• La mort politique de DSK : une chance pour la Gauche ?

    L’affaire DSK, une aubaine pour la gauche ?

     

    En cette mi-mai, une affaire de mœurs réjouit mon cœur : le célébrissime DSK, Dominique Strauss-Kahn pour la justice américaine, vient de perdre toute chance d’être élu un jour président de la République française. Et, partant, de mener une politique ultra libérale dans notre pays au nom de la gauche (elle est menée actuellement, mais au nom de la droite)

    Tous les policiers de France et de Navarre ainsi que tous les journalistes même mal informés savaient que l’homme pêchait par ses appétits sexuels. Un vrai malade qui avait une chambre à l’année dans un palace parisien pour y lutiner des femmes jeunes pour la plupart, même très jeunes quand il y emmenait ses étudiantes de Nanterre. Aux Etats Unis, des Michael Douglas en pagaille ont présenté leurs excuses au public et se sont fait soigner (car, à ce niveau, ça se soigne !) Mais pas le patron français du FMI qui confond « tirer un coup » et « aimer les femmes » et qui confond aussi, selon l’attorney général de New York, viol et rapports consentis. Pour ce dernier chef d’accusation, attendons la suite. Mais la frénésie sexuelle du bonhomme est certaine et elle serait ressortie de toute façon pendant son éventuelle campagne électorale. Et dire que les Socialo du PS s’apprêtaient à voter pour ça !

    Mais, du coup, ils veulent, selon les sondages, s’engager aux côtés du plus centriste des candidats poids lourds restants, j’ai nommé François Hollande. Un mec qui est issu en droite ligne du Jospinisme de la renonciation, celui qui disait que l’Etat ne pouvait pas tout faire et, notamment, empêcher une délocalisation. Le gouvernement socialiste qui a aussi privatisé plus que celui de Balladur et qui a fait du désendettement de l’Etat sa priorité. En conséquence de quoi l’homme Jospin ne fut même pas envoyé au second tour de la présidentielle de 2002 tandis que l’homme Hollande, sa créature au secrétariat national du PS, s’incrustait le plus possible jusqu’à faire chuter sa compagne Ségolène Royal face à Sarkozy : jamais les bruits d’incompétences n’avaient été prononcés si fort de la part des Jospinistes cornaqués par Hollande, ce alors que l’ex dame de son cœur avait été, comme lui, un clone de l’ENA avant d’œuvrer au cabinet de François Mitterrand puis de devenir ministre : pas plus incompétente que son ex pour qui l’argumentaire économique est tout sauf de gauche et qui, en guise de compétences, gère un conseil général après avoir géré le PS on ne peut plus frileusement.

    Songez que ce fâcheux applaudit des deux mains l’œuvre conjointe du FMI et de Trichet en Grèce : aujourd’hui, la Grèce doit emprunter plus qu’avant (forcément, vu la récession économique entraînée par la politique d’austérité drastique –baisse des salaires des fonctionnaires en plus des coupes sombres dans les effectifs, quand même !- les rentrées fiscales sont en chute libre !) et à un taux de…25% alors qu’avant l’intervention des méchants, ce taux n’était que de 8% !! Ce, tandis qu’il flétrit en privé l’intervention des Chinois au Portugal où, là, il s’agit de restructuration de dette (les Chinois rachètent la dette publique portugaise et en allonge les échéances) Bref, c’est pas vraiment mieux que DSK qui n’avait pas, lui, eu le mauvais goût de changer de look pour tenter de plaire aux électrices : visiblement, celles-ci préfèrent les hommes un peu enveloppés !!! Peu importe en fait de leur choix profond : l’essentiel est de voir que Hollande n’a maigri que pour l’élection présidentielle d’une part, son principal programme étant donc le look, tandis que ses instincts ont été, sont et resteront plus que probablement libéraux. Bref, un DSK aux petits pieds un peu-beaucoup ridicule à l’Elysée. Et qui n’améliorera ni le sort des plus pauvres en France, ni l’avenir général des Français : il est en effet bien incapable et de rebooster une Europe en perdition, et d’en sortir pour au moins éviter le crash du pays dans cette perdition. Il manque singulièrement d’estomac pour ça et il a d’ailleurs tenu à nous le dire clairement en maigrissant…

    Donc, s’il est candidat, d’une part le PS sera, au premier tour, à un étiage assez bas, d’autre part il renforcera une possible candidature Borloo contre laquelle il aura bien du mal à se défendre s’il parvient au second tour. Car son manque de caractère et son incapacité à prendre parti apparaîtront très vite en campagne électorale. Pour l’instant, il parle des Jeunes comme, jadis, Lecanuet de l’Europe : « les Jeunes, les Jeunes, les Jeunes » En oubliant qu’ils ne votent pratiquement pas, les dits Jeunes. Mais le bonhomme fait campagne au sein du PS, à l’ancienne, en comptant les sections qu’il peut contrôler et en comptant sur les dits Jeunes du PS, politisés eux, pour rafler la mise des primaires. A pleurer ! Et c’est ça qu’on veut opposer à Sarkozy qui, mauvais président s’il en est, est un compétiteur redoutable bénéficiant, qui plus est, d’un appareil d’Etat plus que soumis et de la quasi-totalité des médias qui comptent !

    Aubry n’est guère mieux, ayant applaudi, elle, aux entreprises guerrières de Sarkozy. Mais elle est responsable tout de même des 35 heures et fut ministre du Travail sous Jospin. Donc un peu défenseuse des droits des travailleurs. Mais elle semble mal partie (dans les sondages) dans une primaire où les peaux de banane ne manqueront pas aux candidates : les énarques et hiérarques du parti sont viscéralement macho comme Edith Cresson put s’en rendre compte quand elle était à Matignon. Leur ire la poursuivit même jusqu’à Bruxelles, lorsqu’elle y fut nommé commissaire à je ne sais plus quoi par Mitterrand : les chefs du PS s’arrangèrent pour cramer définitivement cette première ministre qui avait le tort d’être une femme et de ne pas sortir de l’ENA. Alors, un match Hollande/Aubry, je ne vous dis pas ! Le Hollande, si médiocre qu’il soit (c’est un apparatchik médiocre), sera magnifié tandis que la Aubry sera démolie. On dit déjà d’elle qu’elle boit… Puis, après la consécration de Hollande (j’ai confiance dans l’intelligence des Français mais pas dans celle des membres d’un PS qui fit la guerre en Algérie, envoya les troupes françaises en Egypte et  qui soutiennent aujourd’hui massivement et contre vents et marées des potentats locaux aussi pourris qu’insupportables), ce dernier Hollande sera à son tour démoli au profit de la droite quelle qu’elle soit. Et il peut ainsi perdre une bataille a priori imperdable…

    Bref et dans tous les cas de figure (sauf le cas Aubry), la victoire du PS n’est pas gagnée d’avance. Elle ne l’était pas dans le cas DSK du fait de ses casseroles, elle l’est encore moins dans le cas Hollande (manque d’épaisseur et ce con se fait maigrir !) Et ce ne serait pas vraiment, en plus, la victoire de la gauche mais celle d’un très palot social-libéralisme.

    Vous vous apprêtez donc à vous abstenir en masse, refusant presque viscéralement de voter pour Mélenchon et le Front de gauche. Ou bien vous avez opté déjà et sans complexe pour Marine… Facile ! Pensez-vous qu’en renvoyant les immigrés en nombre plus important qu’aujourd’hui, ça fera revenir vos usines et vos centre de recherche et développement en France ? Bien sûr que non ! Mélenchon comme Marine veulent une sortie de l’Europe et ils ont raison. Mais la sortie de gauche n’est pas frileuse, ça n’est pas une voie sans issue. La France restera ouverte au Monde et, pour une fois depuis bien longtemps, retrouvera le chemin de l’innovation sociale (le salaire maximum, la surtaxation des dividendes, l’interdiction des emplois précaires à l’infini, etc.) Le Monde nous regardera à nouveau avec envie. Je ne parle pas des « grands » du Monde, mais des foules laborieuses et mal payées. Celles qui nous imiteront dès que nous aurons prouvé que l’expérience est non seulement viable mais salutaire. Et elle ne pourra que l’être en reprenant, après les 30 monstrueuses que nous venons de vivre, débouchant sur un tout fric insupportable, le chemin du progrès social et de l’humanisme. N’oubliez pas, en outre et au plan économique, que nous crevons de nos inégalités et de notre élitisme forcené. Mal réparties, nos richesses ne permettent plus de soutenir une croissance déjà molle du fait de nos niveaux d’équipement. Le « Bio » ne peut toujours pas décoller, faute de grande consommation ; nos constructeurs automobiles sont forcés de donner dans la petite voiture et dans les remises dingues (jusqu’à 30% !) faute d’acheteurs pour les grands modèles (les chéris de la croissance donnent dans la bagnole allemande ou le 4X4 de luxe) ; les prix de la viande restent ternes en dépit de cours mondiaux boostés par la consommation des pays émergeants qui exportent donc moins. Mais ces prix restent élevés chez les détaillants ; et l’immobilier ne s’écroule toujours pas en dépit d’un nombre faramineux de logements vides : les chéris de la croissance, toujours eux, ne vendent pas (ils n’en n’ont pas besoin) tandis que les prix auxquels ils accepteraient éventuellement de vendre rebutent le grand public : quelques « golden jeunes » seulement acceptent de s’endetter sur 20 ou 25 ans pour mettre ces prix et le marché ne fonctionne que sur ces rares transactions… Bref, on ne voit pas de sortie dans cette crise finale d’un libéralisme auquel vous continuez cependant à faire les yeux doux : comme aux Etats Unis, vous « espérez devenir riches » Et, bêtement, vous craignez qu’un gouvernement vraiment de gauche vous dépouille du peu que vous avez mis une vie entière à amasser : votre maison ou votre appartement, votre voiture, les études des enfants, un peu d’argent à la Poste ou dans votre banque préférée… Mais ce gouvernement vraiment de gauche ne toucherait pas à vos petites économies. Notez que dans l’ex URSS, il n’y avait pratiquement pas de droits de succession puisque toutes les grandes fortunes avaient été abolies ! Le gouvernement d’un Mélenchon ne s’attaquerait qu’au dessus du panier, lequel et contrairement à ce qu’on veut vous faire croire, est suffisant pour couvrir et le remboursement de la dette publique, et une reprise de l’Etat Providence incluant  la renationalisation des services publics. Songez aux dépenses militaires stupides, des milliards par an presque aussi importants que le budget de l’Education nationale avant les coupes sombres de Sarkozy ; songez au près de 200 milliards €/an d’évasion fiscale (pas vos petites tricheries, les vraies magouilles faites avec l’autorisation de l’Etat) ; songez aux biens immobiliers publics sans réel intérêt, plus de la moitié de la dette publique ; songez aux milliards donnés aux étrangers pour des biens dont l’utilité reste à démontrer (notamment ces Audi, BMW et autres Mercedes), en dehors bien sûr de « l’effet frime »… Bref, une sortie de l’Europe accompagnée, dans un premier temps, par un contrôle stricte des importations (devant être strictement égales, en valeur, à nos propres exportations dans les pays concernés) et, encore plus stricte, des changes, nous permettrait de réduire drastiquement notre déficit commercial et, partant, la fragilité de notre nouvelle monnaie. Accompagnée par une réforme fiscale réellement en profondeur, comprenant, en sus des mesures déjà indiquées ci-avant, d’un impôt extrêmement progressif destiné à réduire la dette publique, et l’affaire sera « dans le sac » comme on dit : seuls les riches devront réduire leur consommation. Mais comme il y a une limite à ce qu’ils peuvent consommer, ils devront surtout réduire leurs placements financiers et, donc, le poids des dits placements financiers sur l’économie réelle. CQFD !

    Dans un 2e temps, notre pays pourra recréer une autre Europe sur des bases plus populaires et plus sociales, avec notamment moins de membres qu’aujourd’hui. A plus long terme, l’Union Européenne deviendrait une simple zone de libre échange au sein de laquelle existerait une véritable Union européenne, fondée non sur les seuls intérêts économiques mais sur le partage de valeurs, de traditions et de cultures communes. En gros, le retour à des valeurs humanistes au travers desquels l’accumulation d’argent et le manque d’éthique dans cette accumulation seraient bannies.

    En fait, je rêve d’un second tour Mélenchon/Marine Le Pen qui mettrait les Français réellement devant leurs responsabilités : les gens de droite pourraient ainsi juger de leurs préférences viscérales réelles tandis que des gens qui se disent de gauche seraient eux-aussi obligés  de choisir entre l’abstention (ou le vote blanc) et le basculement réel à gauche. En sachant que le Front de gauche n’est pas le bolchévisme tandis que la composante communiste du FG a abandonné le préalable de la « dictature du prolétariat ».  Le Front de Gauche est aujourd’hui démocratique, plus qu’un PS devenu plus élitiste qu’au 19e siècle. Que sont, en son sein, devenus les leaders qui ne sortaient pas de l’ENA ? Marie-Noëlle Lienemann, par exemple. Ou Edith Cresson…

    Pourquoi faut-il que les électeurs de gauche continuent à croire aux bobards des énarques du PS après qu’une grande partie de ceux-ci aient fait la danse du ventre devant Sarkozy pour obtenir des places ? Et après qu’un Rocard ait avoué qu’il n’était allé à gauche que parce qu’il n’y avait pas de place à droite ? Ce, après avoir interdit aux non-énarques d’être membre des cabinets ministériels de son gouvernement ? Qu’y a-t-il encore de « rouge » dans ce parti ? Votez Mélenchon ! Et dès le 1er tour !!


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