte (baril et Btu - British thermal unit)


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