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    Racisme et esclavage : au-delà du délire immédiat

    Christian d’Alayer – juin 2020

     

    Les affaires Floyd-Touré ont réveillé la grande colère des humains à la peau noire. Aux Etats-Unis, il n’y a certes plus de discrimination officielle et même une discrimination légale en faveur des « coloured people » dans les emplois publics. Derrière cette façade, Noirs et Blancs vivent séparés de fait : seule une petite minorité de Noirs peut se payer les quartiers favorisés (par rapport aux leurs) où vivent majoritairement les Blancs. La question de fond ici est l’environnement culturel et financier des uns et des autres. Les premiers, descendants d’esclaves importés de force, doivent être singulièrement doués pour émerger dans une société américaine plus ouverte que la société européenne, c’est vrai, mais surtout aux « WASP », « white anglo-saxon protestants »

    D’où, inévitablement, une criminalité plus grande en proportion des Noirs que des Blancs : ces derniers ont bénéficié des le plus jeune âge de bonnes écoles et d’une éducation surveillée par des mères qui ne travaillaient pas. Certes, beaucoup de Blancs se lancent aussi dans la criminalité, surtout depuis la montée en puissance de la consommation de stupéfiants. La Fédération ne se soucie en plus pas du tout des pauvres, noirs comme blancs. Il existe quelques programmes alimentaires et des associations comme l’Armée du Salut (qui n’est pas la plus importante bien que la plus connue en France) viennent au secours des « loosers » de l’économie yankee. Mais la protection sociale des Américains est essentiellement volontaire, jusqu’aux assurances médicales. D’où d’ailleurs un rang des Etats Unis en matière de bien-être général de ses populations du niveau d’un pays émergeant. Dans lequel la vente d’armes, lourdes incluses, est libre ! Les criminels font donc peur à une police qui compte globalement parmi les plus violentes du monde : pas de Providence d’Etat, des armes à ne plus savoir qu’en faire et dans le privé, et dans les forces armées publiques, c’est déjà suffisant pour constituer une poudrière à la moindre crise économique ! Mais en plus, le pays a volontairement accepté le communautarisme car lui-même l’a pratiqué publiquement dans un passé récent (le développement séparé, une saloperie bien anglo-saxonne !) L’affaire Floyd est donc un épisode de plus dans la criminalité policière américaine. Ce qui a changé est aujourd’hui la puissance des réseaux sociaux sur Internet : les Noirs et les jeunes blancs se sont mobilisés à toute vitesse, aidés puissamment par le parti démocrate qui veut absolument reconquérir la Maison Blanche : en France, c’est l’extrême gauche (blanche) qui « pousse au crime », leur chef en tête (Mélenchon) Aux Etats Unis, ce sont les féaux du « Deep State », haute administration, lobby militaro-industriel et multinationales. En théorie, les « petits blancs » qui votent Trump sont minoritaires tandis que le nombre d’Etats dans lesquels ils restent majoritaires est majoritaire. C’est ce qui a permis à leur champion de l’emporter face à Hillary Clinton. Pour l’instant, cet équilibre précaire semble encore valable et Trump n’est pas irrémédiablement battu par un Biden pourri mais en tête dans les sondages.

    En France, la situation est très différente : la population noire est totalement immigrée volontairement. Mais il s’agit en grande partie de ruraux sans formation, condamnés aux métiers basiques et mal payés. La révolte est donc sociale, pas raciale. Bien qu’il soit vrai que les Français de souche regardent l’Afrique avec dédain, élites en tête : les « rois nègres », la « mauvaise gouvernance », la « corruptions des élites noires », ces expressions se retrouvent jusque dans les livres sur l’Afrique primés par tout ce qui prime les écrits dans l’Hexagone (exemples : « L’Afrique est mal partie » de René Dumont, le « pape » français de l’écologie ; ou encore « Négrologie : pourquoi l’Afrique meurt » de Stephen Smith, alors rédacteur en chef adjoint du journal « Le Monde ») Les services Afrique des grandes entreprises françaises (et européennes d’ailleurs) disparurent des organigrammes après avoir été raillés par leurs collègues en charge de contrées « plus sérieuses » J’ai assisté ainsi à un conseil de direction dans lequel un responsable Afrique tenta de vendre une idée d’investissement : il ne put même pas aller jusqu’au bout de sa diatribe !

    Il s’agit donc plus de morgue et d’arrogance que de racisme : les Français de souche ne veulent pas globalement la mort des immigrés ! Qu’ils considèrent encore trop de haut par ailleurs, surtout chez les élites qui comptent, chez nous, parmi les pires du monde. Nous avons ainsi un président qui s’affiche avec des chanteurs noirs ouvertement homosexuels alors que l’officialisation de l’homosexualité est refusée dans toute l’Afrique ! On est loin ici du respect des sociétés africaines, respect auquel on préfère celui, décadent, d’un lobby LGBT militant de manière outrageusement extravagante. Qu’on se souvienne par exemple des années 1960 au cours desquels même l’expression amoureuse de couples hétérosexuels était mal vue. On ne s’embrassait pas sur la bouche en public. Un demi-siècle plus tard, des « gays » s’affichent nus et enchaînés dans des parades de type Gay Prides au nom de la liberté du sado-masochisme ! Dans ma jeunesse, quand je lisais « Charlie Mensuel » (des bandes dessinées déjantées), j’ai jugé caricaturale une histoire dans laquelle le peuple prenait le pouvoir tandis que les vrais maîtres du dit pouvoir lui faisait savoir qu’il pouvait à présent copuler copieusement mais qu’il ne pouvait pas toucher au système économique : on cassait les barrières en matière de mœurs pour consolider la défense socio-économique.

    Je pense donc que la crise actuelle derrière l’affaire Traoré a bien un soubassement social. J’observe d’ailleurs que bon nombre de Noirs assimilés et arrivés à des situations enviables dénoncent cet antiracisme de pacotille. Tout en se gardant bien de revendiquer socialement et économiquement en faveurs de leurs compatriotes défavorisés. Et j’observe que bon nombre d’immigrés noirs vivotant plutôt que vivant de leurs petits boulots mal payés vont ainsi être détournés du combat social. En appauvrissant ainsi le camp des sans grade qui tente aujourd’hui de se rassembler sous le drapeau du Souverainisme. L’antiracisme affiché aujourd’hui sous la houlette et d’une famille de voyous (il est vrai plus que maltraitée par une justice de merde, il faut bien le dire), et d’une France soi-disant insoumise, est donc bien l’allié du conservatisme économique et social parmi les plus rétrogrades du monde, anti féministe et totalement opposé à quelque redistribution que ce soit des fruits de la croissance. C’est ce capitalisme conservateur qui a versé, l’an dernier, le plus de dividendes aux actionnaires relativement à ses performances. Donc au détriment de la recherche/développement, donc du futur…

    Le vrai racisme existe, ce fut l’antisémitisme nazis et l’apartheid anglo-saxon. De même que les guerres indiennes en Amérique du nord (« un bon indien est un indien mort ») De même que le comportement des Français en Algérie, refusant l’égalité, y compris civique, aux Autochtones pourtant majoritaires. De même que le comportement de l’Etat français en Afrique francophone, niant la souveraineté des Etats au profit d’intérêts privés. Il s’agit d’actes monstrueux, criminels, tandis que les parents admettant mal le mariage de leur progéniture avec la progéniture de parents de couleur de peau contraire ne relèvent que de préjugés. Mais le dédain du médecin vis-à-vis d’une aide-soignante noire n’est que social, c’est le dédain du sachant envers le non sachant. C’est en fait une tare de l’élitisme bête, celui qui a gagné jusqu’au plus haut de notre Etat.

    Au contraire des Américains, les Européens n’ont pas hérité du racisme anti-esclaves de leurs aïeux. Ce pourquoi bon nombre de gens, à droite surtout, refusent de se sentir coupable vis-à-vis de la traite. J’observe que ce refus est encore plus marqué chez les Arabes, pourtant responsables des razzias qui ont commis plus de dégâts encore au sud du Sahara que la traite : avant leur arrivée au cours de 8e siècle après JC, les Bantous régnaient partout, jusqu’au fleuve Sénégal à l’ouest et sur tout le Soudan à l’est. Ils étaient sédentarisés et agriculteurs. A l’est, le royaume d’Aksoum, issu des pharaons noirs, commerçait avec l’Asie. Les Arabes financèrent et armèrent les hordes de nomades éleveurs des grandes plaines sahéliennes pour attaquer les Bantous et leur ramener de l’or et des esclaves. Dont ils châtraient les garçons pour éviter les enfants noirs chez eux (les femmes suffirent à métisser largement la population arabe !) Le phénomène dura jusqu’à l’arrivée des Européens qui, d’une part, détruisirent les sociétés arabo-turques et, d’autre part, détournèrent à leur profit le commerce des esclaves noirs. Mais les razzias avaient réussi auparavant à repousser le monde bantou jusqu’en lisière de forêt et le royaume d’Aksoum sur les hauteurs infranchissables des plateaux abyssiniens. J’ai déjà écrit sur les conséquences de ce phénomène, la multiplication des dialectes subsahariens, la création de royaumes mélangeant Sahéliens dominateurs et Bantous dominés, la remontée Ashanti stoppée par les Européens, le fait d’une mortalité encore plus forte que celle des déportés du fait de l’existence de parasites mortels en lisière de forêt, la fin des contacts avec l’extérieur… Je n’y reviens donc pas en me contentant de dire que les razzias organisées par les Arabes ont bouleversé l’Afrique bien plus que la traite européenne, certes tardive et quasiment industrielle. Le mythe de l’unité africaine a longtemps évacué cette réalité historique qui ne fait que commencer, aujourd’hui, à sortir de son placard politique volontaire. Notamment du fait du comportement inacceptable de beaucoup trop d’Arabes vis-à-vis de la main-d’œuvre noire : avec Internet, tout se sait aujourd’hui !

    Des Blancs avancent à présent que les sociétés noires connurent aussi l’esclavage. Ce qui n’est pas exact hors les sociétés guerrières (les Yoroubas au Nigeria par exemple) dont les prisonniers devenaient esclaves des vainqueurs. Mais l’Egypte, le plus grand pays historique d’Afrique, ne devint esclavagiste qu’avec l’arrivée des Grecs (Alexandre le Grand et les Ptolémées) Et ce, bien qu’il fut aussi guerrier. Les sociétés bantoues ne pouvaient pas être esclavagistes parce qu’elles ne faisaient pas la guerre en dehors de quelques batailles tribales menées par tout le village. Il s’agissait de villes libres dont les liens commerciaux poussèrent les Européens à la cataloguer comme royaume. Exemple ici, le commerce tout au long du fleuve Congo. Les forestiers descendaient avec leur production forestière et l’échangeaient à hauteur du Pool (Kinshasa et Brazzaville : au-delà, les pirogues ne passent plus, même aujourd’hui, du fait des cataractes) Les habitants du Pool faisaient les prix puisqu’ils achetaient le sel et les poissons des habitants des côtes ainsi que le manioc et les viandes des Forestiers qu’ils revendaient aux uns et aux autres. Pas de roi, pas de contrainte, juste des traditions. Et pas de prison, même pour les meurtriers dont les actes étaient réparés par des amendes (consistantes !) infligées par des assemblées de sages aux familles des coupables. Il faut ici concevoir l’immensité du continent : si une famille ou un particulier était mécontent de son sort, il lui suffisait de partir vivre ailleurs. Phénomène qui existe toujours aujourd’hui ! La recherche d’un monde meilleur est ancrée profondément dans l’âme africaine malgré le poids terrible des traditions familiales bien plus que nationales. Si bien que l’Islam est totalement différent chez les Noirs que chez les Blancs : dans les sociétés sahéliennes, c’est le soufisme qui l’a emporté, non la politisation. L’aide et l’entraide, pas le terrorisme. Qui n’est venu, d’abord au Nigeria avec le souvenir de la terrible guerre des Ibos, christianisés, contre une alliance des autres bantous (animistes surtout) et des gens du nord, islamisés. Boko Haram, soit la création d’une milice islamiste radicale avec des armes françaises achetées aux Libyens révoltés par des Arabes fanatiques (le Qatar) ne connut de comparses qu’une fois Daech vaincu et ses soldats en débandade réfugiés au Sahara : des comparses en grande partie arabes donc…

    Les Arabes et les Européens, y compris les Américains qui en descendent, sont donc redevables devant l’Histoire des horreurs commises par leurs aïeux. On ne peut accepter un héritage en en refusant une partie. C’est tout ou rien ! Ceux qui dénient cette réalité en disant qu’eux, aujourd’hui, ne sont responsable de rien se moquent du monde : ils acceptent les ports qui font leur richesse mais pas l’histoire de ces ports. Ils acceptent l’idée de leurs anciens empires mais pas de la façon dont ils ont été constitués. Ce refus est d’ailleurs universel : les Allemands d’aujourd’hui, mis cruellement à terre pour deux tentatives d’hégémonie impériale, ont recommencé aujourd’hui sur le registre économique. Hier ne compte pas !

    Or il compte pour beaucoup chez les peuples qui furent ainsi maltraités. Indéniablement, razzias et traite sont à l’origine du retard africain en matière d’évolution économique. Ils ont notamment été privés des relations avec l’Asie qui sont grandement à l’origine de cette évolution ailleurs dans le monde. Or ces relations existaient auparavant comme le démontrent les populations de l’Ile Maurice et de Madagascar, sans compter l’arrêt des relations commerciales du royaume d’Aksoum réfugié en Ethiopie. Ils ont perdu un nombre bien plus grand d’habitants que les historiens ne veulent le reconnaître en passant sous silence les morts dus au supplice des jeunes mâles (châtrés dans des conditions monstrueuses) ainsi et surtout qu’aux morts des fuyards en lisière de forêt. L’Afrique fut saignée à blanc pour des siècles ! Que dire de la multiplication des langages du fait du regroupement de populations diverses ! Que dire de la désorganisation des anciens circuits économiques ! Le sud du Sahara a dû se réinventer totalement et, ce, dans d’horribles conditions : celle de la colonisation et du travail forcé qui suivit presqu’immédiatement la fin de la traite. Il s’est donc, fatalement, réinventé contre le colonisateur et continue à se réinventer contre lui. C’est notre héritage que nous devons assumer, on ne peut pas le renier car cette réinvention « contre » n’est pas prête de se terminer ! Notre néo-colonialisme par exemple, cette ingérence constante dans les affaires de nos anciennes colonies, laisse de plus en plus de rancœurs outre Méditerranée. D’ici une quinzaine d’années au plus, nous serons chassés d’Afrique ! Nous avons déjà perdu l’Afrique centrale (voyez mes posts sur Facebook à cet égard) et les populations d’Afrique de l’ouest même si leurs dirigeants nous mangent encore dans la main.

    Mais nous ne changeons rien à notre morgue. Confronté à ces rancœurs, Macron convoque les chefs d’Etat sahéliens comme des préfets pour les engueuler ! Vous le prenez pour Jupiter alors qu’il est tout aussi crétin que ses conseillers autistes. La seule chose censée que nous aurions dû faire est de reconnaître les méfaits de la France en Afrique et de tenter d’apaiser les enfants des victimes en défiscalisant les investissements français en Afrique, comme nous l’avons fait pour les investissements dans les territoires et départements d’outre-mer. Nous aurions même pu laisser le choix des dits investissements défiscalisés aux autochtones.

    Mais, là encore, j’écris « pour les générations futures » : c’est foutu à présent. Je vois que même les Belges n’ont rien compris : ils s’élèvent contre la destruction de la statue de Léopold 2 alors que ce criminel, plus coupable encore qu’Hitler qui agit par conviction, fit massacrer la moitié de la population congolaise par cupidité : il ordonna de couper les mains des Congolais refusant le travail forcé ou le faisant sans conviction ! Ce n’est pas sa mise à bas qui est honteuse mais son érection. Voit-on encore des statues d’Hitler aujourd’hui ?!

    Bien entendu par contre que Colbert ne fut pas plus raciste que ses contemporains.  Tout comme Voltaire : des grands personnages ont laissé des images qui ont marqué l’évolution dans le bon sens. Leur face obscure, et j’ajoute « inconsciemment », ne retire pas grand-chose à leurs legs positifs. Quelques décennies plus tard d’ailleurs, les Conventionnels, leurs héritiers, démontrèrent que les esprits étaient capables d’évoluer et qu’en 1789, très certainement Colbert et Voltaire auraient applaudi à la fin de l’esclavage. Inscrit d’ailleurs même au sein de la famille royale : le chevalier de Saint-Georges, métis très visible, fut le précepteur de piano de Marie-Antoinette, épouse de Louis 16. On lui refusa par contre la direction de l’opéra mais il échappa à la guillotine du fait de la couleur de sa peau : déjà une discrimination positive car il était indubitablement royaliste !

    Peut-on à cet égard brûler les œuvres d’un Degas parce qu’il fut pédophile ? Ou détruire un château de Versailles construit par le signataire du « Code Noir » ? Non, bien sûr. Il s’agit d’exagérations en plein moment d’exaltations. Comme l’a dit honteusement Castaner, des moments où l’émotion prime le droit. Je rappelle ici que même en pleine exaltation révolutionnaire, des gens protégèrent les œuvres édifiées au temps des rois. Nous avons encore des cathédrales et des basiliques et l’imagerie des rois anciens. Certains pharaons n’en firent pas autant, détruisant jusqu’à la mention du nom de prédécesseurs déplaisants. A notre grand regret aujourd’hui ! Seuls les incultes peuvent vouloir faire table rase : c’est injurier la mémoire de leurs descendants, c’est croire que les dits seront incapables de réfléchir par eux-mêmes. Parce que ces incultes en sont, eux, incapables…

     

     

     
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