• L'argent qui corrompt, l'argent qui achète, l'argent qui écrase

    Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 4<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Le problème central : <o:p></o:p>

    l’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    <o:p> </o:p>

    Pauvre gauche laïque et républicaine ! Elle doit combattre l’Eglise catholique qui, depuis la Révolution française, voue tout ce qui est « partageux » aux gémonies (les Révolutionnaires ont fait la réforme agraire en grande partie sur son dos puisque l’Eglise était alors –et de loin- le premier propriétaire terrien de France). Ce, alors que :

    -         Seule la religion s’est opposée, depuis la nuit des temps, au « tout fric ». Du moins chez les curés de base - la hiérarchie, elle, issue de l’aristocratie, voit ses nominations comme autant de moyens de gagner de l’argent facilement – curés de base qui, inlassablement, de siècle en siècle, rapportent au bon peuple les paroles du Christ : « au royaume de mon père, les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers » ; puis encore : «  il est plus difficile à un riche d’entrer au Paradis qu’à un chameau de passer par le chat d’une aiguille ! » Les autres religions ne sont pas en reste : avec des histoires aussi édifiantes que celle de Job, ce riche juif mis volontairement sur la paille par Dieu, la Tora montre le peu de cas que l’Eternel fait des biens terrestres au regard de la fidélité jalouse qu’il demande à ses fidèles ; et l’Islam va plus loin encore, refusant carrément à ses ouailles le droit d’être exagérément aisés. Le Coran appelle constamment à la mesure de tout partout et tout le temps tout en donnant ordre de donner aux pauvres, de toute façon le surplus éventuel de ses richesses, en tout cas une aumône régulière. Ne parlons pas du Bouddhisme pour lequel tout attachement aux biens de ce monde est pur aveuglement générateur d’une renaissance douloureuse (jusqu’à ce que le dit attachement ait disparu)… Bref, les humains sont obstinément des adorateurs du Veau d’or en dépit des nombreux rappels à l’ordre de leur Créateur suprême.

    -         Les Révolutionnaires de 1789 n’étaient pas opposés, loin de là, au dit Veau d’or. Ils en étaient même l’émanation, bourgeois aisés pour la plupart. Ceux de 1917 en Russie impériale étaient eux aussi issus en grande partie de la Bourgeoisie, leur mentor, Marx, inclus. Ils ne s’opposaient d’ailleurs pas au Veau d’or mais à la qualité de ses co-propriétaires : le Veau devait appartenir à l’Etat, pour schématiser. Ils allèrent plus loin que leurs prédécesseurs français vis-à-vis des religions en décrétant ces dernières « opium du peuple », c’est-à-dire instruments de la propagande capitaliste sur les masses opprimées. <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Le christianisme social ne changera rien à ce tableau, d’autant qu’il finira partout et très vite par incarner un simple aspect du capitalisme et une droite finalement plus que conservatrice. On peut d’ailleurs s’attendre à une même évolution du côté des Islamistes, peut-être encore plus anti-socialistes qu’anti-occidentaux (leurs plus fervents supporters sont les commerçants des souks).  A noter en outre que l’Eglise catholique a fait récemment son « aggiornamento » social à l’envers : sous la pression de fidèles plus que conservateurs en Occident (les intégristes) et dans les pays d’Europe de l’est (les opposants au communisme, fatalement capitalistes), des papes socialement rétrogrades ont été élus, n’opposant plus que de minables et inaudibles homélies contre le matérialisme fricard et outrancier du monde moderne. Ces papes, Jean-Paul II d’abord, Benoît XVI en pire ensuite ont essentiellement fondé leur politique, le premier sur l’anti-communisme puis le refus du débridement des  mœurs en Occident, le second sur une sorte de croisade stupide contre le Tiers Monde. Satan, pourrait-on dire, a gagné ! Y compris vis-à-vis des textes fondateurs des « religions du livre » : n’oublions pas, par exemple (des références identiques existent dans les textes fondateurs des autres religions), le refus de Jésus, jeune homme, d’accepter les offres de richesse et de pouvoir que lui fait le chef des Démons lors de sa retraite dans le désert…

    <o:p> </o:p>

    Pauvre gauche, donc, qui doit se coltiner avec la tentation suprême, l’argent et le pouvoir qu’il procure, en s’étant d’entrée retirée les moyens de combattre la dite tentation. La droite, par contre, jubile : car, tout en ne vivant que par et pour l’argent et le pouvoir, elle bénéficie de l’aura des Eglises qui ont rejoint son camp au fil de l’histoire. Jusqu’aux juifs et musulmans français, les premiers parce qu’une grande partie de leurs troupes appartient aux classes aisées de notre société, les seconds parce que le désordre des banlieues et le fanatisme importé les jettent dans les bras de ceux qui incarnent le mieux « l’Ordre ». Aucune chance, la gauche !

    <o:p> </o:p>

    Car le peuple, lui, est exigeant, terriblement exigeant : on n’en est plus aux pauvres contre les riches. Ca, c’était hier, quand les discours de fin de « banquets républicains » étaient faciles. Même Mitterrand était hors jeu quand il déclamait « l’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase » tout en laissant ses lieutenants, nos éléphants d’aujourd’hui,  s’empiffrer dans les cénacles très fermés de la puissance républicaine. Il ne fut pas le seul d’ailleurs : les Espagnols de Felipe Gonzalez eurent aussi leurs « R25 » et leurs démons, générateurs sans doute de plus de scandales que n’en suscitèrent nos énarques partis à gauche faute de places à droite… Quoiqu’il en soit, le peuple est donc exigeant : il ne veut plus qu’on touche à son pouvoir d’achat, donc aux gros sous, mais il n’accepte plus que les puissants s’en mettent plein les poches : il lui faut du super propre pour le diriger. A condition, faut insister ici, qu’on ne touche pas globalement « au grisbi » ! Ne prenons pas les gentils membres des classes moyennes pour des crétins : ils et elles savent parfaitement que bon nombre de leurs avantages sont dus à l’exploitation de gens plus pauvres. Les fringues pas chères qu’on change tous les jours ; la bouffe distribuée dans les centres commerciaux ; une bonne partie des pièces des bagnoles qu’on arbore comme jadis les couleurs de sa classe sociale ; jusqu’au courrier que nous livre à présent non plus des facteurs en grève un jour sur deux mais des vacataires précarisés à mort par la bonne administration française qui, par ailleurs, clame à qui veut l’entendre son horreur de la précarité… Dans le même temps, les parents et les grands parents de ces classes moyennes exigent  et le maintien de la hausse de leur niveau de vie, et des emplois non précaires pour leurs enfants. Qu’ils préfèrent aider financièrement plutôt que de renoncer à une partie de leurs ressources financières… Jospin a voulu caresser cette drôle de classe moyenne dans le sens du poil après son échec à l’élection présidentielle de 1995 : le résultat fut pire, il ne passa même pas le premier tour. En 2007, Ségolène Royal est revenue aux pauvres. Elle passe le premier tour mais échoue au second, comme Jospin il y a 12 ans…

    <o:p> </o:p>

    S’il n’y avait que le problème quasiment insoluble –car arbitré en partie par une extrême gauche débile- de cet écartèlement entre de réelles victimes de la précarité et du chômage et les vapeurs d’une classe moyenne dont les membres se prennent globalement pour les « rois du Monde » (pas tous, mais suffisamment pour faire basculer les majorités). Les gauches occidentales doivent en outre faire avec des écolos à pas piquer les vers ! Songeons qu’en pleine campagne présidentielle, quand la droite était au Zénith des sondages, les verts français, alliés des socialistes, osaient réclamer une sorte de « fin de la propriété » : « demain, disaient-ils, nous serons tous locataires et nous n’aurons plus de voitures individuelles » ! Sic. Notons qu’en outre, le candidat de la droite opposait avec bonheur sa caution de l’Etat pour acheter un logement à la caution que proposait son adversaire socialiste pour devenir locataire d’un HLM. Pas la même clientèle, déjà, tandis que des défenseurs de l’environnement soi-disant de gauche s’échinent à empêcher les classes moyennes, le creuset pourtant de leurs propres électeurs, de voter à gauche…

    <o:p> </o:p>

    Il n’avait pas tort, Sarkozy, de réclamer un débat de valeurs : il avait fait ses comptes avant, le salopard ! Et, sauf improbable impopularité dans les cinq ans à venir –c’est-à-dire politique déplaisant à une classe moyenne convertie aujourd’hui au « tout fric »-, il n’y a pas de raisons que le rapport de force du 6 mai 2007 soit modifié en 2012. Car les pauvres, aujourd’hui, sont moins nombreux que les riches –ou qui s’estiment riches.  Ils ne sont plus qu’un gros tiers de la population, les pauvres du Tiers Monde ne votant pas chez nous. De même que les émigrés, CQFD ! La gauche a loupé en fait l’époque où une partie de la classe moyenne s’interrogeait sur le tout fric : au lieu d’apporter une réponse, par exemple, aux Français et aux Françaises qui se donnaient alors en nombre croissant à des sectes en tous genres, ils se contentèrent de combattre les dites sectes de toutes leurs forces, comme s’ils tuaient des nouvelles religions dans l’œuf : toujours cet anticléricalisme primaire que les enseignants du public, pourtant aujourd’hui largement ralliés à la droite (beaucoup de femmes dont le salaire est un « salaire d’appoint » dans un ménage à deux revenus corrects, donc plus que confortables), ont imprimé dans ses gènes.

    <o:p> </o:p>

    Alors que, de toute évidence, il lui fallait, à cette gauche, ranimer « l’anti-friquisme » dans l’âme des anciens chrétiens, ceux qui n’ont pas versé dans l’intégrisme. C’était la seule façon d’amener durablement à elle nombre de membres de la classe moyenne restés encore lucide face à la surconsommation.  Empêtré toutefois dans ses luttes intestines, à fondements très largement personnels donc claniques (trois courants au centre, deux à gauche, si ce n’est pas du clanisme, qu’est-ce que c’est ?), le parti socialiste n’a pu engager aucune réflexion de fonds sur la question : la « laïcité », comme disent ses militants, est une valeur qui les relient encore tous et dont ils pensent avoir besoin pour ne pas éclater. C’est donc François Bayrou qui a capitalisé les voix de ces anciens chrétiens qui refusent la consommation à tous prix et l’exploitation, pour ce faire, et de nos pauvres, et de ceux du Tiers Monde.

    <o:p> </o:p>

    On voit assez facilement ici le rôle plus que néfaste joué dans cette affaire par les « éléphants », technocrates en mal de puissance et de pouvoir, prêts à tout, y compris au « cassage » du PS, pour assouvir leur faim malsaine. Ce n’est pas tant la zizanie qu’ils ont amenée et continuent d’amener dans le parti qui est en cause que le gel de toute réflexion de fond que leurs disputes a entraîné et continue d’entraîner. On se souviendra à cet égard du refus des ex-jospinistes, appuyés par une majorité des militants, de se remettre en cause au lendemain du désastre électoral de 2002. Et l’on voit aujourd’hui les deux éléphants les plus lourds, Fabius et DSK, monter au créneau pour tenter d’empêcher la modernisation du parti par une femme : les journaux ne vous ont pas dit sur ce point que la base, ceux qui ont soutenu la candidate socialiste envers et contre tout, voulait en fait profiter de la défaite pour régler leur compte aux éléphants. Leur montée au créneau est donc préventive, face à un secrétaire général trop heureux, dans le fond, de geler à nouveau l’indispensable débat sur les valeurs du parti au 21e siècle.

    <o:p> </o:p>

    Ne parlons pas de l’ex-deuxième composante de la gauche, le Parti communiste : celui-ci n’a pas vu venir les classes moyennes et en est mort. Arqueboutés sur leur « classe ouvrière », ses dirigeants n’ont en fait pas réfléchi du tout. Songez que le Parti est passé de 20% des suffrages exprimés à 5% en une vingtaine d’année avec le même secrétaire général ! Et que le PCF est resté jusqu’au bout , c’est-à-dire jusqu’à ne plus représenter que ses élus, stalinien, l’un des tout derniers au monde… L’extrême gauche, quant à elle, est pire encore : il y avait pas moins de trois trotskistes candidats à l’élection présidentielle de 2007, sans compter José Bové et, ce, après des mois de tergiversation sur la possibilité d’un candidat antilibéral unique. Le tout pour 10% de l’électorat dont un tiers de jeunes bourgeois votant à gauche sans risque (une attitude, comme un vêtement ou une bagnole), un tiers de « baba cool » plus stupides que désabusés et un tiers de véritables paumés de moins de 30 ans. Ségolène Royal ne récoltera même pas les suffrages des 2/3 de ces curieux électeurs le 6 mai 2007…

    <o:p> </o:p>

    Bref, la gauche ne pouvait pas gagner cette année. Elle avait donné l’illusion de dominer le paysage politique français tout au long du septennat puis quinquennat de Jacques Chirac tout bêtement parce qu’une partie de la droite, dont toute l’extrême droite, votaient alors contre un homme jugé beaucoup trop à gauche par ses propres troupes. Ses victoires faciles ont aussi joué contre son jugement : car tout vainqueur a tendance à ne rien changer à sa stratégie, même si, en l’occurrence, la dite stratégie revenait à éviter les heurts entre éléphants. Imaginez l’impact de la dite stratégie interne sur les électeurs une fois, en face, l’union refaite derrière un véritable homme de droite !

    <o:p> </o:p>

    Le PS n’est toutefois pas mort comme le disent les médias aujourd’hui, à la veille des élections législatives. Certes, il va encore prendre une claque, et une sévère, se retrouvant avec probablement moins de députés encore qu’en 2002. Mais il arrive quand même et toujours à réunir près de la moitié des suffrages exprimés au second tour de n’importe quel scrutin (il ne lui manque finalement que 3 à 5% des voix, soit 1,2 à 1,5 million de suffrages, c’est peu) tandis qu’il possède, en son sein, les atouts et d’un maintien solide de son électorat de gauche et ceux d’un débordement durable au centre gauche. Des chefs de courants un peu moins détestés (tous le sont abominablement aujourd’hui, ils devraient s’en rendre compte, tout de même !), un peu plus de « penseurs » dans ses rangs (pour l’instant, ils n’ont plus Attali, parti chez Sarkozy, et Régis Debray a été marginalisé après la disparition de Mitterrand au profit de pseudo penseurs médiatisés), beaucoup plus cette fois-ci de discipline de parti et je ne doute pas de la victoire de sa candidate ou de son candidat face à n’importe quel candidat (ou candidate) de droite ! Et, ce, même avec des médias qui n’ont plus rien de démocratiques et sont à présent tous, y compris ceux qui se disent de gauche, aux ordres du capitalisme. Car la réputation de nullité conférée par ces médias en folie à Ségolène Royal fut largement alimentée par les éléphants eux-mêmes (songez que Besson et Allègre, les deux grands traîtres, furent tous deux proches de Jospin, lequel ne soutint Ségolène Royal que du bout des lèvres). <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :