• L'histoire du Poular, une révolution sémantique

    Christian d'Alayer - 1er juin 2017

     

    Aujourd'hui, je vais vous parler des langues africaines. Ce, parce qu'un Guinéen, Thierno Oumar Baldé, m'a adressé son livre sur le "Poular", la langue de base des langages peuls : " Le Poular, ancêtre des langues indo-européennes - Les Peuls, au carrefour des langues afro-eurasiatiques" Livre instructif et dérangeant en ce qu'il apporte un regard nouveau sur l'histoire ancienne de l'Afrique.

    Avant de l'avoir lu, je pensais comme beaucoup d'historiens que l'Afrique subsaharienne était peuplée jadis et presque essentiellement de Bantous qui furent repoussés en lisière de forêt (et en forêt) par les razzias financées par les Arabes. Thierno Oumar Baldé a semé le trouble dans mon âme candide : via les langues, il démontre d'abord que les Peuls viennent du Moyen Orient . Puis qu'ils font partie eux-aussi du monde bantou, de la même famille linguistique Niger-Kordofan. Laquelle paraît être de la même lignée que les langues indo-européennes (les comparaisons apportées par l'auteur sont saisissantes) !

    Etant depuis des lustres intéressé par la linguistique qui permet, mieux que les fouilles, de reconstituer l'histoire très ancienne de l'humanité,  je connaissais bien entendu les 5 grandes familles des quelques 1800 à 2000 langages encore parlés en Afrique : les langues "afro-asiatiques" du nord du continent, les langues "nilo-sahariennes" parlées dans le Sahel, les langues "nigéro-congolaises" des Bantous, les langues "koïsan" des premiers peuples d'Afrique australe et les langues "austronésiennes" des îles d'Afrique visitées depuis longtemps par des populations issues du sous-continent indien. 5 familles auxquelles il faut ajouter, depuis deux siècles, les langues imposées par les colonisateurs...

    L'histoire du Poular racontée par notre Guinéen bouleverse cette vision qui est en fait celle des sémanticiens blancs qui se sont penchés sur l'Afrique. Elle montre une évolution bien plus complexe des langues africaines dont on sait toutefois que la multiplicité est issue des rencontres de sociétés bouleversées par les razzias puis la traite et la colonisation. Mais là où je pensais que les langages modernes découlaient schématiquement de la rencontre de Bantous et de Sahéliens, on voit avec l'histoire du Poular que ces langages de rencontre ont une "génétique" plus compliquée car découlant -en tout cas en ce qui concerne les Peuls- de rencontre entre des langues d'une même branche. Si bien que les centaines de langages africains encore parlés sur le continent (beaucoup des 1800 à 2000 recensés sont en voie de disparition) ne sont pas "que" des additions de langues sahéliennes et bantoues mais ici, de telles additions et ailleurs, d'une sorte de "pidgin" entre deux langages d'une même lignée. Le patchwork sémantique africain est donc bien plus riche que les Blancs qui s'y intéressent le pensent encore.

    A côté de cela, le fait que le poular (et les langues du groupe Niger-Kordofan) pourrait bien être l'ancêtre des langages indo-européens  est presque anecdotique : on sait en effet que l'humanité est issue d'Afrique -il y a bien aujourd'hui une thèse contraire mais elle relève plus de l'idéologie que du travail scientifique- et, de ce fait, il est plus que probable que la langue mère initiale de l'humanité soit aussi issue d'Afrique.

    Il faut donc lire ce livre disponible en ligne chez Edilivre (www.edilivre.com) C'est un ouvrage de sémantique, certes, mais aussi et surtout d'histoire africaine. Il est très bien écrit et son auteur, autodidacte (ce qui étonne quand on le lit !) a une vie peu banale : emprisonné jeune par le régime de Sékou Touré, c'est dans les geôles du dictateur qu'il commence à s'intellectualiser au contact des "pointures" qu'il y rencontre : cadres de l'administration coloniale, professeurs, hommes politiques...  Libéré, il se réfugie au Sénégal où, entre de multiples petits boulots alimentaires, il milite au sein de la gauche parlementaire. Ce qui lui permet de continuer à s'instruire en touchant à tout. En 2000, à 46 ans, il retourne en Guinée où il s'adonne, cette fois-ci définitivement, à l'agriculture (les pommes de terre du Fouta-Djalon ont détrôné celle de France dans toute la sous-région) Ce, tout en continuant à avoir la passion de l'étude et de l'écriture ! Il existe des paysans écrivains mais je découvre ici pour la première fois un paysan sémanticien de talent.

     

    La sémantique est en effet un art difficile qui demande d'ordinaire des décennies d'études. Son pape actuel, l'Américain Noam Chomsky, n'a par exemple jamais quitté l'Université où il a étudié puis enseigné (et milité activement !) Thierno Oumar Baldé a une approche moins grammaticale que celle de Chomsky. Il part plus volontiers des racines linguistiques, ce qui lui permet de trouver des analogies troublantes entre des langues d'origine à priori très différente. C'est que la vision de l'Américain est avant tout comportementale, philosophique (l'influence du langage sur le comportement) Tandis que celle du Guinéen est historique. Chomsky pourrait expliquer pourquoi les Africains parlent vite, Baldé leur dit d'où ils viennent. Il me fait penser, toutes choses étant égales par ailleurs, à ces musiciens africains qui n'ont jamais appris le solfège : "vous êtes drôles, vous les Blancs, me dit un jour l'une d'entre eux et elles : vous avez des oreilles et vous vous servez de vos doigts !" De fait, nombre d'entre eux et elles ne se servent ni de clé de sol, ni de dièse. Et pourtant, que leur musique est belle !


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  • La FranceAfrique est-elle nuisible à l'Afrique francophone ?

    Christian d'Alayer - Mai 2017

     

    "FranceAfrique" ! Dès qu'apparait ce terme et depuis l'ouvrage à succès de François-Xavier Verschave, "La Françafrique, le plus long scandale de la République"  , les Français imaginent des barbouzes et des hommes d'affaires pillant allègrement les finances des pays africains avec l'aide de dirigeants politiques corrompus jusqu'à la moelle. En Afrique, les intellectuels qui se sont penchés sérieusement sur la question, tel le site Lisapoyakama (des historiens de l'école de Cheik Anta Diop), voient surtout l'aspect institutionnel des relations franco-africaines.  En fait, les deux réalités s'additionnent : la FranceAfrique est à la fois le produit d'une création institutionnelle et de réseaux secrets intervenant pour défendre les intérêts de la France en Afrique.

    Institutionnellement, le rôle de la France en Afrique, l'existence du "pré carré", est indéniable : il y a d'abord une lourde chape économique mise en place avec le franc des colonies françaises d'Afrique, "F CFA". La dépendance monétaire est complétée par des accords de coopération qui vont jusqu'à des "conventions monétaires mensuelles", en résumé le prêt (archi conditionné !) d'argent en fin de  mois aux états en difficulté. Ce, avant bien sûr le renversement des termes de l'échange à partir du tout début du 3e millénaire.

    Il y a ensuite les accords militaires avec parfois l'existence de bases militaires françaises chargées théoriquement de défendre l'intégrité territoriale des pays africains ainsi "alliés". Elles ont peu servi à cet objectif et beaucoup plus à la défense des régimes en place contre leurs opposants, voire au remplacement des régimes ayant perdu la confiance de Paris.

    Et il y a enfin la coopération culturelle fondée surtout sur l'instauration du Français comme langue officielle des pays "francophones". Cela plus l'existence de centres culturels dans tous les pays d'Afrique francophone, plus la coopération au niveau de l'éducation, plus la formation d'étudiants dans les écoles supérieures françaises, plus... La liste est longue des liens culturels entre la France et ses anciennes colonies d'Afrique, jusqu'à l'envol, à partir des années 2000, de la "Francophonie". Englobant certes d'autres pays tels le Canada ou le Vietnam mais concernant surtout l'Afrique dite francophone du fait du nombre de ses locuteurs.

    Ces trois volets sont la conséquence des mécanismes mis au point sous De Gaulle au moment des Indépendances et ont en fait peu évolué, ni dans leur forme, ni dans leur esprit. Le CFA est toujours en place, les bases militaires et la Francophonie aussi. Bien plus, le lien de subordination s'est accru du fait de l'invention, sous Sarkozy, de "l'ingérence humanitaire" : sous couvert de défense des droits de l'homme, la France s'est arrogé le droit d'intervenir, surtout militairement, dans les affaires intérieures d'autres pays. Et donc surtout de pays d'Afrique puisque la sphère d'influence de l'hexagone ne va guère plus loin. Et c'est ainsi que disparurent Gbagbo puis Kadhafi...

    Qu'en est-il de la FranceAfrique de Verschave, des barbouzes et des réseaux ? Nous avons un indice tout récent à cet égard : l'avocat Robert Bourgi a offert deux costumes de grand luxe au candidat Fillon qui a eu la bêtise d'accepter. Or cet homme fut le porteur des valises africaines de Chirac. Car les réseaux franco-africains, peu connus en fait, mélangent les services secrets français, des hommes de confiance dans les filiales africaines de grandes sociétés françaises (pensez aux responsables de la communication et aux chefs d'agence d'Air France ou, hier, d'UTA) ainsi que des particuliers qui y trouvent leur intérêt. Souvenez vous de l'affaire Falcone et des livraisons d'armes à l'Angola : on y voit le fils Mitterrand, soit la cellule Afrique de l'Elysée, le père et le fils Pasqua (et leur réseau corse en Afrique) ainsi qu'un Russe juif, Arcadi Gaydamak. Sous De Gaulle (et Jacques Foccart), la France aurait livré les armes. Trois présidents plus tard, c'est un montage complexe dans lequel tout plein d'intermédiaires se gavent...

    Faible différence donc du point de vue des Africain qui ont vu, hier,  la France aider les rebelles au Nigeria et qui voient aujourd'hui des armes françaises payées par des Qatari atterrirent dans les hangars de Boko Haram. Qui ont vu jadis le marché occulte des diamants ou de l'ivoire passer par Bangui et Bokassa et qui ont vu hier le marché occulte des diamants du sang (du Liberia en guerre civile) passer par Ouagadougou et Compaoré. L'homme par qui la France a aussi renversé le président ivoirien...

    Les réseaux sont donc toujours en activité, très certainement moins patriotes qu'au temps de De Gaulle et Foccart : l'argent semble à présent le moteur essentiel de leurs actions. Mais le résultat ne change pas : l'Afrique francophone reste le pré carré de Paris. Du moins au sud du Sahara : en Afrique du nord, les relations ne sont plus les mêmes que celles du temps où De Gaulle laissait abattre Ben Barka à Paris pour complaire à Hassan 2 et aux Américains : aujourd'hui, Paris ne sait pas comment empêcher le royaume chérifien, s'il cherche à l'empêcher, de débarquer des tonnes de cannabis en France. Tandis que l'Algérie reste farouchement indépendante et que la Tunisie ne se sort pas de son printemps arabe. Dans ces contrées, l'hexagone n'a pas d'autres ressources que de pratiquer une politique étrangère normale !

    Sa politique ailleurs anormale a-t-elle nui et continue-t-elle à nuire a ses "bénéficiaires" ? C'est ce que dit le milliardaire nigérian Dangote, roi du ciment africain. C'est ce que disent de très nombreux Africains, de plus en plus nombreux d'ailleurs. Voyons ce qu'il en est : dans le tableau 1, vous pouvez voir les taux de croissance des principaux pays subsahariens (à l'époque) à des dates caractéristiques et en moyenne annuelle de 1971 à 1990. De 1971 à 1975, ce sont les trois premiers chocs pétroliers. Ils entraînent les autres matières premières dans leur hausse et on voit surtout que l'Afrique francophone, non pétrolière hors les petits Gabon et Congo-Brazzaville, résiste plus longtemps à la chute des cours. Par la suite, années de médiocres prix des matières premières, on voit que la croissance non francophone se porte à peu près comme celle de son homologue francophone. 

    Il y a-t-il pour autant égalité de résultats ?  Il faut voir cela de plus près : l'Afrique du sud connaît en effet des difficultés politiques à partir des années 1980. La lutte contre l'Apartheid, notamment de la part des syndicats de mineurs qui lancent de grandes grèves, obère singulièrement les productions minières sud-africaines. Le résultat entraînant une sous valorisation du monde non francophone. Une rébellion sévit durement en Ouganda dans les années 1980. Idem au Ghana où Jerry Rawlings prend le pouvoir par la force en 1979 et 1981 pour mettre fin à la corruption. La Tanzanie entre en guerre contre l'Ouganda en 1978... Bref, l'Afrique non francophone connaît de nombreux problèmes politiques dans les années qui suivent les Indépendances tandis que l'Afrique francophone, hors le Cameroun, est relativement épargnée : elle ne connaît que le remplacement de dirigeants par d'autres sans doute plus dociles. On parle même dans les années 1980 du "miracle ivoirien", de la "perle de l'Afrique" ! Et pourtant, les chiffres sont là : dès le début, les non Francophones semblent se débrouiller aussi bien que les Francophones en dépit d'une moindre stabilité politique. Comme ces non Francophones vont nettement mieux que les Francophones depuis  les années 1990, la question de la nuisance de l'influence française peut se poser...

    On sait que le franc CFA n'est pas étranger à une moindre croissance, surtout au cours des dernières années, depuis l'ancrage à l'euro. Et très probablement la main mise française sur son pré carré a-t-elle dissuadé aussi des acteurs importants de la vie économique, notamment les banques africaines, d'y intervenir. Souvenons-nous à cet égard des "banque bamilékés" au Cameroun. Longtemps les filiales locales de banques françaises s'opposèrent à ces héritières des tontines qui ne furent autorisées qu'à partir des années 1990. De même les émigrés francophones ne purent-ils financer que des cabines téléphoniques rurales quand leurs homologues non francophones pouvaient souscrire des actions des grands opérateurs mobiles qui, en Afrique du sud, qui au Nigeria, qui... Il fallut de même des décennies avant que les paysans francophones se lancent dans l'agriculture vivrière en sus des produits de rente. Etc., etc. Les exemples foisonnent des retards pris en Francophonie du fait et des pressions françaises (pensons aux privatisations !) et de la pesanteur de l'existant, phénomène très français : il fallut plus de 10 ans pour réformer la filière coton en Francophonie alors que le Nigeria a relancé sa filière oléagineuse en moins de 5 ans. La FranceAfrique est donc aussi l'ancrage en Afrique des pesanteurs françaises alors que les Africains, où qu'ils soient, se sont toujours caractérisés par une faculté phénoménale d'adaptation.

    On est donc loin en fin de compte de la vision d'une Afrique francophone ayant mieux démarré après les Indépendances du fait de la présence française, face à une Afrique anglophone abandonnée purement et simplement par les Britanniques qui ne se mêlèrent en outre pas de la gestion locale. Economiquement, la FranceAfrique a gêné l'essor des pays africains où elle s'est implantée :  et par opposition aux initiatives locales concurrentes, et par transposition des mauvaises habitudes françaises dans des contrées où ces habitudes ont empêché le génie africain de s'exprimer.

     

    1- Croissance économique des principaux pays subsahariens de 1971 à 1990 (en pourcentages)

    Source : statistiques en ligne de la CNUCED

    Pays

    1971

    1975

    1980

    1985

    1990

    1971-1990*

    1992-2015**

    Cameroun

    3,5

    11,2

    -2

    -2,3

    -0,6

    4,1

    3,3

    Côte d'Ivoire

    9,5

    8,2

    -10,9

    4,5

    -1,2

    3,6

    3,2

    Madagascar

    4,2

    1,3

    0,8

    1,2

    3,1

    0,7

    2,5

    Mali

    2,6

    11,6

    -4,3

    8,5

    2,4

    4

    6,8

    Sénégal

    -0,1

    7,5

    -3,3

    3,8

    3,9

    2,7

    3,8

    Moyenne pays francophones

    3,9

    8

    -3,9

    3,1

    1,5

    3

    3,1

               

     

     

    Afrique du Sud

    4,3

    1,7

    6,6

    -1,2

    -0,3

    2,5

    2,8

    Ghana

    5,6

    -12,4

    0,5

    5,1

    3,3

    1,6

    5,4

    Kenya

    6,5

    -0,4

    5,6

    4,3

    4,2

    4,8

    3,6

    Nigeria

    14,2

    0,7

    2,2

    11,3

    11,3

    3,9

    5,4

    Ouganda

    2,7

    -1,3

    -3,4

    -0,3

    6,2

    1,2

    7,4

    Tanzanie

    4,2

    5,9

    3

    4,6

    6,6

    3,2

    5,6

    Moyenne pays anglophones

    6,25

    -1,2

    2,4

    4

    5,2

    2,9

    5

    * Moyenne arithmétique des 20 années concernées

    ** Rappel des statistiques relatives à l'incidence du F CFA sur la croissance comparée des pays subsahariens

     

     

     

     

     

     

     


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  • Le CFA est-il nuisible à la croissance de l'Afrique francophone ?

    Christian d'Alayer - mai 2017

    "L'Africanosphère" bruisse de plus en plus d'attaques contre le franc CFA. Des chefs d'Etat de la Francophonie sont entrés dans la partie tels ceux du Tchad et du Mali et, dernièrement, François Hollande lui-même a concédé que la question était du ressort des pays concernés plus que de la France. Essayons donc de voir cette question avec lucidité.

    Et d'abord, que reprochent les Africains francophones à leur monnaie commune ? Chez les non économistes et sur le Net, la critique la plus répandue est le fait que le "CFA" est du néocolonialisme car il interdit aux pays membres de la zone de jouer de l'arme monétaire dans leur politique économique intérieure. Le fait est indiscutable : les taux d'intérêt sont décidé non par les Etats mais par la banque centrale de leur zone : BCEAO pour l'Afrique de l'ouest et BEAC pour l'Afrique centrale. Ces banques centrales sous-régionales disposent d'un comité de politique monétaire qui décide donc de l'évolution des taux d'intérêt. Et que ces comités soient plus ou moins sous influence française (la Banque de France a un représentant de droit dans les deux comités), il n'en demeure pas moins que les Etats membres ne sont pas libres de décider par eux-mêmes de l'arme principale des politiques monétaires modernes (les taux directeurs) La même critique est d'ailleurs adressée en Europe à la BCE par les souverainistes et, dans tout l'Occident, à l'indépendance des banques centrales par les antilibéraux.

    Des Africains plus avertis reprochent aussi à la Banque de France de stocker les réserves de change de leurs banques centrales communes. C'est aussi vrai mais plus compliqué : les Etats de la zone franc déposent leurs réserves de change auprès de leur banque centrale, BCEAO et BEAC. Qui, statutairement, doivent en déposer aujourd'hui la moitié (65% hier) sur un compte spécial de la Banque de France. Laquelle dispose bien de 50% des réserves de la zone. Pour l'or, c'est différent (près de 90 milliards de F CFA pour la BCEAO et près de 120 milliards pour la BEAC) : là encore les Etats déposent leur or à leur banque centrale. Mais seule la BCEAO conserve cet or dans les caves de la Banque de France. La BEAC a choisi deux établissements londoniens pour stocker son métal jaune. Dernier point : les comptes des banques centrales de la zone à la banque de France sont rémunérés. Mais à des taux "européens" : un type de compte à 0,30% et un autre à...0,05%. Ce, alors que les taux d'inflation respectifs d'Europe et d'Afrique francophone ne sont pas du tout les mêmes ! En Europe, un taux de 0,30% n'est pas négligeable au niveau d'une banque centrale (pas celui de 0,05% !) Mais en Afrique où les taux d'inflation tournent autour de 10%, c'est une dépréciation importante des réserves dans le cas, de plus en plus important, du commerce interafricain. Le système, reposant sur la garantie de change offerte par la France, n'est évidemment plus viable.

    Deux autres critiques plus économistes émergent du Net : la première est le fait que la gestion monétaire africaine sous férule de la France (et c'est le cas) empêche les Africains francophones d'apprendre à maîtriser l'arme monétaire. Ca n'est qu'à moitié vrai puisque, tout de même, les employés et dirigeants des banques centrales de la zone finissent par maîtriser au moins l'orthodoxie monétaire ultra libérale en vogue en Occident. Soit la maîtrise prioritaire de l'inflation par la monnaie. Mais ils ne peuvent pas sérieusement penser à d'autres utilisations, dont celle de la dévaluation, puisque celles-ci leur sont interdites...

    La deuxième est plus difficile à démontrer car peu d'études chiffrées existent sur le sujet. C'est la compétitivité trop faible des pays de la zone CFA du fait de son ancrage à l'euro, monnaie trop forte pour des économies africaines. Surtout que les pays francophones tant de l'ouest que du centre ont comme voisin un Nigeria qui pratique depuis des lustres et avec brio (à deux décimale près si nécessaire) la dévaluation compétitive (la Mauritanie aussi d'ailleurs) Une étude a été réalisée au Cameroun après le passage du franc à l'euro et, effectivement, le solde des opérations extérieures s'est alors détérioré. Les mathématiciens ont un peu noyé le poisson pour limiter l'impact de leur étude mais la partie sur la détérioration, même en prenant les "TCR" (taux de change réel), était nettement plus compréhensible que la partie suivante qui voulait diminuer sa portée...

    Il faut un peu de réflexion ici : les exportations de matières premières organiques ou minérales peuvent évidemment souffrir des taux de change. Elles s'expriment  en monnaie étrangère, dollars et livres sterling (pour le café et le coton), et les exportateurs sont payés dans cette monnaie. Leur souci est donc principalement que ces monnaies ne se déprécient pas trop vis-à-vis de la monnaie locale. A cet égard, l'ancrage du CFA à l'euro a été fatalement négatif puisque, dans un premier temps (long !), l'euro s'est apprécié jusqu'à 30% par rapport au dollars (la livre, dans le même temps, s'appréciait par rapport à l'euro) D'où en fait une valeur des exportations en baisse par rapport à la monnaie locale. Sans doute les comptes se sont-ils redressés ces dernières années, depuis que le dollars est remonté (dans le même temps, la livre tombait)?

    L'impact est également évident en matière de commerce interafricain car, longtemps, le CFA fut l'une des seules monnaies subsahariennes convertibles avec le rand sud africain. Ce qui fit le bonheur de pays comme le Bénin ou le Togo où les cambistes se comptaient par centaines ! L'Afrique francophone achetait donc aux autres Etas africains d'autant moins cher que sa monnaie était à la fois stable et convertible. Mais le naira nigérian devint lui aussi convertible...

    Dès lors, la trop grande stabilité du CFA, qui plus est surévalué par rapport aux autres monnaies de réserve, n'était plus un atout mais un élément de plus en matière de non compétitivité avec un pays disposant d'un marché intérieur bien plus considérable. Certes, les importations deviennent d'autant moins coûteuses. Mais les exportations sont rédhibitoirement trop chères et la Francophonie subsaharienne ne peut déployer ses PME au même niveau que les Afriques non francophones, jusqu'au point de pouvoir vendre aux pays voisins hors zone CFA. Le tableau 1 montre clairement à cet égard que ces derniers pays se sont développés nettement plus vite que ceux de cette zone.  Il faut se souvenir à cet égard que le décollage subsaharien ne vient pas de l'investissement des multinationales étrangères mais de la croissance interne des PME locales. Un Dangote par exemple, aujourd'hui numéro un africain du ciment, fut d'abord un petit importateur de ce matériau. Et si l'envolée du Mozambique tient beaucoup à l'investissement des multinationales sud africaines, celle de l'Ethiopie tient essentiellement à la multiplication de ses PME, notamment dans le domaine du textile (mais pas seulement) Les Africains francophones ne sont pas moins entreprenant que leurs homologues anglophones, lusitaniens, amhariques ou tigréens. Mais ils n'ont pas toute l'Afrique comme marché.

    "C'est de la faute des Français" a déclaré voici trois ans le même Dangote mentionné en supra : il voulait alors s'attaquer au marché francophone et rencontrait des difficultés majeures face au lobbying de l'alors français Lafarge, son concurrent et jadis fournisseur. On sort ici du problème monétaire pour entrer dans celui de la France-Afrique aussi ne vais-je pas creuser cette question. Je note simplement que trois années plus tard, Dangote vient d'annoncer qu'il allait doubler les capacités de son usine camerounaise et devenir ainsi le numéro un au pays de Biya devant...Lafarge-Holcim (Cimencam) !

    Que peut-on conclure de tout cela ? De toute évidence, il existe un vrai problème du franc CFA : problème d'indépendance évident et problème de compétitivité, surtout depuis l'ancrage à l'euro. Et ces problèmes ne pourront que s'accentuer avec le temps. François Hollande, indécis comme d'habitude (il s'en va aussi peut-on le dire sans crainte), ne pouvait donc que renvoyer la balle aux chefs d'Etat concernés : " à vous de voir !" Mais voir quoi ? Conserver une monnaie commune mais sans ancrage à l'une des monnaies de réserve ?  C'est prendre le risque de voir refuser les paiements à l'étranger dans cette monnaie et je rappelle ici que pour pouvoir devenir le point de rencontre commercial indiscutable de sa sous-région (englobant l'Ethiopie !), la toute petite république de Djibouti dut déposer 500 millions de dollars (de l'époque) à la Citibank de New York en garantie de convertibilité du franc djiboutien.

    Et que la nouvelle monnaie africaine francophone soit commune ou propre à chacun des pays, il faut donc penser à sa convertibilité réelle (donc à ce qu'en pensent les étrangers) C'est le principal problème auquel se heurtent les anti-CFA sérieux. Peut-être une solution serait-elle d'être plus maître des décisions et de pouvoir, par exemple, décider de dévaluer. Une autre décision, envisagée en France même, serait d'avoir deux monnaies, une monnaie "mondiale" et une monnaie africaine ? Toujours est-il qu'il faudra avoir la solution au moment de couper le cordon ombilical...

    1- Taux de croissance comparés des principaux pays d'Afrique subsaharienne francophone et non francophone

    (Source : moyennes annuelles, statistiques en ligne de la CNUCED)

    Pays

    1992-1995

    1995-2000

    2000-2005

    2005-2010

    2010-2015

    1992-2015*

    Mali

    2,7

    5,5

    7

    10,4

    8,3

    6,8

    Sénégal

    1,9

    4,9

    4,6

    3,6

    4,1

    3,8

    Cameroun

    0,2

    4,7

    3,8

    2,8

    5,2

    3,3

    Côte d'Ivoire

    2,8

    3,6

    -0,2

    2,3

    7,4

    3,2

    Madagascar

    1,1

    3,9

    2

    3

    2,7

    2,5

     

     

     

     

     

     

     

    Congo Kinshasa

    -5,6

    -3,8

    4,2

    5,4

    7,9

    2,4

     

     

     

     

     

     

     

    Mozambique

    5,7

    11,2

    8,5

    7,3

    7,1

    8

    Ethiopie

    7,2

    3,4

    5,6

    10,7

    10,3

    7,4

    Ouganda

    9,2

    6,7

    7,2

    8,3

    4,7

    7,2

    Tanzanie

    3,6

    4,2

    7,1

    6,1

    6,8

    5,6

    Ghana

    4

    4,4

    5,2

    6,2

    7,4

    5,4

    Nigeria

    1,4

    2,8

    11,3

    6,7

    4,9

    5,4

    Angola

    -3,4

    5,7

    9,1

    8,4

    5,1

    5,1

    Kenya

    2,5

    2,1

    3,5

    4,4

    5,4

    3,6

    Afrique du sud

    2,6

    2,5

    3,8

    2,9

    2,1

    2,8

    Zimbabwe

    3

    -0,3

    -4,7

    9,5

    6,2

    2,7

    * Moyenne arithmétique

     

     


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  • Pour en finir avec l'afro-pessimisme

    Christian d'Alayer - avril 2017

    Avec la baisse relative des prix des matières premières, l'afro-pessimisme a d'autant fait sa réapparition que nombre d'émigrés africains en France, surtout intellectuels, restent très aigris vis-à-vis de leur patrie d'origine. On sait ainsi qu'en ce qui concerne par exemple l'Algérie, et les familles rapatriées en 1962, et bon nombre de Kabyles sont à l'origine de l'opinion très négative des médias français. Les intellectuels expatriés ont de même  joué un rôle majeur cette fois vis-à-vis du sud du Sahara. Ajoutons à cela la petite voix des "ONG" au regard Oh combien parcellaire sur le Continent et l'on obtient une image plutôt catastrophique de pays qui, pourtant, ont fait la preuve de leur dynamisme ces dernières décennies. Image qui revient aujourd'hui en force depuis que le Nigeria et l'Afrique du sud ont enregistré une très faible croissance économique en 2016 (selon les estimations de la Banque mondiale, moins catastrophique selon la BAD et les résultats sous-régionaux consolidés de cette même Banque mondiale)

    Il apparaît donc presque d'utilité publique de rétablir la vérité sur la soi-disant impossibilité "génétique" des Africains (surtout subsahariens pour les journalistes français) à se développer et à évoluer.  Voici tout d'abord le tableau économique sous la forme d'un graphique et de deux séries de chiffres qui prouvent de nombreux faits :

    - tout d'abord, il y a une corrélation évidente entre la hausse du prix des matières premières et l'accélération de la croissance africaine. A contrario, on pourrait penser qu'à l'inverse, une baisse des prix des dites matières premières entrainerait ipso facto une décélération de cette croissance.

    - Mais si vous regardez l'origine de la décélération globale en 2011, 2013, 2014 et 2015, vous pouvez voir très nettement qu'elle provient essentiellement de l'effondrement de la croissance dans les pays d'Afrique du nord suite aux fameux "printemps arabes" L'impact de la baisse des prix des matières premières sur la croissance africaine ne se fait réellement sentir qu'en 2016 (si les estimations de la Banque mondiale sont réelles)

    - Or et même sans faire appel à d'autres estimations moins pessimistes, on voit (renvois du tableau 3) que les deux plus gros morceau de l'Afrique subsaharienne, l'est et l'ouest, ont continué à croître avec une très grande vigueur. En Afrique de l'ouest, on peut d'ailleurs se demander comment la CEDEAO a pu enregistrer l'an dernier une croissance de plus de 6% avec un Nigeria qui aurait stagné ! Sans doute l'Angola a-t-il fini par pâtir de la baisse des prix du pétrole. Sans doute l'Afrique centrale pâtit-elle de l'instabilité politique avec Boko Haram et l'opposition entre Sahélien et Forestiers en République centrafricaine.

    - Mais, et c'est le dernier point que montrent les tableaux et le graphique, les prix des matières premières sont loin de s'être effondrés. J'ai déjà évoqué l'indice Mundi dans ces colonnes en remarquant que le prix moyen des matières premières avait été multiplié par 5 de 2000 à 2015 et par 3,5 seulement ces deux dernières années, toujours par rapport à l'an 2000. Ce qui se confirme au niveau du prix du pétrole importé en France. Mais qui est supérieur à la réalité en matière des denrées tropicales principalement exportés par les pays africains en sus du pétrole et des minerais : là, on enregistre un simple triplement.  Mais il n'y a pas effondrement ces dernières années et les exportations ont rapporté toujours nettement plus qu'en 1990 !

    La croissance africaine est donc loin d'être cassée par le soi disant effondrement du prix des matières premières. Et, ce, contrairement aux affirmations de certaines grandes banques qui ont mis en avant des "cycles" de prix pour annoncer une baisse durable des dits prix. Il y a ralentissement de la croissance en Chine, certes, et poursuite de la stagnation en Occident. Donc tassement des prix tant des produits dits "de base" que des matières premières industrielles. Si vous regardez les prix payés par les Français, vous voyez toutefois que ce tassement n'est pas catastrophique pour les exportateurs. Même en ce qui concerne le pétrole : car à 100 $ le baril, l'offshore profond et le gaz de schiste deviennent rentables. A 50 $, prix tout de même 3,5 fois plus élevé qu'en 1990, c'est moins évident et la production est plus aisée à contrôler par l'OPEP...

    L'effondrement économique de l'Afrique est donc une chimère. Qu'en est-il de sa croissance politique et sociale ? Là encore, les oiseaux de mauvais augure mentent : il y a bien deux phénomènes terroristes au Sahel et en Afrique centrale. Phénomènes, il ne faut pas l'oublier, dus aux armes fournies abondamment par l'Europe et singulièrement la France tant à l'armée régulière de Kadhafi qu'aux forces rebelles que les Occidentaux ont grandement aidé à gagner. Mais les bien plus terribles guerres congolaises sont pratiquement terminées et le Congo Kinshasa par exemple enregistre aujourd'hui de fortes croissances économiques annuelles. Idem en Afrique du nord où les printemps arabes sont derrière : les indices de la  zone retournent au vert. Quant à l'Afrique australe que les teigneux annonce pratiquement en guerre civile, je rappelle que le Zimbabwe d'une part a remboursé la Banque mondiale jusqu'au dernier cent tandis qu'il a renoué avec une croissance forte. Et que d'autre part, il n'y a pas de meurtres en série de fermiers blancs en Afrique du sud : c'est un mensonge issu, là, des milieux d'extrême droite européen pour dénigrer le pays le plus puissant du continent et ses dirigeants aujourd'hui noirs. Il existe des tensions, certes, qu'il faudra bien apaiser en donnant des terres aux Noirs. Mais on est loin de la guerre civile !

    Bien entendu, la période actuelle de constitution du capital économique africain est lui aussi porteur de tensions : tout comme dans l'Europe du 19e siècle, il faut investir avant de répartir et les inégalités accompagnent toujours ces nécessaires capitalisations. Voyez la Chine ! Voyez la Corée du Sud ! L'Afrique n'échappe pas et n'échappera pas au phénomène, entrainant de ce fait la désapprobation un peu stupide des médias occidentaux (bien plus "gentils" à l'égard de leurs annonceurs, eux mêmes ultra capitalistes !) Ce qui est important est qu'on compte aujourd'hui de plus en plus d'entrepreneurs africains, le plus fort taux d'ailleurs dans le monde.

    Reste la démocratie que l'Occident a voulu imposer à toute allure à tous les pays sans exception. Malheureusement, les phénomènes religieux et ethniques s'opposent à une totale et rapide démocratisation du continent : au nord, on a vu l'Islamisme radical en passe d'emporter tous les régimes. Il fallut une guerre civile extrêmement dure en Algérie, un coup d'Etat en Egypte, l'échec patent des Islamistes en Tunisie (et en Egypte) et la personnalité du roi, du "Commandeur des Croyant", au Maroc pour l'empêcher. Au sud, les élections peuvent se passer bien dans les pays totalement sahéliens mais ne le peuvent pas là où s'opposent deux civilisations aussi différentes que celle des Bantous, chrétiens et/ou animistes, et celle des Sahélien, musulmans. Boko Haram est né sur cette opposition ; au Soudan,  au Tchad, en Centrafrique, au Togo,  tout au long en fait de la lisière entre Sahel et Forêts, la démocratie ne peut que donner lieu à la violence. Là encore les Occidentaux ont attisé les flammes de cette violence, ne serait-ce qu'en déposant les seuls dirigeants capables d'unir leurs peuples : Bokassa puis Patassé en l'occurrence et à Bangui... Et que dire du monde bantou que l'Occident méprise tout en n'y connaissant rien ?! Qui sait en France que la petite mais très riche Guinée Equatoriale est dirigée comme un conseil de familles ? Ca n'a rien à voir avec la démocratie représentative, certes, mais quand on voit comment se comporte cette démocratie représentative occidentale, ça la vaut sans doute ? Comment comprendre ce monde quand on condamne Mugabe sans réfléchir, sans rien connaître de son histoire et de l'histoire de son pays ? Parler des accords de Lancaster House foulés aux pieds par Tony Blair n'entraîne qu'ennui et incompréhension au nord de la Méditerranée ! "Histoire de Nègres !" Alors qu'il s'agit essentiellement de la nième rupture de traités internationaux de la part des Anglo-Saxons. Bref, on voit que l'Occident a bel et bien ouvert la boîte de Pandore avec  sa promotion de la démocratie représentative en Afrique. Qui va devoir digérer très longtemps encore ce "cadeau" : c'est probablement le seul bémol qu'on puisse avancer contre ce continent en pleine et très rapide mutation. N'oublions pas en effet que la stabilité politique, bien plus que la démocratie, est un gage de développement comme le prouve incontestablement l'envol économique occidental au 19e siècle...

     

    1- Prix du baril de pétrole depuis 1970 en $ (source : France-Inflation.com)

    Graphique evolution petrole wti

    2- Prix des matières premières importées par la France depuis 1990 (source : INSEE)

    Années

    prix du baril de pétrole au mois de juillet  ($)

    Produits alimentaires (indice au mois de juillet))

    denrées tropicales (indice au mois de juillet)

    Prix industriels* (indice au mois de juillet)

    1990

    14,9

    111,6

    85,6

    81,5

    1991

    17,1

    106

    81,7

    83,9

    1992

    15,6

    99

    58,8

    69,4

    1993

    14,9

    112,8

    74,5

    74,2

    1994

    14,5

    141,5

    166,2

    81,2

    1995

    11,7

    126,1

    106,6

    84,4

    1996

    15,1

    129,7

    99,3

    74,4

    1997

    17

    135,8

    159,6

    93,1

    1998

    11,1

    119,2

    127,5

    76,2

    1999

    18,3

    99,8

    103,3

    78,7

    2000

    30,3

    100,3

    101,2

    98,4

    2001

    28,6

    96,1

    89,2

    91,3

    2002

    25,9

    108,5

    108,5

    81

    2003

    24,9

    115

    95,5

    77,7

    2004

    31,2

    123

    89,7

    97

    2005

    47,8

    129

    99

    110,9

    2006

    58

    133,5

    102,4

    160,2

    2007

    56

    174,7

    118,5

    159,2

    2008

    84,6

    260,6

    140,4

    149,3

    2009

    46

    203,3

    138,7

    117,4

    2010

    58,9

    214,5

    169,7

    168,4

    2011

    81,6

    269,7

    188,2

    197

    2012

    83,2

    274,5

    170,9

    179,5

    2013

    82,3

    262,4

    142

    158,1

    2014

    79,2

    284,6

    181,3

    161,1

    2015

    50,8

    261,4

    227,4

    155,5

    2016

    40,8

    256,1

    215,8

    156,8

    janv-17

    51,6

    242,5

    196,8

    182,5

    * Prix des matières premières industrielles telles qu'oléagineux ou caoutchouc...

    3- Croissance économique de l'Afrique depuis 1990

    (Source : CNUCED)

     

    Années

    Total  Afrique

    Dont Afrique du nord

    1990

    2,85

     

    1991

    1,55

     

    1992

    -0,1

     

    1993

    -0,14

     

    1994

    2,44

     

    1995

    2,91

     

    1996

    5,26

     

    1997

    3,14

     

    1998

    3

     

    1999

    2,56

     

    2000

    3,61

     

    2001

    4,01

     

    2002

    6,05

     

    2003

    5,41

     

    2004

    5,99

     

    2005

    5,92

     

    2006

    5,66

     

    2007

    5,97

     

    2008

    5,47

     

    2009

    3,23

     

    2010

    5,16

     

    2011

    1,06

    -6,03

    2012

    5,6

     

    2013

    2,05

    -3,17

    2014

    3,67

    1,31

    2015

    2,79

    2,76

    2016

    2*

    2,9

    Début 2017

    nc

     

     

    * Estimation de la CNUCED. Les pays africains de l'est et de l'ouest enregistrent une croissance moyenne supérieure à 6%. L'Afrique du nord se reprend un peu (+2,9%) et la baisse globale de performance de 2016 est essentiellement due cette fois-ci aux pays d'Afrique centrale et australe (moins de 1% de croissance en 2016)


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  • Quels seront les grands ports d'Afrique dans un demi siècle ?

    Ch. d'Alayer - 7 mars 2017

     

    L'Afrique compte encore peu dans le commerce mondial : un peu plus de 3% des exportations et un peu moins de 3% des importations.  Autant dire que ses ports sont peu importants au regard des grands ports mondiaux dont le trafic se compte non en dizaines mais en centaines de millions de tonnes annuelles. Pourtant les ports africains progressent très vite et, aujourd'hui, certains ports à conteneurs égyptiens et sud-africains rivalisent avec les ports occidentaux secondaires. Qui plus est, l'Afrique ne comptait aucun port au trafic supérieur à 10 millions de tonnes il y a seulement 25 ans. Aujourd'hui, il y en près d'une vingtaine...

    Deux éléments jouent ici :

    - Le premier est évidemment l'accélération de la croissance africaine depuis 15 ans, depuis en fait le tout début du 3e millénaire qui a vu s'inverser durablement les termes de l'échange.

    - Et si la part de l'Afrique dans le commerce mondiale semble stagner au mieux, 2e élément, c'est surtout parce que le continent exporte principalement des produits de base. Alors qu'une grande partie du commerce mondial est fait d'importations réexportées après traitement. Ainsi la Côte d'Ivoire exporte-t-elle des noix de cajou fraiches au...Brésil qui les traite et les conditionne avant de les réexporter en Europe !  La Banque mondiale a commencé à calculer les effets statistiques de ces réexportations qui pèsent terriblement sur la petite part du continent africain...

    Demain, l'Afrique transformera directement de plus en plus de ses matières premières. Ainsi l'Afrique du sud a-t-elle fait du Mozambique, très peu riche en bauxite, le premier fabricant africain d'alumine à partir de bauxite importée...d'Australie. Tandis que la Guinée, pays qui dispose des plus grandes réserves mondiales de ce minerai basique ne produit que...du minerai basique ! On voit toutefois que, dans le bois par exemple, les grumes sont de plus en plus rares à l'exportation au profit des sciages. Et même du contre-plaqué au Gabon (l'Okoumé) L'affaire des "diamants de Giscard d'Estaing" du temps de feu Bokassa avait montré, autre exemple, que la taille des dits diamants était faisable en Centrafrique !  Et pour les historiens, je rappelle que les Portugais des 16e et 17e siècle firent construire leurs Caravelles au...Nigeria. Je suis donc très optimiste sur le fait qu'un jour prochain, la Côte d'ivoire exportera non plus des cosses de cacao mais au moins les premiers produits de transformation : poudre et beurre de cacao notamment qui, tout comme les noix de cajou, font la joie des statisticiens internationaux. La part de l'Afrique dans le commerce international ne pourra que monter simplement en raison de la baisse de celle des pays transformateurs, CQFD !

    On peut donc  regarder à présent les données du futur en matière de commerce africain. le tableau 1 vous indique quels sont les grands ports à conteneurs du continent : la part du conteneur ne cesse de monter dans le transport maritime, dépassant aujourd'hui et probablement les 60%. Dans un demi siècle, ce sera impérial et, pour l'instant, certains ports ont pris un avantage dans leur bagarre avec leurs voisins. Par exemple, on notera que Djibouti et Dar Es Salam sont largement conteneurisés par rapport à Mombasa. Mais le port kenyan a l'avantage de pouvoir plus aisément desservir les pays voisins que ses concurrents. Il lui suffira d'investir un peu pour se mettre à niveau...

    Voyons donc le deuxième tableau qui indique qui concurrence qui par sous-région. En matière de ports internationaux, l'Egypte domine très largement au nord. Mais l'histoire récente la sépare du reste de l'Afrique : elle reste plus moyen-orientale qu'africaine et ce sont les ports maghrébins qui peuvent éventuellement jouer un rôle interafricain. Pour voir ce qu'il en est, voyons le graphique 5, concernant la destination des exportations africaines : pour l'instant, c'est encore l'Europe qui domine et, de ce fait, les ports maghrébins (surtout marocains) restent importants. Mais voyez aussi les graphiques 3 et 4 pour concevoir que la part du sud dans le commerce mondial est en constante augmentation : aujourd'hui, près de la moitié des marchandises échangées dans le monde concerne les pays du sud contre moins de 40% il y a quelques années ! La part de l'Europe ira en diminution constante, ce qui retire aux ports méditerranéens beaucoup de leur importance future. D'ailleurs, si vous additionnez les exportations "sudistes" de l'Afrique, vous voyez que, là aussi, le sud est prépondérant, plus encore qu'au niveau mondial puisqu'on dépasse largement les 50%...

    Dans les décennies à venir, l'est de l'Afrique l'emportera donc sur l'ouest. Déjà les Egyptiens envisagent de doubler leur canal (après l'avoir agrandi) pour pouvoir faire venir les navires asiatiques en Europe via la Méditerranée. Tandis que Djibouti et Dar Es Salam se battent pour accueillir les dits navires prioritairement chez eux. On a vu que les capacités de transit de Mombasa sont pour l'instant supérieures à celles de ses concurrents et j'ai du mal à imaginer le port kenyan perdre cette bataille du futur même si, du fait de la puissance économique de l'Ethiopie, Djibouti le devance actuellement en importance.

    Beaucoup de choses dépendront en fait des capacités routières offertes par les grands ports d'Afrique en direction de l'interland. Pour l'instant, l'ouest est en avance sur l'est qui a pâti sur ce plan des guerres de ces dernières décennies : Somalie, Soudan, Congo...  les grands axes routiers, bien avancés, sont coupés à de trop nombreux endroits pour limiter les trajets des bateaux : ceux-ci continuent donc  à contourner le continent pour débarquer leur marchandises au plus près de leurs destinations. Demain toutefois, on peut espérer que la paix permettra de terminer les liaisons routières intercontinentales et, donc, de déplacer le centre de gravité commercial de l'Afrique de l'ouest vers l'est.

    A l'ouest, deux grandes batailles se jouent d'autant plus que la route côtière d'Alger à Lagos est achevée tandis que route et/ou chemin de fer acheminent le fret à l'intérieur des terres pratiquement partout. Au nord ouest, la bataille est d'ores et déjà gagnée par Dakar sur Nouakchott. La trop grande avidité des officiels mauritaniens a même fait fuir à Dakar Sucres&Denrées pour enlever les produits maraîchers que la compagnie française produit pourtant sur les rives mauritaniennes du fleuve Sénégal ! Plus au sud, Tema l'avait emporté sur San Pedro, le port d'Abidjan, le temps des troubles civils. Mais la capitale ivoirienne a, depuis, repris le dessus. C'est cependant Lagos qui est appelé à jouer les grands rôles, aujourd'hui comme demain : un marché intérieur de près de 200 millions d'habitants, un dynamisme économique très supérieur à celui de ses voisins francophones plus que gênés par leur monnaie et les secondes recettes pétrolières d'Afrique derrière l'Angola font du Nigeria le moteur économique incontesté d'Afrique de l'ouest.

    Même l'Afrique centrale ressent sa concurrence, juste contenue par un petit Cameroun commercialement et financièrement très vigoureux. Son ensemble portuaire Douala-Kribi lui permet d'ores et déjà d'enterrer pour longtemps son concurrent congolais de Pointe Noire, toujours soutenu par les Français. Certes, Pointe Noire est desservie par un chemin de fer jusqu'à la capitale Brazzaville. Mais dans un piteux état tandis que le "Pool", une région qu'il ne peut éviter de traverser, reste politiquement déstabilisé. Alors que l'ensemble Douala-Kribi est bien desservi par la route et le chemin de fer, même si l'on vient de voir que ce dernier n'est plus très sûr, faute d'investissements suffisants. Le Nigeria voisin, lui, a inauguré l'an dernier son premier TGV...

    Reste l'Afrique australe où les Sud-Africains de Durban et du Cap règnent en maîtres absolus. La concurrence viendra surtout des ports de l'est au fur et à mesure que les pénétrantes routières seront achevées. Car, pour l'instant, ce sont encore les ports sud-africains qui enregistrent le plus d'importations en provenance d'Asie. Déjà Maputo au Mozambique commence à leur faire un peu d'ombre...

    C'est donc l'est de l'Afrique qui ressort indubitablement de notre tour d'horizon. Songeons d'ailleurs à l'immense réservoir commercial que représente le Congo Kinshasa, continuant pour l'instant et faute de mieux à utiliser le fleuve puis le Congo-Brazzaville pour ses échanges internationaux ! Le Cameroun a ouvert une route, certes, mais les potentialités des ports kenyans semblent très nettement plus attractives dès lors que le pays pourra y accéder facilement.

    1- Les 10 premiers ports à conteneurs d'Afrique*

    (source : LLoyds)

    Port Saïd

    Egypte

    Durban

    Afrique du sud

    Tanger

    Maroc

    Damiette

    Egypte

    Le Cap

    Afrique du sud

    Sokhna

    Egypte

    Djibouti

    Djibouti

    Abidjan

    Côte d'Ivoire

    Radés

    Tunisie

    Dar-es-Salam

    Tanzanie

    *2010, en nombre d'unités de conteneur (VPU)

    2- Les ports d'Afrique en compétition, par sous-région*

    (Source : compilation de l'auteur)

    Afrique du nord

     

    Port Saïd

    Egypte

    Tanger

    Maroc

    Damiette

    Egypte

    Sokhna

    Egypte

    Radès

    Tunisie

       

    Afrique de l'ouest

     

    Lagos

    Nigeria

    Abidjan

    Côte d'Ivoire

    Tema

    Ghana

    Dakar

    Sénégal

    Lomé

    Togo

    Cotonou

    Bénin

       

    Afrique centrale

     

    Douala-Kribi

    Cameroun

    Pointe Noire

    Congo Brazzaville

       

    Afrique australe

     

    Durban

    Afrique du sud

    Le Cap

    Afrique du sud

       

    Afrique de l'est

     

    Djibouti

    Djibouti

    Mombasa

    Kenya

    Dar es Salam

    Tanzanie

    * 2015, en importance de trafic décroissante par région

    3 - commerce de marchandises dans le monde en 2015

    Source : OMC

     

     

    4 - Commerce international des services dans le monde en 2015

    Source : OMC

     

     

     

     

     

     

     

    5- Destination des exportations africaines en 2015

     

    Source : OMC


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  • Les transports en Afrique : du portage au camion

    Qui se souvient encore en Afrique du portage qui prévalut jusqu’au milieu du 20e siècle ? Ce sont principalement les femmes qui perpétuent encore le mode principal de transport des Subsahariens des millénaires durant, supportant de lourdes charges apparemment sans difficulté sur la tête. Mais sur de courtes distances.

    C’est que les saisons des pluies rendirent longtemps les pistes impraticables au sud du Sahara, même aux carrioles tirées par des chevaux, type de transport utilisé assez largement dans le Sahel pendant les saisons sèches. Et utilisé encore aujourd’hui tout au long de l’année sur les routes bitumées dont le kilométrage ne cesse de s’allonger au fil des années, depuis que l’Afrique a cessé de ne vouloir qu’apporter les matières premières aux bateaux des Occidentaux. Deux grandes raisons ont poussé à cette accélération des travaux publics sur le Continent. La première, au cours des années 1970-2000, fut l’obligation, pour nourrir les grandes villes en croissance rapide, de permettre aux paysans d’apporter leur production dans les cités. Cet effort, quasi général en Afrique, s’accompagna bien évidemment d’une amélioration de la condition rurale africaine.

    Le deuxième élément, là encore d’origine agricole, fut d’intensifier, parfois de réinventer, les circuits commerciaux entre les pays issus de la colonisation. Dans l’Antiquité, ces échanges étaient nombreux et s’effectuaient par portage quand aucune voie d’eau n’était utilisable. Et c’est ainsi que fut créée la première langue commerciale, le Lingala, entre les peuples longeant le fleuve Congo. Les transactions entre les peuples de l’intérieur et ceux des côtes occidentales du continent s’effectuaient à la hauteur de Kinshasa (fin de la partie navigable du fleuve), un peuple s’étant spécialisé dans ce commerce, achetant le poisson séché de l’Océan et le manioc des forêts et fixant ainsi les prix des denrées descendantes et montantes.

    Les échanges commerciaux interafricains ont repris dès les Indépendances, d’autant que la perpétuation des comptoirs européens fermait à cette époque le commerce international aux Subsahariens. Seuls quelques anciens coloniaux purent –mais rarement- s’immiscer dans ce commerce interafricain à base agricole et pétrolière. La CFAO Nigeria put ainsi écouler des véhicules Peugeot montés localement et tropicalisés, de même que des Espagnols continuent à vendre du vin élaboré à Bata, en Guinée Equatoriale, à partir de raisins espagnols, dans toute la sous-région. De même les familles Mimran puis Vilgrain purent-elles exporter du sucre (africain) mais en utilisant les circuits commerciaux autochtones. Des Espagnols voulurent par contre, à partir d’Ebebeyin en Guinée Equatoriale, supprimer les intermédiaires de cette ville frontière en demandant aux chauffeurs de leur transporteur de poursuivre leur route sans vendre aux grossistes locaux. Ils durent faire marche arrière très vite !  

    Une deuxième phase du commerce interafricain survint quand, pratiquement en même temps, l’apartheid disparut en Afrique du sud, ouvrant en grand les pays africains aux exportations sud-africaines ; et le commerce international s’ouvrit aux autochtones africains avec le retrait des Européens alors plus intéressés par l’Asie. Cette fois-ci, le montant global du commerce s’envola, pas toujours appréhendé par les autorités africaines tant la contrebande est importante. Les objets de la vie courante d’Afrique du sud, telles les allumettes ou le savon, envahirent le sous-continent tandis que des pays comme le Kenya ou le Cameroun firent leur beurre des importations asiatiques, notamment de tissus et vêtements, réexportés ensuite dans les pays voisins. L’industrie ivoirienne, pourtant ancienne, n’y résista pas tandis qu’au contraire, ces importations boostèrent l’industrie nigériane qui finit même par supplanter les Importations d’Asie au cours de la dernière décennie. Les Chinois durent…s’implanter directement en Afrique pour continuer à exister sur le continent (notamment en Ethiopie) !

    Et tout ce commerce prend la route, bien évidemment. D’où l’importance croissante des routes transversales. Une zone, l’Afrique de l’ouest, et un pays, le Cameroun, ont compris les premiers cette importance vitale. Au Cameroun, l’Etat a de fait privilégié, outre la dessertes des campagnes des nombreuses villes secondaires du pays, ses villes frontières et les routes qui les desservent en se poursuivant si possible dans les pays frontaliers. Ce, au dépend même des grands axes intérieurs tel l’axe Yaoundé-Douala. En Afrique de l’ouest, l’axe Alger-Lagos en longeant la côte fut la première grande route intercontinentale achevée en Afrique. Au grand profit surtout du Nigeria dont l’industrie (autochtone) explose littéralement aujourd’hui…

    Les autres grands axes, très bien avancés, sont sous pression des grands financiers du continent, Banque mondiale, BAD, organismes sous-régionaux et seront donc probablement finalisés en grande partie avant dix ans. En grande partie seulement car, comme vous pouvez le voir sur la carte du tableau 2, les portions en pointillé (non construites) traversent des zones encore peu sûres. Et il faut d’abord sécuriser les dites zones…

    Il n’est donc pas difficile d’annoncer aux constructeurs du monde entier que les Africains vont acheter des camions en nombre croissant dans les décennies à venir. Parce que la route, jadis la piste, est leur mode « sociétal » de transport et parce que le commerce croit de plus en plus tant entre brousses et villes qu’entre pays. Le Maroc monte des voitures destinées à être exportées hors d’Afrique alors que ce sont des usines de camions qui devraient être installées sur le continent !

     

    Encadré

    Des réseaux nationaux en expansion

    Le continent contient aujourd’hui un peu plus de 4,5 millions de kms de routes dignes de ce nom. C’est peu diront les non initiés mais c’est beaucoup plus qu’il y a seulement 20 ans où l’on n’en comptait que quelques centaines de milliers. Par pays de plus, on voit que l’Afrique du sud est la mieux pourvue. Mais le pays est vaste et, relativement à la superficie, un tout petit pays comme Djibouti est sans doute mieux desservi : il possède « sa » route vers l’Ethiopie, indispensable à sa survie d’autant qu’elle vient d’être doublée par la réouverture (chinoise) de sont train vers Addis-Abeba. Et il dessert par route bitumée pratiquement toutes ses bourgades. Le Kenya est de même intéressant car, en outre, il devient progressivement le lieu de première destination des exportations asiatiques : là encore, transport intérieur et international coexistent. Le classement de la CIA (tableau 1) doit donc être regardé essentiellement sous l’angle commercial, il ne vaut pas grand-chose en matière de comparaison. Tout juste peut-on voir que l’Algérie a eu plus de moyen que le Maroc pour construire ses routes et encore : si l’on introduit en effet les transports ferroviaires, alors la place du Maroc parait nettement moins misérables par rapport à celle de l’Algérie…

     

    1-      Réseaux routiers nationaux en Afrique

    Source : CIA Worldfactbook

    Pays

    (KM)

    Année

    AFRIQUE DU SUD

    747,014

    2014

    NIGERIA

    193,200

    2004

    KENYA

    160,878

    2013

    CONGO KINSHASA

    153,497

    2004

    EGYPTE

    137,43

    2010

    ALGERIE

    113,655

    2010

    ETHIOPIE

    110,414

    2015

    GHANA

    109,515

    2009

    LIBYE

    100,024

    2003

    ZIMBABWE

    97,267

    2002

    TANZANIE

    86,472

    2010

    COTE D'IVOIRE

    81,996

    2007

    MAROC

    58,395

    2010

    ANGOLA

    51,429

    2001

    CAMEROUN

    51,350

    2011

    GUINEE

    44,348

    2003

    NAMIBIE

    44,138

    2010

    ZAMBIE

    40,454

    2005

    TCHAD

    40,000

    2011

    MADAGASCAR

    37,476

    2010

    MOZAMBIQUE

    30,331

    2009

    MALI

    22,474

    2009

    SOMALIE

    22,100

    2000

    CENTRAFRIQUE

    20,278

    2010

    OUGANDA

    20,000

    2011

    TUNISIE

    19,418

    2010

    NIGER

    18,949

    2010

    BOTSWANA

    17,916

    2011

    CONGO BRAZZAVILE

    17,000

    2006

    BENIN

    16,000

    2006

    MALAWI

    15,450

    2011

    BURKINA FASO

    15,272

    2010

    SENEGAL

    15,000

    2015

    BURUNDI

    12,322

    2004

    SOUDAN

    11,900

    2000

    TOGO

    11,652

    2007

    SIERRA LEONE

    11,300

    2002

    MAURITANIE

    10,628

    2010

    LIBERIA

    10,600

    2000

    GABON

    9,170

    2007

    SUD SOUDAN

    7,000

    2012

    LESOTHO

    5,940

    2011

    RWANDA

    4,700

    2012

    ERITHREE

    4,010

    2000

    GAMBIA, THE

    3,740

    2011

    SWAZILAND

    3,594

    2002

    GUINEA-BISSAU

    3,455

    2002

    FIJI

    3,440

    2011

    DJIBOUTI

    3,065

    2000

    EQUATORIAL GUINEA

    2,880

    2000

    MAURITIUS

    2,149

    2012

    CABO VERDE

    1,350

    2013

    COMOROS

    880

    2002

    SEYCHELLES

    526

    2015

    SAO TOME AND PRINCIPE

    320

    2000

     

    2-      Le réseau routier international en Afrique (en cours)

    Source : Wikipédia

    Départ

    Arrivée

    Longueur

    Carte

    Schild TAH1.svg 

    Le Caire 

    Dakar 

    8 636 km 

    Map of Trans-African Highways.PNG 

    Schild TAH2.svg 

    Alger 

    Lagos 

    4 504 km 

    Schild TAH3.svg 

    Tripoli 

    Le Cap 

    10 808 km 

    Schild TAH4.svg 

    Le Caire 

    Le Cap 

    10 228 km 

    Schild TAH5.svg 

    Dakar 

    Ndjamena 

    4 496 km 

    Schild TAH6.svg 

    Ndjamena 

    Djibouti 

    4 219 km 

    Schild TAH7.svg 

    Dakar 

    Lagos 

    4 010 km 

    Schild TAH8.svg 

    Lagos 

    Mombasa 

    6 259 km 

    Schild TAH9.svg 

    Beira 

    Lobito 

    3 523 km 

     

     

     


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  • Les tensions migratoires dans le Monde

    Voici le tableau complet des migrations modernes. L'Afrique n'est pas encore vraiment affectées...

     

     

    La première puissance économico-militaire du monde venant de déclarer la guerre à l'immigration incontrôlée, un tour d'horizon de l'immigration dans le monde n'est pas superflu. D'autant que la Banque mondiale suit l'affaire de près, publiant régulièrement un manuel statistique sur la question (voir les sources des tableaux) Bien sûr, il s'agit de l'immigration connue et dont les chiffres ont été fournis par chaque pays à l'organisme de Washington. Y échappe l'immigration clandestine qui, notamment en Afrique, est très importante. De plus, les données de la Banque mondiale sont politiquement incorrectes. Elles détaillent par exemple le Sahara occidental (mille pardon aux Marocains !) ou des départements français comme ceux des Antilles ou Mayotte (les Français seront moins susceptibles...) car, de fait, leur situation migratoire n'est pas simple. Mayotte par exemple, département français bénéficiant de la réglementation notamment sociale de la métropole, attire tous les jours un grand nombre de Comoriens au point que ces derniers posent un problème même à leurs anciens compatriotes devenus français. La Banque mondiale est d'ailleurs en dessous de la réalité avec 77000 migrants dans ce département, le chiffre réel devant dépasser le double.

     

    On sait par ailleurs que des centaines de milliers d'immigrés sont entrés en Europe depuis que la chancelière allemande a ouvert les vannes en grand, soit après l'établissement des statistiques onusiennes. Et l'on sait aussi que les migrations inter africaines sont très supérieures aux chiffres indiqués ici : il y a d'abord eu les guerres, notamment du Congo, qui ont fait fuir des centaines de milliers de gens, lesquels n'ont pas tous, de loin, rejoint leur pays d'origine. Il y a eu ensuite l'essor économique qui a attiré là aussi des centaines de milliers de travailleurs qui, en Afrique du Sud (avec les troubles que l'on a vu), qui au Nigeria, qui en Angola (dont pas mal de Portugais) Il y a eu enfin l'eldorado européen avec les passages en Afrique du nord. Tous les postulants au départ en Europe ne sont pas partis et si, dans tout le Maghreb, on assiste à de honteuses chasses aux Subsahariens, c'est bien qu'une partie notable d'entre eux sont restés tandis que d'autres continuent à arriver.

     

    L'immigration n'est donc plus acceptée aujourd'hui comme hier encore. En Occident, elle explique en partie la "montée des populismes", le désir en fait de citoyens en nombre croissant de maîtriser à nouveau leurs frontières. Et les tension sont de fait les plus palpables là où le pourcentage d'immigrés dans la population est le plus élevé. A une grande exception près : les pays pétroliers sont littéralement envahis mais on sait que leurs lois à l'égard des immigrés sont féroces et leur pratique de la loi, particulièrement vigilante. Quelques places fortes, notamment chinoises, de la mondialisation sont également dans le même cas, avec les mêmes lois et les mêmes pratiques (essayez de jeter un papier par terre à Singapour !) Hors ces cas particuliers, vous voyez bien que l'Occident, Europe de l'ouest en tête, est vraiment la zone d'immigration la plus importante. D'où, effectivement, les tensions les plus fortes. Surtout quand les nouveaux arrivants s'intègrent mal et créent de véritables ghettos dans les grands villes. L'Islam ainsi a vu des cohortes d'Occidentaux se lever contre ses excès  au cœur même de leur civilisation, menaçant jusqu'à ses enfants intégrés depuis des générations et, en immense majorité, ayant adopté l'indifférence religieuse majoritaire outre Méditerranée. Il en va de même des nombreux jeunes qui, dans les "cités", ont fait de la vente de drogues leur principale source de revenus : leurs agissements, allant jusqu'au soulèvement contre les forces de l'ordre, dérangent cette fois-ci la majorité de la population immigrée habitant dans ces cités souvent désertées par les Etats occidentaux. Et alimentent cette fois-ci le sentiment d'insécurité de populations ainsi et encore plus tentées par le "populisme"

     

    Dans le tableau 2, vous pouvez voir où sont majoritairement partis les émigrés inter africains. Dans les grands pays riches et en plein essor économique bien sûr, Afrique du sud, Nigeria, Ethiopie, Kenya... On voit aussi des éléments de discorde future, comme en Côte d'Ivoire où, certes, des Français en nombre habitent le pays mais où aussi, le "rééquilibrage ethnique" de l'administration Ouattara a attiré de nombreux Sahéliens. On sait aussi que le nombre d'Indiens en Ouganda a déjà posé problème... Globalement toutefois et hors quelques exceptions là encore à base pétrolière, il n'existe pas encore de seuil critique atteint en Afrique au niveau migratoire. Peut-être en pays Fang (Guinée Equatoriale, Gabon, Cameroun), les Fangs ayant une culture particulièrement forte à laquelle ils tiennent plus que tout ? Mais les immigrés se concentrent dans les grandes villes et ne déferlent pas dans les villages où ils poseraient alors et certainement problème. Et pour l'instant, les seules tensions migratoires observées en Afrique l'ont été en Afrique du nord (avec beaucoup de racisme, malheureusement) et en Afrique du sud (contre les Zimbabwéens) Les tensions, en regain, entre Sahéliens et Forestiers sur toute la lisière forestière du continent relèvent plus des frontières héritées du colonialisme et de l'histoire de l'Afrique que de l'immigration.

     

    Qu'en sera-t-il demain ? L'exemple occidental montre qu'il est des limites à ne pas dépasser, sauf à entraîner une révolte grave des populations autochtones. Mais il montre aussi et surtout que c'est moins l'immigration elle-même qui est en cause que le choc des civilisations : une jeune femme dénudée ne ferait pas 100 mètres dans le centre d'une grande ville arabe. Elle serait immédiatement arrêtée et jugée pour outrage, voir plus. Il en a été de même des femmes en burqa au cœur des cités occidentales. Le premier ministre hollandais vient de résumer le dilemme : "si ça ne vous plait pas, partez !" a-t-il dit aux immigrés voulant continuer à vivre comme chez eux dans leur nouvelle patrie. Ce que diraient sans nul doute et sans hésiter les dirigeants arabes et africains qui, de leur côté, refusent catégoriquement les orientations sexuelles des Occidentaux qu'ils considèrent comme totalement décadentes. S'assimiler devrait donc être la règle demain comme hier. Les tensions sont apparues quand, du fait du nombre, les nouveaux arrivants ont eu plus de mal à s'assimiler en deux générations comme autrefois. Et quand aussi, par arrogance, les millions de touristes occidentaux se sont conduits comme en pays conquis par leur propre civilisation : le refus n'est pas qu'occidental !

     

     

    1- Nombre d'immigrés en 2015 (en milliers)

    Source : 2 premières colonnes : Banque Mondiale, Migrations and remittances factbook 2016 (third edition) ; 2 colonne suivantes : IC publications (calculs) et Wikipédia (population totale en 2016)

    Pays

    (nombre d'immigrés) 

    Immigrés

    % de la population

    Pays

    (% de la population)

    Etats-Unis

    46 627,10

    200

    Îles Vierges

    Allemagne

    12 005,70

    85,3

    Koweït

    Russie

    11 643,30

    80

    Emirats Arabes Unis

    Arabie saoudite

    10 185,90

    77,3

    Qatar

    Royaume Uni

    8 543,10

    71,4

    Bhoutan

    Emirats Arabes Unis

    8 095,10

    53,8

    Bahreïn

    Canada

    7 835,50

    50

    Oman

    France (métropolitaine)

    7 784,40

    50

    Chine - Macao

    Australie

    6 763,70

    50

    Mayotte

    Espagne

    5 853,00

    50

    Guam

    Italie

    5 788,90

    47,7

    Jordanie

    Inde

    5 241,00

    46,3

    Singapour

    Ukraine

    4 834,90

    44,4

    Liban

    Thaïlande

    3 913,30

    40

    Luxembourg

    Pakistan

    3 629,00

    40

    Guyane (française)

    Kazakhstan

    3 546,80

    38,9

    Chine - Hong Kong

    Afrique du Sud

    3 142,50

    36

    Aruba

    Jordanie

    3 112,00

    35,9

    Arabie saoudite

    Turquie

    2 964,90

    33,3

    Maldives

    Koweït

    2 866,10

    30

    Suisse

    Chine - Hong Kong

    2 838,70

    29,1

    Australie

    Iran

    2 726,40

    25

    Israël

    Singapour

    2 543,60

    25

    Brunei

    Malaisie

    2 514,20

    25

    Guadeloupe

    Suisse

    2 438,70

    23,6

    Canada

    Côte d'Ivoire

    2 175,40

    22,2

    Nouvelle-Zélande

    Argentine

    2 086,30

    21,3

    Nouvelle-Calédonie

    Japon

    2 043,00

    20,5

    Kazakhstan

    Israël

    2 011,70

    18,2

    Chypre

    Liban

    1 997,80

    17,6

    Autriche

    Pays-Bas

    1 979,50

    17,6

    Gabon

    Oman

    1 845,00

    17,6

    Belize

    Qatar

    1 687,60

    16,7

    Suède

    Suède

    1 639,80

    16,7

    Monténégro

    Autriche

    1 492,40

    15,5

    Martinique

    Bangladesh

    1 422,80

    15,4

    Estonie

    Venezuela

    1 404,40

    15,2

    Irlande

    Belgique

    1 387,90

    15

    Lettonie

    Corée du Sud

    1 327,30

    15

    Polynésie française

    Grèce

    1 242,50

    14,8

    Allemagne

    Nigéria

    1 199,10

    14,7

    Bahamas

    Mexique

    1 193,20

    14,5

    Etats-Unis

    Ouzbékistan

    1 170,90

    14,3

    Croatie

    Kenya

    1 084,40

    13,7

    Royaume Uni

    Biélorussie

    1 082,90

    13,5

    Norvège

    Ethiopie

    1 072,90

    12,9

    Libye

    Nouvelle-Zélande

    1 039,70

    12,5

    Belgique

    Chine

    978

    12,5

    Réunion

    Syrie

    875,2

    12,3

    Islande

    Portugal

    837,3

    12

    Sainte Lucie

    Serbie

    807,4

    11,9

    Espagne

    Libye

    771,1

    11,7

    Barbade

    Ouganda

    749,5

    11,6

    France (métropolitaine)

    Irlande

    746,3

    11,6

    Biélorussie

    Norvège

    741,8

    11,5

    Djibouti

    Brésil

    713,6

    11,3

    Pays-Bas

    Burkina Faso

    704,7

    11,1

    Serbie

    Bahreïn

    704,1

    11,1

    Gambie

    Pologne

    619,4

    10,9

    Grèce

    Croatie

    576,9

    10,8

    Côte d'Ivoire

    Danemark

    572,5

    10,7

    Danemark

    Congo (Kinshasa)

    545,7

    10,5

    Ukraine

    Népal

    518,3

    10,2

    Malte

    Tchad

    517

    10

    Botswana

    Soudan

    503,5

    9,5

    Slovénie

    Egypte

    491,6

    9,4

    Italie

    Chili

    469,4

    9,2

    Surinam

    Hongrie

    449,6

    8,9

    Congo Brazzaville

    Rwanda

    441,5

    8,6

    Porto Rico

    Costa Rica

    421,7

    8,4

    Malaisie

    Dominicaine (Rép)

    415,6

    8,2

    Costa Rica

    Tchèque (Rép)

    405,1

    8,1

    Russie

    Ghana

    399,5

    7,7

    Portugal

    Zimbabwe

    398,9

    7,5

    Guyane

    Congo Brazzaville

    393

    6,7

    Palestine

    Equateur

    387,5

    6,7

    Arménie

    Afghanistan

    382,4

    6

    Tonga

    Cameroun

    382

    5,8

    Thaïlande

    Mali

    363,1

    5,7

    Afrique du Sud

    Irak

    353,9

    5,6

    Finlande

    Yémen

    344,1

    5,1

    Argentine

    Chine - Macao

    342,7

    5,1

    Panama

    Indonésie

    328,8

    4,8

    Macédoine

    Finlande

    315,9

    4,6

    Venezuela

    Burundi

    286,8

    4,4

    Togo

    Togo

    276,8

    4,4

    Géorgie

    Tadjikistan

    275,1

    4,3

    Namibie

    Porto Rico

    275

    4,2

    St Vincent-et-les-Grenadines

    Gabon

    268,4

    4,1

    Burkina Faso

    Azerbaïdjan

    264,2

    4

    Ouzbékistan

    Sénégal

    263,2

    4

    Hongrie

    Lettonie

    263,1

    3,9

    Syrie

    Tanzanie

    261,2

    3,9

    Tchad

    Palestine

    255,5

    3,8

    Dominicaine (Rép)

    Luxembourg

    249,3

    3,8

    Tchèque (Rép)

    Bénin

    245,4

    3,8

    Turkménistan

    Algérie

    242,4

    3,8

    Trinité-et-Tobago

    Slovénie

    236

    3,7

    Tadjikistan

    Guinée

    228,4

    3,7

    Slovaquie

    Roumanie

    226,9

    3,6

    Turquie

    Mozambique

    222,9

    3,5

    Iran

    Malawi

    215,2

    3,5

    Kirghizistan

    Philippines

    211,9

    3,5

    Grenade

    Kirghizistan

    204,4

    3,4

    Rwanda

    Estonie

    202,3

    3,4

    Lituanie

    Turkménistan

    196,4

    3,2

    Azerbaïdjan

    Chypre

    196,2

    3

    Burundi

    Gambie

    192,5

    3

    Micronésie (États fédérés de)

    Arménie

    191,2

    2,9

    Paraguay

    Niger

    189,3

    2,8

    Chili

    Panama

    184,7

    2,8

    Zimbabwe

    Slovaquie

    177,2

    2,8

    Moldavie

    Géorgie

    168,8

    2,8

    Cap-Vert

    Botswana

    160,6

    2,6

    Corée du Sud

    Paraguay

    156,5

    2,6

    Mali

    Bolivie

    143

    2,6

    Mauritanie

    Moldavie

    142,9

    2,5

    Kenya

    Mauritanie

    138,2

    2,5

    Equateur

    Lituanie

    136

    2,48

    Swaziland

    Colombie

    133,1

    2,4

    Samoa occidentales

    Macédoine

    130,7

    2,3

    Libéria

    Zambie

    127,9

    2,2

    Centrafrique

    Réunion

    127,2

    2,2

    Maurice

    Libéria

    113,8

    2,1

    Sénégal

    Djibouti

    112,4

    2

    Uruguay

    Angola

    106,8

    2

    Albanie

    Guyane (française)

    106,1

    1,9

    Ouganda

    Brunei

    102,7

    1,9

    Bénin

    Bulgarie

    102,1

    1,8

    Pakistan

    Guadeloupe

    98,5

    1,8

    Pologne

    Maldives

    94,1

    1,8

    Népal

    Namibie

    93,9

    1,8

    Cameroun

    Sierra Leone

    91,2

    1,7

    Guinée

    Pérou

    90,9

    1,7

    Sierra Leone

    Maroc

    88,5

    1,6

    Japon

    Monténégro

    82,5

    1,6

    Fidji

    Centrafrique

    81,6

    1,6

    Guinée équatoriale

    Mayotte

    77

    1,5

    Ghana

    Guatemala

    76,4

    1,5

    Comores

    Guam

    76,1

    1,5

    Vanuatu

    Cambodge

    74

    1,4

    Bulgarie

    Myanmar (Birmanie)

    73,3

    1,3

    Soudan

    Viêt Nam

    72,8

    1,3

    Afghanistan

    Uruguay

    71,8

    1,3

    Guinée-Bissau

    Nouvelle-Calédonie

    64,3

    1,2

    Ethiopie

    Martinique

    61,7

    1,2

    Irak

    Bahamas

    59,3

    1,2

    Yémen

    Albanie

    57,6

    1,2

    Malawi

    Tunisie

    56,7

    1,1

    Niger

    Îles Vierges

    56,7

    1

    Mexique

    Belize

    53,9

    1

    Roumanie

    Bhoutan

    51,1

    1

    Sahara occidental

    Trinité-et-Tobago

    49,9

    1

    Sao Tomé-et-Principe

    Corée du Nord

    48,5

    0,9

    Bangladesh

    Surinam

    46,8

    0,9

    Bolivie

    Salvador

    42

    0,9

    Bosnie-Herzégovine

    Malte

    41,4

    0,8

    Mozambique

    Nicaragua

    40,3

    0,8

    Jamaïque

    Haïti

    39,5

    0,7

    Congo (Kinshasa)

    Sri Lanka

    38,7

    0,7

    Zambie

    Islande

    37,5

    0,7

    Salvador

    Aruba

    36,1

    0,7

    Nicaragua

    Bosnie-Herzégovine

    34,8

    0,6

    Nigéria

    Barbade

    34,5

    0,6

    Tanzanie

    Madagascar

    32,1

    0,6

    Guatemala

    Swaziland

    31,6

    0,6

    Mongolie

    Polynésie française

    30,1

    0,6

    Salomon (Îles)

    Maurice

    28,6

    0,5

    Egypte

    Honduras

    28,1

    0,5

    Algérie

    Papouasie-Nelle-Guinée

    25,8

    0,5

    Angola

    Somalie

    25,3

    0,5

    Cambodge

    Jamaïque

    23,2

    0,5

    Tunisie

    Guinée-Bissau

    22,3

    0,4

    Inde

    Laos

    22,2

    0,4

    Haïti

    Mongolie

    17,6

    0,35

    Brésil

    Erythrée

    15,9

    0,3

    Pérou

    Guyane

    15,4

    0,3

    Maroc

    Cap-Vert

    14,9

    0,3

    Honduras

    Fidji

    13,8

    0,3

    Papouasie-Nelle-Guinée

    Cuba

    13,3

    0,3

    Laos

    Sainte Lucie

    12,8

    0,3

    Lesotho

    Comores

    12,6

    0,2

    Philippines

    Guinée équatoriale

    10,8

    0,2

    Colombie

    Grenade

    7,1

    0,2

    Corée du Nord

    Lesotho

    6,6

    0,2

    Sri Lanka

    Tonga

    5,7

    0,2

    Somalie

    Sahara occidental

    5,2

    0,2

    Erythrée

    Samoa occidentales

    4,9

    0,13

    Madagascar

    St Vincent-et-les-Grenadines

    4,6

    0,1

    Indonésie

    Vanuatu

    3,2

    0,1

    Myanmar (Birmanie)

    Micronésie (États fédérés de)

    2,8

    0,1

    Cuba

    Salomon (Îles)

    2,6

    0,08

    Viêt Nam

    Sao Tomé-et-Principe

    2,4

    0,07

    Chine

    Total Monde*

    242,40

    3,25

    Total Monde

    Total Amérique du nord*

    54,5

    13,7

    Total Europe de l'ouest

    Total Europe de l'ouest

    54,5

    9,6

    Total Europe orientale

    Total Moyen Orient*

    40

    9,41

    Total Amérique du nord

    Total Asie*

    33,9

    7

    Total Moyen Orient

    Total Europe orientale*

    21,9

    2,1

    Total Océanie

    Total Afrique*

    19,9

    1,8

    Total Afrique

    Total Amérique latine*

    9

    1,4

    Total Amérique latine

    Total Océanie*&**

    8,6

    1

    Total Asie

    * En million

    ** Au sens large, tous océans inclus : toutes les iles et archipels, y compris Australie, Nouvelle Zélande, Philippines et Indonésie...

     

    2- L'immigration en Afrique en 2015 (en milliers)

    Sources : Banque Mondiale, Migrations and remittances factbook 2016 (third edition) ; IC publications (calculs des %)) et Wikipédia (population totale en 2016)

     

    Pays

    Immigrés

    % de la population

    Afrique du Sud

    3 142,50

    5,7

    Côte d'Ivoire

    2 175,40

    10,8

    Nigeria

    1 199,10

    0,6

    Kenya

    1 084,40

    2,5

    Ethiopie

    1 072,90

    1,2

    Libye

    771,1

    12,9

    Ouganda

    749,5

    1,9

    Burkina Faso

    704,7

    4,1

    Congo (Kinshasa)

    545,7

    0,7

    Tchad

    517

    3,9

    Soudan

    503,5

    1,3

    Egypte

    491,6

    0,5

    Rwanda

    441,5

    3,4

    Ghana

    399,5

    1,5

    Zimbabwe

    398,9

    2,8

    Congo Brazzaville

    393

    8,9

    Cameroun

    382

    1,8

    Mali

    363,1

    2,6

    Burundi

    286,8

    3

    Togo

    276,8

    4,4

    Gabon

    268,4

    17,6

    Sénégal

    263,2

    2,1

    Tanzanie

    261,2

    0,6

    Bénin

    245,4

    1,9

    Algérie

    242,4

    0,5

    Guinée

    228,4

    1,7

    Mozambique

    222,9

    0,8

    Malawi

    215,2

    1,2

    Gambie

    192,5

    11,1

    Niger

    189,3

    1,1

    Botswana

    160,6

    10

    Mauritanie

    138,2

    2,6

    Zambie

    127,9

    0,7

    Réunion

    127,2

    12,5

    Libéria

    113,8

    2,3

    Djibouti

    112,4

    11,5

    Angola

    106,8

    0,5

    Maldives

    94,1

    33,3

    Namibie

    93,9

    4,3

    Sierra Leone

    91,2

    1,7

    Maroc

    88,5

    0,3

    Centrafrique

    81,6

    2,2

    Mayotte

    77

    50

    Tunisie

    56,7

    0,5

    Madagascar

    32,1

    0,13

    Swaziland

    31,6

    2,48

    Maurice

    28,6

    2,2

    Somalie

    25,3

    0,2

    Guinée-Bissau

    22,3

    1,3

    Erythrée

    15,9

    0,2

    Cap-Vert

    14,9

    2,8

    Comores

    12,6

    1,5

    Guinée équatoriale

    10,8

    1,6

    Lesotho

    6,6

    0,3

    Sahara occidental

    5,2

    1

    Sao Tomé-et-Principe

    2,4

    1

     

     


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  • L'Afrique peut-elle se passer de "cash"

    La Banque mondiale le préconise, l'Inde le tente...

     

    En août 2014, la Banque mondiale publiait un rapport vantant les effets des transactions électroniques sur la croissance économique. Et l'on sait que moult économies occidentales cherchent depuis plus longtemps encore à supprimer au maximum la monnaie fiduciaire dans leurs transactions. Bref, le billet de banque n'est pas "in" et, en plus, il peut sentir le souffre quand il provient d'activités illégales. Alors, quand on sait que les lessiveuses jouent encore un rôle primordiale dans l'épargne africaine, qu'une minorité seulement des Africains dispose d'un compte bancaire et que le continent est réputé pour compter parmi les plus corrompus du Monde (ce qui est faux, ne serait-ce qu'au niveau des montants détournés), on a du mal à comprendre comment il peut aussi se développer le plus vite au monde derrière l'Inde et la Chine.

    En fait, il n'y a pas de corrélation prouvée entre le mode de paiement et la croissance économique. On n'arrive même pas à calculer sérieusement la vitesse de circulation de la monnaie qui, pour certains auteurs (théorie quantitative de la monnaie) est un élément explicatif de l'inflation. Laquelle est un marqueur de la croissance, n'en déplaise aux monétaristes aujourd'hui en rapide perte de vitesse chez les dirigeants occidentaux. Tout juste peut-on noter que l'argent sale, en grande partie fiduciaire au moment de sa création, représenterait au moins 3% de l'économie mondiale selon l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime en 2011 (rapport établi d'après le blanchiment observé d'argent sale par les banques, soit 1600 milliards de dollars) Ajoutez à cela les autre blanchiments (casinos, paiements en numéraire, assurances, etc.) et vous pouvez allègrement doubler ce pourcentage ! Plus de 5% donc de la production mondiale est probablement généré par le crime. Ajouter encore à cela la fraude fiscale (80 milliards € dans une France qui produit chaque année quelques 2000 milliards €, soit encore 4%) et on frôle donc les 10% du PIB mondial.

    Maintenant prenez les points de croissance apportés par l'investissement. Il n'y a pas d'études chiffrées sérieuses sur la question, même en ce qui concerne la Défense (les généraux plaident qu'un euro dépensé pour eux rapporte 1,35 € à l'économie mais "au doigt mouillé")  On peut toutefois imaginer les dégâts que causerait la suppression de ces 10% du PIB mondial. Les 4% de fraude fiscale ne seraient perdus que pour les fraudeurs car recyclés immédiatement par les Etats. Mais les 6% restant se traduiraient inexorablement en perte de croissance économique. Non pas directement (les consommateurs reporteraient leurs dépenses sur d'autres biens et services) mais indirectement : les crimes et délits sont le fait d'hommes et de femmes qui eux aussi consomment et investissent. Certes, beaucoup d'entre elles et eux se feront payer autrement, on note déjà une flambée des "bitcoins" sur le Web. Mais la généralisation trop rapide des paiements électroniques ne peut pas ne pas avoir de conséquence sur leur nombre et le nombre de leurs actes. Donc sur leur consommation et leurs investissements, CQFD !

    On ne peut donc pas, quand on veut gouverner intelligemment, se contenter de morale. Il faut aussi bien calculer. En l'occurrence, on peut imaginer que combattre l'argent du crime peut se faire plus aisément en période de surchauffe économique qu'en période de stagnation. Ce, pour l'Occident qui n'est pas actuellement en posture de cogner trop fort sur l'argent des criminels. Car pour l'Afrique, c'est l'inverse : l'argent sale quitte le continent pour se réfugier dans les paradis financiers. Ce qui peut être supporté en période de vaches grasses ne peut plus l'être en période de vaches maigres, CQFD !

    Le "cash" africain est donc un vrai casse-tête : c'est le moyen de paiement de l'immense majorité des Africains et c'est aussi le moyen d'évasion des criminels et des fraudeurs (avec en plus une ponction sur les réserves en devises des pays africains, réserves qui sont déjà insuffisantes compte tenu du développement de la consommation interne)

    Ce qui accroit la difficulté des dirigeants continentaux est le fait que plusieurs monnaies africaines n'ont plus véritablement cours : au Congo Kinshasa par exemple, le dollar américain s'est substitué au franc congolais dans la majorité des grandes transactions depuis l'ère Mobutu. Le rand, idem, a plus cours au Zimbabwe que le dollars zimbabwéen plus guère utilisé. L'envie de sortir de la zone CFA titille de plus en plus les dirigeants d'Afrique francophone (ils n'y restent que par peur des réactions françaises) Et au final, les Africains ont souvent en poche, plus rarement en banque, des billets qui font en fait partie des réserves de change de l'Etat considéré ! Et tout cela fonctionne ! En dépit des rapports des uns et des autres, les producteurs achètent machines et intrants et les consommateurs achètent des produits et services finis en quantités annuelles croissantes. Et croissant plus vite qu'ailleurs hors Asie de l'est avec des données monétaires finalement assez orthodoxes : une inflation limitée globalement à 7% (donc pas de fuite en avant des salaires et des prix) et des masses monétaires proches de leurs homologues européennes en pourcentages du PIB. Il n'y a guère que les réserves de change qui soient très insuffisantes : le marché intérieur progressant très vite, les producteurs manquent de devises pour importer machines et intrants étrangers (seule l'Algérie semble en bonne position)...

    Le rapport de la Banque Mondiale n'est donc pas adaptable au continent africain. Lequel peut d'ailleurs et en outre considérer le chaos créé en Inde par des gouvernants qui ont eu le tort d'écouter les "experts" : les fonctionnaires corrompus (la cible de la réforme) doivent, certes, se coucher sur leurs matelas de roupies mal acquis mais l'économie indienne a d'ores et déjà perdu pas mal de croissance : elle est en panne depuis novembre dernier car le "cash" était employé dans plus de 90% des transactions. En fait, le gouvernement n'a pas stricto sensu interdit le cash : il a obligé les acteurs économiques à venir échanger leurs billets contre des billets tout neuf. En notant leurs noms et l'origine de leurs avoirs en numéraires (en interdisant donc à l'argent sale d'être échangé) Il fallait en plus avoir un compte en banque... Bref, ça a été immédiatement et ça continue d'être la panique car, en plus, il n'y a pas assez de guichets de banque et pas assez de billets par guichet ! L'affaire est à suivre car le gouvernement indien ne peut plus reculer. On saura donc dans le courant de l'année ce qu'a perdu le pays en terme de croissance économique, un pays qui comptait dépasser la Chine en 2017 en terme de croissance...

    Encadré

    L'Union européenne en flèche contre le cash.

    Elle est pratiquement en récession mais s'est lancée depuis le quinquennat de Sarkozy dans une lutte farouche contre l'argent sale et, surtout, la fraude fiscale. Elle a obligé les paradis fiscaux européens a abandonner le secret bancaire et à communiquer les coordonnées de leurs comptes étrangers. Et elle limite progressivement la possibilité d'achats en numéraires sur le territoire européen. Ca a commencé par l'or que pratiquement aucun particulier ne peut plus acheter en vente libre et anonyme. Seules les pièces de monnaie sont encore achetables en quantité limitée. Puis les achats de plus de 3000 € en espèces ont été interdits avant de s'abaisser, en France, à 1000 €. Ce, après que la Banque Centrale Européenne ait décidé de ne plus fabriquer de billet de 500 €. Cette politique se heurte à présent à la confiance des opérateurs étrangers dans l'euro, sorti bien entendu affaibli encore un peu plus (son affaiblissement vient aussi et d'une croissance régionale trop faible, et des dettes faramineuses des Etats européens) L'euro est une monnaie dite de réserve qui ne le serait plus dès lors qu'il n'y aurait plus de billets en circulation. Et, ce, du fait justement que des pays ne vivent que grâce au cash. Le dollars remonte donc très rapidement par rapport à la monnaie européenne, d'une part et bien entendu parce que la croissance américaine est autrement plus vigoureuse que celle de son allié de l'ouest, mais aussi parce que des opérateurs en nombre croissant perdent plus confiance dans l'euro que dans le dollars.

     

    1- Indicateurs monétaires en Afrique : taux de change, masse monétaire, réserves de change

     

    Taux de change

    Masse monétaire

    Réserves de change -or exclus

     

    (monnaie locale/USD)

    (milliards, monnaie locale )

    (millions de dollars)

     

     

     

     

    2015

    2015

     

    2013

    2014

    2015

    Niveau

    % du PIB

    Croissance

    Stock en fin d'année

    Éq. Mois d'importation

    Algérie

    79,4

    80,6

    100,7

    13 457,2

    77,1

    -1,6

    144 677,5

    29,1

    Angola

    96,5

    98,3

    120,1

    5 712,9

    44,0

    11,5

    23 901,2

    8,1

    Bénin

    494,0

    494,4

    591,4

    2 754,9

    51,5

    17,1

    731,6

    2,2

    Botswana

    8,4

    9,0

    10,1

    67,9

    49,4

    7,7

    7 958,9

    13,4

    Burkina Faso

    494,0

    494,4

    591,4

    2 477,2

    36,9

    14,5

    259,6

    0,9

    Burundi

    1 555,1

    1 546,7

    1 570,6

    906,5

    22,3

    0,0

    135,1

    2,1

    Cabo Verde

    83,1

    83,1

    99,4

    154,6

    90,7

    4,7

    428,4

    4,6

    Cameroun

    494,0

    494,4

    591,4

    4 091,6

    23,9

    8,6

    3 353,2

    4,7

    République centrafricaine

    494,0

    494,4

    591,4

    275,4

    28,9

    12,5

    221,8

    4,8

    Tchad

    494,0

    494,4

    591,4

    1 115,9

    15,9

    3,5

    207,3

    0,5

    Comores

    370,5

    370,8

    443,6

    100,0

    40,9

    2,9

    136,6

    6,0

    Congo

    494,0

    494,4

    591,4

    2 659,7

    50,1

    1,4

    2 259,9

    2,8

    Congo, Rép. dém.

    919,8

    925,2

    926,0

    4 217,0

    13,9

    6,7

    1 215,9

    1,2

    Côte d’Ivoire

    494,0

    494,4

    591,4

    3 070,8

    16,3

    17,4

    4 715,7

    5,0

    Djibouti

    177,7

    177,7

    177,7

    257,5

    81,4

    9,7

    364,9

    4,4

    Égypte*

    6,9

    7,1

    7,7

    1 765,4

    73,6

    16,4

    13 282,

    2,5

    Guinée équatoriale

    494,0

    494,4

    591,4

    1 320,1

    14,4

    -15,2

    1 457,2

    1,9

    Érythrée

    15,4

    15,4

    15,4

    82,7

    128,1

    12,9

    Éthiopie*

    18,6

    19,7

    20,7

    369,7

    28,3

    24,2

    Gabon

    494,0

    494,4

    591,4

    2 077,0

    25,3

    -5,2

    2 083,6

    5,0

    Gambie

    36,0

    41,7

    47,2

    22,6

    56,5

    11,0

    143,3

    4,6

    Ghana

    2,0

    2,6

    3,8

    45,1

    43,4

    22,5

    Guinée

    6 995,9

    7 014,1

    7 425,7

    16 974,0

    31,2

    15,7

    233,5

    1,0

    Guinée-Bissau

    494,0

    494,4

    591,4

    272,4

    43,1

    11,3

    332,1

    11,5

    Kenya

    86,1

    87,9

    98,1

    2 694,7

    41,9

    15,6

    7 762,4

    4,6

    Lesotho

    9,7

    10,9

    12,8

    9,3

    39,6

    3,1

    904,2

    5,8

    Libéria

    1,0

    1,0

    1,0

    0,7

    25,4

    0,4

    Libye

    1,3

    1,3

    1,4

    81,0

    173,2

    3,5

    74 863,

    38,3

    Madagascar

    2 206,9

    2 414,8

    2 934,4

    6 662,0

    23,3

    1,7

    832,

    2,9

    Malawi

    364,4

    424,9

    499,5

    804,6

    27,3

    27,8

    640,2

    3,8

    Mali

    494,0

    494,4

    591,4

    2 238,5

    35,9

    13,2

    624,

    2,5

    Mauritanie

    302,1

    303,3

    318,6

    530,4

    26,5

    4,0

    Maurice

    30,7

    30,6

    35,1

    418,4

    91,6

    5,2

    3 957,

    5,7

    Maroc

    8,4

    8,4

    9,8

    1 149,2

    106,6

    5,8

    22 253,9

    5,8

    Mozambique

    30,1

    31,4

    40,1

    239,8

    0,0

    17,1

    2 411,4

    0,0

    Namibie

    9,7

    10,9

    12,8

    81,8

    59,1

    9,8

    1 208,7

    2,1

    Niger

    494,0

    494,4

    591,4

    1 113,9

    26,9

    0,3

    1 039,

    4,1

    Nigéria

    157,3

    158,6

    192,4

    20 612,6

    23,0

    9,6

    31 561,8

    6,2

    Rwanda

    646,6

    681,9

    729,0

    1 416,7

    24,7

    15,8

    1 029,8

    5,4

    Sao Tomé-et-Principe

    18 450,0

    18 466,4

    22 090,6

    2 877,3

    40,6

    15,1

    78,4

    7,3

    Sénégal

    494,0

    494,4

    591,4

    3 752,3

    48,0

    7,7

    2 011,8

    3,9

    Seychelles

    12,1

    12,7

    13,3

    11,6

    51,8

    5,7

    541,5

    5,0

    Sierra Leone

    4 332,5

    4 524,2

    4 905,3

    5 446,7

    26,4

    10,5

    556,5

    2,6

    Somalie

    ...

    ...

    ...

     

    Afrique du Sud

    9,7

    10,9

    12,8

    2 866,2

    72,8

    6,3

    41 619,5

    5,0

    Soudan du Sud

    3,0

    3,0

    3,0

    9,1

    21,8

    16,6

    229,9

    0,8

    Soudan

    4,8

    5,7

    6,0

    91,7

    15,0

    18,0

    181,5

    0,2

    Swaziland

    9,7

    10,9

    12,8

    12,5

    27,8

    7,4

    553,6

    3,1

    Tanzanie

    1 600,4

    1 654,0

    1 979,7

    21 626,3

    23,1

    16,2

    4 071,9

    4,1

    Togo

    494,0

    494,4

    591,4

    1 212,3

    51,3

    10,5

    574,

    3,1

    Tunisie

    1,6

    1,7

    2,0

    62,9

    77,6

    6,9

    7 205,5

    4,3

    Ouganda

    2 586,9

    2 599,8

    3 241,4

    17 323,9

    22,5

    13,3

    2 829,8

    4,6

    Zambie

    5,4

    6,2

    8,6

    39,7

    18,7

    13,4

    2 967,6

    3,5

    Zimbabwe

    4,6

    36,7

    5,1

    328,

    0,6

    Note : * Pour l'Égypte et l'Éthiopie, année fiscale juillet (n-1)/juin (n)

                   

    Sources : Département des statistiques BAfD ; autorités nationales ; Statistiques financières internationales du FMI ; estimations et prévisions des auteurs.

     

    2- L'inflation en Afrique

     

    Inflation

     

    (%)