• Le monde futur

    Le programme auquel aucun parti politique n'a même osé pensé

    (novembre 2013)

     

     

    J'ai été profondément déçu par mon parti de prédilection, le Parti de Gauche et ai donc regardé avec l'esprit beaucoup plus critique le programme qu'il promeut. C'est fou ce qu'un "dérapage" peut entraîner dans la tête de sympathisants !

    Le dérapage, vous le connaissez depuis que j'ai stigmatisé l'idiotie de Mélenchon traitant les Bretons "d'esclaves" à la solde de leurs maîtres. Il en a rajouté des couches, en relevant que des leaders du mouvement des bonnets rouges appartenaient "à la droite, voire l'extrême droite" Mais en omettant de signaler que son initiateur, maire de Carhaix et promoteur du festival des Vielles Charrues, était un homme de gauche, plus proche de la gauche de la gauche que du Hollandisme : le mouvement des bonnets rouges est bel et bien un mouvement populaire qu'aucun responsable politique n'a le droit d'insulter, CQFD ! Et que ce mouvement soit un mouvement anti fiscal n'y change rien : on ne fait pas le bonheur des peuples contre leur gré et si les Français en ont marre du matraquage fiscal, que l'on s'appelle Mélenchon, Copé ou Le Pen, on se doit démocratiquement de l'accepter. On peut éventuellement tenter d'expliquer que les impôts sont l'expression de la solidarité publique : encore faudrait-il démontrer que leur actuelle utilisation est à la fois intelligente et solidaire. Bon courage !

    Quoiqu'il en soit, le réflexe ultra sectaire de mon parti m'a amené à le voir d'un œil bien plus critique. J'ai donc lu son programme, à nous militants présenté pour les futures élections européennes, et j'avoue là encore une énorme déception. Dans la présentation d'abord : il n'y a pas de vision sociétale d'ensemble dans laquelle s'encadreraient les éléments épars de la programmation. Dans le fond ensuite : on parle certes de désobéissance européenne mais sans expliquer réellement comment se pilotera en pratique une économie française "désobéissante" ; on intègre bien entendu et encore plus de contraintes écologiques sans regarder ce que font et feront en l'occurrence nos voisins et concurrents ; on attaque le manque de démocratie des instances européennes sans expliquer ce que l'on fera pour y remédier ; et le silence est total, assourdissant, sur les autres composantes de notre politique étrangère, qu'il s'agisse d'un rapprochement éventuel avec les pays méditerranéens ou de nos relations avec l'Asie et l'Afrique.

    A vrai dire, c'est consternant. Et c'est ce qui m'amène à vous présenter le programme que j'aurais aimé lire sur le fronton du parti pour lequel je voterai quand même, faute de mieux, aux prochaines élections tant municipales qu'européenne.

     

    La vision d'ensemble

    La France fait partie de l'Occident qui a dominé outrageusement le monde depuis cinq siècles. Et cet Occident est confronté aujourd'hui à un déclin pour l'instant relatif sans précédant. La Chine aujourd'hui, l'Afrique et l'Inde demain deviendront les centres de l'économie mondiale du simple fait de la démographie : car on sait aujourd'hui avec certitude que notre avance technologique n'est plus qu'un souvenir. Les régions de notre planète que je viens de citer sont à même d'apprivoiser et d'approfondir les plus hautes technologies en quelques décennies. Et, in fine, il ne reste à l'Occident que son armement phénoménal pour "paraître" encore et faire peur aux "basanés" Un armement que l'Occident, gangrené par ses lobbies militaro industriels, utilise abondamment pour déstabiliser les parties faibles de ses nouveaux concurrents. On a vu que, dans le cas syrien notamment, il n'osait pas aller trop loin en se mettant à dos, militairement et surtout économiquement, la Russie et la Chine. Cette dernière tenant les Etats Unis "par les couilles" (par le porte monnaie surtout) et, conséquemment, tous les autres pays occidentaux surarmés.

    L'armement n'est donc pas la clé du sauvetage occidental, coûtant en outre les yeux de la tête à des Etats surendettés. Doit-on, dans ces conditions, rester impuissants dans notre camp en déroute économique -et donc diplomatique, ou bien tenter de sauver notre pays et sa culture en toute indépendance ? Si l'Occident n'avait pas été aussi ultra libéral et soumis tant au fric qu'aux financiers véreux, j'aurais sans doute opté pour une tentative au sein du groupe occidental. Mais, de toute évidence, l'ultra libéralisme a réussi à vaincre toute dissidence en son sein, grâce notamment à une extraordinaire main mise sur tout ce qui compte de médias et de facteurs d'opinions : il n'y a plus aujourd'hui un seul économiste non libéral qui ait droit de parole en Occident dans les médias et facteurs d'opinions de masse. Et il n'y en aura pas quand on voit comment l'actuel Parti socialiste de France et de Navarre prolonge, quand il ne l'amplifie pas, ce phénomène de manipulation de masse.

    Force est donc d'opter pour la sortie de l'Occident : donc pour une rupture totale avec ses mécanismes de contrainte que sont l'Union Européenne, l'Euro et la mondialisation : ma vision est une vision de guerre économique et non de rapiéçages successifs de valeurs qui, de toute façon, seront emportées par cet ultra libéralisme lui-même de combat : pour l'instant nous ne combattons pas, nous subissons.

    Et cette vision est d'autant plus forte que le tout fric, nous manipulant par la consommation, est l'obstacle majeur, le dernier sans doute, à la civilisation de l'abondance qui n'a rien à voir avec la surconsommation. C'est avant tout une civilisation qui dégagera l'homme des contraintes de la survie et qui le fera entrer dans une ère de "vie" Je vais y revenir mais, pour l'instant, vous devez surtout retenir que notre avenir à court et moyen terme est difficile mais intéressant : nous pourrions nous battre pour quelque chose de supérieur et non pour la défense, perdue d'avance, d'emplois et de garanties sociales. Mais en ayant en tête le fait que ces garanties sont indispensables dans le monde futur de l'abondance et que nous devons donc les défendre "bec et ongles"...

     

    La rupture

    Elle doit être menée comme une campagne militaire napoléonienne si l'on veut qu'elle réussisse : rapide, surprenante et totale. Point de "désobéissance européenne" ici mais l'annonce immédiate de la sortie de la France et de l'Union européenne, et de la zone euro, et de toutes les instances onusiennes de la mondialisation : OMC, Banque mondiale, FMI...  Ce tout en instaurant un nouveau franc exactement égal à l'actuel euro (1 F = 1 €), je vous ai déjà expliqué pourquoi, en parallèle avec l'instauration immédiate d'un contrôle drastique des changes et du commerce extérieur : la France garantira au monde qu'elle équilibrera immédiatement son commerce extérieur, au dépend principal des pays qui le plombent actuellement, Allemagne en tête.

    Dans le même temps, l'Etat reviendra en force dans l'économie en instaurant une planification autoritaire mais temporaire : le temps de réorienter les investissements privés vers les secteurs indispensables à une économie semi fermée : substitution des importations interdites, autonomie énergétique et dans les fournitures de base indispensables (acier, chimie, etc.) Ce qui, en passant, créera un nombre considérable d'emplois et soulagera de ce fait les finances de la Sécurité Sociale.

    Très vite par ailleurs, l'Etat imposera des comportements économiques plus responsables aux différents acteurs, à commencer par les banques et les multinationales. Elles ont leurs sièges sociale en France mais appartiennent en majeur partie à des actionnaires étrangers. Il faudra donc les mettre d'entrée devant les nouvelles règles : "vous jouez le jeu où vous partez et perdez le marché français" Au moins la moitié d'entre elles joueront le jeu, c'est-à-dire respecterons les nouvelles normes pour ne pas perdre ce marché tout de même important (je pense aux compagnies d'assurance notamment) Je vous livre ici et à la suite, en vrac, quelques unes des composantes de ces nouvelles normes dont on a d'ailleurs déjà parlé sans aucune suite : instauration de plafonds de salaire dans les entreprises (pour l'ensemble de l'encadrement, pas seulement pour les PDG), obligation de détenir un pourcentage d'actifs sérieux nettement plus élevé qu'aujourd'hui (vous verrez qu'alors, le yoyo spéculatif sera sérieusement mis à mal), séparation des métiers (pour les banques en premier !) Etc.

    L'Etat reviendra sur la privatisation de services à caractère éminemment publique, tels l'énergie, le transport ferroviaire ou l'eau. Ce, afin surtout de retrouver de la sérénité dans les investissements. C'est ainsi que le nouveau monopole d'EDF devrait être couplé avec une totale libération de l'approvisionnement énergétique : un seul fournisseur mais tout le monde peut bricoler sa centrale personnelle. A EDF de prouver qu'elle est moins chère que sa petite géothermie locale... C'est ainsi aussi que la SNCF, redevenue monopolistique, pourrait être contrainte de réorienter totalement sa vision du transport en privilégiant d'abord le transport de marchandise : sans même qu'il soit besoin ici de faire d'études, on voit bien que le camionnage atteint aujourd'hui le seuil de saturation et qu'on ne peut multiplier les coûts routiers et autoroutiers pour accueillir son développement anarchique. Cela signifie qu'il faudra aussi abandonner les conneries écologistes qui voudraient faire revenir l'humanité à l'ère d'avant les automobiles. Ce quand se profilent déjà les contours des transports individuels de demain : les parcs de véhicules propres en ville, la conduite automatique ou la baisse du prix des véhicules. On ne reviendra pas sur l'individualisation des transports car les humains ne le veulent pas. Tout simplement. Il faut l'accepter et travailler dans cette optique plutôt que de mener des combats sans issue contre cet indéniable constante de l'humanité moderne...

    Il y aura donc rupture aussi avec le politiquement correct : la révolution, car il s'agira d'une révolution, devra aussi couvrir l'information et la documentation. Deux mesures immédiates me viennent ici à l'esprit : la criminalisation d'abord des interférences sur les lignes éditoriales venant des annonceurs, mesure allant de paire avec la suppression des agences d'achat d'espaces publicitaires, véritables Etat dans l'Etat des médias. Et l'interdiction pour les industriels et banquiers de posséder des médias de masse. L'Etat devra aider la création de nouveaux médias plus libres que ceux qui nous manipulent aujourd'hui et obliger ces derniers à revenir à des pratiques d'information moins scandaleuses.

    Il devra aussi obliger les administrations à effecteur des travaux statistiques et de compilation de haut niveau, publics et gratuits. Les agriculteurs devront par exemple pouvoir connaître les tendances des marchés autrement qu'au travers des subventions qui les amènent à délaisser l'essentiel au profit d'une course stupide aux primes. Les journalistes devront pouvoir avoir accès aux meilleurs sources diplomatiques d'office, que cela plaise ou non aux politiques. Il est tout de même extravagant que la CIA publie des informations de première qualité sur un site gratuit quand la DGSE n'est même pas capable de diffuser de telles informations dans ses propres services ! Les fonctionnaires devront donc être formés, voire renforcés, pour parvenir à l'excellence informative et gratuite, seule manière de ne pas manipuler le public et de donner à ce dernier des éléments objectifs de réflexion.

    Enfin, la rupture se fera également en matière diplomatique : le système dit de la "France Afrique" sera démantelé publiquement et toute la lumière sera faite sur nos actions honteuses sur le continent africain. Auquel nous tendrons cette fois-ci une main réellement fraternelle en commençant par défiscaliser les investissements français qui s'y dirigeront. Et en ayant une politique d'accueil bien moins stupide qu'aujourd'hui. En instaurant des visas multiples par exemple, de tourisme mais aussi d'apprentissage puis de travail temporaire. L'expérience prouve que lorsqu'un Africain a acquis un savoir qu'il peut mieux valoriser chez lui que chez nous, il rentre au pays. Voir sur ce point les aides soignants et soignantes : une fois formés, ces personnels ont quitté les hôpitaux français pour rentrer dans les villages et quartiers populaires des villes où ils sont considérés comme des médecins et non comme les vulgaires aides ménagers qu'ils étaient en France. Et ils ont ainsi participé grandement au développement médical de leurs pays d'origine, développement actuellement en plein essor...

    La France devra aussi et radicalement changer de comportement avec l'ex Tiers Monde. En renonçant d'abord à l'utilisation de la force militaire : notre pays désarmera unilatéralement, épargnant ainsi un budget presque égal à celui de l'Education nationale. Et notre pays démantèlera son industrie de l'armement, renonçant à ses exportations militaires, certes, mais acquérant une image de marque propre à booster les achats français dans le monde. Car, ce faisant, nous reconnaîtrons ouvertement que les armes ne servent plus à rien aujourd'hui et que les compétitions sont essentiellement économiques et culturelles : en renonçant à la force militaire nous pourrons nettement mieux faire valoir nos valeurs dans un monde qui, globalement, attend un autre message planétaire, universel, que celui du tout fric. CQFD !

     

    La préparation de la civilisation de l'abondance

    Le plus urgent n'est pas l'écologie, notre planète n'étant pas encore et n'en déplaise aux écolo-catastrophistes au bord du gouffre : certes, les mers sont parfois polluées, notamment par les matières plastiques. Et notamment aussi sur les rivages des grandes agglomérations. Mais la Terre est d'abord maritime tandis que ces pollutions ne sont pas irréversibles. Certes, nous rejetons beaucoup de CO2 dans l'atmosphère tandis que des signes se multiplient pour nous laisser penser que notre planète se réchauffe. Mais elle a connu, cette planète, de multiples périodes de réchauffement et de refroidissement dont nous pouvons lire les étapes dans les carottages non pas glacières mais terrestres (à Djibouti notamment) : en 3500 ans par exemple, des terres chaudes et sèches ont connu au moins 5 successions de climats "arides" et "semi arides" La dernière glaciation terrestre date du 17e siècle (une petite période glaciaire dont nous sortons donc à peine) Le tout sans compter les gros sous : la lutte contre les trous dans la couche d'ozone a ainsi coûté des dizaines de milliards de dollars détournés à son profit quand nous voyons aujourd'hui que les variations des dits trous continuent à se manifester indépendamment de nos rejets de produits fluorocarbonés. Et les centaines de milliards de dollars cette fois ci alloués aux chercheurs du CO2 (allant jusqu'à compter le méthane rejeté par les bovins -qui pètent plus que vous et moi !) ne sont certainement pas pour rien dans le sectarisme des scientifiques du "GIEC", ce groupement international des dits chercheurs qui ne fonctionne que sur le "consensus" : si tout le monde pense comme ça, c'est que c'est comme ça qui est vrai et pas comme ci...

    Bref, nous avons encore du temps devant nous, notamment pour commencer à devenir un peu plus scientifique, quitte à être provisoirement moins consensuel... Et la préparation des lendemains qui chantent commence surtout par la lutte contre l'élitisme, ce chancre qui nous bouffe en nous lançant dans des compétitions internes aussi stériles que crétines. C'est cet élitisme qui nous pousse à consommer stupidement, plus pour "avoir l'air" que par besoin : des voitures toujours plus grosses, des logements toujours plus grands... Nous perdons notre âme et notre santé à vouloir toujours rattraper les plus chanceux que nous. Supprimons l'élitisme et le consumérisme idiot disparaîtra en même temps.

    Mais l'élitisme est tellement ancré dans nos têtes que cela ne sera pas facile. Le nouvel Etat devra donc procéder par étape, en égalisant d'abord et radicalement les chances : des mesures comme la suppression des âges limites pour les concours ou le remplacement des dits concours par des examens de niveau suivis de tirages au sort ainsi que la suppression immédiate des grandes écoles devraient s'imposer, je crois, comme premiers éléments d'exemplarité. Mais cela restera insuffisant tant que l'Ecole n'aura pas banni elle aussi tout ce qui conduit à la sélection. Et ça, c'est une autre paire de manche. L'affaire ne peut être traitée qu'en douceur, par petites touches, sur des décennies.

    Ce, tout en montant en épingle, toujours pour l'exemple, des cas concrets de réussites non élitistes. Des parcours professionnels que l'on qualifierait aujourd'hui de "ratés" alors que des gens qui ont réussi à faire plusieurs métiers dans une seule vie me paraissent plus méritants que des mono professionnels parvenus au sommet ; des personnes devenant médecins à plus de 45 ans ; des intellectuels ayant, eux, fini par opter pour des métiers manuels moins prestigieux mais plus proches de leurs envies profondes. Etc. : pour que le regard des gens évoluent, il faut d'abord que celui des dirigeants leur montre la voie. En ayant systématiquement en tête le fait qu'il faut d'abord et avant tout valoriser le métier et non ce qu'il rapporte : dans la lutte contre l'élitisme, la course au fric est résolument interdite !

    J'ai bien quelques idées d'un futur plus lointain et de ce qu'il pourrait être ainsi préparé. Les humains pouvant, à loisir, mener plusieurs vies professionnelles entrecoupées de période de congés "sabbatiques", la direction des humains étant progressivement remplacée par des systèmes, éventuellement automatisés, de consultation en ligne, le renouveau du spirituel enfin débarrassé des contingences matérielles, etc. Mais je sais que, ce futur là, je ne le verrai pas. Car dans ma vision de nos sociétés, l'immortalité n'a pas sa place. Que de vieux riches l'espèrent aujourd'hui, très à l'aise dans leurs basquets dorées, est une chose. Mais qu'ils cherchent à l'imposer en tuant ainsi le moteur de toute civilisation, de toute société, soit le renouveau générationnel, en est une autre : je ne sais pas ce que vous en pensez mais, pour ma part, je suis fermement partisan de fermer éthiquement la porte aux recherches visant à immortaliser l'enveloppe corporelle des Hommes : ceux qui mènent ces recherches n'ont visiblement pas pris la mesure des catastrophes sociétales qu'entraîneraient leurs éventuelles découvertes... Notez que j'écris cela sciemment car Mélenchon est, lui aussi, partisan de l'immortalité. Quand je vous dis qu'il ne réfléchis pas assez !


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