• La pensée exemplaire d'un ex-gourou du PS

    Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 24<o:p></o:p>

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    La pensée exemplaire d’un ex-gourou du PS<o:p></o:p>

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    Il est un petit marquis de Neuilly (sur Seine, bien sûr !) qui écrit beaucoup d’essais. Il conseilla un temps le roi de France de gauche avant de passer, avec armes et bagages, du côté de celui de droite. A vrai dire, Mitterrand ne l’avait appelé à ses côtés que pour lui permettre de témoigner, plus tard, de la grandeur de son règne. Il avait terminé sa carrière gauchiste en dirigeant à prix d’or (de marbre plutôt puisqu’il en couvrit littéralement l’immeuble qu’il avait fait construire pour abriter sa coûteuse direction) je ne sais plus quelle banque européenne (d’investissement, je crois ?) On l’a peu vu sous Chirac, trop peu intello certainement pour goûter sa rhétorique. Mais il est réapparu en grandes pompes sous Sarkozy, « son » maire et « son » ami. Faut dire à sa décharge que le nouveau roi de droite avait fait des pieds et des mains pour récupérer le « vote juif », gesticulations finalement couronnées de succès, notre petit marquis ne faisant donc que suivre un mouvement dont il n’est qu’un rouage : sur ce plan, il présente d’ailleurs un aspect très sympathique puisque leader, avec quelques autres, du mouvement qui soutient –à juste titre à mon avis- que la grandeur d’Israël n’est pas dans sa terre de prédilection mais dans ce que sa diaspora a légué et lègue toujours au Monde dans les domaines des finances, de l’économie et des arts.

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    Et c’est effectivement considérable, de la médecine et l’orfèvrerie à la musique et à la pensée politique en passant par la banque et le commerce international. Tout ça parce que, se défendant constamment contre des attaques aussi monstrueuses que grotesques, les Juifs de la Diaspora ont su pérenniser leur culture via l’éducation et la solidarité. Rien de plus : apprendre aux enfants à lire, écrire et compter depuis des temps immémoriaux et ne jamais laisser un des leurs dans la merde. Si j’étais issu d’une communauté précise, je n’aurais pas détesté bénéficier d’un tel traitement, à la fois vachement efficace et peu coûteux (ce sont les femmes qui apprenaient aux enfants pendant que les hommes travaillaient). Interdits pratiquement partout de droit de propriété terrienne, les Juifs durent par ailleurs se consacrer à l’artisanat, au commerce et à la Finance pour survivre. Parfois de force puisque les Grands du monde médiéval les obligèrent souvent à pratiquer l’usure, ne pouvant le faire eux-mêmes. Pour rembourser des dettes trop importantes, ils organisaient alors des pogroms, CQFD ! Et les Juifs n’étaient pas dupes : ils savaient qu’en se faisant banquiers, ils pratiquaient un métier qui mettaient en danger de mort leur communauté (quand on lance un pogrom, on ne peut pas dire aux assassins de ne toucher qu’aux banquiers en épargnant les artisans et les artistes…)

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    Je vous dis tout ça pour que vous compreniez bien que ce qui suit n’est pas une nième attaque antisémite sur le Net : je juge simplement le dernier bouquin d’Attali, Une brève histoire de l’avenir, beaucoup trop nul mais tellement caractéristique de l’actuel temps de nos élites (juives comme non juives) que je juge plus qu’utile de vous en parler en détail. J’avais lu plusieurs autres bouquins du bonhomme et j’avais plutôt aimé même si son écriture m’a toujours paru laborieuse. Notamment une histoire des Juifs et de l’argent qui vaut réellement de s’y arrêter. Cette fois-ci, c’est plutôt bien écrit : c’est le fond qui ne vaut rien. « Quand les choses se pensent clairement, elles s’énoncent clairement », dit-on. Une brève histoire de l’avenir en est le contre-exemple. Ce, alors que le bouquin fait fureur dans la haute société. Les cadres sup en ont parlé voici quelques mois en réunions de direction. Avec des mines sentencieuses, ils ont demandé à leurs collaborateurs s’ils avaient lu le « dernier Attali » (c’est comme ça qu’il est arrivé sur ma table de nuit, prêté à ma femme qui m’a demandé de lui en faire une critique, la première fois qu’elle me demande ça en 35 ans de mariage !) Bref, je ne pouvais pas échapper à la dite critique.

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    Faut dire que, dès les premières lignes, j’ai été en alerte. Alors que j’étais plutôt un fan de l’auteur, je lis d’entrée : « La situation est simple : les forces du marché prennent en main la planète. Ultime expression du triomphe de l’individualisme, cette marche triomphante de l’argent explique l’essentiel des plus récents soubresauts de l’Histoire » Ca n’a l’air de rien, comme ça. Mais quand on a un esprit critique on ne peut que s’arrêter sur une affirmation aussi péremptoire, qui conforte en fait la clique des prédateurs économiques : c’est vous qui gagnez, mecs, dit en effet crûment Attali aux Messier, Forgeard, Zacharias, Jaffré, Naouri (ex-conseiller de Mauroy, celui-là), Lindsay Owen-Jones, Arnault, Bernard Charles, etc., qui se goinfrent sur le dos des entreprises qu’ils dirigent et qui commençaient à raser les murs : là, on leur dit qu’ils peuvent ressortir au plein jour et claquer leur pognon au vu et au su du grand public. Que Sarkozy, finalement, est dans le vrai quand il le fait et qu’il ne faut pas avoir honte d’être riche puisqu’on triomphe. A-t-on jamais vu un triomphateur honteux ? J’avais pourtant, moi, dans mon petit coin minable, l’impression que, sous la pression, justement, du grand public, le « grand capital » était obligé de mettre un bémol à sa folie argentesque et pas seulement qu’en France.

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    C’est donc avec un esprit devenu méfiant que j’ai attaqué le livre. Résumé rapide pour que vous n’alliez pas l’acheter : les forces du marché finissent par triompher des Etats qui disparaissent. C’est à la fois « l’hyper empire » et la loi de la jungle (avec des « hyper pirates » que plus rien ne vient contrarier) mais, heureusement, quelques élites dont on voit aujourd’hui les prémices (les ONG !) vont venir adoucir tout ça et empêcher que le monde sombre dans un « hyper conflit » dévastateur. Si, si, je résume parfaitement les propos du Monsieur. Je vous dis tout de suite ce que j’en pense : c’est grotesque ! Mais bon, la critique a ses lois et faut que je détaille mon attaque. Pas difficile : pour arriver à ses grandguignolesques conclusions, le petit marquis de Neuilly (sur Seine) part d’un constat historique péremptoire : l’ordre marchand actuel (le capitalisme) est l’héritier d’une évolution qui commence à Brugge au 13e siècle après JC et qui a comporté 9 étapes jusqu’à présent. Auparavant, l’idéal marchand (lois du marché plus individualisme plus liberté) a été forgé par deux nations, les Grecs et les Juifs. Les étapes sont le règne momentané de villes commerçantes, disposant d’un arrière pays agricole et d’un port  et qui ont su attirer en leur temps toutes les forces vives (Attali parle de forces créatrices) de la planète. Ce sont les « cœurs » du développement marchand, sans lesquels bien entendu les périphéries ne se seraient pas développées (là aussi l’auteur emploie des termes spéciaux pour appeler et détailler les périphéries). C’est donc à Brugge que commence l’épopée qui durera 1 siècle ½, nous dit l’auteur, de 1200 à 1350. Caractéristiques : invention de l’étambot, un machin qui permet aux navires d’avancer contre un vent contraire ; mais aussi fin du servage (remplacé à Brugge par le salariat). Puis viennent, toujours dans le même esprit, Venise (1350-1500), Anvers (1500-1560), Gènes (1560-1620), Amsterdam (et sa célèbre « flûte » -le bateau-, 1620-1788), Londres bien sûr, de 1788 à 1890 (c’est précis parce que, nous explique l’auteur, à chaque fin de cycle –lui parle de « forme »- y’a une très grave crise financière qui fait fuir tous les riches), et toc !, c’est fini pour l’Europe. Après, ça va aux « States » et ça s’y maintient : Boston, 1890-1929, New York, 1929-1980 et, in fine, Los Angeles qui serait à la veille de son écroulement. Si il doit y avoir un nouveau « cœur », nous dit Attali, ça sera toujours aux Etats Unis. Mais il n’y croit pas, à ce nouveau cœur : pour lui, c’est fini, ces périodes au cours desquels le moteur de l’évolution prenait « forme » : un, les Amerloques vont se replier sur eux-mêmes ; deux, Internet permet aujourd’hui aux élites (les fameux créateurs) de ne plus se concentrer en un lieu pour exister. Pas beau tout ça, non ? Pour vous laisser le temps de digérer, je passe à un nouveau paragraphe…

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    Vous pensez bien qu’avec ma tête de caboche je pouvais pas laisser passer ces affirmations péremptoires (le ton est très, mais vraiment très assuré, dans le bouquin !) sans réagir ! A commencer par une interrogation : quid des Chinois dans tout ça ? Je suis revenu en arrière : notre petit marquis en parle effectivement et à plusieurs reprises. Mais il ne cite qu’une fois, et encore à titre anecdotique, la « route de la soie », pourtant essentielle et dans l’évolution de l’homme « marchand » et dans l’évolution des sciences. Car, sans route de la soie, il n’y aurait pas eu la fameuse « Renaissance » des idées européennes à partir du 16e siècle et donc pas toutes les belles inventions qui ont, de « forme » en « forme », façonné l’évolution marchande du monde selon Attali. Pour lequel tout ce qui précède Brugge est sans intérêt, tout juste une succession de conflits entre les « ordres » religieux et militaires. Il ignore pratiquement Rome qui ne compte pas pour lui, comme s’il ne s’était s’agit que d’une longue et inutile période d’alliance entre ces deux ordres dépassés : tout le monde sait que les Romains ignoraient le commerce, n’est-ce pas !? Quand on pense qu’on sait aujourd’hui que la route de la soie existait déjà à l’époque de Rome qui dut même interdire les importations chinoises pour protéger l’économie romaine… Mais les gens de Neuilly n’ont plus le temps de lire, pris si intensément qu’ils sont par leurs activités marchandes « créatrices ». Les pauvres…

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    En attendant, les prémices du bouquin sont donc faux : l’histoire du capitalisme mondial ne repose pas que sur la saga d’une poignée de villes occidentales et Attali se fourre le doigt dans l’œil jusqu’au cou. Quand il confère d’ailleurs aux Etats Unis seuls la capacité de recréer une nouvelle « forme » après la chute prévisible de Los Angeles, il oublie gravissimement que l’Asie s’est relevée enfin de la chute de la fameuse route de la soie : l’avenir ne s’écrit pas que sur la côte ouest des Etats Unis ! Attali reconnaît d’ailleurs qu’aujourd’hui, le trafic maritime est plus important dans l’océan Pacifique que dans l’océan Atlantique. Sans toutefois en tirer les conclusions nécessaires, à savoir que l’axe de développement de « l’ordre » marchand s’est à nouveau positionné hors du monde occidental. Bon sang ! Tout le monde en parle, même les Américains, les Chinois nous rattrapent à la vitesse « Grand V », Dubaï est devenu le port le plus dynamique du monde, c’est un australien qui est devenu le « Citizen Kane » du monde mais les oreilles du petit marquis de Neuilly (sur Seine) n’ont jamais ne serait-ce que légèrement frémis face à ce tintamarre ?! Dommage, car s’il avait retenu ne serait-ce que quelques lambeaux d’idées du dit tintamarre, il aurait pu aller voir comment se comporte le capitalisme asiatique : il n’est pas individualiste mais familiale et il s’accommode parfaitement du manque de libertés « formelles ». En clair, c’est un « ordre marchand » qui n’a rien à voir avec l’ordre façonné par la culture « judéo grecque » Et c’est un ordre marchand parfaitement soumis aux Etats qui en hébergent les holdings : le PC chinois mais aussi l’Etat malaisien ou sud coréen en témoignent : on ne parle pas de « dépérissement de l’Etat » en Asie !

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    Tout le reste du bouquin est à l’encan, jusqu’à la caricature parfois. Ainsi, l’homme issu d’une prodigieuse lignée de parents formateurs, voit-il disparaître l’Education nationale, remplacée dans « l’hyper empire » par des gadgets électroniques appelés, par lui, des « autosurveilleurs » (on ne voit pas très bien ce que ça peut être en matière d’Education !). La santé ? Place aux « autoréparateurs » bien sûr ! La sexualité ? « Nomade » évidemment : allez expliquer ça à une famille chinoise basique ! Notre petit marquis s’est visiblement et en fait contenté de généraliser quelques comportements minoritaire d’élites parisiennes qu’ils côtoie mais qui sont loin d’être représentatives de l’ensemble : ce n’est pas parce qu’on divorce aussi facilement à Paris qu’on le fait à Singapour (on a déjà un taux bien plus bas de divorce dans les seules provinces françaises). Et ce n’est pas parce que des parades et un bourrage médiatique peuvent le laisser penser que les homosexuels représentent plus de 10% de la population. CQFD mais on ne bâtit pas un scénario sur l’avenir à partir de conneries de ce genre ! Et dire qu’il est maintenant conseiller de Sarkozy…

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    En fait, Jacques Attali, comme plein d’autres leaders et ex-leaders socialistes actuellement, tentent de faire abandonner toute idée non libérale aux élites de gauche (le petit peuple, lui, ne les lit pas et ne les écoute même pas. Mais il ne compte pas aux yeux de ces leaders). « Laissez-nous faire, explique-t-il, ou ce sera la catastrophe ! » Au delà de sa toujours grotesque assimilation des « sauveurs » aux ONG, soi-disant ancêtres d’une « hyper démocratie » à venir (Kouchner doit, lui aussi, habiter Neuilly sur Seine), il croit en faire une démonstration parfaite avec les quelques pages qu’il consacre à la France, ce pays qui n’a jamais su accoucher d’une « forme » (il ne l’aime visiblement pas beaucoup. Mais nos dirigeants actuels aiment-ils leur pays et ses habitants ?) Et il fait un petit peu mouche avec l’historique de la dette publique –je dis « un petit peu » car il reconnaît aussi que c’est l’Etat qui est dans la merde, pas le pays : celui-ci dispose, nous rassure-t-il, de considérables bas de laine privés. On respire…- Avant de sombrer à nouveau dans le ridicule en disant exactement tout et son contraire : on ne forme pas de bonnes élites, dit-il par exemple, tandis que nos élites ne s’en vont pas, elles aiment bien notre mode de vie. Je suppose qu’elles ne sont pas bonnes parce qu’elles ne s’en vont pas ? Tout, je dis bien « tout », est dans la même veine. On ne sait pas quoi penser après avoir lu le maître, c’est une effroyable bouillie pour cochon. Moi, je vois surtout qu’il ne sait pas lui-même ce qu’il faut en penser, le petit marquis. Forcément : parce que la France (mais notre pays n’est pas le seul dans ce cas) ne rentre pas dans son beau schéma tronqué. Elle fut puissante alors qu’elle ne disposa jamais d’un « cœur » comme Brugge, Anvers, Venise, Gênes ou Londres. Elle brilla par sa culture, ce qui n’a strictement aucun intérêt dans « l’ordre marchand ». Sachant en outre que seuls les « cœurs » marchands sont à même d’attirer les artistes (selon Saint Attali). En fait, cette conclusion attalesque n’est que l’illustration de son ratage historique : non, monsieur le petit marquis de Neuilly, l’histoire du monde ne se résume pas à celle du commerce dont, en outre, vous ignorez tous les aspects non occidentaux. Vous n’arrivez pas à placer le pays qui vous héberge et qui vous a largement fait vivre dans vos idées parce que celles-ci sont fumeuses. Et vous passez finalement à droite non pas parce que votre communauté l’a fait (je vous sais non communautaire à cet égard), mais parce que, hors compréhension, il ne reste que l’intérêt. Et vous êtes de Neuilly (sur Seine), mon petit marquis, pas de Ménilmontant,  CQFD ! Et dire qu’il n’y a presque plus que ça pour diriger le PS aujourd’hui, un ça dont les insupportables car trop prédateurs cadres sup se disputent les écrits…

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