• Guerre au couteau à Pretoria

    Article pour le Gri-Gri International, juillet 2008<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Rubrique : Con de blanc<o:p></o:p>

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    Guerre au couteau à Pretoria<o:p></o:p>

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    C’est fou ce que le journalisme est frustrant : tout comme la dernière fois, je voulais vous parler de différents sujets qui ont retenu mon attention et, pffuit !, tout ça s’envole à la lecture d’une seule information dont je suis pratiquement certain que l’immense majorité d’entre vous n’a jamais entendu parler : figurez-vous que « la juge mauricienne Rehana Gulbul-Mungly a écarté lundi (30 juin 2008, ndlr) une demande d’injonction logée (« soutenue », ndlr) par Jacob Zuma contre une décision du procureur général mauricien Rama Valayden de remettre à l’autorité judiciaire sud-africaine des documents dans le cadre d’un procès contre Jacob Zuma, concernant une affaire de fraude et de corruption en Afrique du Sud » C’est paru dans le journal « Africenligne » trois jours plus tard, sans autre commentaire.<o:p></o:p>

    Or il faut que je vous les donne, les dits commentaires, car ils le méritent : Jacob Zuma est l’actuel leader de la gauche de l’ANC, parti au pouvoir en Afrique du Sud, celui qui a vaincu l’Apartheid. Et il est plus qu’en bisbille avec Thabo Mbeki qui l’a viré de son poste de vice-président après qu’il ait été accusé de corruption et de viol (cette dernière accusation est tombée, l’enquête ayant montré que la dame était consentante –et de plus séropositive) Mbeki ne peut plus, constitutionnellement se représenter à la présidence de la République et son combat est donc forcément idéologique. Car Zuma est le candidat des syndicats sud africains, la fameuse COSATU, qui soutinrent jadis Cyrille Ramaphosa, le fondateur du syndicat des mineurs, le plus puissant d’entre eux. Zuma est aussi zoulou et c’est lui qui permit à l’ANC de neutraliser Buthelezi quand ce dernier voulu entrer en guerre contre les Xhosas, l’autre grande composante du monde bantou sud africain. Bref, le mec, autodidacte en plus, est une personnalité sud africaine de tout premier plan, élu d’ailleurs secrétaire général de l’ANC il y a quelques mois contre son ancien patron, Thabo Mbeki. <o:p></o:p>

    C’est dire que le procès dont il est question en Afrique du Sud est de première importance. Car si Zuma est condamné, il ne pourra pas se présenter à l’élection présidentielle (il est actuellement le candidat déclaré de l’ANC, soit le successeur probable de Thabo Mbeki) Et, dans ce cas, il est plus que probable que l’ANC devra arbitrer entre, d’une part, la nouvelle vice-présidente, Phumzile Mlambo-Ngcuka, zoulou comme Zuma mais de famille tout autrement dotée par le sort , et ce bon vieux Cyrille Ramaphosa qui aurait dû être président du pays à la place de Mbeki si Mandela n’avait pas préféré un fils de grande famille au fils, très marqué à gauche de surcroît à l’origine, d’un minable sergent de ville. Tout comme Zuma d’ailleurs dont le père, disparu très tôt, était également policier de terrain. Car le mouvement syndical, majoritaire en Afrique du sud, n’aurait pas d’autre choix que de tenter de décider son fondateur et le plus brillant de ses sujets de reprendre le collier politique (il est actuellement le patron du Black Empowerment, un organisme destiné à renforcer la présence des Noirs dans le domaine économique, ainsi que du groupe Johnnic, le principal opérateur de téléphonie mobile en même temps que le principal éditeur du pays) Ce, sachant que l’opposition, pourtant défendue par une maîtresse femme (Hellen Zille) n’a aucune chance (elle est Blanche)… <o:p></o:p>

    Bref, tandis qu’on vous saoule de désinformations sur le Zimbabwe, sachez qu’une guerre sans merci se livre pour le pouvoir en Afrique du Sud. Sachez aussi à cet égard que Thabo Mbeki doit en partie sa carrière à Mugabe tandis que Zuma était plus proche de Joshua Nkomo, un ancien opposant zoulou au vieux guerrier zimbabwéen et qui, comme Buthelezi, chercha un temps à s’allier aux Blancs pour vaincre ses ennemis non pas ethniques (tous sont Bantous) mais régionaux. Lesquels Zoulous forment aujourd’hui le plus gros des troupes de Morgan Tsvangirai, chef de l’opposition au Zimbabwe. Et plus que probablement financé par les Anglo-Saxons... No comment !

     

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    Ajout le 4 juillet 2008 : échange d’Email avec le Grigri<o:p></o:p>

    1) La légende<o:p></o:p>

    discuté avec des journaleux français spécialistes ou supposés tels<o:p></o:p>

    deux, dont une Anne Dissez (la soixantaine, ancienne de La Croix, en poste très longtemps en Afrique du sud, au point d'y être resté malgré la fin de son poste RFI, etc<o:p></o:p>

    bref, elle dit catégoriquement que Mandela aurait préféré le Cyril fils de sergent de ville<o:p></o:p>

    or, j'avais compris le contraire<o:p></o:p>

    que par aristocratisme et xhossatisme si je puis dire, il avait appuyé Thabo contre Cyril<o:p></o:p>

    éclaire moi, stp !


    --
    Grégory Protche
    Rédacteur en chef du Gri-Gri International
    Tel : 06 50 32 98 64
    www.legrigri.info <o:p></o:p>

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    2) La réfutation de la légende (ma réponse)<o:p></o:p>

    A- Mon premier Email<o:p></o:p>

    Mbeki est le fils d'un ami d'enfance de Mandela, tous deux étant des artisto xhosas. Ramaphosa est le fils d'un sergent de ville que Mandela n'a jamais connu. Premier point.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Deuxième point, Ramaphosa était secrétaire général élu de l'ANC et Mbeki vice-président désigné quand Mandela a choisi son successeur : quel était le favori de l'ANC ?<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Troisième point : Ramaphosa fut élu secrétaire général de l'ANC non pas parce qu'il fut le principal négociateur de la fin de l'Apartheid et non plus parce qu'il fut le principal initiateur de la constitution sud africaine, mais parce qu'il était le représentant des syndicats (en fait, le patron), la puissante COSATU, principale force anti Apartheid hors la "branche armée" de l'ANC à laquelle appartenait par contre Mbeki et Mandela (Mandela fut le patron de l'ANC à laquelle se rallia, grâce à Ramaphosa, la fameuse COSATU, permettant ainsi à la dite ANC de l'emporter non pas par les armes mais par les grèves).<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Dernier point, Mandela ne voulut pas faire peur aux investisseurs blancs. Et Ramaphosa, patron des syndicats, était à cet égard moins rassurant que l'aristo Mbeki, qui plus est vice-président. <o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Le candidat de l'ANC était donc bien Ramaphosa comme, d'ailleurs, l'ANC vient de le rappeler à Mbeki en élisant, contre lui, le sulfureux Jacob Zuma, "poulain" actuel de la COSATU (donc soutenu par Ramaphosa). La bagarre est bien "au couteau" comme je le souligne dans mon dernier envoi, et la légende de Mandela acceptant de ne pas nommer le fils de son meilleur ami, Ramaphosa, au profit du candidat de l'ANC, Mbeki, est du pipeau. Mais comme d'une part la BBC l'a gobée, la dite histoire et que L'ami Jack Lang a gobé ce que disait la BBC (du moins, ses nègres ont gobé ce que disait la BBC), tout le monde aujourd'hui pense que cette légende pipeau est la vérité vraie (d'autant que, chez nous, le "Mandela" de Lang a eu un grand succès)<o:p></o:p>

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    J'y peux rien d'avoir raison contre des gens persuadés d'avoir raison. Ni de m'opposer à une légende encore vivante sur un point précis et important, très important encore même aujourd'hui pour la conquête du pouvoir en Afrique du sud... A + Christian d'Alayer<o:p></o:p>

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    B- Mon second Email<o:p></o:p>

    Deuxième envoi : je viens de relire ton Email : la Denise ne me contredit pas. Elle dit seulement que Mandela aurait préféré Ramaphosa à Mbeki, c'est à dire qu'il aurait préféré suivre les recommandations démocratiques de l'ANC plutôt que de devoir choisir le fils de son meilleur ami. C'est possible, très possible que Mandela ait désigné le fiston du copain à la place du préféré de ses contemporains en faisant semblant de pleurer : "J'ai pas le choix, Msieurs-Dames, faut pas faire peur aux Blancs, désolé" Et je suis certain que certains journaleux sud africains, blancs surtout, ont accompagné ces pleurs de crocodile de trémolos puissants. Comme la Denise ne devait voir surtout que des Blancs, elle a entendu et retenu ce son de cloche. Différent de ce que rapporte Lang : pour lui, Mandela ne désigne pas le fils de son meilleur ami, qui serait le sergent de ville Ramaphosa père, mais le candidat de l'ANC  Mbeki. Ce qui est totalement faux comme je viens de te le prouver. Mais la version de Denise est toute aussi fausse : s'il a effectivement pleuré, le Mandela, il s'agissait de pleurs de crocodile : à l'époque, l'URSS existait encore, la COSATU était plutôt communisante et Mbeki très anti-communiste. Son choix fut délibéré... Salut, Christian d'Alayer<o:p></o:p>

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