• Les crises boursières à répétition annoncent-elles la fin du capitalisme ?

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    Article 36<o:p></o:p>

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    Les crises financières répétées du capitalisme mondialisé annoncent-elles<o:p></o:p>

     L’effondrement du système capitaliste ?<o:p></o:p>

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    Depuis quelques années, les bourses occidentales connaissent quasi annuellement une crise grave (baisse accumulée de plus de 20% en quelques mois). La dernière en date aurait vu, selon l’économiste libéral de gauche Bernard Maris, 5 000 milliards d’euros partir en fumée du fait et de la faillite des organismes américains de prêts immobiliers aux pauvres suite au retournement du marché immobilier yankee, et de la menace de récession aux Etats Unis.

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    Avant d’analyser plus profondément ces éléments, rappelons que l’an dernier déjà, les bourses mondiales avaient baissé de près de 30% en moyenne entre janvier 2006 et juin 2006. L’année boursière planétaire s’était tout de même terminée par une hausse moyenne de 3% à 4%.

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    Tout le monde sait que l’immobilier des pays riches est une bulle spéculative. Avoir des prix dans les grandes villes qui dépassent parfois les 10 000 €/m2 est en effet complètement dingue. Mais ces prix dingues ne font que refléter l’enrichissement fabuleux des riches depuis le retournement de politique entamé, à la fin des années 1970, par Margaret Thatcher en Angleterre et poursuivie depuis, sans interruption, jusqu’à aujourd’hui : près de 40 ans « d’économie de l’offre », comme disent les riches pour désigner, en fait, la fin de la redistribution des richesses de l’économie dite « keynésienne » entamée, elle dès les années 1920 aux Etats Unis. Et ce, alors que la démographie occidentale joue largement contre la hausse de l’immobilier (l’offre, aujourd’hui, est globalement suffisante dans les pays riches) Les prix immobiliers sont donc indéniablement trop élevés et ne se maintiennent élevés que parce que les banques ont accepté de baisser considérablement leurs taux d’intérêt réels (hors inflation) tout en allongeant de manière également considérable la durée possible des prêts qu’elles octroient : globalement, on est passé de 10 à 15 années de remboursement à plus de 30 années aujourd’hui.

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    La crise est survenue par le bas : à force de baisser les salaires réels des « pas riches » occidentaux, un trop grand nombre de ceux-ci ont fini par ne plus pouvoir rembourser leurs emprunts, même étalés sur des décennies. Aux Etats Unis, c’est près de deux millions de logements qui se sont ainsi retrouvés, via les expropriations, sur le marché des pauvres. Les prix de ces logements de pauvres se sont donc effondrés et tout le système avec : car le dit système vivait très grassement des saisies de logement d’emprunteurs défaillants, revendus très au dessus de leur valeur d’achat du fait de l’envol des prix immobiliers. Dès lors que les prix se sont effondrés, le système n’a plus valu un kopek… Mais il avait été si juteux que les banques américaines, pour se couvrir, en avaient fait des sicav achetées très cher par toutes les banques du monde occidental. Sicav qui, aujourd’hui, ne valent plus tripettes. C’est ainsi par exemple que la Société Générale à elle seule a perdu au moins 2,5 milliards d’euros rien que sur ces sicav ! Et, ce, sans grand espoir de remontée : car la folie boursière a été plus importante encore que la folie immobilière.

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    On n’a pas de chiffres, mais on entend ici et là des « traders » dire que les papiers générés par l’économie réelle sont dix fois plus valorisés que la dite économie réelle : le PIB mondial est de l’ordre de 50 000 milliards de dollars et la valeur cumulée des actions, obligations et autres paperasses « de change » serait supérieure à 600 000 milliards de dollars. Bon, d’accord, la valeur des papiers boursiers recouvre et les revenus du capital, et le capital lui-même. Combien faut-il donc de capitaux pour générer 50 000 milliards de dollars/an de revenus mondiaux ? J’ai une réponse partielle, ayant été moi-même créateur et patron de société : pour générer 1 million d’euros/an de recettes brutes,  il m’a fallu investir, sur plusieurs années, exactement le dixième de ce montant : la valeur des investissements de ma société était donc dix fois moindres que les revenus générés par ces investissements. Autrement dit, exactement l’inverse du phénomène boursier !

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    Ceci étant, mon exemple (petite entreprise de main d’œuvre) n’est pas généralisable. L’agriculture, par exemple, repose tout au contraire sur une capitalisation d’origine très supérieure à son rendement annuel. L’industrie lourde également. En fait, le « retour sur capital », soit le temps qu’il faut pour récupérer sa mise initiale, est considéré comme rapide quand il est inférieur à 3 ans (le capital est trois fois plus important que la recette annuelle), comme normal quand il est compris entre 3 et 7 ans ; et comme lent quand il est supérieur à 7 ans.

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    Si donc la capitalisation boursière est plus de 10 fois supérieure au PIB des pays couverts par cette capitalisation, alors il y a indéniablement « bulle » spéculative et risque, donc, d’éclatement de la dite bulle. Mais on n’en sait rien, en fait. Car les chiffres sont tous sujets à caution. Les PIB d’abord qui sont calculés hors économie informelle et en sous estimant gravement la production administrative. En Afrique subsaharienne par exemple, l’économie informelle est partout supérieure à l’économie statistique. Parce que d’abord et tout à fait légalement, les productions agricoles non spéculatives (l’alimentaire, donc), ne sont pas imposables donc pas déclarées. Or l’Afrique subsaharienne est encore agricole à plus de 50%... Ce, sans compter les activités non agricoles qui ne sont pas enregistrées en chambre de commerce ou des métiers. Le phénomène est en recul assez rapide, certes, mais existe toujours de manière pesante sur les Etats subsahariens (pesante car il y a un manque d’impôts et de cotisations sociales).

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    Après l’Afrique, c’est l’Europe de l’est, Russie incluse, qui accumule le plus d’économie informelle. Avec, toujours, l’agriculture en tête mais aussi beaucoup de petits métiers. Phénomène qu’on retrouve en grand cette fois-ci dans les pays méditerranéens, Maghreb, Grèce et Italie en tête. Le reste du monde est loin d’être exempt du phénomène : voyez nos aides ménagères en France… Bref, le vrai PIB mondial n’est pas de 50 000 milliards d’euros mais probablement de 70 000 milliards au minimum. Ce, sans compter cette fois-ci sur la vraie valeur de la production administrative. On la calcule essentiellement sur son coût, sans lui accorder ni accumulation, ni plus value comme on le fait pour les productions privées. Exemple : la valeur des travaux publics n’est que celle de son coût annuel dans les statistiques internationales. Si bien que les pays comme la France, qui disposent d’infrastructures assez phénoménales, sont notés au même niveau que les pays anglo-saxons qui délaissent honteusement leurs infrastructures. La rectification devrait être obligatoire si les statistiques mondiales n’étaient pas contrôlées par les Anglo-saxons. Car la valeur d’une autoroute française ou d’un hôpital français est aisément le double de ses homologues anglais ou américains. Au pif, j’ajouterais donc facilement 15% de plus à la valeur cette fois-ci réelle du capital mondial. Et si donc, les bourses mondiales capitalisent, elles, plus de 600 000 milliards de dollars de valeur « papier », on voit qu’on est pas très loin en fait de la valeur réelle de l’économie mondiale : 7 fois le PIB (avec donc un rendement « normal » du capital) = 500 000 milliards de dollars. + 15% = 575 000 milliards de dollars.

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    Je pense personnellement qu’il y a surestimation boursière. Mais beaucoup plus légère que le pensent les apocalyptiques : de l’ordre sans doute plus proche de 15% que des chiffres fous avancés par certains qui osent aller jusqu’à 100% voire plus. Et, ce, alors que la finance mondiale n’a, pour l’instant, même pas abordé les contrées les plus rentables de notre planète. Je veux parler bien sûr des pays pauvres et très peuplés que l’on peut faire aisément et rapidement travailler –et donc consommer- depuis que ces pays se sont largement urbanisés. Il faut donc peut de chose pour que les finances mondiales retrouvent le calme et des hausses importantes pour de nombreuses années :

    -         un retour de l’Etat dans les économies occidentales pour, d’abord et urgemment, donner des statistiques micro-économiques fiables aux acteurs économiques. C’est un impératif que l’abandon de l’idée même de l’Etat imposé aux Occidentaux par les Anglo-saxons rend aujourd’hui encore plus urgent ;

    -         l’obligation ensuite faite aux banques de se syndiquer contre les risques comme l’ont fait depuis longtemps les assureurs (avec la réassurance) ;

    -         le redéploiement massif ensuite des investissements occidentaux dans les pays pauvres.

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    Il faut savoir à ce dernier égard que les marchés des pays riches sont très largement saturés. D’autant plus que la démographie occidentale est en panne depuis longtemps et, sans doute, pour longtemps encore. D’où des phénomènes comme la concentration d’entreprises (il n’y en a plus assez pour tout le monde), les coupes stupides de dépenses pour dégager des bénéfices momentanés plus importants (cas par exemple de Peugeot en France qui avait, jadis, une grande avance en matière de motorisation mais qui a coupé tous ses budgets de recherche et est aujourd’hui à la traîne) ou la spéculation, organisée (comme la spéculation monétaire, organisée par les banques centrales) ou simplement accompagnée (comme la spéculation immobilière). Si rien ne change, alors oui, les crises deviendront progressivement annonciatrices de l’effondrement du capitalisme occidental (les Asiatiques, eux, sont en pleine croissance et ne seront affectés que marginalement).

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    Mais si le formidable surplus d’argent des Occidentaux sert maintenant à développer les pays pauvres, alors le capitalisme occidental peut rester dans la course. Certes, c’est l’Asie qui, à présent et pour longtemps encore, mène et mènera le jeu de l’économie mondiale (on le voit très nettement avec l’envol du prix des matières premières : la domination asiatique est très bénéfique pour les pays pauvres). Mais la finance peut, elle, rester en Occident pour très longtemps encore. Si elle sait évoluer, c’est à dire revenir aux « marchés de masse » des pays émergeants et quitter les « niches » qu’elle a été obligée de créer, en encourageant un élitisme anachronique, dans son Occident originel. Il faut pour cela un renouvellement des dirigeants, sans doute en faisant largement appel aux immigrés, les plus à même de comprendre les économies émergentes. Les Anglo-saxons, à cet égard, ont de l’avance sur les pays latins. Mais ces derniers sont plus aptes à abandonner l’élitisme que les précédents et très certainement plus aptes aussi à financer les économies « métèques »…

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    L’avenir n’est donc pas l’apocalypse annoncée à tort et à travers par des gens qui manquent en fait d’informations. Ou de capacités d’analyse pour ceux qui sont informés. Il est essentiellement dans la sauvegarde ou non de la suprématie financière occidentale, sachant que, sur le reste, l’Asie a déjà gagné la bataille. Même en matière culturelle : car il suffit de lâcher la bride aux artistes pour que ceux-ci deviennent réellement créatifs. L’Inde et l’Afrique, ainsi, dominent aujourd’hui une littérature mondiale hier encore presque exclusivement anglo-saxonne. Ce, tandis que l’individualisme anglo-saxon n’est presque plus qu’un souvenir dans une partie majoritaire de la planète… Nous serons donc plus ou moins maîtres de notre destin dans la mondialisation de demain selon que nous aurons ou non su redevenir humaniste. Pour l’instant, Bush junior ou Sarkozy aidant, on peut être pessimiste. Mais le bushisme vit ses derniers mois et le Sarkozisme ne devrait même pas passer 2012. Partout par ailleurs et en dehors des pays occidentaux riches, l’Etat domine l’économie. Même dans la Russie capitaliste.

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    Je conclurai donc par une réponse négative à la question posée dans le titre de cet article : le capitalisme n’est pas encore mort ! Ce que j’aurais aimé dire, c’est que le marché n’est pas encore mort, soit la suprématie du jeu de l’offre et de la demande sur une planification qui n’est pas encore en mesure de faire aussi bien que ce jeu « naturel » (il est en fait largement artificiel du fait de la publicité) Il y a donc et à mon avis deux étapes ultérieures d’évolution économique prévisible : la fin des prédateurs (c’est toute la différence entre le capitalisme et le marché) et le retour du plan (supérieur au marché pour gérer l’abondance). Attendons toutefois avant de s’interroger sur ces concepts lointains que les financiers occidentaux se soient d’abord tournés vers les pays qui ont le plus besoin d’eux ! Mais sans lesquels ils sont condamnés d’ores et déjà à être dominés par les financiers asiatiques…<o:p></o:p>

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