• La fin de l'Europe

    Pour une renaissance de l’humanisme<o:p></o:p>

    54- La fin de l’Europe<o:p></o:p>

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    Ca y est, les Européens ont répété, à la virgule près, l’erreur qu’ils avaient commise en 1930, erreur aboutissant à l’horreur du fascisme et de la 2e guerre mondiale : ils ont en effet refusé collectivement de relancer leurs économies nationales par des dépenses budgétaires devant un Obama qui le leur demandait après avoir accepté, lui, de dépenser près de 800 milliards de dollars pour éviter une très grave récession économique à son pays. Les Européens réunis n’ont « lâché », eux, qu’une centaine de milliards de dollars, essentiellement pour sauver les banques et les constructeurs d’automobiles.

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    Je me répète, ça n’est que le renouvellement d’une erreur monumentale d’appréciation de la crise économique, les Européens n’ayant été sauvés de la crise des années 1930 qu’à la fin de la guerre avec les milliards de dollars du plan Marshall. Lesquelles obligèrent en outre les dirigeants européens à considérer d’abord et avant tout leurs économies sous l’angle des consommateurs. Cette période ne dura que trois décennies, au terme desquelles madame Thatcher et le sieur Reagan sonnèrent le tempo de « l’économie de l’offre » Du blabla issu d’une université ultra libérale de Chicago et qui revient, en fait, à remplacer les hausses de salaire par une ouverture énorme du crédit. D’où l’endettement faramineux des particuliers occidentaux ainsi que de leurs puissance publique : car le système produit des pauvres à la pelle et il fallait bien que les Etats réagissent sous peine de perdre le pouvoir. Aujourd’hui en plus, ce sont les « classes moyennes » qui sont touchées, en ne pouvant pas rembourser leurs emprunts dès que la conjoncture est mauvaise, avec une remontée phénoménale des taux d’intérêt (la plupart des crédits de l’ère ultralibérale sont à taux variables) D’autant plus d’ailleurs que repart le chômage…

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    Bref, 1930 et 2008 présentent suffisamment de similitudes pour qu’on puisse tirer des conclusions de ces similitudes. La première est évidemment la faiblesse des Etats européens face à la crise : la Grande Bretagne est alors dirigée par Chamberlain, un homme qui ne déteste pas Hitler alors que son pays voit monter l’extrémisme de droite. La France est, elle, dirigée par un radical « mou », Daladier, après que le Sénat ait renversé le seul homme qui pouvait faire repartir l’économie française via la demande, Léon Blum. Mais même ce patron de la gauche unie présentait une grande faiblesse de caractère comme en témoigne son refus plus qu’hésitant d’aider les Républicains espagnols à vaincre les forces du général Franco, aidées, elles et plus que largement par l’Allemagne et l’Italie… L’Espagne, on le voit, était en proie à des problèmes intérieurs de « force 7 » qui lui interdisaient la moindre réflexion sur l’économie mondiale de l’époque. L’Allemagne, enfin, est dirigée par les Nazis qui lancent leur pays dans une économie de guerre ultra dirigée par l’Etat.

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    Qu’avons-nous aujourd’hui à cet égard : nous avons toujours une Angleterre qui ne joue pas le jeu de l’intégration européenne, conservant notamment sa monnaie et son refus d’une instance européenne dirigiste. Ce, s’ajoutant à un libéralisme quasi viscéral, historique autant qu’intéressé (Londres est l’une des places bancaires qui nettoie le plus d’argent sal au monde) Côté Espagne, tant les conservateurs que les socialistes ont milité, militent et militeront pour une monnaie forte qui limite singulièrement le poids de leurs importations dans les comptes nationaux de leur pays. Ce refus donc de tout « laxisme » vis-à-vis des directives de Bruxelles est partagé par une grande partie des nouveaux pays de l’Union qui ont conservé leur monnaie et qui peuvent ainsi, sans vraiment dévaluer, rester compétitifs vis-à-vis des entreprises de l’Europe historique. L’Italie enfin, mené au son du tambour en 1935 par Mussolini (économie de guerre) s’est donné au « Cavalieri », un affairiste en fait qui bénéficie, comme en France, d’une gauche écartelée entre son centre gauche et son extrême gauche et qui, faute de leader charismatique, n’a jamais pu résoudre ce problème.

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    Car c’est bien ce qui se passe en France : le PS, dévalué mais toujours dominant à gauche, n’a plus aucune chance de gagner seul contre la droite. En 1937, Blum démissionna et fut remplacé par une coalition de centre droit soutenu par la SFIO. Aujourd’hui, le PS hésite toujours entre sa gauche et sa droite sans vraiment trancher et ne possédant, de toute évidence, aucune personnalité à même de dépasser, par son charisme, cette opposition au venin des plus mortels.

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    On voit donc bien que, face à une crise qui demande à la fois de l’intelligence et du charisme, l’Europe ne suit pas. Parce que sans doute, dans les années 1930 comme dans ce début de millénaire, elle est dirigée par de très mauvais politiciens, plus soucieux de leur carrière que du bien être des peuples dont ils sont sensés être les représentants. Il y a chez nous une maladie incurable, celle de l’élitisme, qui s’est perpétuée des siècles durant, nonobstant la Révolution française. Nous baignons quotidiennement dans cet élitisme, au point que même les plus pauvres s’en réclament quand ils morigènent leurs progénitures mal notées à l’école ; sans penser qu’ils n’apportent peut-être pas à la dite progéniture l’environnement propice à la course aux bonnes notes, course imposée, il ne faut pas hésiter à le dire, par les élites de notre enseignement.

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    Et donc, si l’Europe ne suit pas quand l’Asie continue à progresser et que l’Amérique devrait repartir dès l’an prochain, cette Europe n’aura, demain, plus aucun poids dans les discussions économiques internationales : nous mangerons des bananes sud américaines, nous devrons accepter les OGM et nos usines seront remplacées progressivement par des aires de stockage. C’est bel et bien ce que nous proposent, sans en avoir toujours conscience, nos européanistes béats tant de l’UMP que du PS. Dont nous avons nommé les dirigeants par nos votes multiples et répétés : c’est donc de nous dont il est question ici plus que de nos dirigeants de pacotille. « Nous avons les dirigeants que nous méritons » disait Proudhon…

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