• Le grand retour de Keynes

    Pour une renaissance de l’humanisme<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Article 48<o:p></o:p>

    Economie : keynésianisme ou économie dite de l’offre ?<o:p></o:p>

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    Je pensais vous parler encore de politique étrangère mais en relisant mon texte sur l’Asie à mon retour de vacances, je m’aperçois qu’il n’y a pas grand chose de plus à vous dire : dès lors que vous avez pris conscience et de la dimension économique et démographique, et de l’histoire des autres peuples, vous voyez immédiatement que notre politique étrangère pèche par ignorance et arrogance. Il me semble en outre que plus nous nous éloignons des années 1960-1970, moins nous paraissons capables de comprendre le Monde et, donc, de nous y adapter. Ce, surtout –j’allais écrire « essentiellement » !- parce que nos élites estiment que les Anglo-Saxons sont ce que Dieu a fait de mieux au Monde alors que l’empire anglo-saxon (et donc occidental si nous restons accrochés aux basques des dits Anglo-Saxons) est en déclin aujourd’hui assez rapide. Mais, bon, pensez ce que vous voulez là dessus, je vous aurais prévenu et je me moque du reste (je ne suis plus tout jeune et assez malade, alors…)

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    Je passe donc immédiatement à un autre exercice qui a quelque peu énervé ma cervelle ces derniers mois, je veux parler de la conduite mondiale des affaires économiques. Je ne sais pas si vous avez suivi les péripéties de l’éclatement de la bulle spéculative immobilière, ça valait pourtant le coup : les Américains ont dû suppléer la baisse relative des salaires populaires (la masse) des 30 dernières années en ouvrant très largement la vanne des crédits tout aussi populaires (ce que nous n’avons bien entendu pas fait en Europe, terre d’élitisme par excellence) N’oubliez pas à cet égard ma théorie sur le marché de masse : les Etats Unis sont devenus les leaders du Monde parce qu’ils avaient inventé ce fameux marché de masse dès le début du 20e siècle. Nous n’y sommes, nous Européens, entrés qu’à l’issue de la 2e Guerre mondiale et, encore, que pour quelques décennies seulement (les « 30 Glorieuses ») Ce, tandis que les Soviétiques se sont orientés à toute vapeur dans la planification, les besoins des masses étant définies par des fonctionnaires. Le marché de masse a vaincu la planification qui avait pourtant convaincu, avant la dite victoire (la date « commémorative » peut être fixé à la date à laquelle le « mur de Berlin » a été abattu), à peu près la moitié des dirigeants du Monde.

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    J’ai déjà raconté, dans cet ouvrage, l’histoire économique du Monde, donc l’avènement, en même temps que s’écroulait la planification, de l’ultra libéralisme, les riches profitant de la fin des rêves des pauvres, pour accentuer leur domination sur l’économie mondiale. Les « hérauts » de cette saga des riches étant, vous les connaissez bien de réputation, Margaret Thatcher et Ronald Reagan. Quelques années auparavant, un professeur d’économie de l’Université de Chicago, en mal de médiatisation, avait parfaitement compris que les grands groupes économiques avaient pris le contrôle, via la publicité, de l’ensemble des médias occidentaux. Milton Friedman fit donc son beurre sur un concept stupide mais répondant bien à l’attente des riches, « l’économie de l’offre »

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    Avant d’aller plus loin, réfléchissez au dit concept : « économie de l’offre » veut dire, textuellement interprété, que l’économie mondiale est dirigée non par les besoins et envies des consommateurs, mais par les produits que les industriels et producteurs de services leur offrent : je n’achète pas de pain parce que j’ai envie de pain mais parce que mon boulanger m’offre du pain. C’est du « n’importe quoi » et il vous suffit d’un tout petit peu de réflexion pour vous en convaincre :

    -         il est vrai qu’une partie de la consommation moderne, les communications notamment, n’existaient pas autrefois. L’offre en la matière a donc précédé la demande, c’est-à-dire que des producteurs ont dû faire beaucoup de pub pour vous vendre leurs nouveaux concepts (téléphonie mobile, ADSL et tutti quanti) ;

    -         mais il est tout aussi vrai que ces nouvelles consommations rattachées au besoin de communiquer n’empêchent pas le gros des économies (bouffe, toits, transports) de reposer toujours et encore sur le nombre des consommateurs disponibles. Et donc sur la demande…

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    Faites le calcul : vous verrez bien, sans l’ombre d’une contestation possible, que le gros de nos économies humaines repose non sur la création, par la publicité (et donc par l’offre), de l’envie de consommer, mais bel et bien et toujours sur les besoins fondamentaux des humains : se loger, se nourrir, se transporter et échanger des idées. La publicité, là dedans, est surtout faite pour dire que X est meilleur que Y pour répondre aux dits besoins…

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    Il est vrai que, dans les économies dites « développées », bien des équipements auraient risqué la relégation pour cause de désintérêt sans la publicité. Voyez à cet égard la montagne de gadgets sans vraiment d’intérêt que nous achetons pour faire des cadeaux ! Qui n’a pas, dans sa cuisine, au moins une dizaine de « bidules » dont il ne se sert pratiquement jamais ? De là toutefois à parler d’économie de l’offre, il y a un Monde !  En fait, la dite « économie de l’offre » n’a été mise au point que pour « vendre » aux Etats deux concepts essentiels pour l’enrichissement des riches :

    -         la fin de l’interventionnisme étatique, nécessairement redistributeur, dans l’évolution des économies occidentales d’abord puis mondiales après l’intervention de la mondialisation. Cette mise à mort de l’étatisme économique a été programmée au travers, essentiellement, du remplacement, pour maîtriser l’inflation, de l’arme budgétaire (on dépense en période de marasme et on serre la vis pendant les périodes inflationnistes) par l’arme monétaire (les taux d’intérêt). Autrement dit, on substitue le prêt à l’augmentation de salaire, CQFD !

    -         la financiarisation des économies ensuite. Le principe est d’une simplicité biblique : le « nouveau riche » n’est plus un industriel qui se lance dans une activité nouvelle mais un fils de famille (ou un spoliateur plein de sous volés) – ou une masse de petits possédants regroupés dans un fonds d’investissements-  qui se paye des conseillers très onéreux mais très performants pour placer leur argent avec des rendements pas possibles (ces fameux 15% nets d’impôt !) : les banques s’enrichissent de même que leurs gros clients… Si le principe est simple, la mise en œuvre a respecté un luxe de diversifications sans précédant. Tout a été fait pour protéger les investissements des banquiers et des riches. Et c’est ainsi que les prêts aux petits et sans grade, phénomène essentiellement américain parce que l’Amérique avait inventé le marché de masse et ne pouvait se perpétuer sans l’appui des masses, a tué l’économie non de l’offre mais des riches.

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    Car il y a un moment où il faut bien que les emprunteurs remboursent. Tant que, spéculation aidant, les prix grimpaient, tout allait bien : la masse s’enrichissait et remboursait de gaîté de cœur. Et puis, un jour, les prix sont montés trop haut : les acheteurs n’ont pas voulu suivre, ne voulant pas s’endetter pour des achats dont ils ne pensaient plus que les prix allaient grimper. La valeur des biens immobiliers a commencé à reculer dans les endroits de merde avant de reculer aussi dans les beaux quartiers. A Paris intra muros par exemple, prélude à la baisse des prix généralisée, le nombre des transactions s’est effondré, les acheteurs ne voulant plus acheter aux prix proposés et les vendeurs ne voulant pas vendre en dessous de ces prix. Mais des propriétaires continuent à mourir tandis que des cadres sont toujours nommés ailleurs, en province ou à l’étranger, sans avoir les moyens de payer deux logements. Les prix baisseront donc aussi dans les beaux quartiers. Nécessairement…

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    Aux Etats Unis en tous cas, le phénomène s’est généralisé. Entraînant les prêteurs dans la mouise totale : car ils se payaient grassement sur la revente à la hausse des immeubles vendus cher aux pauvres qui ne pouvaient plus rembourser leurs emprunts. Les gains étaient d’ailleurs tellement élevés que les dits prêteurs décidèrent de se couvrir partiellement en « sicavisant » leurs investissements à risque. De nombreuses banques européennes, à défaut de prêter aux pauvres, achetèrent moult actions de ces SICAV apparemment géniales. Ce, pour mieux vendre leurs opérations financières jusque là « aux petits pieds », c’est-à-dire avec des rendements inférieurs aux fameux 15% par an. Ils en achetèrent beaucoup. Réellement beaucoup ! Si bien que quand la crise survint et compte tenu de la dévalorisation de leurs actifs, nos banquiers européens supérieurs donnèrent l’ordre général mais non coordonné de limiter drastiquement leurs prêts immobiliers. Si bien qu’ils ajoutèrent une baisse importante de leur chiffre d’affaire (et donc de leurs bénéfices) à l’effondrement du cours de leurs actions, fondé, lui, sur la valeur en chute de leurs avoirs.

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    Bref, la merde totale. Et qu’avons nous vu chez nous et aux Etats Unis pour résoudre le problème ? Aux Etats Unis, l’Etat a prêté de l’argent aux banques à fonds perdus pour les renflouer. Toujours cette « économie de l’offre » et ce refus de renouer avec les pratiques des 30 Glorieuses au cours desquelles on augmentait essentiellement le pouvoir d’achat des consommateurs. Bref, on a empêché que les banques se cassent la gueule, sans pour autant éteindre l’incendie : celui ci est essentiellement le fait de l’insolvabilité des petits emprunteurs, insolvabilité qu’il serait aisément facile de compenser en…augmentant leurs salaires. L’argent prêté à fonds perdus aux banques aurait été bien mieux utilisé en donnant un coup de pouce sérieux aux plus pauvres des Américains. Mais bon, même les moins abscons des commentateurs économiques occidentaux (il y en a très peu, des pas abscons), se hérissent d’entrée et sans réflexion dès lors qu’on parle d’augmenter les bas salaires, une incongruité totale pour eux ! Donc, on prête aux riches pour les empêcher de couler, point final…

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    Notez que les Japonais, face au même problème, inventèrent les prêts à taux zéro. Avec bonheur… Mais nous, pas question ! Nous sommes probablement les humains les plus élitistes de la planète et, tout au contraire, nos grands argentiers décidèrent qu’il était urgent de…lutter contre l’inflation et, donc, de maintenir des taux d’intérêt élevés. Si bien que, doucement mais sûrement, la stagflation envahit l’Europe, soit l’inflation sans la croissance : les producteurs augmentent d’autant leurs prix pour maintenir leur marge que les consommateurs réduisent leurs achats pour ne pas augmenter des dettes que, de toute façon, les banques ne veulent plus qu’ils augmentent. Avec ces comportements, on va dans le mur et, déjà, on voit les constructeurs automobiles brader leurs stocks pour éviter le pire. Mais l’immobilier ? Mais les biens et services non indispensables ?

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    On voit bien que la fameuse « économie de l’offre » a atteint ses limites maximales, tant en matière de contrôle de l’économie qu’en matière d’enrichissement des riches : la seule façon, aujourd’hui, de relancer les économies développées et de renverser la vapeur est de revenir à la redistribution des richesses. Donc au renouveau des Etats dans les économies « libérales ». Ce ne sera guère possible avant une bonne vingtaine d’années : le temps que les éditorialistes et journalistes libéraux soient remplacés par des jeunes moins « rigides » dans l’ensemble des médias (il n’y a plus de non libéraux aujourd’hui dans cet ensemble de médias d’Occident), le temps ensuite que les politiques de gauche comme de droite se persuadent, à la suite de leurs électeurs, que le libéralisme a fait son temps électoralement parlant, le temps que les riches se rendent compte qu’ils ne peuvent plus s’enrichir sans la consommation des masses, le temps que… La liste est, presque, sans fin. Songez que Bruxelles a forcé, des décennies durant, les Etats européens à privatiser jusqu’à leurs services postaux. Comment voulez-vous revenir rapidement sur ces orientations qu’on peut sans hésiter qualifier de « lourdes »

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    Et notre crise va donc durer longtemps, très longtemps à l’échelle humaine. Car il n’y a plus de Roosevelt pour imposer le marché de masse au Monde. Nos dirigeants s’appellent aujourd’hui Bush (demain, sans doute, McCaine), Sarkozy, Blair & Cie, Zapatéro (socialiste libéral), Angela Merkel, Berlusconi et « tutti quanti » Face à des Poutine et autres dirigeants de fer chinois qui, eux, ont parfaitement analysé notre déclin : nous ne faisons pas le poids même si les militaires américains ont plus qu’envahi et leur société mère, et les pays producteurs de pétrole : le pétrole n’est d’ores et déjà plus la clef du futur (avec son prix actuels, il a libéré la recherche énergétique) L’Ecole de Chicago avait crû enterrer Keynes : en fin de compte, le dandy anglais l’emporte haut la main !

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