• Il y a pire que le SIDA mais vous ne le saviez pas

    Article pour le Gri-Gri International du 10/08/07<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Rubrique : Con de blanc<o:p></o:p>

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    Y’avait pire que le Sida mais vous ne le saviez pas<o:p></o:p>

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    Ah que voilà un journal qu’il est beau ! Jeuneu Afriqueu qu’il s’appelle, numéro 2427 du 15 au 21 juillet 2007. J’étais ailleurs - en vacances peut-être, allez savoir ?!- et j’ai trouvé l’engin en rentrant, comme ça, inséré dans un plastic, le tout reposant sur le fond de ma boîte aux lettres, sous un petit tas de pub et quelques lettres administratives. J’ai pris le truc entre le pouce et l’index de ma main droite –j’ai le droit d’être droitier, non !- et j’ai déchiré délicatement le plastic. Du moins j’ai essayé de le faire délicatement avant que sa résistance ne m’oblige à le maltraiter dur.

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    Selon les dires de l’éditeur, dires retransmis par CB News (un truc de publicitaires sur Internet), vous êtes 55 000 à avoir accompli ce geste quasi religieux : Jeuneu Afriqueu, c’est quand même quelque chose, non ? Et là, devant mon regard incrédule, s’est étalée la photo d’une petite fille noire en haillons, une lessiveuse sur la tête, avec un titre tonitruant façon Lazareff : Climat – Peur sur l’Afrique – Tout sur le réchauffement climatique et ses conséquences sur le continent.  

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    J’ai ouvert à la page 4, sur l’édito du patron, Bechir Ben Yahmed. Pour tomber, deuxième colonne en bas, sur un graphique montrant l’évolution de la pauvreté dans les pays du Tiers Monde de 1981 à 2001 : seule la courbe de l’Afrique noire ne baisse pas. Et le Bechir de philosopher lourdingue, je cite tel : Remèdes aux maux de l’Afrique subsaharienne. Je ne quitte pas le domaine du développement international en commentant pour vous le graphique ci-dessous. Il montre qu’en matière de lutte contre la pauvreté, l’Afrique subsaharienne fait, hélas, moins bien que les autres continents. Je me suis arrêté là car le mec pédale visiblement dans la choucroute : son machin s’arrête en 2001, juste au moment où, enfin, les « termes de l’échange » (le prix des matières premières par rapport au prix des produits industriels), se sont inversés dans le monde tandis qu’il oublie trois autres choses pas négligeables statistiquement : la démographie subsaharienne d’une part, l’importance de la production informelle (non comptabilisée), de l’autre, l’absence d’investissements occidentaux en Afrique enfin…

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    Un jour je vous ferai un cours là dessus (vous pouvez toutefois lire mon livre « Un crime médiatique contre l’Afrique ») mais pour l’instant, je file à la page 20, celle où débute « Peur sur l’Afrique ». Juste le chapeau ici pour que vous ayez un avant-goût de la chose : Désertification, inondations, crises alimentaires, épidémies… Le continent subit de plein fouet les effets du réchauffement de la planète. Pourtant la politique de l’autruche reste de mise. Jusqu’à quand ? Le fond est tout aussi plein de conneries que l’édito du patron. Mais je vous en fais grâce, me contentant de vous demander, à vous les hardis Subsahariens expatriés, si, après avoir lu ces fariboles, vous avez toujours envie de rapatrier vos sous chèrement acquis dans vos mères patries respectives ? Et je ne parle même pas des investissements étrangers qui ont fuit depuis longtemps face à ce discours débilitant.

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    Eh, les mecs ! Y’a quand même pas mal de boulot à faire avant que vous soyez considérés comme des humains normaux : songez que même Jeuneu Afriqueu vous dépeint comme des singes ou presque, incapables en tout cas de réfléchir aux conséquences de vos actes. Je suis en train de lire le bouquin que vient de publier un membre du très inconnu « Conseil représentatif des associations noires de France ». Le mec s’est échiné à démontrer par A+B le racisme des Français. Que pèsent les 309 pages de son ouvrage* face aux quelques centaines de lignes lapidaires de Jeuneu Afriqueu ? Heureusement (je crois que je vous l’ai déjà dit mais c’est bon parfois de se répéter) que je suis blanc…

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    * Le journal de l’Afrique en France : silence, on dénigre ! 19,90 € aux éditions du CEDDO (un groupe afro marseillais), collection Encre rouge<o:p></o:p>

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