• La mort de la démocratie

    L’Occident meurt d’avoir tué la démocratie

     

    Ce texte ne sera pas repris par les médias de tous ordres et me vaudra des injures de la part des gens qui se croient de gauche tout en étant intolérants et sectaires. J’ai hésité avant de commencer, non pas par peur des bien-pensants dont je me fous éperdument, mais parce que le sujet est tellement vaste que je ne savais pas par quel bout le prendre. Puis est arrivée la nouvelle relative à Sciences-Po Paris : plus de concours d’entrée mais un méli-mélo censé ouvrir l’école à… je ne sais pas en fait qui car les meilleurs élèves scolaires sont peu ou prou les mêmes enfants de bobos aisés qui réussissaient le concours d’entrée. Là n’est pas mon problème : il est dans la philosophie enseignée par l’école, celle du « consensus »

    Ça commença dès les années 1960, quand l’opposition entre le capitalisme et le communisme commença à fortement titiller nos élites. L’ennemi était plus le marxisme, cette horrible mise en commun des biens de production, que son porteur de l’époque, le stalinisme. Et la manière de former les élites (Sciences-Po Paris est l’antichambre de l’ENA) fut ce fameux consensus : on doit penser comme les autres, point barre. Si ce n’est pas un déni majeur de démocratie, qu’on me tue sur l’heure ! J’en fus très vite victime, n’acceptant pas à l’époque la suppression du Sénat (ce dont je me foutais totalement) remplacé par une assemblée de gens sans pouvoir mais nommés, ce qui m’importait et me déplaisait au plus haut point. De Gaulle voulait en finir avec une assemblée de notables qui avait pu renverser le Front Populaire, bien. Mais les partis politiques qui le soutenaient voulaient conserver les lots de consolations pour les députés vaincus aux élections. Ce qu’inconsciemment je refusais viscéralement. Ce fut le début de ma descente aux enfers, l’école n’acceptant pas les rebelles (d’autant qu’en outre je refusais de jeter le marxisme à la poubelle de l’histoire)

    Depuis, j’ai compris où me menait ma rébellion : vers le refus total de l’élitisme, totalement contraire à la démocratie. Et j’ai dû me taper, des décennies durant, des atteintes croissantes à cette démocratie dont se réclament les pays occidentaux héritiers des Grecs et des Romains : des démocrates avec esclaves et femmes n’ayant pas leur mot à dire… ça commença donc par le consensus mais il existait encore quelques ilots de résistance. L’économie marxiste fut ainsi représentée au petit écran français jusqu’à l’assassinat lors de l’attentat contre Charly Hebdo de Bernard Maris, jamais remplacé. Aux Etats Unis, des voix discordantes comme Howard Zinn, Noam Chomsky ou Joseph E. Stiglitz sont plutôt esseulées, sans doute plus écoutées hors de leur pays. En Allemagne, le parti communiste est mort et enterré tandis que les sociaux-démocrates ont partout épousé l’ultra libéralisme avec ardeur et remplacé l’idée socialiste par le libertarisme et le communautarisme. Aujourd’hui, on peut dire qu’il n’y a plus vraiment d’opposition en Occident au concept d’économie de marché avec son corolaire, un dépérissement de l’Etat que n’avait pas vraiment prévu Lénine ! Et le retour de l’Etat vient non de la gauche mais de l’extrême droite, c’est dire !!!

    La pensée unique allait-elle donc se calmer ? Ben non ! Tout au contraire, les atteintes aux libertés (il ne s’agit même plus de démocratie !) ont repris de plus belle : d’abord avec les lois anti-terroristes. Des mesures d’exceptions telles que l’écoute des populations, la surveillance du Net, l’allongement des temps de garde à vue, le dessaisissement des juges dans les cas de fouille de maisons et de véhicules, etc. (et pire aux USA) sont entrées dans le domaine de la loi normale. Ça a continué avec la surveillance accrue des comptes bancaires et la diminution drastique des paiements en numéraire, surveillance qui n’en est qu’à ses débuts. L’individu est fliqué partout, même ses déplacements sont suivis grâce au GPS des smartphones et à la mémoire des bornes de raccordement. La seule limite à l’investigation policière (et politique) est le manque d’agents de surveillance, on l’a vu avec les « fichés S » Mais on sait qu’on peut aller beaucoup plus loin comme les Etats Unis et la Chine nous le démontrent : les agents peuvent être remplacés par des systèmes à intelligence artificielle…

    Indépendamment de ces législations liberticides, j’ai assisté à la mort des médias d’antan, avec leurs journalistes souvent de talent et terriblement sourcilleux sur leur liberté d’expression. En une vingtaine d’années, tous les médias privés occidentaux passèrent entre les mains de grands groupes capitalistes, en France même de marchands d’armes, tandis que les médias récalcitrants se voyaient mettre au pas par la publicité. Celle-ci en effet fut principalement octroyée aux médias par des centrales d’achat d’espaces aux mains des grands groupes. Lesquels contrôlèrent également et indirectement les médias publics via des gouvernants « amis » Si bien qu’aujourd’hui la « pensée unique » a effectivement colonisé toutes les rédactions et toutes les productions audio-visuelles. A un point même pire aux Etats-Unis où le Pentagone entretient l’esprit guerrier de la population -et donc ses budgets pharamineux- en finançant directement des films à grand spectacle à la gloire de l’armée américaine. Vous pouvez par ailleurs constater que la télévision française n’invite des contradicteurs que pour les descendre en flamme devant les téléspectateurs. C’est devenu si grossier que ça en est aujourd’hui ridicule. La population ne dit rien mais ne regarde plus, les statistiques s’effondrent.

    Car il reste en effet le Net qui est encore libre. Plus pour longtemps : de plus en plus des voix et des législations apparaissent pour corseter l’expression sur le Net. Tout le monde sait que, pratiquement partout en Occident, il est interdit de nier l’Holocauste des Juifs. Notre président, tout récemment, a émis l’idée qu’on pouvait assimiler les expressions hostiles à la politique d’Israël, notamment à l’égard des Palestiniens, à de l’antisémitisme : on voit que nos gouvernants sont prêts à tout dans ce combat contre la liberté. Et, de fait, des petites mains présentent aujourd’hui des textes liberticides sur le Net, tel celui voulant combattre la haine en général : qui va décider que tel ou tel écrit est de la haine, je vous le donne en mille !? Hollande avait déjà ajouté l’Islamophobie et l’homophobie à la liste des interdits tandis que les médias les plus menteurs de tous les temps ont osé créer des « observatoires de fake news » censés indiquer aux Internautes ce qu’il ne faut pas croire. J’ai ainsi relevé plusieurs informations présentées par ces observatoires comme fausses alors que le texte qui les présentaient ainsi confirmaient en fait lesdites informations.

    IL n’y a pas jusqu’à l’Education qui n’ait été touchée par ce qu’il faut bien appeler une dictature : en France, Hollande fit encadrer les programmes par une commission toute puissante qui vendit avec aplomb le libertarisme ultra libéral aux petites têtes brunes et blondes. Hollande fut heureusement viré et, peu de temps après, les membres de ce comité qui alla jusqu’à vanter le « genrisme » dans les écoles : il n’y a pas l’homme et la femme mais une foule d’humains décidant d’être d’un genre ou de l’autre au gré de leur jouissance. Au Canada, sans doute pour se moquer, un senior revendiqua même un autre âge légal que le sien ! Tout cela est abondamment vendu par les médias, surajoutant leurs audiences à celles des professeurs. Sans que les opposants aient réellement la parole, sinon esseulés dans des émissions où ils sont agressés à un niveau dingue et inadmissible. Voyez à cet égard les écarts de langage d’une Christine Angot jamais stoppée dans ses délires mêmes les plus odieux.

    Mais qui a eu sa récompense après avoir donné le coup de grâce à Fillon pendant le coup d’Etat médiatico-judiciaire qui a porté Macron au pouvoir : on a atteint là le maximum d’hypocrisie d’un pouvoir ne reculant devant rien pour le conserver. Et la population, majoritairement manipulée par les médias, vit la cupidité du personnage mais pas le coup d’Etat dont elle se ficha totalement. « Plutôt un coup d’Etat que ce fou de fric » pensèrent les plus lucides. Ils eurent donc le coup d’Etat et la poursuite de la politique dont ils ne voulaient plus, CQFD.

    On voit donc très clairement -encore faut-il sortir de sa surconsommation et ouvrir un peu les yeux- que nous ne vivons plus dans un régime démocratique. Certes, nous continuons à voter et les candidatures sont libres. Mais seules celles qui passe à la télévision ont des chances réelles, la démonstration a été faite à de nombreuses reprises (liaison évidente entre les temps d’antenne et le nombre de voix) De plus, les vrais opposants, d’extrême droite donc puisque la gauche a failli, sont présentés comme des fascistes, là encore la caisse de résonnance des médias jouant un rôle décisif. Aux Etats Unis, Trump fut élu (extrême droite mais pas fasciste !) tandis que Sanders, volé comme au coin d’un bois par Hillary Clinton, est retombé aujourd’hui à un niveau du type Mélenchon. Et ces deux gauchistes refuseront jusqu’à la mort de s’allier avec les opposants d’extrême droite, les « souverainistes »

    Je n’ai rien contre une mondialisation qui a permis le décollage de l’ex Tiers Monde. Mais je n’accepte pas qu’elle soit imposée aux populations occidentales de manière dictatoriale. La démocratie est la seule valeur que nous puissions réexplorer aujourd’hui pour tenter de surmonter notre déclin. La pensée unique est le summum de l’anti-progressisme, une pensée fermée à toute contestation n’a aucune chance d’évoluer. On le voit très nettement avec l’échec de l’élitisme français, le carnet d’adresse ayant remplacé la compétence. Je ne parle pas que des énarques ici mais aussi de l’ingénierie française qui a disparu dans un nombre incalculable de domaines. Dans le nucléaire par exemple si on veut bien analyser l’échec des EPR. Mais aussi dans l’automobile où les Français ont dû s’allier avec des Asiatiques pour se sortir de la mouise. Il ne faut pas chercher la cause plus loin que le consensus qui s’est abattu sur notre pays. Nous n’avons plus d’idées puisque celles-ci sont consensuelles : qui peut en imaginer de nouvelles ! Tandis qu’au nom de ce consensus mortel, nous avons laissé une ploutocratie (dictature de l’argent) s’installer en lieu et place de notre antique démocratie. Il suffit de lire les sujets du baccalauréat au fil des années pour constater que nous sommes vraiment tombés très bas dans le genre pensée unique. Ça touche même des gosses de 17/18 ans ! L’écologie, ce foutoir politisé à mort (il permet aux jeunes de se battre pour autre chose que l’horreur des partageux !), est même devenu une croyance pour les tout-petits. Au lieu d’être confiée à de vrais spécialistes proposant des constats et des solutions sérieuses à des politiques ne cherchant pas prioritairement à rester au pouvoir. On trouve encore sur le Net de tels spécialistes mais qui, pour l’instant et sans doute pour longtemps, continueront à prêcher dans le désert. Ce qui prouve une fois de plus que nous ne sommes plus en démocratie.

    Laquelle implique tout de même le respect des minorités, notamment dans les médias. Trouvez-vous que ce principe de base de la démocratie soit respecté aujourd’hui ? Il est bien inscrit dans nos lois, mais uniquement pendant un temps extrêmement court précédent les élections. Et on trouve encore des majoritaires pour hurler à la mort parce qu’on a osé leur donner la parole ! La mort de la démocratie, tuée volontairement par les ploutocrates, nous a rendu sectaires et intolérants. La démocratie est morte aussi dans nos têtes. La gauche en est morte, la droite bientôt aussi et ce qui reste, ce corps mou d’imbéciles obéissant au consensus voulu par les ploutocrates, n’accepte plus aucune critique. Notre déclin est aussi inscrit dans l’effondrement de notre sens politique.

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :