• L'Afrique freine son envolée démographique

    L'Afrique freine son envolée démographique

    Et ce, tandis que les Occidentaux continuent à se faire peur et à réfléchir aux moyens d'empêcher une déferlante démographique subsaharienne

     

    "40% de la population mondiale sera africaine d'ici la fin du siècle","En Afrique, la maîtrise de la démographie n'est plus un tabou","Manuel Vals s'inquiète de la poussée démographique africaine"...  Tapez "démographie africaine" sur Google et immédiatement vous sautent aux yeux les cris d'orfraies des Occidentaux découvrant la multiplication des bébés africains, surtout noirs. Avec le sempiternel refrain de la richesse par habitant, notion assez amusante venant de gens qui, depuis 30 ans, se sont lancés dans une effrayante course à l'inégalité ! Songez que des raouts internationaux sont même organisés spécialement sur ce sujet. Dernier en date (à ma connaissance) : "Afrique 2050 : agir sur les évolutions démographiques" , mis sur pied par l'Agence française de développement à Bruxelles en avril dernier. Bref, vous êtes l'un des cauchemars de vos anciens colonisateurs, au même titre que l'Islam radical ou la Russie de Poutine. N'épiloguons pas là dessus car, en fait, vous avez déjà commencé à freiner votre envolée démographique.

    Ce n'est pas une galéjade : des études tout ce qu'il y a de sérieux ont été menées il y a déjà plusieurs années sans que, visiblement, nos Occidentaux effarouchés aient eu le temps (ou l'envie) d'en prendre connaissance. Songez que même au sein d'un des plus prestigieux organisme de recherche démographique du monde, le fameux "INED" français  (Institut National d'Etudes Démographiques), une chercheuse renommée, Thérèse Locoh, a chiffré la décélération démographique africaine de manière ont ne peu plus scientifique tandis qu'un autre chercheur non moins renommé, Gilles Pison, continue à s'inquiéter terriblement et publiquement (interview au Figaro) de votre propension naturelle à faire beaucoup d'enfants. C'est-dire que les clichés vous concernant ont la vie dure !

    Car, dans les faits, vous faites comme tout un chacun de notre espèce, ni plus, ni moins : votre croissance démographique a "bêtement" commencé à baisser avec l'exode rural, un point c'est tout ! Thérèse Locoh est entrée dans une foule de détails assez intéressants, notant par exemple qu'à l'instar des Sud-Américains, vous aviez aussi eu le réflexe de faire moins d'enfants dans les périodes de crise économique.  Femmes africaines, vous êtes par ailleurs peu nombreuses à utiliser les moyens modernes de contraception, privilégiant les méthodes naturelles que sont l'abstinence et l'allaitement prolongé. Pour plus de détail, voyez l'étude de cette femme, "Baisse de la fécondité et mutations familiales en Afrique subsaharienne" L'étude fut publiée en janvier 2003 sans que, visiblement, même ses confrères ne daignent en prendre connaissance.

    Il existe cependant des gens sérieux sur notre planète. C'est ainsi qu'un autre centre (privé celui-là) de statistiques, Planétoscope, publiant en ligne des statistiques mondiales en temps réel, note qu'il existe une corrélation étroite entre natalité, alphabétisation et richesse : moins on est pauvre, moins on fait d'enfants, pour résumer grossièrement. Or un troisième institut, la prestigieuse société de conseils McKinsey, a calculé très précisément l'enrichissement progressif des ménages africains, enrichissement de fait beaucoup plus rapide et beaucoup moins inégalitaire que ne le pensent les Occidentaux : songez que dans cinq ans, plus de la moitié des ménages africains disposeront de revenus "discrétionnaires" (n'étant pas obligatoirement dédiés à des besoins essentiels) Vous étiez déjà 35% en 2000 et 43% en 2008 à disposer de tels revenus, l'émergence des classes moyennes africaines étant un phénomène passé globalement inaperçu : même votre "BAD", Banque Africaine de Développement, ne l'a étudié qu'en 2011 (un rapport publié en mai de cette année) tandis que la presse occidentale n'en a jamais fait mention hormis quelques articulets sur le Net (exemple, un article d'une certaine Elizabeth Dickinson dans Slate Afrique, le journal en ligne confidentiel d'un ancien directeur du Monde)

    Bref, comme pour tous les autres sujets, les clichés étouffent la réalité africaine dans tout ce qui concoure à formater l'opinion internationale. En l'occurrence, ils ont empêché les faiseurs d'idées toute faites de donner la résonnance que mérite tout de même la baisse moyenne de 2 bébés par femme subsaharienne depuis les années 1980, la tendance ayant plutôt tendance à s'accentuer selon Thérèse Locoh, (voir tableau 1) Que cela signifie-t-il ? Tout bêtement que les projections "bêtes" de populations africaines, bêtes car fondées sur les seuls indices de croissance annuelle, ont toutes chances d'être contredites à l'avenir. Ou, si vous voulez une formulation moins méchante, ce sont plutôt les fourchettes basses de ces projections qu'il faut prendre en compte.  "La part de l'Afrique dans la population mondiale en âge de travailler évoluera de 12,1% en 2005 à 17% en 2030, pour atteindre 22,1% en 2050" affirmait ainsi la division population de l'ONU en juin 2013. Avec une précision fabuleuse d'un chiffre après la virgule.  Les rapporteurs n'auraient pas dû être aussi précis !

    Car si les Africains représentent une part croissante de la population mondiale, c'est aussi et en outre parce que la décélération de la croissance démographique des autres populations a été plus précoce et, parfois, nettement plus poussée : les Indo-Européens, par exemple, se meurent sans réellement en avoir conscience. Cette population blanche a conquis le Monde  et s'est enrichie constamment depuis cette conquête. Pratiquement jusqu'à la nausée, jusqu'à ce que l'enfant représente et une gène à la jouissance, et un roi mal élevé du fait de sa rareté. Leur civilisation, celle dite "occidentale", ne peut d'ores et déjà perdurer que par l'immigration et l'assimilation des populations exogènes. Or l'émergence du Sud dans l'économie mondiale a provoqué un chômage tel en Occident  que ce dernier est obligé de limiter cette immigration : aujourd'hui, les déplacements de populations Sud-Sud sont nettement plus élevés que les déplacement Sud-Nord. Phénomène là aussi occulté par les clichés...

    Ce recul démographique des anciens maîtres du Monde, vous le saviez déjà. Mais savez-vous que les Chinois étaient à la veille d'un phénomène similaire (voir encadré) tandis que les Indiens ou les Sud Américains ont des évolutions démographiques identiques à la vôtre. Là encore des gens sérieux mais pas assez écoutés ont constaté partout un phénomène qu'ils ont appelé la "transition démographique" : dans un premier temps, les progrès médicaux abaissent les taux de mortalité infantile. C'est l'explosion démographique face à des comportements de fécondité inchangés. Et dans le même temps, les durées de vie s'allongent beaucoup plus vite que dans les pays riches, accentuant l'explosion démographique. Puis les couples s'aperçoivent qu'ils n'ont plus besoin de faire autant d'enfants qu'avant pour en garder un nombre suffisant en vie. Suffisant bien sûr pour subvenir aux besoins de leurs parents âgés. S'ajoute à cela l'exode rural (on fait moins d'enfants en ville qu'à la campagne) puis l'émergence de consommation avec le travail féminin : la démographie "s'occidentalise" C'est ce passage d'un état où l'on fait beaucoup d'enfants face à une mortalité très élevée et une faible espérance de vie à un état où l'on fait peu d'enfants face à une faible mortalité et une espérance de vie élevée qui est la "transition" Or l'ensemble des pays pauvres est aujourd'hui en transition, Afrique incluse. Et toutes les projections démographiques actuelles sont donc faussées car ne prenant pas suffisamment en compte la rapidité de la dite transition. Voir le cas chinois, totalement occulté lui aussi par les clichés...

    Pour comprendre pourquoi la "décélération" démographique s'accélère en Afrique, il faut revenir à l'émergence des classes moyennes (tableaux 2 et 3) Comme partout ailleurs, entrent dans la catégorie "classe moyenne" essentiellement des ménages urbains alphabétisés. Or on voit dans l'étude de McKinsey que l'évolution africaine aboutit à un résultat qui va bien au delà de ces ménages urbains : selon les organismes onusiens, seule  l'Afrique du Nord a un taux d'urbanisation supérieur à 50%, l'Afrique subsaharienne tournant autour de 30%. Soit, compte tenu des effectifs correspondants, un taux africain moyen tournant plus autour de 35-40% que de 50%. Face à ces chiffres, on voit que plus de 40% des ménages africains avaient un revenu de plus de 5000 $/an en 2008 : les zones rurales s'embourgeoisent aussi, CQFD !

    En fait, l'ONU sous-estime l'urbanisation subsaharienne, l'exode rural étant d'une rapidité inouïe au sud du Sahara. Et elle sous-estime également l'alphabétisation du continent, supérieure aujourd'hui à 80% (contre 20% au début des Indépendances) : l'ONU comme la quasi totalité des "gens qui comptent" en Occident ne "voient" pas l'Afrique, ils la "considèrent" au travers d'une série de clichés éculés, dont celui, largement entretenus par les intellectuels émigrés, d'une classe dirigeante totalement corrompue et maintenant leurs populations dans un état constant de misère. Dans les faits  -et comme partout ailleurs- les dirigeants, qu'ils soient ou non corrompus, n'ont pas le poids qu'on leur prête sur l'évolution de leurs pays respectifs. Un exemple ici, celui des cultures dites "de rente" : au temps des colonisations, elles servaient à payer l'impôt colonial, plutôt mal que bien rémunérées. Dès le début des Indépendances, elles furent en partie remplacées par des cultures vivrières, échappant, elles, au regard du fisc et bien mieux rémunérées. Ce n'est que lorsque les prix payés aux paysans s'élevèrent que la production de rente put être augmentée comme en témoigne l'envolée du cacao en Côte d'Ivoire au détriment du café (robusta) qui l'emportait auparavant. Si bien que, vivrier plus rente mieux rémunérée, des campagnes s'enrichirent aussi, sans doute plus que la plupart des quartiers populaires des nouvelles grandes cités. Songez que le Crédit Agricole du Mali dut ouvrir des succursales dans les petits bourgs rizicoles du Delta du Niger !

    Jadis, seuls les fonctionnaires subsahariens pouvaient prétendre à une certaine aisance. Ils furent durement touchés par les politiques de désétatisation imposées par la Banque Mondiale et le FMI. Sans bien entendu et pour autant se laisser aller à la dérive. Toujours au Mali, bon nombre d'entre eux se mirent à cultiver des fruits ou engraisser des poulets dans la banlieue de leurs villes. Ce, tandis que les épouses des paysans se mettaient, elles également, à vendre des fruits sur les marchés. Bref et dans un des pays les plus pauvres du continent, la vie réelle, non signalée aux statisticiens bureaucrates de l'ONU, se mit à bouger terriblement en quelques petites dizaines d'années. Ce, sans compter les myriades de petites entreprises artisanales qui virent le jour dans des villes dont la taille enflait à vue d'œil : ce fut cela le réveil de l'Afrique, avant même que le renversement des termes de l'échange n'apporta au continent les finances dont il manquait cruellement.

    Et cela eut ses conséquences démographiques naturelles, soit un vif recul du nombre d'enfants par ménage, plus vif même que ne le constata Thérèse Locoh à partir d'études datant toutes du 20e siècle : les mêmes causes produisant les mêmes effets, des causes très largement accrue ont nécessairement produit des effets très largement accrus depuis l'an 2000.

    Si bien qu'à l'horizon du 21e siècle, ce n'est plus l'Afrique qui posera un problème démographique mais bel et bien le vieillissement de la population mondiale dans son ensemble. Les "WASP" yankees n'auront plus à se lamenter devant la montée en puissance des "Latinos" : ceux-ci les auront supplanté dès les années 2050. Ce sont les enfants de ces mêmes Latinos qui, d'une part, auront un mal fou à subvenir aux besoins de leurs parents retraités et, d'autre part, pourront de moins en moins le faire face à une croissance plus qu'atone du fait du vieillissement de leur société. Vieillissement entrainant une très forte décélération de l'innovation et une forte baisse de la consommation par habitant. Tout comme cela se passe aujourd'hui dans la vieille Europe. Le politicologue américain Francis Fukuyama osa annoncer la fin de l'Histoire après la chute du mur de Berlin. Il avait tort, bien sûr et la Chine doit lui vriller des regrets dans le cerveau tous les jours que Dieu fait. Aussi me garderai-je d'une telle présomption face à l'enchaînement apparemment inéluctable de la démographie mondiale. Mais je ne peux m'empêcher de crier "Aux fous !" face à tous ces nantis qui ne pensent qu'à prolonger le temps de leur jouissance personnelle : "Nous autres civilisations savons que nous sommes mortelles" écrivit Paul Valéry après la boucherie de 1914-1918. Il aurait pu ajouter que les civilisations peuvent aussi mourir de vieillesse. Et d'égoïsme...

     

     

    Encadré 1

    Quand la Chine s'endormira

    Elle parade aujourd'hui d'autant plus que son dynamisme économique va la placer en tête de l'économie mondiale dans les années à venir. Les Chinois sont déjà devant les Américains en terme d'innovation (nombre de brevets déposés)et d'exportations (depuis 2012)Mais cette puissance repose sur un substrat démographique qu'on peut qualifier de "bombe à retardement"

    En effet, le dynamisme chinois vient et de la taille de son marché intérieur, et de la jeunesse actuelle de ses habitants. Deux caractères qui sont condamnés à relativement courte échéance. La Chine a de fait instauré un véritable couvre-feu démographique à sa population dans les années 1970 en limitant autoritairement à 1 le nombre d'enfant par ménage. Ce qui a eu deux conséquences redoutables : un, le nombre de garçons a dramatiquement augmenté par rapport à celui des filles. On compte aujourd'hui 120 Chinois pour 80 Chinoises, avec toutes les conséquences que cela a en matière de sexualité et de fécondité. Deux, la pyramide des âges va très vite s'inverser : aujourd'hui, la base est énorme, le pays comporte un nombre immense de jeunes nés avant et au début de la régulation autoritaire des naissances. Mais déjà se voit nettement sous cette base enflée comme une sorte de tronc étriqué, celui des enfants nés à partir des années 1980-1990. Dès 2050, il pourrait y avoir 440 millions de seniors dans une Chine dont la population globale aura fatalement reculé si aucun correctif n'est apporté.

    Les démographes qui s'intéressent à la Chine sont d'autant plus inquiets que les restrictions de naissances sont aujourd'hui plus volontaires qu'imposées, les Chinois étant urbanisés à 50% et la classe moyenne enflant très rapidement : il ne sera pas facile de rajeunir vite un empire du Milieu dont l'apogée ne pourra alors pas durer très longtemps...

     

    Encadré 2

    L'enfer du vieillissement

    Celui des société s'entend. Car les particuliers semblent trouver globalement très intéressant de pouvoir vivre jusqu'à 150 ans (âge maximum actuel possible selon le corps médical) et continuent imperturbablement à fêter dignement leurs centenaires. Fort bien donc à l'échelle individuelle. Mais imaginez un monde de vieillards entretenus par une poignée d'actifs : pensez à la productivité dont ils devront faire preuve pour qu'un d'entre eux puissent faire vivre 3, 4, 5 voire plus de retraités ! En France, on échafaude déjà des plans sur la comète sur l'hypothèse d'1 actif pour 3 retraités. Aucun des plans ne fonctionne...

    Mais il n'y a pas que cela. Le vieillissement sociale entraine, on le sait avec certitude maintenant (exemple de l'Europe), une chute de l'innovation. Celle-ci stagne depuis plusieurs années dans l'Europe communautaire, pourtant première puissance économique mondiale. Ajoutant à la crise de l'émergence du Sud celle d'une incapacité à la surmonter via l'innovation technologique.

    Last but not least, le vieillissement implique un repli des ménages sur eux-mêmes, mettant un terme à des millénaires de solidarité entre les membres d'une même communauté : ce sont moins les Anglo-Saxons qui sont à l'origine de l'individualisme forcené des actuels Occidentaux que le vieillissement quasi général de ces derniers, entraînant l'individualisation très rapide des anciennes sociétés claniques latines. Car si les Anglo-Saxons ne sont pas solidaires au niveau étatique, ils le sont bien plus que les Latins au niveau local, leurs gènes sont bien identiques.

    In fine, l'enfer du vieillissement social nous est montré dans l'actuelle Europe communautaire, incapable de s'opposer à l'égoïsme des nantis d'autant plus que leur réponse individualiste à la crise est la seule qui s'offre. Cette société ne se referme pas sur elle-même, ce sont des millions de ménages qui se referment sur eux-mêmes au sein d'une société de plus en plus anémiée.

     

     

    1- Evolution de la fécondité des femmes dans certains pays d'Afrique subsaharienne*

    (Source : Thérèse Locoh, INED)

    Pays

    1977-1983

    1986-1989

    1990-1994

    1995-1999

    Afrique de l'ouest et centrale

           

    Ghana

    6,5

    6,4

    5,5

    4,5

    Cameroun

    6,3

     

    5,8

    5,2

    Nigeria

    5,9

     

    6

    5,2

    Côte d'Ivoire

    7,4

     

    5,7

    5,2

    Togo

     

    6,4

     

    5,4

    Guinée

       

    5,7

    5,5

    Sénégal

    7,1

    6,6

    6

    5,7

    Bénin

    7,1

       

    6,3

    Mali

     

    6,9

     

    6,7

    Burkina Faso

       

    6,9

    6,8

    Nigeria

       

    7,4

    7,5

    Afrique de l'est

           

    Zimbabwe

     

    5,3

    4,3

     

    Kenya

    7,9

    6,7

    5,4

    4,7

    Tanzanie

       

    6,5

    5,8

    Zambie

       

    6,5

    6,1

    Rwanda

    8,5

     

    6,2

     

    Ouganda

     

    7,4

     

    6,9

    * Ceux qui disposent d'au moins deux enquêtes

    NB : les années de référence sont celles au cours desquelles des enquêtes ont été réalisées

     

     

    2- Revenus des ménages africains (en % de la population*)

    (Source : McKinsey Global Institute)

    Tranches de revenus annuels des ménages

    2000

    2008

    2020 (prév.)

    > 20 000 $

    6

    8

    12

    10000 - 20000 $

    11

    14

    17

    5000-10000 $

    18

    21

    23

    2000-5000 $

    29

    32

    29

    < 2000 $

    34

    24

    18

    *Chiffres arrondis : les totaux n'atteignent donc pas le chiffre 100 juste

    NB : En rouge = revenus ne permettant de couvrir que les besoins essentiels : consommateurs de produits et services essentiels et nécessiteux  ; en bleu = revenus  dits "discrétionnaires" : "citoyens du monde", classes moyennes, consommateurs émergents

     

    3- Nombres de ménages africains disposant d'un revenus annuel supérieur à 5000 $ (en millions)

    Années

    2000

    2008

    2020

    Nombre total des ménages

    163

    196

    244

    Ménages disposant de plus de 5000 $/an

    59 (36%)

    85 (43%)

    128 (52%)

    (Source : McKinsey Global Institute)


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