• Le cul n'est pas un progrès

    Le libertarisme sexuel n'est pas progressiste !

    (Christian d'Alayer, 7 novembre 2014)

     

    Je viens de lire l'arrivée en tête des partis politiques espagnols "Podemos", du moins dans les sondages. Phénomène à mettre en relation avec celui de son alter égo grec, "Syriza", passé devant le vieux "Pasok" lors des élections de 2012 : en pays méditerranéens, la contestation passe plus par l'extrême gauche que l'extrême droite. Sauf en France où même le leader charismatique de l'extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon, a fini par jeter l'éponge devant l'envolée de l'extrême droite tant dans les sondages que dans les élections dites intermédiaires.

    Qu'ils soient de droite ou de gauche, ces contestataires ont un point commun, le refus de l'Europe ultra libérale actuelle. Et si l'on regarde tranquillement une carte, on voit que la dite Europe ultra libérale ne devrait subsister que dans les pays du nord de l'Union : tout comme aux Etats Unis dans les années 1860 (Guerre de Sécession), il existe bel et bien une différence civilisationnelle entre les deux sphères, la chaleur du Soleil faisant de toute évidence des habitants du Sud  des animaux de sang moins froid que ceux du Nord. Qui, eux et face aux imbécilités répétées des décideurs germano-bruxellois, se réfugient plus dans l'individualisme et le consumérisme. A chacun sa méthode et sa vision de l'avenir !

    Ce n'est donc pas sur ce point que je vais poursuivre mes propos mais sur une des particularités de l'extrême gauche qui me gène : sa croyance au progressisme du libertarisme sexuel et la confusion qu'il entretient entre la défense du féminisme et celle des mœurs sexuels dits "déviants" Car l'Histoire avec  un grand "H" nous apprend que la défense de la condition féminine n'a jamais reposé sur la liberté des mœurs, tout au contraire. La généralisation du mariage par exemple, effectuée partout par les églises de quelque religion que ce soit, s'est toujours accompagnée d'une exhortation à la fidélité conjugale des époux. Sachant que, neuf fois sur dix, les destructions de couples provenaient d'une propension plus que marginale des hommes à ne pas savoir résister aux sollicitations de leur bas ventre  (c'est en train de changer un peu, les femmes aussi s'y mettant), le combat des églises était de fait aussi difficile que nécessaire à la dignité des épouses. Les Etats ensuite se mirent à légiférer de la même manière, les divorces aux torts des époux (et épouses mais en nettement moindre proportion) adultères permettant aux femmes de venger  leur dignité bafouée (pour leur quiétude et celle de leurs enfants, c'est une autre affaire)

    Tout cela, c'était juste hier. Chez nous (mais pas encore dans l'ex Tiers Monde, c'est-à-dire dans l'immense majorité des foyers humains), le divorce par consentement mutuel n'a pas 20 ans. Que dire alors du "mariage pour tous" imposé à une majorité de gens sans doute un peu trop tolérants par quelques minorités associatives extrêmement remuantes ! Nos beaux penseurs d'extrême gauche y voient une "conquête", un "progrès" Alors que, là encore de touts temps, les "peuples" se sont différenciés des "élites" aux mœurs beaucoup plus légères : les femmes adultères étaient condamnées à mort à Rome... quand elles n'appartenaient pas à l'aristocratie. Au Moyen Age européen, on mettait à mort les manants coupables de "sodomie" tandis que les princes vivaient déjà en concubinage homosexuel notoire à la cour.

    Si bien que la liberté des mœurs ne fut jamais une tendance populaire : souvenez-vous des robes courtes. Elles furent portées par les aristocrates dès le début du 20e siècle, à la fin de la Belle Epoque, après la première guerre mondiale. Mais il fallut attendre l'après deuxième guerre mondiale, longtemps d'ailleurs après, pour que le femmes du peuple s'y mettent également.

    Et ce n'est que tout dernièrement, après les années 1980, que le libertarisme devint "à la mode" Soit une trentaine d'années seulement, en Occident seulement, aux cours desquelles "choquer" devint le nec plus ultra d'un art par ailleurs totalement déclinant car ne parlant plus qu'à quelques initiés abrutis par l'oubli des créateurs d'antan : voyez (en photo) l'espèce de jouet érotique gonflé place Vendôme par un Américain abscond puis allez vous promenez dans les salles gréco-romaines du Louvre, vous comprendrez mon propos. Vous pouvez aussi écouter du Pierre Boulez avant de passer à du Dvorak ou encore lire le dernier Goncourt avant de vous lancer ou relancer dans la lecture d'un roman de Camus (qui ne serait sans doute même pas édité aujourd'hui !)

    Bref, "le cul" est une mode occidentale, non un progrès de l'humanité. Que l'on comprenne et admette que des humains préfèrent leur sexe semblable au sexe opposé et que l'on cesse de considérer ces humains comme "différents", soit (mais je pense que bon nombre d'entre eux tiennent à leur "différence"") De là à créer une sorte de philosophie allant à englober jusqu'au conditionnement des tout petits, il y a un monde, non ? D'autant que le cul concerne surtout les jeunes, titillés par leur bas ventre beaucoup plus que les vieux : il ne s'agit en aucune manière d'une philosophie universelle mais bien de problèmes hormonaux, zoologiques. Le seul aspect progressiste serait d'ailleurs de le considérer justement sous son aspect zoologique : des expériences sur des rats ont ainsi montré que la surpopulation les incitait à l'homosexualité.  Peut-on donc fonder une philosophie sur des phénomènes purement animaux ?!

    Le progrès humain tel que l'entendaient les penseurs de la Renaissance européenne, Renaissance sans laquelle jamais l'Occident n'aurait pu dominer le Monde, était d'abord une manière de regarder l'Histoire. Les "humanités" ne furent jamais qu'une redécouverte du rationalisme gréco-romain, autre enseignement que les gens d'extrême gauche ne devraient pas oublier (l'Histoire n'a pas commencé en 1968) Et ce rationalisme permit de surmonter "l'obscurantisme" religieux qui freinait le développement des techniques et des arts. Mais qui imprégna tout de même la Renaissance de son humanité (l'homme doit rester au centre du développement) : la Renaissance ne jeta pas la Religion à la poubelle, elle en garda l'essence. Et c'est ce mélange dit "judéo-chrétien" qui perdura jusqu'à la revanche ultra libérale actuelle de la Barbarie, renvoyant l'homme dit "moderne" et à l'individualisme (l'homme ne peut donc plus être au centre d'un développement qui profite essentiellement aux multinationales, c'est-à-dire au matérialisme le plus monstrueux qui ait jamais existé), et à la soumission aux dogmes marketisés de la nouvelle "Eglise du fric"

    Que les deux extrêmes de l'échiquier politique européen condamnent ensemble les mêmes conséquences de cette évolution est évident. Le chômage, les dérégulations et la précarité croissante des salariés, le consumérisme effrayant du monde "moderne", tout cela ne peut que légitimer les rebelles. Mais qu'à gauche on en oublie les bases de l'évolution progressiste et qu'à droite on mette la priorité sur la lutte contre l'immigration pour surmonter ces horreurs sont des signes évidents d'infantilité comme l'a d'ailleurs dit Lénine : limiter le nombre d'étrangers sur son territoire n'empêchera pas la bête libérale de tuer l'homme dans le développement technique. Tout comme la fuite libertaire et l'oubli du passé ne rendrons pas sa dignité à l'humain tandis que, comme avec le réflexe précédent, il  n'empêchera pas à cet humain indigne de disparaître dans le développement. Un cinéaste se précipiterait pour filmer une sorte "d'ère des machines" En fait, un "néo Moyen Age" sans église pour protéger l'homme contre les puissants.

    Heureusement me dis-je, l'Homo Occidentalis vit ses derniers beaux jours : demain sera asiatique tandis qu'il y a de grandes chances pour qu'après demain soit africain. Aujourd'hui comme hier et avant hier, c'est le nombre qui fait la force. Et la démographie occidentale sent déjà le sapin. Alors, intellectuels asiatiques et africains, préparez nous des lendemains qui déchantent moins que notre aujourd'hui européen et nord américain. Pensez et osez retrouver le chemin du peuple, osez refuser un élitisme qui nous a mené, nous Occidentaux, là où vous nous voyez aujourd'hui...


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