• La fin du gaullisme africain

    La fin du gaullisme a sonné le 22 avril 2007<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

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    « J’assumerai l’héritage gaulliste en  politique étrangère, y compris en Afrique ! » Elle avait du panache à ce moment, Ségolène Royal, clôturant son discours programme de Villepinte. Et puis, patatras !,  elle se voit, près de deux mois plus tard, obligée de composer avec les centristes de Bayrou pour ne pas perdre. Tandis qu’en face, Sarkozy surfe sur les bons sondages tout en se moquant éperdument du général de Gaulle. Il a bien effectué une visite à Colombey-les-deux-églises, mais plus pour rassurer les quelques gaullistes qui continuent à voter que pour donner des gages à l’héritage de feu le fondateur de la 5e République. Lui est Atlantiste, européaniste, mondialiste et, en plus, il prône une politique sécuritaire que n’aurait très certainement pas partagée le vieux résistant à l’Allemagne nazi. 

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    Une candidate socialiste obligée de partager son éventuelle victoire avec des centristes également atlantistes et européanistes, un candidat de droite qui n’a plus rien à voir avec le gaullisme, bref le 22 avril 2007 a sonné définitivement le glas de cet ensemble de doctrines qui marqua si profondément la France –et l’Afrique !- des décennies durant. Qu’on se rappelle : les grands discours, Brazzaville et Phnom Penh en ce qui concerne les pays en développement (introduction à la décolonisation et condamnation, déjà, de l’impérialisme américain au Vietnam), les petites phrases comme « Vive le Québec libre ! » ou « Israël, ce peuple dominateur et sûr de lui… » et du concret comme le retrait français de l’OTAN ou bien la France devenant en quelques années le premier pourvoyeur mondial d’aide publique au développement.

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    J’entends déjà les cris d’indignation des vieux Africains : « et Foccart ! Et l’intervention des troupes françaises pour imposer des dirigeants pro-français un peu partout ! Et la diabolisation des régimes qui n’acceptaient pas l’influence française ! Et le soutien, ensuite, de véritables tyrans dans toute l’Afrique francophone ! » Et c’est vrai que « nos » africains, à nous Français, n’arrêtent pas de vitupérer contre la politique africaine initiée par le général de Gaulle et maintenue jusqu’à ce fatidique 22 avril 2007, avec ses ombres et ses lumières et ses acteurs qui ressemblaient toujours un peu trop aux acteurs qui les précédaient. Seuls Balladur puis Jospin se démarquèrent du gaullisme à cet égard : ça donna la dévaluation du franc CFA,  l’intégration du ministère de la Coopération dans celui des Affaires étrangères ainsi que l’alignement de l’aide française sur les desideratas et de la Banque Mondiale, et de Bruxelles. Puis, pour couronner le tout, l’abandon de la politique étatique française en Afrique à quelques grands groupes privés, Bolloré, Bouygues, France Télécom et j’en passe.

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    Plus des relations fondées non sur l’amitié des dirigeants mais sur la condescendance des énarques parisiens à l’égard des « rois nègres ». On peut aimer vu de Paris quand on est opposant. Mais je vous jure que, vu de Brazzaville, c’est détestable : c’est sous Jospin que démarre la guerre des chefs à Brazzaville, en grande partie alimentée par l’argent du pétrole –et donc de la France. « Touches pas au grisbi ! » disent nos énarques condescendants à l’enseignant devenu roitelet et désireux de se constituer rapidement une milice privée avec les sous des pétroliers américains. De l’autre côté du fleuve, c’est pire encore : là, le gaullisme n’exerce plus aucun charme. Ce sont les Yankees qui ont débarqué, via les Ougandais et les Tutsi qu’ils ont armés et entraînés pour s’occuper de l’après Mobutu. Objectif inavoué : obtenir de Paris le droit de pomper le pétrole du golfe de Guinée. Ils l’obtiendront après une entrevue éclaire de Clinton et de Chirac qui mettra fin à la guerre du Congo.

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    Les Africains anti-gaullistes peuvent donc râler et re-râler, le gaullisme n’est pas la pire des politiques qu’aient connus les Africains. Au moins le général a-t-il décolonisé, ce que n’avaient fait ni les socialistes de Guy Mollet, ni les chrétiens-démocrates (ancêtres de Bayrou) de Pflimlin. Qu’ils interrogent leurs amis anglophones, ces révoltés du boulevard Poissonnière : le soutien de l’Apartheid, les promesses signées et jamais tenues, l’aide publique inexistante, le retrait massif des entreprises britanniques ne furent en fait compensés, des décennies durant, que par l’organisation quasi systématique d’une fuite éperdue à Londres des capitaux africains, notamment nigérians et sud-africains, et par celle d’une corruption à grande échelle des marchés publics subsahariens (c’est la Banque mondiale qui releva ce fait).

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    Mais, très chers révoltés, rassurez-vous : le gaullisme va disparaître de toute façon dans quelques semaines avec son dernier représentant, Jacques Chirac. Et les énarques condescendants vont revenir avec, en prime et si Sarkozy l’emporte, un ministère de l’Immigration et de l’Intégration nationale. Vous en avez de la chance !<o:p></o:p>


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