• Morale et éthique

     

    Morale et Ethique

     

    Maintenant que vous avez lu mon texte sur le l’immédiat et le futur, en voici un autre qui, j’espère, vous intéressera aussi : il concerne en effet la morale et ce qui en reste aujourd’hui, j’ai nommé l’éthique. La morale, c’est la science du bien et du mal. Et comme tout n’est pas toujours blanc ou noir, il faut savoir prendre des décisions face à une multitude de nuances de gris. Hitler face à Bouddha, si vous voulez un exemple précis, c’est le noir face au blanc. Le racisme poussé jusqu’au génocide face au détachement des biens de ce monde… Mais le libéralisme face au socialisme, c’est du gris face à du gris, l’inégalité entre les hommes instauré en méthode de gouvernement face à l’égalité absconde (car réduite aux biens matériels) érigée, elle, en principe terroriste. On complexifie donc les notions pour arriver à y voir clair : le libéralisme social (donc quelque peu étatique) face à l’ultra libéralisme antiétatique et le stalinisme face à la sociale démocratie. Mais cette dernière paraît trop proche du social libéralisme, alors on crée une nouvelle division, la vraie gauche face au dit social libéralisme devenant libéralisme social.

    Et on se débat comme on peut dans ces paquets de gris qui ne concerne pas que la politique, loin de là : cloner un humain est-il bien ou mal ? On doit ici se projeter dans le futur pour prendre une décision, vous voyez que cet article n’est pas étranger au précédant sur l’immédiat et le futur. Car, le dit clonage peut être porteur de bien des choses néfastes : d’abord et surtout, une moindre richesse génétique de notre espèce. On supprime en effet les croisements qui ont fait la force de l’humanité. A terme, la dégénérescence de l’espèce est inévitable, comme l’a été celle des chiens loups, trop longtemps croisés entre eux au point d’accoucher de chiens malingres et peu résistants. Là, ce serait pire car il n’y aurait même plus croisement…

    D’autres conséquences néfastes verraient aussi le jour. Immanquablement car les humains sont ainsi fait qu’ils cherchent tous les moyens de prolonger leur vie. Du moins les plus riches d’entre eux et qui constituent sur ce point un juteux marché : le clonage permet de constituer des réserves de matériaux médicaux pour le donneur, devenant futur récepteur dès la naissance du clone. Ne pensez pas que la chose est improbable : voyez le circuit de greffe d’organes organisés par l’ex président du Kosovo en faveur de riches Israéliens. Des humains sont prêts à tout pour vivre plus longtemps et, ce, depuis des siècles : croyez vous que c’étaient les serfs qui discouraient entre eux de la fameuse source de Jouvence au Moyen Age ?

    Certes, la montée en puissance des fameuses cellules souches renvoie la technique du clonage humain aux oubliettes. Il n’empêche que bon nombre de gens qui ont suivi le débat avaient opté pour cette technique (heureusement interdite par la communauté politique internationale) Ce, pour des raisons souvent égoïstes comme vouloir un enfant à son image (aujourd’hui, la problématique subsiste en ce qui concerne les animaux domestiques)…

    Mais mon propos n’est pas de décortiquer tous les cas où des questions de morale se posent. Je veux surtout ici pointer du doigt la mort de la dite morale, enfoncée par l’offensive de « l’éthique » Il s’agit en fait d’une « science » qui a un rapport avec la morale mais qui n’envisage plus le monde sous le jour du bien et du mal. Il y a plus en effet de rapport entre l’esthétique et l’éthique qu’entre cette dernière et la morale. Le dictionnaire définit d’ailleurs la notion comme « science de la morale » : on se propose d’étudier la morale, non d’étudier le bien et le mal. La différence, c’est justement la disparition du bien et du mal dans les critères de décisions. Et ainsi, aller cogner sur des Libyens pour sauver d’autres Libyens est éthique selon le pseudo philosophe Bernard Henri-Lévy, dit BHL. Tandis que la morale aurait bêtement compté les morts : quelques centaines dans le cas d’une répression intra libyenne, plusieurs milliers dans le cas finalement imposés à leurs gouvernement par les lobbies militaro-industriels franco-anglais. L’éthique a permis de concilier la philosophie et les marchands d’arme, la morale s’y serait opposée.

    Notez d’ailleurs qu’on renvoie aujourd’hui la morale à la religion dont l’aura, en Occident, n’est plus que le fantôme de celui qui permit à ses nations de stopper les Arabes puis les Turco-mongoles avant d’entamer une reconquête qui submergea la planète. Autrement dit, la morale c’est les curés ! Alors qu’il n’en est rien : en Chine par exemple, les règles morales furent enseignées aux populations par des humains,  Lao Tseu et Confucius en tête. Même en Occident, des philosophes (des vrais ceux là) furent à l’origine d’un renouveau de la morale, chrétienne d’abord. Ce furent les « Protestants », protestants de fait contre les dérives d’un catholicisme miné par l’argent et la puissance. Puis de la morale tout court avec l’avènement des « Lumières », lesquelles ne firent pas que lutter contre l’absolutisme : songez aux querelles de Voltaire et de Rousseau sur le mal (l’homme nait bon, dit Rousseau, et est perverti par son environnement. Ce que réfute Voltaire, beaucoup plus pragmatique et qui refuse un théorème aussi peu scientifique) Ou à celle des Jansénistes contre Rome, ayant pour base l’existence ou non du mal partout, mêlée à un problème de grâce et d’élitisme, la dite grâce n’étant donnée qu’à certains humains pour les Jansénistes. Bref et de tous temps comme sous tous les cieux, les humains se sont interrogés sur la morale après avoir, d’abord, tenté de maîtriser les pulsions de leurs enfants. Mais la sortie de ce débat au travers de la mise en avant d’une « éthique » acceptant, elle, l’inégalité et l’enrichissement, n’était pas prévue au programme. Ce sont les Occidentaux modernes qui l’ont sortie de leurs « think tanks » comme on dit des « laboratoires d’idées » en « novlangue » ultra libérale.

    Auparavant il est vrai, les communistes avaient pas mal détérioré la notion de morale en la disant fille de la religion, cet inacceptable « opium du peuple » Mais ils en avaient repris les principes de base, allant même jusqu’à décider ce qui, en matière sexuelle, relevait du bien et du mal (leur condamnation de l’homosexualité dura jusqu’aux années 1980) Et, globalement, les communistes copiaient leurs préjugés sur ceux de leur clientèle populaire, bien moins tolérante qu’au dessus du panier. Les Ultra libéraux laissèrent donc la voie libre aux « libertaires », pour peu que ceux-ci n’attaquent pas leur ordre établi et consolidé après la disparition du soviétisme russe. Lesquels libertaires modifièrent assez profondément l’idée que les populations occidentales se font des « bonnes mœurs » Le communisme n’avait, dès lors, plus grande chose de populaire à dire face et à cette évolution, et au consumérisme considéré comme l’aboutissement logique d’une vie réussie. Jusqu’à la nomination d’un Manuel Valls, roi des libéraux libertaires, à la tête de l’information d’Etat (libéral bien sûr, l’Etat) et à l’aveu public d’un Séguéla sénile disant que « si l’on n’a pas de Rolex à 50 ans, on a raté sa vie » !

    Pour ces gens, la morale est monstrueuse : inconsciemment, ils se sentent du côté du mal. La morale chrétienne est en effet très stricte sur l’argent ou les mœurs. Et comme ils ne connaissent pas ou plus les philosophes occidentaux, il ne leur reste plus que cette fameuse et si compréhensive éthique. Qui, avec l’avènement d’une véritable science de la communication, permet aux puissants de transformer n’importe quel acte relevant indubitablement du mal en parangon d’éthique. Voyez l’intervention française en Côte d’Ivoire, relevant du colonialisme pur et simple. Grâce et à une éthique très librement interprétée (faire respecter la démocratie sans entrer dans les faits réels) et à une communication très spécieuse (totalement pro-Ouattara), tout l’Occident applaudit à la mise à mort, du fait colonial, de milliers d’Ivoiriens et à la destruction de fait du pays. La morale, la vraie, aurait conduit nos dirigeants à, d’abord, ne pas empêcher le gouvernement légitime du pays de poursuivre et de mettre un terme définitif à la rébellion nordiste de 1992 alors que personne n’avait demandé l’intervention française. Puis cette même morale aurait conduit nos mêmes dirigeants à renforcer le pouvoir légitime de Gbagbo au lieu de l’affaiblir en lui refusant le contrôle de la moitié du pays, en lui imposant et le partage du gouvernement avec les rebelles, et la tenue d’élection après la mise au point de listes électorales par une commission contrôlée par les rebelles. La communication étatique occidentale a permis de passer ces faits sous silence et l’éthique occidentale a fait le reste, soit l’élimination d’un leader indépendantiste africain, CQFD…

    Quand j’entends donc le mot « éthique » aujourd’hui dans la bouche de gens comme Kouchner ou BHL, comprenez que mes pupilles se dilatent, que mes sourcils se froncent et que le dégoût se lise aisément sur mes lèvres : ce mot signifie ni plus ni moins que la disparition de la morale dans la tête des dirigeants occidentaux. Disparition qui n’est pas sans risque quand ces gens disposent d’un arsenal militaire capable de détruire la planète. Il est heureux mais oh combien dangereux que la direction du Monde leur échappe progressivement !


    Tags Tags :
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :