• Le cash et l'Afrique

    L'Afrique peut-elle se passer de "cash"

    La Banque mondiale le préconise, l'Inde le tente...

     

    En août 2014, la Banque mondiale publiait un rapport vantant les effets des transactions électroniques sur la croissance économique. Et l'on sait que moult économies occidentales cherchent depuis plus longtemps encore à supprimer au maximum la monnaie fiduciaire dans leurs transactions. Bref, le billet de banque n'est pas "in" et, en plus, il peut sentir le souffre quand il provient d'activités illégales. Alors, quand on sait que les lessiveuses jouent encore un rôle primordiale dans l'épargne africaine, qu'une minorité seulement des Africains dispose d'un compte bancaire et que le continent est réputé pour compter parmi les plus corrompus du Monde (ce qui est faux, ne serait-ce qu'au niveau des montants détournés), on a du mal à comprendre comment il peut aussi se développer le plus vite au monde derrière l'Inde et la Chine.

    En fait, il n'y a pas de corrélation prouvée entre le mode de paiement et la croissance économique. On n'arrive même pas à calculer sérieusement la vitesse de circulation de la monnaie qui, pour certains auteurs (théorie quantitative de la monnaie) est un élément explicatif de l'inflation. Laquelle est un marqueur de la croissance, n'en déplaise aux monétaristes aujourd'hui en rapide perte de vitesse chez les dirigeants occidentaux. Tout juste peut-on noter que l'argent sale, en grande partie fiduciaire au moment de sa création, représenterait au moins 3% de l'économie mondiale selon l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime en 2011 (rapport établi d'après le blanchiment observé d'argent sale par les banques, soit 1600 milliards de dollars) Ajoutez à cela les autre blanchiments (casinos, paiements en numéraire, assurances, etc.) et vous pouvez allègrement doubler ce pourcentage ! Plus de 5% donc de la production mondiale est probablement généré par le crime. Ajouter encore à cela la fraude fiscale (80 milliards € dans une France qui produit chaque année quelques 2000 milliards €, soit encore 4%) et on frôle donc les 10% du PIB mondial.

    Maintenant prenez les points de croissance apportés par l'investissement. Il n'y a pas d'études chiffrées sérieuses sur la question, même en ce qui concerne la Défense (les généraux plaident qu'un euro dépensé pour eux rapporte 1,35 € à l'économie mais "au doigt mouillé")  On peut toutefois imaginer les dégâts que causerait la suppression de ces 10% du PIB mondial. Les 4% de fraude fiscale ne seraient perdus que pour les fraudeurs car recyclés immédiatement par les Etats. Mais les 6% restant se traduiraient inexorablement en perte de croissance économique. Non pas directement (les consommateurs reporteraient leurs dépenses sur d'autres biens et services) mais indirectement : les crimes et délits sont le fait d'hommes et de femmes qui eux aussi consomment et investissent. Certes, beaucoup d'entre elles et eux se feront payer autrement, on note déjà une flambée des "bitcoins" sur le Web. Mais la généralisation trop rapide des paiements électroniques ne peut pas ne pas avoir de conséquence sur leur nombre et le nombre de leurs actes. Donc sur leur consommation et leurs investissements, CQFD !

    On ne peut donc pas, quand on veut gouverner intelligemment, se contenter de morale. Il faut aussi bien calculer. En l'occurrence, on peut imaginer que combattre l'argent du crime peut se faire plus aisément en période de surchauffe économique qu'en période de stagnation. Ce, pour l'Occident qui n'est pas actuellement en posture de cogner trop fort sur l'argent des criminels. Car pour l'Afrique, c'est l'inverse : l'argent sale quitte le continent pour se réfugier dans les paradis financiers. Ce qui peut être supporté en période de vaches grasses ne peut plus l'être en période de vaches maigres, CQFD !

    Le "cash" africain est donc un vrai casse-tête : c'est le moyen de paiement de l'immense majorité des Africains et c'est aussi le moyen d'évasion des criminels et des fraudeurs (avec en plus une ponction sur les réserves en devises des pays africains, réserves qui sont déjà insuffisantes compte tenu du développement de la consommation interne)

    Ce qui accroit la difficulté des dirigeants continentaux est le fait que plusieurs monnaies africaines n'ont plus véritablement cours : au Congo Kinshasa par exemple, le dollar américain s'est substitué au franc congolais dans la majorité des grandes transactions depuis l'ère Mobutu. Le rand, idem, a plus cours au Zimbabwe que le dollars zimbabwéen plus guère utilisé. L'envie de sortir de la zone CFA titille de plus en plus les dirigeants d'Afrique francophone (ils n'y restent que par peur des réactions françaises) Et au final, les Africains ont souvent en poche, plus rarement en banque, des billets qui font en fait partie des réserves de change de l'Etat considéré ! Et tout cela fonctionne ! En dépit des rapports des uns et des autres, les producteurs achètent machines et intrants et les consommateurs achètent des produits et services finis en quantités annuelles croissantes. Et croissant plus vite qu'ailleurs hors Asie de l'est avec des données monétaires finalement assez orthodoxes : une inflation limitée globalement à 7% (donc pas de fuite en avant des salaires et des prix) et des masses monétaires proches de leurs homologues européennes en pourcentages du PIB. Il n'y a guère que les réserves de change qui soient très insuffisantes : le marché intérieur progressant très vite, les producteurs manquent de devises pour importer machines et intrants étrangers (seule l'Algérie semble en bonne position)...

    Le rapport de la Banque Mondiale n'est donc pas adaptable au continent africain. Lequel peut d'ailleurs et en outre considérer le chaos créé en Inde par des gouvernants qui ont eu le tort d'écouter les "experts" : les fonctionnaires corrompus (la cible de la réforme) doivent, certes, se coucher sur leurs matelas de roupies mal acquis mais l'économie indienne a d'ores et déjà perdu pas mal de croissance : elle est en panne depuis novembre dernier car le "cash" était employé dans plus de 90% des transactions. En fait, le gouvernement n'a pas stricto sensu interdit le cash : il a obligé les acteurs économiques à venir échanger leurs billets contre des billets tout neuf. En notant leurs noms et l'origine de leurs avoirs en numéraires (en interdisant donc à l'argent sale d'être échangé) Il fallait en plus avoir un compte en banque... Bref, ça a été immédiatement et ça continue d'être la panique car, en plus, il n'y a pas assez de guichets de banque et pas assez de billets par guichet ! L'affaire est à suivre car le gouvernement indien ne peut plus reculer. On saura donc dans le courant de l'année ce qu'a perdu le pays en terme de croissance économique, un pays qui comptait dépasser la Chine en 2017 en terme de croissance...

    Encadré

    L'Union européenne en flèche contre le cash.

    Elle est pratiquement en récession mais s'est lancée depuis le quinquennat de Sarkozy dans une lutte farouche contre l'argent sale et, surtout, la fraude fiscale. Elle a obligé les paradis fiscaux européens a abandonner le secret bancaire et à communiquer les coordonnées de leurs comptes étrangers. Et elle limite progressivement la possibilité d'achats en numéraires sur le territoire européen. Ca a commencé par l'or que pratiquement aucun particulier ne peut plus acheter en vente libre et anonyme. Seules les pièces de monnaie sont encore achetables en quantité limitée. Puis les achats de plus de 3000 € en espèces ont été interdits avant de s'abaisser, en France, à 1000 €. Ce, après que la Banque Centrale Européenne ait décidé de ne plus fabriquer de billet de 500 €. Cette politique se heurte à présent à la confiance des opérateurs étrangers dans l'euro, sorti bien entendu affaibli encore un peu plus (son affaiblissement vient aussi et d'une croissance régionale trop faible, et des dettes faramineuses des Etats européens) L'euro est une monnaie dite de réserve qui ne le serait plus dès lors qu'il n'y aurait plus de billets en circulation. Et, ce, du fait justement que des pays ne vivent que grâce au cash. Le dollars remonte donc très rapidement par rapport à la monnaie européenne, d'une part et bien entendu parce que la croissance américaine est autrement plus vigoureuse que celle de son allié de l'ouest, mais aussi parce que des opérateurs en nombre croissant perdent plus confiance dans l'euro que dans le dollars.

     

    1- Indicateurs monétaires en Afrique : taux de change, masse monétaire, réserves de change

     

    Taux de change

    Masse monétaire

    Réserves de change -or exclus

     

    (monnaie locale/USD)

    (milliards, monnaie locale )

    (millions de dollars)

     

     

     

     

    2015

    2015

     

    2013

    2014

    2015

    Niveau

    % du PIB

    Croissance

    Stock en fin d'année

    Éq. Mois d'importation

    Algérie

    79,4

    80,6

    100,7

    13 457,2

    77,1

    -1,6

    144 677,5

    29,1

    Angola

    96,5

    98,3

    120,1

    5 712,9

    44,0

    11,5

    23 901,2

    8,1

    Bénin

    494,0

    494,4

    591,4

    2 754,9

    51,5

    17,1

    731,6

    2,2

    Botswana

    8,4

    9,0

    10,1

    67,9

    49,4

    7,7

    7 958,9

    13,4

    Burkina Faso

    494,0

    494,4

    591,4

    2 477,2

    36,9

    14,5

    259,6

    0,9

    Burundi

    1 555,1

    1 546,7

    1 570,6

    906,5

    22,3

    0,0

    135,1

    2,1

    Cabo Verde

    83,1

    83,1

    99,4

    154,6

    90,7

    4,7

    428,4

    4,6

    Cameroun

    494,0

    494,4

    591,4

    4 091,6

    23,9

    8,6

    3 353,2

    4,7

    République centrafricaine

    494,0

    494,4

    591,4

    275,4

    28,9

    12,5

    221,8

    4,8

    Tchad

    494,0

    494,4

    591,4

    1 115,9

    15,9

    3,5

    207,3

    0,5

    Comores

    370,5

    370,8

    443,6

    100,0

    40,9

    2,9

    136,6

    6,0

    Congo

    494,0

    494,4

    591,4

    2 659,7

    50,1

    1,4

    2 259,9

    2,8

    Congo, Rép. dém.

    919,8

    925,2

    926,0

    4 217,0

    13,9

    6,7

    1 215,9

    1,2

    Côte d’Ivoire

    494,0

    494,4

    591,4

    3 070,8

    16,3

    17,4

    4 715,7

    5,0

    Djibouti

    177,7

    177,7

    177,7

    257,5

    81,4

    9,7

    364,9

    4,4

    Égypte*

    6,9

    7,1

    7,7

    1 765,4

    73,6

    16,4

    13 282,

    2,5

    Guinée équatoriale

    494,0

    494,4

    591,4

    1 320,1

    14,4

    -15,2

    1 457,2

    1,9

    Érythrée

    15,4

    15,4

    15,4

    82,7

    128,1

    12,9

    Éthiopie*

    18,6

    19,7

    20,7

    369,7

    28,3

    24,2

    Gabon

    494,0

    494,4

    591,4

    2 077,0

    25,3

    -5,2

    2 083,6

    5,0

    Gambie

    36,0

    41,7

    47,2

    22,6

    56,5

    11,0

    143,3

    4,6

    Ghana

    2,0

    2,6

    3,8

    45,1

    43,4

    22,5

    Guinée

    6 995,9

    7 014,1

    7 425,7

    16 974,0

    31,2

    15,7

    233,5

    1,0

    Guinée-Bissau

    494,0

    494,4

    591,4

    272,4

    43,1

    11,3

    332,1

    11,5

    Kenya

    86,1

    87,9

    98,1

    2 694,7

    41,9

    15,6

    7 762,4

    4,6

    Lesotho

    9,7

    10,9

    12,8

    9,3

    39,6

    3,1

    904,2

    5,8

    Libéria

    1,0

    1,0

    1,0

    0,7

    25,4

    0,4

    Libye

    1,3

    1,3

    1,4

    81,0

    173,2

    3,5

    74 863,

    38,3

    Madagascar

    2 206,9

    2 414,8

    2 934,4

    6 662,0

    23,3

    1,7

    832,

    2,9

    Malawi

    364,4

    424,9

    499,5

    804,6

    27,3

    27,8

    640,2

    3,8

    Mali

    494,0

    494,4

    591,4

    2 238,5

    35,9

    13,2

    624,

    2,5

    Mauritanie

    302,1

    303,3

    318,6

    530,4

    26,5

    4,0

    Maurice

    30,7

    30,6

    35,1

    418,4

    91,6

    5,2

    3 957,

    5,7

    Maroc

    8,4

    8,4

    9,8

    1 149,2

    106,6

    5,8

    22 253,9

    5,8

    Mozambique

    30,1

    31,4

    40,1

    239,8

    0,0

    17,1

    2 411,4

    0,0

    Namibie

    9,7

    10,9

    12,8

    81,8

    59,1

    9,8

    1 208,7

    2,1

    Niger

    494,0

    494,4

    591,4

    1 113,9

    26,9

    0,3

    1 039,

    4,1

    Nigéria

    157,3

    158,6

    192,4

    20 612,6

    23,0

    9,6

    31 561,8

    6,2

    Rwanda

    646,6

    681,9

    729,0

    1 416,7

    24,7

    15,8

    1 029,8

    5,4

    Sao Tomé-et-Principe

    18 450,0

    18 466,4

    22 090,6

    2 877,3

    40,6

    15,1

    78,4

    7,3

    Sénégal

    494,0

    494,4

    591,4

    3 752,3

    48,0

    7,7

    2 011,8

    3,9

    Seychelles

    12,1

    12,7

    13,3

    11,6

    51,8

    5,7

    541,5

    5,0

    Sierra Leone

    4 332,5

    4 524,2

    4 905,3

    5 446,7

    26,4

    10,5

    556,5

    2,6

    Somalie

    ...

    ...

    ...

     

    Afrique du Sud

    9,7

    10,9

    12,8

    2 866,2

    72,8

    6,3

    41 619,5

    5,0

    Soudan du Sud

    3,0

    3,0

    3,0

    9,1

    21,8

    16,6

    229,9

    0,8

    Soudan

    4,8

    5,7

    6,0

    91,7

    15,0

    18,0

    181,5

    0,2

    Swaziland

    9,7

    10,9

    12,8

    12,5

    27,8

    7,4

    553,6

    3,1

    Tanzanie

    1 600,4

    1 654,0

    1 979,7

    21 626,3

    23,1

    16,2

    4 071,9

    4,1

    Togo

    494,0

    494,4

    591,4

    1 212,3

    51,3

    10,5

    574,

    3,1

    Tunisie

    1,6

    1,7

    2,0

    62,9

    77,6

    6,9

    7 205,5

    4,3

    Ouganda

    2 586,9

    2 599,8

    3 241,4

    17 323,9

    22,5

    13,3

    2 829,8

    4,6

    Zambie

    5,4

    6,2

    8,6

    39,7

    18,7

    13,4

    2 967,6

    3,5

    Zimbabwe

    4,6

    36,7

    5,1

    328,

    0,6

    Note : * Pour l'Égypte et l'Éthiopie, année fiscale juillet (n-1)/juin (n)

                   

    Sources : Département des statistiques BAfD ; autorités nationales ; Statistiques financières internationales du FMI ; estimations et prévisions des auteurs.

     

    2- L'inflation en Afrique

     

    Inflation

     

    (%)

     

     

     

     

     

     

    2014

    2015 (e)

    2016 (p)

    2017 (p)

    Algérie

    2,9

    4,8

    4,3

    4,0

    Angola

    7,3

    10,2

    14,1

    14,8

    Bénin

    -1,1

    0,4

    2,3

    2,4

    Botswana

    4,4

    3,1

    4,5

    4,3

    Burkina Faso

    -0,3

    0,8

    2,0

    1,9

    Burundi

    4,4

    5,5

    7,5

    6,7

    Cabo Verde

    -0,2

    0,0

    1,6

    2,7

    Cameroun

    1,9

    2,7

    2,2

    2,1

    République centrafricaine

    11,6

    5,6

    4,7

    4,0

    Tchad

    1,7

    4,0

    2,7

    4,0

    Comores

    2,9

    2,1

    2,2

    2,6

    Congo

    3,0

    0,9

    1,5

    1,0

    Congo, Rép. dém.

    1,0

    0,8

    2,1

    2,5

    Côte d’Ivoire

    0,4

    1,5

    1,8

    1,9

    Djibouti

    3,0

    3,1

    3,3

    3,4

    Égypte*

    10,8

    11,2

    8,8

    10,2

    Guinée équatoriale

    4,3

    3,6

    2,6

    2,3

    Érythrée

    12,3

    12,5

    12,0

    11,7

    Éthiopie*

    8,1

    7,7

    7,4

    8,9

    Gabon

    3,2

    1,2

    2,4

    2,4

    Gambie

    6,3

    6,5

    5,5

    5,5

    Ghana

    17,0

    17,2

    10,2

    7,9

    Guinée

    9,7

    8,0

    8,5

    8,8

    Guinée-Bissau

    1,9

    1,5

    2,1

    1,8

    Kenya

    6,9

    6,0

    6,0

    5,2

    Lesotho

    5,3

    3,8

    3,9

    4,0

    Libéria

    9,9

    7,7

    7,0

    7,5

    Libye

    2,4

    8,6

    9,7

    5,8

    Madagascar

    6,0

    7,9

    7,4

    7,8

    Malawi

    23,8

    21,2

    18,1

    16,0

    Mali

    0,9

    2,0

    2,7

    1,8

    Mauritanie

    3,5

    1,5

    6,7

    6,1

    Maurice

    3,2

    1,3

    2,8

    2,5

    Maroc

    0,4

    1,8

    1,4

    1,6

    Mozambique

    2,3

    2,0

    5,7

    5,2

    Namibie

    5,3

    3,5

    3,9

    5,5

    Niger

    -0,9

    1,0

    1,3

    0,9

    Nigéria

    7,8

    9,0

    10,1

    9,4

    Rwanda

    2,4

    2,5

    3,0

    3,0

    Sao Tomé-et-Principe

    6,7

    5,3

    4,6

    4,7

    Sénégal

    -0,5

    0,0

    -0,4

    1,2

    Seychelles

    1,4

    4,4

    2,6

    2,7

    Sierra Leone

    7,1

    9,9

    10,0

    10,1

    Somalie

    ...

    ...

    ...

    ...

    Afrique du Sud

    6,1

    4,6

    6,8

    7,0

    Soudan du Sud

    1,7

    41,1

    14,7

    25,0

    Soudan

    36,9

    16,9

    13,1

    11,2

    Swaziland

    5,7

    5,6

    6,0

    6,7

    Tanzanie

    6,1

    5,6

    5,9

    6,0

    Togo

    0,2

    1,9

    2,1

    2,2

    Tunisie

    5,5

    5,0

    4,0

    3,5

    Ouganda

    4,3

    4,5

    5,2

    5,3

    Zambie

    7,8

    10,1

    10,8

    8,9

    Zimbabwe

    -0,2

    -2,0

    -1,3

    -0,7

    Afrique

    7,2

    7,3

    7,2

    7,2

    Sources : Département des statistiques BAfD ; autorités nationales ; Statistiques financières internationales du FMI ; estimations et prévisions des auteurs.

     

     

     

     

     


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