• Le capitalisme ne s'autodétruira pas de lui-même

    Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 31<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Comment transformer un mouvement contestataire en parti de gouvernement<o:p></o:p>

    II – Critique du marxisme : le capitalisme ne s’autodétruira pas de lui-même<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    <o:p> </o:p>

    Pas facile de commencer à bousiller les croyances de gauchistes que, par ailleurs, on espère voir arriver au pouvoir dans les années qui viennent ! Aurais-je dû, psychologie oblige !, débuter par des propositions ? Je ne le crois pas : pour qu’un mouvement contestataire encore négligeable électoralement devienne un parti de gouvernement, il faut d’abord que ses bases idéologiques soient admises par les électeurs. Et le trotskisme est loin de l’être ! Pour votre gouverne, je vous rappelle rapidement ce dont il s’agit : tout bêtement d’un retour aux sources du marxisme pendant la révolution communiste russe. Staline décrète que le communisme peut se limiter à un pays, contre l’avis de feu Karl Marx qui prônait une révolution mondiale à l’issue de la mondialisation totale du capitalisme (entre temps, les exploités n’avaient qu’à attendre, sachant que le capitalisme, pour Marx, était très supérieur, socialement parlant, au féodalisme qu’il remplaçait partout) Trotski, lui, reste basiquement marxiste et défend l’idée de poursuivre les combats de son armée (l’Armée rouge, qu’il a créée de toutes pièces et qui écrase les Russes « blancs » armés et conseillés par les Occidentaux) au delà des frontières russes et jusqu’à la victoire finale du communisme sur toute la planète. On sait ce qu’il est advenu de la thèse : un, Staline élimine le trotskisme ; deux, l’Occident, nettement plus performant économiquement, élimine le communisme.

    <o:p> </o:p>

    Ca, c’est l’histoire telle que vos médias vous l’ont racontée. La réalité est sensiblement différente de cette thèse simpliste. Commençons par le trotskisme lui-même : Si Trotski s’oppose idéologiquement à Staline, c’est surtout parce que Lénine n’a désigné aucun successeur. Il faut donc bien que Trotski présente une ligne différente de celle de Staline (en fait, le stalinisme s’aligne sur le léninisme, soit l’acceptation d’une révolution communiste dans un seul pays). Et, poussé par ses succès militaires, l’homme n’hésite pas à croire qu’il peut vaincre le monde entier. Il échoue toutefois à prendre la succession de Lénine à Moscou et son sort est scellé : il oublie en effet le poids, chez les Russes, du chef légitime (voir à cet égard les fabuleuses saga des faux Tsars ou, plus bêtement, le destin de Boris Godounov) parce qu’il est trop marxiste et ne tient aucun compte de la psychologie des peuples. J’y reviendrais mais j’ai décidé, parce que c’est plus facile, de commencer par la soi disante inéluctable extinction du capitalisme internationalisé (Marx ne parlait pas encore de mondialisation mais sa vision n’en reste pas moins prophétique à cet égard).

    <o:p> </o:p>

    Quoi qu’il en soit, le marxisme pur et dur édicte donc que le capitalisme finira pas s’autodétruire car, à un moment de son développement internationalisé (= mondialisé), il ne sera plus « productif », ayant beaucoup trop « capitalisé », soit regroupé ses forces de production : il n’y aura alors plus de concurrence et le capital s’effondrera faute de pouvoir se développer.

    <o:p> </o:p>

    On voit que la vision est d’ores et déjà démentie par les faits : un, le capitalisme a su et ouvrir ses portes aux prolétaires (via « l’accession à la propriété ») et rebondir de technologie nouvelle en technologie nouvelle ; et, in fine, il a su aussi favoriser les plus pauvres de la planète en investissant massivement en Asie (et, demain, en Afrique malgré le racisme effrayant des Blancs face aux Noirs) Bref, le capitalisme se porte très bien en dépit de sa mondialisation qui devait sonner le début de sa fin.

    <o:p> </o:p>

    Les Trotskistes commettent donc une double erreur : d’abord celle, pour ses élites, de se dire que, puisque l’évolution naturelle du capitalisme conduit à la mondialisation des problèmes sociaux, autant attendre que le dit capitalisme aille au bout de sa logique. En foi de quoi, nos Trotskistes ont envahi en masse l’économie libérale dont ils sont devenus des vedettes incontestables et, parfois, surpayées. Des salopards en fait, justifiant par le trotskisme toutes les monstruosités capitalistes qu’ils commettent allègrement (voir le comportement d’un Naouri, patron du groupe Carrefour, ou même d’un Jospin, ex-premier ministre et toujours patron du PS, en ce mois de janvier 2008, via ses émules. Mais ils ne sont pas les seuls, loin de là !)

    <o:p> </o:p>

    Ensuite, ils estiment qu’il suffit d’attendre pour voir le capitalisme tomber comme un fruit mûr. Erreur fatale qui les condamne en fait à la disparition face aux « anarcho-syndicalistes » d’origine essentiellement franco-russe (Proudhon et Bakounine) qui pensaient eux et beaucoup plus pragmatiquement que la lutte contre les capitalistes étaient quotidienne, donc d’abord syndicale et qu’ensuite, « qui vivrait verrait ».

    <o:p> </o:p>

    Et l’on a donc aujourd’hui un Besancenot, membre d’une Ligue révolutionnaire (Krivine) totalement trotskiste qui a l’ambition, face à un Parti socialiste devenu libéral, de créer un grand parti de gauche à l’image de celui d’Oskar Lafontaine en Allemagne. Où, dès Bismarck, le mouvement ouvrier s’est affirmé comme mouvement de gouvernement, donc ouvert aux compromis (jusqu’à la compromission, voir Lassale). Il va donc lui falloir renier ses origines, lui comme l’ensemble des cadres de la Ligue sans lesquels il est aussi nu qu’un nouveau né. Qu’est ce qu’il y a toutefois et à cet égard de condamnable à dire qu’on s’est trompé et que le capitalisme ne s’effondrera pas de lui-même tandis que l’internationalisation de la lutte, doctrine issue de la croyance en l’internationalisme croissant d’un capitalisme voué à l’autodestruction, n’est pas forcément le nec plus ultra de la pensée scientifique. Rappelons à cet égard que Marx et ses feudataires avançaient que leurs idées étaient supérieures à celles des « utopistes », notamment français, car elles reposaient sur des bases scientifiques « indiscutables » : on voit qu’elles sont loin d’être indiscutables, les dites bases !

    <o:p> </o:p>

    Voyons maintenant l’aspect « performance du capitalisme » : d’abord,  ce n’est pas le capitalisme qui a été performant mais le marché face  à la planification. Soit la mise en œuvre de la dialectique entre l’offre et la demande face aux réflexions en chambre des statisticiens. Si les Soviétiques, comme les Chinois l’ont fait par la suite, avaient accepté le marché, alors ils seraient encore au pouvoir, CQFD ! Mais ils ne pouvaient pas l’accepter, le dit marché : car, comble de malchance, l’Etat est chez eux quelque chose d’essentiel : ils sont loin, très loin d’être anglo-saxons, les Moscovites. Pour eux, l’Etat n’est pas une entité contre laquelle on doit se prémunir (voir l’Habeas Corpus) mais, tout au contraire, la puissance tutélaire et bénéfique sans laquelle l’homme socialisé courre à sa perte. Poutine ne réussit pas en cassant l’Etat mais, tout au contraire, en le réintroduisant dans l’économie russe. Cet Etat était donc bien incapable d’adopter naturellement le marché comme règle principale de conduite de ses forces productives.

    <o:p> </o:p>

    Tandis que les Anglo-Saxons, d’origine réfractaires à la chose étatique (ils ont construit leur modèle social contre l’Etat et non avec l’Etat), étaient bien plus ouvert au jeu libre du marché. Et ils ont gagné leur bataille idéologique sur ce point, la productivité du marché s’étant avérée on ne peut plus supérieure à celle du plan. Et, ce, pour de nombreuses années : jusqu’à l’abondance en fait, période à partir de laquelle le marché ne paraît plus très compétitif : il gaspille alors les forces productives en luttes technologiquement stériles tandis que les prix ne reflètent plus les productivités comparées des entreprises mais la simple perception qu’ont les consommateurs de l’intérêt qu’ils ont à consommer telle ou telle marque plutôt qu’une autre, perception dictée en fait par la dictature des médias et de la publicité.

    <o:p> </o:p>

    A vrai dire, cet état du capitalisme n’est évident qu’en Occident : ailleurs, il ne fait que démarrer l’abondance, au détriment d’ailleurs des entreprises occidentales rendues non compétitives et par une masse salariale supérieure à celle des entreprises des pays en développement, et par une pression fiscale inférieure dans les pays en développement et, enfin, par la multiplication des options dans les productions occidentales, options destinées à hiérarchiser artificiellement la consommation occidentale : l’état « ultime » du capitalisme fut en effet obtenu en Occident lorsque les entreprises se mirent à considérer leurs salariés non comme de simples moyens de productions à payer le moins cher possible mais comme des consommateurs à rémunérer suffisamment pour qu’ils puissent acheter leurs productions. Ce, en sus d’un mode de production en grande série généralisé qui abaissa considérablement les coûts de production. Cette apogée dura grosso modo pendant tout le 20e siècle. Au delà, l’Occident commença à s’abîmer dans un élitisme sans avenir qui la rend non compétitive face aux entreprises des pays en développement comme on l’a vu précédemment.

    <o:p> </o:p>

    Nous en sommes là, très loin en fait des schémas simplificateurs de Karl Marx et encore plus éloignés des schémas déjà moins scientifiques d’un Staline ou d’un Trotski. Il suffit, pour s’en convaincre, de considérer seulement la fameuse classe ouvrière, sensée effectuer à elle seule la révolution communiste : les ouvriers représentaient la moitié de la population au 19e siècle en Angleterre (mais nettement moins en France à la même époque). Ils n’en représentaient plus que le tiers au lendemain de la 2e Guerre mondiale et n’en représentent plus aujourd’hui que le quart, tous pays occidentaux confondus. Comment 25% des gens peuvent-ils, à condition en outre d’être tous d’accord, convaincre 75% des gens d’abandonner leurs habitudes de vie pour un monde futur totalement hypothétique ? De plus, les révolutionnaires russes étaient tous partisans de la fameuse « minorité agissante », autrement dit d’un élitisme féroce, parce que la Russie d’avant le communisme était majoritairement peuplée de ruraux arriérés. Quid de cette notion aujourd’hui, dans un Occident archi mûr pour la suppression de l’élitisme ?

    <o:p> </o:p>

    Bref, c’est la base même de l’édifice idéologique du trotskisme qui est en miettes aujourd’hui. Marx fut un précurseur dans un monde sortant à peine de la féodalité et dont les « bonnes âmes » sociales étaient surtout utopiques. Les Français brillèrent d’ailleurs dans ce sport, de Saint Simon au mouvement du Sillon en passant par Proudhon. Le « socialisme scientifique », appuyé qui plus est sur sa réalisation pratique en Russie, s’imposa donc dans le monde au détriment des utopistes qui se compromirent en outre et de plus en plus avec les Libéraux. Jusqu’à se confondre avec ces derniers au cours des dernières années.

    <o:p> </o:p>

    La renaissance d’une idéologie de gauche est donc indispensable car, on l’a vu, le capitalisme est loin de s’autodétruire (c’est le seul capitalisme occidental qui s’abîme dans l’élitisme). Il faut donc que les « petits et les sans grade », majoritaires même en Occident, puissent avoir une perspective crédible d’évolution dans laquelle ils pourront inscrire leurs actions anti-capitalistes, de vote et revendicatives, qui modifieront en profondeur, jusqu’à le supprimer en fait, ce capitalisme inapte à gérer l’abondance.

    <o:p> </o:p>

    Les pseudo socialistes occidentaux se sont, à cet égard, reposé sur l’écologie. Et ça leur a apporté un indéniable plus électoral. Mais le capitalisme, maître des médias, a su récupérer à son profit les thèmes écologiques jusqu’à rendre inaudible le message des pseudo socialistes occidentaux. Exit donc l’écologie qui n’est plus aujourd’hui antiélitiste ni anticapitaliste. Tout reste donc à construire : pourvu que ce soit crédible et attirant. Marx a toujours regretté de ne pas savoir projeter ses vues, trop analytiques pour être poétiques. Il n’a donc jamais décrit le monde meilleur auquel il aspirait et qui devait être très différent du monde soviétique, outrageusement policier et élitiste. En fait, l’avenir idéologique appartient aujourd’hui  et directement à un peuple qui n’a plus besoin d’élites pour savoir ce qu’il veut. Encore faut-il qu’il accepte, le dit peuple, de se plier, comme le fit Marx, aux règles basiques de la réflexion avant de décréter sa pensée profonde : le café du commerce, genre imposé aux petits et sans grade par le capitalisme, est loin d’être productif à cet égard. Il faut du savoir, de l’information, de la logique avant que de pouvoir s’identifier à un tel penseur ! Besancenot ou d’éventuels autres créateur d’un substitut au PS vont devoir passer des heures et des heures à discuter avec la population s’il veulent réussir. Il va leur falloir beaucoup de passion !


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :