• la grave crise occidentales

    Pourquoi l'Occident reste économiquement sous le risque d'un énorme crash

    (12 septembre 2013)

     

    Le gouvernement Hollande (c'est en effet plus Hollande qui décide que Ayrault) vient tout juste d'annoncer son nouveau tour de vis budgétaire (pause fiscale pour les entreprises qui n'en avaient guère besoin mais aggravation de la pression fiscale sur les ménages dont la consommation est de plus en plus en berne) que l'agence Reuter annonce, elle, que :

    - au lieu d'une reprise de la croissance annoncée par Hollande on assiste à une aggravation de la récession ;

    - et que les rentrées fiscales seront moindres que prévues en France où l'impasse budgétaire ne sera pas, l'an prochain, de 3% "et des poussières" mais de 3,7% au moins (c'est à dire plus proche de 4% que de 3%)

    On va dans le mur mais on persiste à y aller !  Pour que vous puissiez saisir toute la situation et comprendre cette persistance absurde, vous devez prendre un peu de recul. Partons, pour cela, de la dette publique occidentale : aux Etats Unis, elle devient abyssale et atteindra 22000 milliards de dollars à la fin du mandat présidentiel d'Obama. En Europe, même topo : la dette française atteint d'ores et déjà les 1900 milliards d'euros et celle de l'Allemagne -vous savez, cet exemple de développement économique harmonieux !- les 2100 milliards. Et, ce, même si Berlin a aujourd'hui -et seulement cette année- réussi à avoir un solde budgétaire positif tandis que le trou budgétaire français, 4% de 500 milliards (= 20 milliards), ne suffit pas, loin de là, à expliquer l'aggravation dantesque de la dette publique.

    Aggravation dont les fondements remontent en fait à l'époque où les Etats n'ont plus eu le droit de vendre des obligations d'Etat directement aux particuliers, obligations à l'époque à long terme (25 ans avec remboursements par tirage au sort), mais ont eu l'obligation de se financer auprès des banques privées, donc à court et moyen terme (de quelques mois à 5 ans) En France, c'est Giscard d'Estaing qui imposa la réforme, au tout début de sa présidence... Tant que l'on vivait en croissance assez forte, ça n'avait pas d'importance, les Etats empruntaient peu et avaient, chaque année, un peu plus de revenus pour rembourser. Mais ils durent, structurellement comme conjoncturellement, faire face à des dépenses que les seuls impôts ne suffisaient pas à couvrir :

    - Structurellement, c'est tout bonnement le coût électoral du maintien au pouvoir : l'ultra libéralisme étant tout sauf juste et "social", il fallait bien "du grain à moudre" pour se maintenir au pouvoir. Tant auprès des médias (comment croyez vous qu'ils ont pu continuer à exister face à la désaffection du public ?!) qu'auprès des entreprises (pour qu'elles ne licencient pas) ou qu'auprès du public directement (les "cadeaux électoraux", tels les 150 milliards d'euros donnés par Sarkozy aux Français les plus riches) ;

    - Et conjoncturellement, ça a été le choc de la crise de 2008 puis de celles de l'euro qui ont coûté une petite fortune aux ultra libéraux pour éviter la faillite de leur système chéri. Songez que l'Occident a dû mettre alors plusieurs milliers de milliards de dollars dans la machinerie économique pour sauver les banques et les grosses entreprises (dont l'automobile) en cours de cassage de gueule !

    Bref et en quelques années seulement, un pays comme la France a plus que doublé son endettement public. Avec, comme conséquence, un montant démentiel de dettes en moyenne à moins de 7 années et demi, soit, aujourd'hui, quelques 240 milliards d'euros à payer théoriquement par an pour honorer sa signature. Tous les pays occidentaux sont dans le même cas, soit une impossibilité physique, rédhibitoire, à, justement, honorer leur signature. D'où le recours à un mécanisme aussi simple qu'affligeant, la fameuse "cavalerie", pour payer les créanciers (banques, compagnies d'assurance, fonds d'investissements privés comme "souverains") : on emprunte pour rembourser. Et, ce faisant, on accroit mécaniquement la dette : ainsi en France, le budget prévoit-il une enveloppe de 60 milliards par an pour cette dette, soit 12% du budget global du pays, budget social inclus. Et on voit mal comment faire mieux ! Il manque donc, toujours mathématiquement, 180 milliards qu'il faut donc emprunter et dont le montant vient s'ajouter au total de la dette. En jouant sur différents éléments, donc quelques renégociations partielles d'échéance, l'Etat français est arrivé à limiter la hausse à 130 milliards en 2012-2013. Mais on voit bien que la situation n'est pas tenable sur long terme et que, sauf intervention massive, volontaire et coordonnée de la banque centrale européenne, il arrivera un jour où les prêteurs n'auront plus confiance.

    Exemple : les Français adorent les assurances vie dont l'immense majorité des fonds est placée dans les obligations d'Etat. Que feront-ils quand ils commenceront à perdre confiance dans ces obligations, quand ils sauront de quoi est faite leur épargne soi-disant "sure" ? Ils se précipiteront auprès des organismes qui gèrent leurs avoirs pour les transformer en des valeurs moins casse-gueule. Et, ce, bien trop tard, bien après que les fonds d'investissement aient, eux, retiré leurs billes avec fracas (ça se sait !) Imaginez donc vos compagnies d'assurance et vos banques obligées de vous refuser l'accès à vos assurances vie qui, de ce fait, vaudront alors autant que, jadis, les obligations de Law le lendemain du crash...

    N'ayant plus d'épargne, imaginez alors ce que deviendra votre consommation. Et le tissus économique face à l'effondrement des dites consommations... C'est ce qui s'est passé en Grèce et à Chypre et ce qui a failli se passer au Portugal et en Espagne où, finalement, seule la bulle spéculative immobilière à explosé. L'intervention de la banque centrale européenne, sous forme de prêts (encore !) via des cadeaux faits aux banques n'a rien réglé : ça a seulement évité à la zone euro d'éclater du fait des spéculateurs internationaux (dont les golden boys des banques de la dite zone !)

    L'unique solution est de sortir sérieusement de l'endettement. Avec un rachat massif des effets publics européens et américains par les banques centrales respectives de chaque zone et la transformation de ces effets à court et moyen terme en effets à très long terme (30 ans) à taux zéro. Pour reprendre le cas de la France, la charge annuelle de remboursement ne serait plus alors que de 64 milliards d'euro, soit à peu près le montant actuel dédié à cette charge. Ce, avec bien entendu, des recettes fiscales au minimum stables (il vaudrait mieux qu'elles soient en hausse, de manière à diminuer le poids de la dite charge), c'est-à-dire avec une économie en croissance réelle et non en récession cachée. Pour cela, il n'y a également par d'autres moyens que de redonner du pouvoir d'achat aux consommateurs grand public. Car les riches, eux, ne consomment pas : ils épargnent, aujourd'hui très en dehors du circuit économique classique (les entreprises via leurs actions et obligations) dans lequel ils n'ont plus confiance : ils cherchent donc, à hauteur de 200 milliards par an (voir les bilans des banques commerciales sur le site de la Banque de France), des placements à l'étranger...

    Mais c'est dans ces riches que le gouvernement de Hollande a décidé de parier pour le redressement économique du pays ! N'accablez-pas Moscovici, ça n'est que la voix de son maître. Le fautif est Hollande qui n'a pas le cran de taper du poing sur la table tant à Bruxelles qu'à Berlin pour mettre un terme à la folie ultra libérale et mortifère de quelques atlantistes inconséquents. Au lieu de menacer de quitter cette Europe sans avenir, il courbe l'échine, notre échine, sous le joug de ces fâcheux et pressure encore plus, toujours plus, le bas peuple pour donner, toujours plus, aux nantis.

    Car ne vous y trompez pas : l'économie de l'offre n'est que la présentation pseudo scientifique du renouveau du capitalisme de combat après la chute du mur de Berlin et du communisme. Lequel avait forcé les Occidentaux riches à imaginer l'Etat Providence pour éviter le dit communisme. N'oubliez pas à cet égard que les partis communistes de France et d'Italie faisaient plus de 25% à chaque élection législative au lendemain de la 2e Guerre Mondiale. Plus de risque communiste, plus d'Etat Providence, CQFD ! Tout le reste n'est que poudre aux yeux comme l'a reconnu d'ailleurs publiquement le fondateur du mythe néolibéral, Milton Friedman : dans une interview télévisée devant des dizaines de millions de téléspectateurs américains, il a admit voici déjà plusieurs années que ses "travaux" avaient été  "essentiellement motivés par l'idéologie"

    On n'avait d'ailleurs pas besoin de cet aveu tout de même énorme (mais passé sous silence en France) pour voir que "l'économie de l'offre" était une impasse de taille : sans marché intérieur, les industriels sont condamnés à travailler pour l'exportation. C'est le cas des industriels allemands qui ont surfé sur le consumérisme européen où ils ont déversé 60% de leurs exportations jusqu'à l'effondrement du marché européen. Mais même si le dit marché ne s'était pas effondré, demandez-vous ce que serait un monde dans lequel personne n'achète et tout le monde exporte ! Car c'est cela, "l'économie de l'offre", une économie dans laquelle les salaires sont comprimés (leur somme ne représente même plus 20% des coûts de production occidentaux !) mais dans lequel seul le capital distribué sous forme de dividendes tire son épingle du jeu. Du moins en France où même les investissements ont reculé pour dégager toujours plus de dividendes. Expédiés fissa à l'étranger comme on l'a vu, à raison de 200 milliards €/an...

    Redonner du pouvoir d'achat aux grand public ne suffira donc pas dans cet environnement. Il faut aussi surtaxer les bénéfices distribués, ce que n'ont pas fait Hollande et sa clique, reculant devant l'incorporation de tous les revenus financiers  dans le revenu imposable des particuliers. Mesure de salubrité publique que Bruxelles réprouva. Et que le gouvernement soi-disant socialiste abandonna alors en rase campagne. Il faut aussi remettre de l'inflation dans la machinerie, seul moyen d'enrichir les pauvres. Les riches disent que l'inflation est payée par les pauvres mais c'est faux : l'inflation gomme doucement et surement l'endettement des particuliers, donc des pauvres. Au détriment des prêteurs, donc des riches, CQFD mais là aussi on vous dit n'importe quoi que vous gobez avidement. D'ailleurs l'inflation est un facteur de croissance, allez voir les anciens pays en développement si vous ne vous souvenez plus de votre passé récent. Car les particuliers hésitent alors moins à se lancer dans des dépenses importantes, logements, voitures, sachant que leurs dettes seront diminuées chaque année du montant de l'inflation, système pondéré bien sûr par les taux d'intérêt (mais s'ils sont trop élevés, les crédits ne trouvent pas preneur)

    Il faut enfin reconstruire ce qui a été détruit par des décennies de mauvaise gouvernance : notre pays est devenu un gigantesque entrepôt où viennent s'entasser les produits étrangers, y compris en matière d'alimentation. Même les Allemands exportent chez nous leurs produits à des prix défiants toute concurrence ! Ce, car nous avons, nous, accumulé des freins environnementaux à la production qui n'affectent pas nos voisins. Nous sommes donc structurellement plus chers. Nous avons fait, pour schématiser, de la surenchère écologique sans attendre que nos concurrents soient soumis aux mêmes contraintes. Si ça n'est pas de la mauvaise gouvernance, je me demande ce qui peut en être ! Et tout cela pour le vote écologique qui a représenté tout juste 2% à la dernière présidentielle ! C'est donc de la mauvaise gouvernance masochiste !!

    Bref et au lieu d'appuyer comme nous le faisons sur la pédale de frein des Verts devrions-nous taper là encore du poing sur la table tant à Bruxelles que dans toutes les capitales concurrentes pour dire, toujours schématiquement, que nous interdirons d'entrée en France les produits qui n'auront pas les mêmes normes écologiques que les nôtres. Hollande a bien essayé de le faire, avec les véhicules Mercedes équipés de climatiseurs non écologiquement corrects, mais l'Europe, là encore, l'a renvoyé dans ses cordes sans qu'il ne moufte : il a benoîtement accepté le verdict européen, ce con !

    Bref, vous voyez qu'il fallait prendre du recul. Au terme duquel d'ailleurs, le budget 2014 de l'Etat français paraît n'avoir plus guère d'importance : il montre simplement que la mauvaise gouvernance continue tout comme avant. Et que l'Etat français ne prend pas le chemin du changement tant vanté avant les élections. Les Socialistes français sont même incapables de remettre plus d'Etat dans notre économie, mesure également indispensable au renouveau industriel : croyez-vous que nos riches si égoïstes, ayant transformé et nos salaires et nos investissements en juteux dividendes à court terme, croyez-vous que ces gens là seront capables tout-à-coup de recréer les industries qu'ils ont largement contribué à détruire ? Non, bien entendu. Ils préfèrent râler contre les impôts et accentuer leurs tentatives d'y échapper. Et il faudra bien que l'Etat se recolbertise pour investir à leur place, CQFD !

    Là encore, le Hollande a fait semblant, avec sa banque publique d'investissement où il a casé son ex-compagne. Mais sans mettre d'argent au pot. Et les résultats sont confidentiels, telle cette PME bretonne qui veut transformer les algues vertes en s'opposant aux élus locaux qui veulent, eux, éradiquer les dites algues en modifiant ou tentant de modifier les comportements des agriculteurs des bassins versants des baies où sévissent ces algues. Ce, tandis que les préfets locaux autorisent toujours plus d'agrandissements de porcheries et donc d'épandages de lisiers sur les dits bassins versants...

    Mais puisque vous continuez à voter mordicus pour l'UMPS, tant pis pour vous. D'autant que lorsque vous ne voulez plus voter pour ces médiocres -le terme est faible-, vous vous tournez vers le... FN encore plus ultra libéral que les énarques UMPS ! Je vous explique donc, mais je renonce à vous rendre un peu intelligent !!!


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