• Le monde en folie

    Un Monde qui change totalement

     

    Que vous soyez jeunes ou vieux, vous vivez une période de bouleversements dont peu de gens ont conscience. Imaginez par exemple que la voiture, emblème du monde moderne, est à peine centenaire. En un tout petit peu plus d'un siècle, nous avons vu sa généralisation et la féminisation de sa conduite (le dernier bastion du mâle dominant en la matière est l'Arabie Saoudite) Nous avons vu l'avènement de l'informatique et de la télématique, la révolutions des télécommunication, l'explosion des transports rapides de masse, la découverte du système solaire...

    Dans le domaine politique, nous avons vu l'avènement de deux superpuissances, la défaite de l'URSS, la montée en puissance de la Chine puis des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), le début de l'effondrement occidental. Nous avons vu la montée du socialisme, y compris en Occident (l'Etat Providence) puis son reflux derrière la contre offensive ultra libérale ouvrant la voie à la mondialisation. Puis son reflux actuels, en cours, du fait de ses conséquences culturelles et sociales terriblement appauvrissantes...

    Dans le domaine culturel, nous avons vu l'arrivée de la radio puis de la télévision, puis des "bouquets" de programme, puis des chaînes spécialisées, puis des fournisseurs de musique et d'images. Nous avons vu le reflux terrible de la presse écrite puis des grandes messes télévisées au profit d'un nouveau venu, Internet, bien moins contrôlable. Nous avons vu la mort du roman d'auteur face aux romans policiers et aux romans de gare, l'intrusion du commercial jusque dans les plus petits interstices de l'écriture, de la photo, de la caméra. Le "buzz" a succédé au talent, le tout fric s'est confortablement installé sur les tentacules de la "société de consommation"...

    Dans le domaine enfin des libertés publiques, nous avons vu l'envol de la démocratie, les dirigeants politiques malmenés par les scandales, le bipartisme s'installer durablement. Et puis certains d'entre nous ont compris qu'insidieusement, les multinationales et les banques s'emparaient du vrai pouvoir au travers des médias dont elles prenaient le contrôle, des lobbys de plus en plus puissants, jusqu'à conseiller directement les politiques sur la politique à suivre. Et finalement, nous avons vu la plus terrible des ploutocraties s'instaurer sur la totalité de la planète.

    Tout cela entre le début du 20e siècle et aujourd'hui, 120 années au plus. Pour pouvoir comparer avec le passé, il faut se souvenir qu'il fallut des millions d'années avant de voir l'homme singe devenir homo sapiens puis se fixer en cultivateur. Il fallut encore des centaines de milliers d'années pour le voir utiliser des outils en fer puis rationaliser la production avec des techniques comme la sélection des semences ou l'irrigation. La rareté des produits créait les différenciations sociales et les inégalités. Un monde ancien qui vola en éclat en moins de deux siècles...

    Et bien cette révolution est elle-même en voie d'exploser devant une nouvelle et bien plus importante révolution, ses codes vont disparaître encore plus vite qu'on disparu les codes des "anciens régimes" Le premier point a venir n'est pas technologique mais sociologique : ce qu'apporte en fait l'abondance, c'est l'inanité des richesses. Pourquoi vouloir accumuler de l'argent dans un monde où tout le monde peut avoir tout ?! Bien sûr, nous n'en sommes pas encore là et le rêve de devenir milliardaire est encore prégnant partout. Il n'a cependant qu'un intérêt réel limité, celui d'accroître plus que sensiblement la sécurité économique des impétrants. Mais, diront certains, le monde entier ne connaît pas l'abondance et au sein même des pays riches, il y a des gens très pauvres. Je renvois ces sceptiques d'une part au différentiel actuel de croissance entre les pays riches et les pays pauvres, ces derniers nous rattrapant à une vitesse que nos parents mêmes croyaient impossible dans les années 1950. Et d'autre part, aux réflexions actuelles sur le revenu universel, réflexions menées non à gauche mais à droite de l'échiquier politique occidental : les capitalistes ne savent plus comment pérenniser leur système et envisagent une petite gratuité pour maintenir les différenciations sociales.

    Ils n'y arriveront pas car se profile la robotisation intelligente, le robot plus l'intelligence artificielle. La progression des deux techniques couplées est vertigineuse : on parlait d'intelligence artificielle dans les revues scientifiques spécialisées il y a à peine 10 ans. Et aujourd'hui sont commercialisées les premières applications, dans le domaine militaire d'abord et comme d'habitude (les missiles dits "de croisière" en premier lieu) Puis dans le domaine civil avec l'avènement très prochain des véhicules automobiles sans conducteur. Et sans doute des avions : les compagnies réfléchissent très sérieusement à la question compte tenu et du fait que les pilotes coûtent cher, et que les accidents sont majoritairement des défaillances humaines. Il ne faut pas se voiler la face, le robot intelligent va déferler sur nos économies. Et en révolutionner les ressorts : dans un premier temps, les besoins des entreprises vont se tourner vers la programmation . Puis les robots sauront se programmer eux-mêmes... Il faut lire Isaac Asimov ou d'autres grands auteurs de science-fiction pour imaginer la suite, elle est à la fois terrifiante (voir le cas du Japon, vieillissant et se robotisant à toute allure) et exaltante : l'homme délivré du travail !

    Et ne touchant donc plus de salaire à une échéance assez rapide, la fin du 21e siècle peut-être ? Toutes les théories économiques en vogue s'effondrent, le socialisme revient en force, ne peut que revenir en force. Ce que nous avons connu en 120 ans n'est rien par rapport à ce que nous allons connaître dans les décennies à venir. Auparavant, nous verrons toutefois la poursuite des grandes tendances actuelles, à commencer par l'effondrement de l'empire occidentale. Il va s'effondrer parce qu'il n'a pas prévu les changements auxquels il n'a répondu que par les armes et l'enrichissement des plus riches. Songez qu'en remplaçant les augmentations de salaire par le crédit pour maintenir un haut niveau de consommation interne, il a perdu ce qui faisait sa force : un haut niveau d'épargne des ménages permettant, sans endettement, le recyclage de cet argent en prêts à long terme aux entreprises. Aujourd'hui cohabitent monstrueusement un endettement colossal tant public que privé, des taux d'intérêt nuls voir négatifs pour empêcher l'effondrement des marchés intérieurs et des investissements atones. Ca ne peut que s'effondrer d'autant que les banques se sont lancées dans des activités spéculatives au delà du raisonnable : l'argent fourni par les banques centrales aux banques pour leur éviter la chute est allée prioritairement et en prêts de cavalerie aux Etats surendettés (ce qui équivaut à des actifs pourris), et à la spéculation. La Deutsche Bank à ainsi accumulé plus d'actifs spéculatifs (donc dangereux) que le PIB du pays ! La seule Deutsche Bank...

    J'ai déjà écrit un scénario sur la suite de l'effondrement aussi n'y reviens-je pas : montée puis descente de la Chine (à cause de sa bombe démographique, l'interdiction du 2e enfant des décennies durant), la montée de l'Inde puis de l'Afrique... Ce qu'il faut voir en sus est que l'Amérique n'aura finalement régné seule qu'une trentaine d'année. Elle n'est déjà plus toute puissante militairement, Russes et Chinois ayant rattrapé finalement très vite leur retard en ce domaine. Ce, parce que les Occidentaux ont investi pour enrichir les lobbys industriels militaires alors que Russes et Chinois investissaient pour rattraper la puissance militaire américaine. Ils disposent aujourd'hui de troupes et d'équipements au top alors que les Occidentaux ont des gadgets très sophistiqués : des drones, des bombes "intelligentes", des robots démineurs, etc. Compte tenu de l'argent investi de part et d'autre, on peut dire assurément que les Occidentaux se sont fait escroquer par leurs fournisseurs ! Ou alors qu'ils ont eu les généraux les plus mauvais de leur histoire...

    Révolution stratégique donc qui ne pourra qu'amener une plus grande concertation dans le Monde. Hier, les Occidentaux dictaient leur loi. Aujourd'hui, leurs désidératas sont de moins en moins pris en considération. Le franc CFA par exemple n'a plus qu'une ou deux décennies au plus a vivre alors qu'hier seulement, la France apportait le chaos en Libye pour le protéger contre les vues de Kadhafi. De même la CPI, cette cour de Justice internationale des Occidentaux, vit-elle probablement et également ses dernières décennies. . La Banque Mondiale ne sert plus à grand chose, le FMI s'est vu obligé d'inclure le yuan dans le panier de devises de ses DTS (droits de tirage spéciaux) Qui eux-mêmes vont progressivement remplacer le dollar comme monnaie internationale. Etc., le reflux des "Blancs" est total, ouvrant la porte à de vraies négociations entre partenaires nettement moins impérialistes. C'est à cet égard qu'on peut considérer le conflit du Moyen Orient comme chant du signe impérialiste des Occidentaux : ils y menaient un jeu schizophrénique, soutenant une rébellion sunnite qu'ils avaient créée tout en la combattant. Ils organisaient en fait le chaos en espérant pouvoir ainsi prolonger militairement leur empire vaincu économiquement. Puis les Russes sont arrivés... Leur crispation actuelle montre bien l'enjeu de ce conflit, dépassant très largement l'opposition religieuses locale même attisée par les impérialismes régionaux (Turquie, qui a jeté l'éponge contre la fin d'un pays kurde à ses frontière ; Arabie Saoudite et Iran)

    D'autres éléments vont bouleverser nos vies. Les écologistes diront que le réchauffement planétaire va détruire l'humanité. Je ne le crois pas : dès que nous saurons qu'il vaut mieux nous adapter que combattre ce réchauffement contre lequel nous ne pouvons pas grand chose (nous sortons quand même d'une longue période glaciaire, l'homme de Neandertal, c'était hier), nous le ferons. Les cris d'orfraie des écologistes nous empêchent seulement de réfléchir sainement et scientifiquement. Ils n'aiment pas les humains en fait et bon nombre d'entre eux aimeraient une belle et grande catastrophe permettant d'en réduire drastiquement le nombre. Ils sont en définitive plus nuisibles qu'utiles à l'adaptation des hommes aux nouvelles donnes environnementales. Et je gage que, demain, l'écologie dite politique, disparaîtra de ces donnes : comme je l'écrivais dès les années 1980, l'écologie est une chose trop sérieuse pour être confiée à des écologistes ! Il faut des données scientifiques sures et prouvées pour agir intelligemment et non par simple réaction à la vue d'un documentaire catastrophe. Il faut mobiliser des fonds, donc convaincre autrement les financiers et les contribuables. Et, partout, ce sont de vrais politiciens, dont c'est le boulot, qui le font...

    Ce qui me fait penser que nous ne sommes malheureusement pas encore sorti de l'ère de la communication complètement folle que nous vivons aujourd'hui. Et donc pas de cette démocratie en trompe l'œil que les riches ont inventé pour imposer leur mondialisation destructrice de cultures et de valeurs. Les multinationales et les banques continueront, de plus en plus robotisées, à mener leur barque sur nos vies. Mais de moins en moins occidentales : celles de demain seront de plus en plus basanées. Auront-elles la même absence de vraies valeurs, la même idée fixe vis-à-vis de l'argent ? Nos arrières petits enfants verront peut-être leur transformation finale en simples unités robotisées au service de l'homme débarrassé du travail ?

    Peut-être. Mais il faudra alors une évolution assez phénoménale du dit homme pour éviter sa disparition au sein de sociétés mourantes démographiquement et culturellement. Pour l'instant, nos médias ne bruissent que d'immortalité individuelle alors que personne ne se pose la question de la mortalité des sociétés. L'homme est encore un animal social et il disparaîtrait sans société vivante. Personne ne s'intéresse plus à la mortalité des empires et à leurs causes. Sait-on encore que la civilisation romaine fut vaincue par l'esclavage, le dédain des élites pour le travail : qui voulut défendre l'empire contre les Barbares ? Sait-on que Byzance fut plus vaincue par son élitisme agraire, aucun paysan ne venant grossir les rangs de ses troupes contre l'Islam, que par les guerriers de cet Islam? Les civilisations détruites ont emporté avec elles jusqu'au dernier des individus qui les faisaient vivre...

    Le vrai défi des hommes de demain sera donc de continuer à vouloir vivre en société. Certes, la télématique moderne les relie bien au delà des frontières naturelles de jadis. Mais elle les habitue aussi à vivre en dehors de leur environnement. Lequel sera peuplé aussi d'androïdes : ce pourquoi de grands savant comme Hawkins redoutent la robotisation à intelligence artificielle. Relisez ou lisez les grands auteurs de science-fiction, ils ont su mieux que quiconque alerter sur les dangers de la "science sans conscience" Qui n'est plus ici la science sans morale, sans esthétisme, mais la technologie sans humanité...

     

     


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